‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts (volume 2)Chapitre 140 sur 508 · BEUR · texte numérisé non relu

BEUR

celui qui gagnera. Mettre sa béte , c’est déposer cette somme ; faire la béte, c'est perdre le coup ; tirer la béte, gagner la béte , c'est gagner le coup.

BETEL, Chavica Belle, espece du sous-genre Cbaviea, appartenant au genre Poivrier, plante sannentcuse des Indes Orientales, grimpante à la manière des vignes, et cultivée près de la mer : c’est une espèce de poivre. Les Indieus forment avec scs feuilles, mêlées avec de l'arec et de la chaux vive, une préparation appelée aussi bétel, qu'ils mâchcut continuellement. Lo bétel est tonique et astringent; 11 stimule l'cstomac et prévient la dysenterie, mais il gâte les dents cl les fait tomber promptement.

BET1LLKS, mousselines ou toiles de colon blanches,qui se fabriquent aux Indes Orientales, particulièrement il Poudichéry. On distingue la B. simple, un peu grossière ; la B. organdi , qui a le grain rond et est trcs-fine, et la B. tarlatane , qui est fort claire.

BËTOINE (du nom des Vettones, peuple d'Espagne qui parait avoir le nremier connu cette plante], plante vivace de la famille des Labiées , aux (leurs rouges ou blauchcs, aux feuilles velues et oblongucs; scs raciues ont une odeur pénétrante : elles sont émétiques et purgatives; scs feuilles sont sleruutatoircs , et peuveut se prendre en guise de tabac. Les anciens lui attribuaient beaucoup de vertus.

On nomme B. d'eau la Scrofulaire aquatique , cl B. de montagne l'Arnica.

BETON (de l’anglais bletong, poudingue factice) , mélange d’un mortier hydraulique avec des cailloux ou des pierres et des briques concassées; il a la propriété de durcir promptement dans l'eau. On fait fréquemment usage du béton dans les ponts et chaussées, surtout pour les constructions hydrauliques. Vbÿ. CHAUX HYDRAULIQUE et CIMK.VT.

Ou doiiue aussi le nom de béton au lait trouble et épais contenu daus les mamelles au moment de raccoiichcmcnt.

BETTE (d’un mot celtique beit, qui signifie rouge), Beta, genre de U famille des CbéDOglxfitl, originaire du midi de l'Europe, renferme plusieurs plantes potagères fort utiles qui se cultivent en France. Les deux espèces principales sont la Betterave ( Voy. ci-après) { et la B.-Poirée. — La B.-Poirée, vulgairement Poirée, Beta cicla , L., est une plante potagère ; sa racine est cylitulrique , ligneuse; sa tige, droite, haute d’un métré environ , garnie de feuilles larges et ovales; ses (leurs, petites et blanchâtres. La bette s'applique eu médecine à divers usages : la feuille , largo et molle , sert k panser les v.-sir.itmr» * et h cautères; elle est émolliente et relâchante; on peut aussi n miles, qui sont «loin

mêlées k 1 oseille, elles en corrigent l’acidité. — Une variété de la belle commune fournit des feuilles remarquables par ^développement que prend leur nervure moyenne, que l’ou uiauge en guise de cardon ; ou la nomme Carde-poirée, parce quelle a quelque analogie pour le goût avec les cardons d'Espagne.

BETTERAVE (de bette et de rave) , Beta ndga ris, plante potagère du genre Bette, se distingue par sa racine charnue, pivotante comme la rate, et qui attéiht un volume considérable. 11 y en a trois variétés : 1° la B. rouge ou B. champêtre , remarquable par U volume de sa racine, par le nombre et la grandeur de ses feuilles, par si couleur, qui varie du blanc rose au rouge cramoisi ; sa raciuu sort de terre de plus de la moitié de sa longueur : on la mange cuite ou confite dans le vinaigre avec <h la tabule; c'est cette variété qui convient le mieux k la nourriture des bestiaux; ou lui donne quelquefois le nom de Poirée rouge, et à sa racine celui de Racine de Disette; — - 2° la B. blanrhe,ou de Silésie, à chair claire et k peau blanche, à forme assex régulièrement conique; elle fut introduite en France eu 181b par Mathieu de Dombaslc; — > la B. jaune, ou de Casteluaudary , qui est d’une moyenne grosseur : ces deux dernières es-

pèces, la blanche surtout, servent k l'extraction du sucre de betterave (Tw. sucre), dont la fil lion. indiquée dès 1775, s’est introduite en France sous l'Empire, et qui a pris une si vaste extension. On en tire aussi depuis peu de l'alcool, La racine cuite peut donner un vin doux très-agréable et des confiture* excellentes ; avec la pulpe ou fabrique du papier. A Angers, au Meinil-Sdint-Firmiu, à Oéstres, près de S.-Ouculin,on fait avec sa raeiue torréfiée un > a fé de betterave, au moins aussi bon que celui de chicorée.

La Betterave peut se cultiver dans presque tous les terrains, mais elle préfère les sols légers, meubles, profonds et riches en humus. Dans les assolements, elle remplace utilement la jachère. Ou fume le sol qui doit la produire avant janvier, principalement avec les tourtes que l'on retire du colza et autres plantes oléagineuses, ou avec les récoltes enfouies en vert : les fumiers animaux paraissent nuisibles aux betteraves que l’on destiue a la fabrication du sucre. Le semis se fuit k la iiu d’avril et au commencement de mai; on reproduit aussi la plante pjr le repiquage. L’arrachage a lieu du 15 septembre k la fin d'octobre ; c’est quelques jours auparavant que doit se faire l'enlèvement des feuilles : quelques personnes le font k tort durant la végétation , ce qui diminuo la proportion du principe sucré de la plante. La rentrée des betteraves doit avoir lieu avant la gelée. — L'insecte le plus redoutable à la betterave est la larve du hanneton , ou ter blanc : le dessèchement des feuilles décèle su présence. La betterave est, en outre, exposée à une maladie dite Pied-chaud, qui se développe avant que la plante ait acquis six f. miles; cette maladie flétrit une partie de la racine et arrête la croissance de la plante ou la fuit périr. Une maladie nouvelle a été observée en 1851 dans les environs de Valenciennes : elle se reconnaît k des mar- I i un s <|u. pr.-si nient 1rs feuilles. et qui pr >v h nnent de l’infiltration de l’air au milieu de la sève de la plante; la racine présente des lignes noirâtres. Celte maladie altère le goût de la betterave et en diminue de plus de moitié le rendement.

BETUL1NE (du latin betula. liouleau) , espèce de camphre <m huile volatile vliile qu un trouve dans l'épiderme du bouleau blanc. Voy. cum Dr. Russie.

BETUL1NEES ou bêtui.acêes (du lutin betula, bouleau) , famille de plantes dlcotylédonèc* diclinés, qui forment une subdivision du grand groupe des Amentarécs, et renferme les genres Aune et Bouleau. — On a trouvé en Vétéravic,a l’état fossile, des chatons qu'on croit pouvoir rapporter k ces deux genres, et auxquels on a donné le nom de Bétulites.

BÉTiLE , Bœtylos , pierre que Cybèle présenta, enveloppée de langes, à Saturne, qui l’avala, la prenant (tour Jupiter, son fils nouveau-né. Par suite, ou nomma ainsi des pierres qui avaient la forme d'un coin ou d’un côue, et qui étaient révérées chez les anciens comme un symbole divin ; on les oignait d'huile, de vin, et même de saug. On leur attribuait une foule de vertus merveilleuses. On les rencontrait en grand nombre cbex les Syriens, surtout sur le mont Liban , chez les Crées et les Romains.

BEURRE (du latin Autytf<M,prisdugrcc/x>utyrois, formé lui-metne de bous, vache, et tyros. fromage), substance grasse de oouleur cili iuc, plus légère que l’eau, très-fusible , et tenue en sus|*eusinn dans le lait des auimaux. Elle renferme du la margarine , de l’oléine , de la butyriue et une petite quantité de matière colorante jaune.

Pour préparer le beurré , on abandonne d’abord le lait k lui-même; puis ou enlève la cri me avec un écrémoir , et ou bal cette crème dans une baratte (Voy. ce mot ). Les particules de beurre se réunissent alors pir l'agitation, et se séparent de l.t partie liquide ou lait de fteurre. Terme moyeu, il faut 28 litres de lait pourohlcair 1 kilogr.de beurre; une bonne vache douue cuvirou tiikil. de lieurre par an.

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