BOTA
BOSPHORE (du grec bous, bœuf, et poros, passage; espace qu’un bœuf pourrait traverser 4 la nage), étroit espace de mer resserré entre deux terres, et par lequel deux mers communiquent. On connaît sous ce nom le B. de Thrace et le U. crmrnérien , ainsi qu’un royaume qui occupait les rives de ce dernier. Pour ces noms, V. le l). univ. d’H. et de G.
BOSSAGE (de bosse). Eu Architecture . on nomme aiust toute saillie laissée à la surface d un ouvrage de pierre ou de bois, soit comme ornemcnt,soit pour y faire quelque sculpture. Voy. bosse.
BOSSE. En Pathologie, on appelle ainsi une saillie contre nature , résultant d'une déviation de la colonne vertébrale , des côtes ou du sternum. Quand cette difformité est eu arriére, elle prend le nom de ibbosité; quand elle est en avant, celui de carnrare ou recourbement ; sur les côtés, celui A’obstipotion. Ou combat ces difformités au moyen des procédés orthopédiques. Vou. orthopédie.
En Auatomie,on appelle bosses les éminences arrondies que l'on voit à la surface des os plats : telles sont les Bosses frontales , la B. pariétale, occipitale, tic. — On donne aussi ce nom aux protubérances du crâne sur lesquelles Gall a fondé sou système.
En Zoologie, on uomme aiusi certaines grosseurs que quelques animaux, le dromadaire, le chameau, le xébu, le bison, ont naturellement sur le dos : ces bosses ne su ut que des dépôts graisseux. Elles sont recherchées comme un excellent manger.
Dans les Arts, tout travail en relief est dit relevé en bosse : en Srulplure , on appelle ivtule-bosse tout ouvrage de plein relief; demi-bosse, les bas-reliefs saillant en partie. Dessiner d’après la bosse, c’est dessiner d’apres un buste ou une statue. Le dessin de ces figures prend le nom do ronde-bosse. — Dans l'Orfèvrerie, on appelle bossage le travail en bosse.
Dans la Marine, on appelle bosse un cordage trèscourt, terminé par de forts nœuds, fixé par une de ses extrémités a une des pointes du navire , et qui sert 4 rejoindre une manœuvre rompue, ou 4 tendre un câble. On appelait autrefois bosseman le matelot chargé spécialement du soin des câbles, des ancres et des bouées; aujourd’hui, ce nom a disparu : c’est un sous-oOicier intermédiaire entre le contre-maître et la qu irtier-maitre . qui est chargé de ce soin.
BOSSEMAN. V. ci-dessus bosse (terme de Marine).
BOSSOIRS (de bosse) , nom donné par les Marins 4 deux pièces de bois qui forment saillie au-dessus de l'éperon, 4 l'avaut du vaisseau , et qui servent à y poser l’ancre pour la tenir prête 4 mouiller; ellesout pour objet d empêcher par leur saillie que l’ancre D'offense les membrures du vaisseau en tombant lorsqu on la jette. 11 y a un ou deux rôuets 4 la tète de < li.ique bossoir pour aider 4 tirer l’ancre quand on la remonte. Un bossoir est 4 peu près rectangulaire ; son extrémité extérieure ou sa tète est cerclée en fer.
BOSTANDJ1 (du turc bostan, melon), gardes du sérail , chargés en même temps do la surveillance ou de l’entretien des jardins.
BOSTON, sorte de jeu de cartes qui se joue 4 quatre personnes j)t avec un jeu de 52 cartes; on donne 13 c.irtrt à cbaque joueur. La manière de jouer ce jeu a changé plusieurs fols; la plus mitée aujourd'hui est le boslon de Fontainebleau. On fait boston ou chlem quand on fait seul ou avec son partner toutes les lovées : on a pour partner celui qui vous soutient, les autres coups du jeu sont : la demantle sim • pbe, qui consiste 4 faire 5 levées seul ou 8 levées 4 deux ; la petite et la arande indépendance , lorsqu’on fait seul 6 ou 8 levées; la petite et la grande misère, simple, ou sur table, qui consistent 4 ne faire aucune levée; le piccolissimo , dans lequel on ne doit faire qu'une seule levée ; la demande de 9, 10, 11 ou 12 levées dans une couleur quelconque. Les couleurs se rangent sous le rapport do l’importance dans l'ordre suivant : cœur, carreau, trèfle et
pique ; l’atout est toujours la couleur dans !.. quelle on fait la demande d’un certain nombre do levées. Un tableau indicateur règle combien chacun des coups rapporte au gagnant. — Ce jeu commença 4 être eu usage en 1778 : il doit son nom 4 la ville de Boston, où fut proclamée l'indépendance américaine, et semble consacrer le souvenir de cet événement.
B0SWELL1A (de l’Anglais Bosxvetl, 4 qui elle fut dédiée) , genre de la famille des Téréhintharées , tribu des Burséracées, renferme des plantes 4 calice libre, 4 corolle peutapétaie , 4 dix étamines, à capsule 4 trois côtes, à trois logos, 4 trots valves, qui produisent une résine balsamique. Le Boswrllia thurifera ou Serrata est un arbre 4 fleurs petites, verdâtres, disposées en épis axillaires : il est très-commun dans la provlneede Itéra r en Indoustan. C’est lui qui douue l’encens de l’Inde, qu'on obtient au moyen d'iucisious pratiquées profondément 4 son troue.
BOTAL (trou de). Voy. trou de botal.
BOTANIQUE (du grec bolanè, plante), science qui a pour objet la connaissance, la description et la classilication des végétaux. — On peut distinguer la Botanique pure et la Botanique appliquée. A la première appartiennent : 1° YOrganoçnsphic , description des organes des végétaux ; 2° la Physiologie végétale, qui cherche 4 déduire do l’étude des organes et de celle des milieux où les plantes se trouvent, les phénomènes et les lois de la vie végétale ; 3° la Méthodologie , qui s'occupe de la classification et de la nomenclature des végétaux. La seconde comprend : 1° la Botanique agricole , ou les applications de la science botanique 4 la culture; 2° la B. médiale ou pharmaceuhaue, qui traite de l'omploi des niantes comme médicaments; 3° la B. industrielle, qui traite de l’emploi des végétaux pour tous les autres besoins de l’homme, et qui se *ub- ▼ise en B. alimentaire, tinctoriale , industrielle, tic.
— On peut y joindre, comme accessoires, la B. géographique, qui traite de la distribution naturelle des plantes sur la surface du globe ; la B. oryctologiaue, qui étudie la structure et l'origine des végétaux fossiles; la B. historique, ou histoire de la science.
Daus l’antiquité , la Botanique ne formait pas encore une science ; c’était un amas confus de connaissances imparfaites, sans unité et sans lieu commun. Trois noms apparaissent dans cette première période: Théophraste, élève et ami d’Aristote ; Dioscoride, qui vivait sous Néron , et Pline le Naturaliste, qui mourut sous le règne de Titus. Au moyen âge, l’étude de la Botanique ne fait aucun progrès: on se bornait 4 des commentaires sur les livres des anciens. A la fin du xv« siècle, on commence à revenir à l'étude de la nature :Brunsfels, de Mayence. Jérôme Tragus, Léonard Furhsius, écrivent les résultats de leurs propres observations. Au xvi« siècle, Clusius (Lécluse) décrit et figure avec précision les plantes qu'il a observées par toute l’Europe; Conrad Gesner en Suisse, Césalpin en Italie, les frères Baubin et Magnol en France, Ray en Angleterre, s'efforcent tour 4 tour de jeter les bases d’une classification rationnelle et d'une nomenclature des végétaux. Au xvn* siècle, la découverte du microscope vient ouvrir un nouveau champ à l'observation ; Malpighi eu 1676 et Grow en 1682 abordent presque toutes les grandes questions de la structure des végétaux ; et vers le même temps, les travaux des Geoffroy, aes Séb. Vaillant, des La Hirc et surtout de Haies, dévoilent successivement tous le* mystères de la vie végétale.
— Cependant la Botauiq'ue manquait cncoro de ses deux principaux éléments : une classification rationnelle et une nomenclature ; le xvui* siècle les lai donna. Tournefort le premier (1694) invente le genre, et crée un système régulier de classification ayant pour base l'absence ou la présence de la corolle , et puisant scs divisions dans la diversité de formes quo présente cet organe. Après le Français Tournefort,
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le botaniste suédois Linné refond les genres et les espèces d’après les organes de la reproduction , et simplifie la nomenclature encore imparfaite ; il donne a chaque genre un nom à part, désigne chaque espèce en ajoutant au uom du genre uu qualificatif, et, par ce mécanisme simple et lugénieux, crée la langue botanique telle quelle est encore en usage aujourd'hui. — Un dernier progrès restait h acrom-
tlir. La méthode de Touruefort et le système de inné étaient, malgré tout leur mérite , des méthodes purement artificielles , et ne pouvaient suülre aux progrès de la science. Bernard de Jussieu en 1759, et son neveu Ant.-Laurcnt de Jussieu en 1789, publient une nouvelle classification où les végétaux sont rangés en familles naturelles d’après leurs rapports les plus intimes. — Depuis lors, et à part quelques essais de classification artificielle destinés À faciliter l’étude, la méthode naturelle est seule adoptée. Cette méthode, perfectionnée par les travaux des de Caudolle, des Richard, des Endlicher et de tant d'autres savants, compte pour beaucoup dans les
iirogrès immenses que la Botanique a faits de nos ours entre les mains de MM. de Saussure, de Mirbel, !onpland,de llumboldt,Ad. de Jussieu, Richard père et fils, Aug. de St-Hilaire, Ad. Brongnlart,Decaisne, Dunal, Lemaire, Dutrochet, Martin*, Treviranus, Kunth , Browu , Lindley, etc. - Banni les abrégés Classiques do Botanique, nous citerons ceux de MM. Adr. de Jussieu, Richard, Boitard, Lemaout. MM. Julia Fontenelle **t Barthez, Lecoq et Juillet, M. H®fer, etc., ont donné des Dictionnaires de Botanique. Signes employés par les Botanistes :
signe du Soleil, désigne les plantes annuelles; H*, signe de Mars, les plantes bisannuelles ; signe
de Jupiter, les plantes qui sont vivaces; ï), signe de Saturne, les niantes ligneuses (arbres, arbrisseaux); Ç, signe de Vénus, les individus ou fleurs femelles; <5 , signe de Mars (dont la flèche, au lieu d'être inclinée, est placée verticalement), les individus ou fleurs mâles ; o, signe de Mars et Vénus réunis, les individus ou fleurs hermaphrodites; 0-0, les inaividus ou fleurs, qui, par suite d’avortement, sont privés d'organes mâles et femelles, c.-a-d. d’étamines et de histils; Q, volubile à gauche; 3, volubile à droite. C’est ordinairement après le nom spécifique d'une plante que l’on place un de ces signes.
BOTANIQUES (JARDINS). Voy. JARDIN.
BOTTE (du celtique bot, pied ). Les bottes étaient inconnues aux anciens, et fusage ne s'en est introduit que dans les temps modernes. Dans l’origine, on ne s'en servait que pour monter â cheval. On distinguait alors : les l lottes molles, dites aussi B. à la française ou à l'écuyère , dont la tige, molle et large, se terminait par une large genouillère dans l&qnellc le genou était engagé; les B. de cour oti à chaudron, dont la genouillère était évasée en forme d'entonnoir; les H. fortes, comme celles qui servent aux postillons; les B. à la hussarde . dont la ti^e portait des plis sur le cou-de-pied; les B. à l’anglaise ou à revers, etc. — Depuis qn'on porte les bottes à pied comme à cheval, on lesavuusd'abord recouvrant le pantalon, puis recouvertes par lui. — Pour la fabrication dus bottes. Voy .le Manuel duBottier de Morin.
Dans le Commerce, on donne généralement le nom de hotte aux futailles qui contiennent plus d'une barrique. On dit, par exemple, botte de deux, quand elles sont de 2 barriques (fût do Bordeaux, a raison de 120 pots la barrique) ; bottes de 3, bottes de 4 : ces dernières sont les plus grandes dont on puîné se servir. On a employé cependant des bottes ou pièces de 5, 6, 7 ou 8 barriques dans les voyaires de long cours, parce que ces grandes futailles olfrent plus' de facilité pour l'arrimage. Voy. barriquxs.
Une botte de j>archetmn est une quantité de 36 feuilles. Un ebotte de chanvre pèse ordinairement 100 kilogr. Une botte de foin peso lOliv. ou 5kilogr. On
appelle botlelagc ('opération ^ulconsittnèllerle foin.
hotte, coup d’épée. foy. tsenntt.
BOUC, Hircus, animal â cornes, qui est le mâ’e de la chèvre [Voy. chevre), se distingue par sa longue barbe et par son odeur désagréable ; cette odeur, qui est passée en proverbe, s’étend a sa chair comme à sa peau; cependant, on se sert d’outres de peau de bouc dans le midi de l’Europe, pour transporter le vin. La sa lac ité de cet animal n est pas moius 'connue : elle avait été remarquée des anciens , qui ont fait du bouc l’emblème de la lubricité. — Le bouc était en grande vénération en Écypte , surtout à Meudès. Les Égyptiens représentaient leur dieu Ban arec U ftice et les jambes d’un bouc : sous le symbole de ret animal . ils adoraient le principe il»? la fécondité de toute la nature, exprimée par le dieu Pan. — Les Juifs avaient choisi le bouc pour victime expiatoire des fautes nationales. A certains jours de l’année . le grand prêtre prenait deux boucs, en immolait un, chargeait l’autre de toutes les iniquités d'Israël et des imprécations universelles; on le chassait eusulte dans le désert, à travers les précipices : ce bouc était appelé 6oue émissaire. Chez les Grecs, on immolait le bouc A Bacrhus, comme destructeur des vignes. On le donne aussi quelquefois pour monture à Vénus. En France . on croyait autrefois que le bouc servait de monture aux sorcières lorsqu’elles se rendaient su sabbat ; on croyait aussi que, dans ces réunions nocturnes, le diable se faisait adorer sous la forme d’un bouc.
BOUCAGE (du mot bouc, à cause de son odeur), dite aussi Boucqueline . Persil de Unir, en latin PimpùheUa. genre de la r.inuil des Onibelltfrrtt, comprend plusieurs espèces, parmi lesquelles on remarque : le B. sari fraye ou mineur, dont la racine, blanche, allongée, d'une odeur désagréable, d’une saveur Acre et aromatique, s'emploie en Médecine comme stimulant et diurétique; le U majeur, plu* grand , et qui a les mêmes propriétés que le précédent. et le Bourage anifi, le plus connu. Voy. axis.
BOUCANAGE , opération qui consiste à faire sécher de la viande ou du poisson à la manière des sauvages, en les exposant longtemps à la fumée; elle parait tirer son nom «lu mot bouc, parce que les bouquetins auraient été les premiers animaux préparés de cette manière. Quand les sauvai:*»* arrivent de la chasse , ils écorchent los bêtes qu’ils ont rapportées; ils les désossent, pqls en coupent les chairs par aiguillettes, qu’ils assaisonnent avec du sel et quelques herbes de leur pays. Le lendemain , Us placent ces chairs découpées sur un gril de bois ou do fer, qu'ils élèvent au-dessus du feu : on y entretient beaucoup de fumée , et pour rendre cette fumée plus épaisse, on y fait brûler toutes les peaux et tous les ossements de ces animaux. Cette «q*f ration fut imitée par les premiers colons, surtout par ceux deSt-Domingue.ii connus sous le nom de Bé steamers.— On appelle Boucan le gril sur lequel oq fume les viandes , ainsi que le lieu où se Cnil l’opération.
BOUCAMEHS, aventuriers de St-Domingue, adoonés à la chasse du bœuf sauvage et au boucanage, fameux plus tard par leurs pirateries. Vou. ri -dessus boucanage et l’art. Boucaniers au D. un. (fil. et de G.
BOUCAUT, mot qui signifia d'abord la contenance d'une peau de bouc, désigne aujourd'hui une futaille d'une grandeur moyenne, construite en bois de sapin ou autre bois léger, destinée généralement à contenir des marchandises sèches, telles que sucre, ris, tabac, girofle, muscade, cacao, etc. La dimension est plus ou moins grande, suivant l'espèce de marchandises; le poids ordinaire est de 400 à 000 kil
BOUCHE (du latin bucca), entrée du canal alimentaire, est circonscrite en haut par la voûte palatine, eu avant par les levres, en arrière par le voile du palais et le pharynx, et sur les côtés par les loues; les parois de la bouche sont tapissées par une rneen-
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brane muqueuse ; ou trouve & l'intérieur les dents, les gencives, la langue, les glandes sali vaires, etc. La bouche renferme les organes du goût; elle sert A la respiration, à l’articulation des sous, A la succion , à la mastication, etc. — Chez les animaux, la forme de la bouche diffère A l'infini : tantôt c’est un bec, comme cher les oiseaux; tantôt, un appareil compliqué, comme chez les crustacés, ou un simple oriflee circulaire A peine contractile, comme chez les polypes, ou bien encore une espèce de pompe ou de siphon ; chez quelques-uns cnün, la bouche se confond avec l'anus.
En Conchyliologie, on donne le nom de bouche
1 l'ouverture des coquilles univalvcs par laquelle l'animal sort de son test. Joint A un terme distinctif, ce mot est aussi le nom vulgaire de certaines coquilles, telles que la B. d’argent et la B. dor,
2 espèces de Turbo; la B. double , la B. jaunb, etc.
En Botanique, on appelle Douche de lièvre une
espèce d'Agaric, le Merulius cantaretlus.
En Musique, on donne le nom de bouche à l’ouverture horizontale pratiquée au bas d’un tuyau d'orgue; l'air introduit par le pied du tuyau se brise sur la lèvre de cette bouche, et produit le son. Les tuyaux à anche n’ont pas de bouche.
Autrefois en France, la Bouche du roi était le service alimentaire du souverain. Les principaux employés de la bouche, dits ùfftcièrtde bouche, étaient : le grand paneticr, le grand échanson , les maîtres d'bétel, les gentilhommes de la bouche du roi, les écuyers de cuisine, les «chansons, sommelier», panetiers, etc. Ce personnel s’éleva dans un temps A plusieurs centaines d'individus.
BODc.hr a feo, nom sous lequel on réunit les canons, lesmorticrs, lesobusiers, les pierriors,ctc. V. ces mots.
BOlJCHE-EN-FLUTE, famille de l’ordre des Poissons Ac&nthoptérygiens, a pour type la Fistulaire.
BOUCHER BOUCHERIE (de bouche). On appelle boucher celui oui achète, abat et prépare les bestiaux pour en débiter la chair. Le lieu où ce débit s'exerce est appelé étal par les bouchers, et boucherie par les acheteurs. Les bouchers ne vendent ordinairement que du bœuf, du veau et du mouton. — La législation qui a régi le commerce de la boucherie a continuellement varié en France : avant 1789, les bouchers de Paris formaient une corporation ayant ses droits etsespriviléges. Laloi du 17 mars 1791 ayant proclamé la liberté de toutes les industries, les anciens bouchers, minés par la concurrence, fermèrent leurs étaux , et U en résulta tin grand désordre dans le commerce de la boucherie. Pour y mettre uh terme, le décret du 8 vendém. an XI rétablit le syndicat de la boucherie avec le systema des cautionnements; et, comme le nombre dtsétaux paraissait trop considérable, un autre décret (8 févr. 18111 ordonna le rachat et la suppression des étaux existants Jusqu'à réduction du nombre des bouchers A 300, Cet état de choses se maintint jusqu'en 1825. A cette époque, le nombre des étaux était déjà réduit A 370, lorsqu'une ordonnance du 12 janvier de cette année proclama une seconde fois la libre concurrence. Sous ce régime, 142 nouveaux étaux s'élevèrent; mais, en 1829, en présence d'un grand nombre de faillites , une nouvelle ordonnance (18 octobre) fixa lo nombre des étaux à 400 et rétablit le syndicat et les cautionnements. Le 25 mars 1830 parût une ordonnance en 301 articles qui devint le code de la boucherie parisienne. Ce code est encore en vigueur aujourd'hui (1852) ; mais il est fortement question de revenir au système de liberté illimitée; on espère obtenir ainsi, dans l'in térôt des classes pauvres, une diminution considérable sur le prix de la viande.— Les bouchers de Paris ont, A Poissy, une caisse commune, connue sous le nom de Caisse de Poissy, qui a pour objet de faciliter leurs payements aux divers marchands de bestiaux, et de leur épargner la peine de transporter les fonds nécessaires à leurs acquisitions : l'origine de cette
caisse remonte A 1733; elle fut réorganisée en 1S11 et l’administration en fut remise à la ville de Paris. — On doit A M. Bizet, conservateur des abattoirs, une Histoire de la Boucherie en France (Paris. 1847).
BOUCHOT, grand parc fait de pieux et de clayonnage . ouvert du côté de la côte, dont on se sert pour prendre le poisson à marée basse, et pour élever des moules et autres coquillages. Dans le Poitou, on en met quelquefois 3 au-dessus les uns des autres. Les bouchots ont été soumis, par un arrêt du Conseil du 2 mai 1739, à des règlements quisonlencorc en vigueur.
BOUCHON. La plupart ucs bouchons de bouteille se font en liège: leur fabrication occupe un ouvrier spécial nommé bouchognier. Le bourhonnii-r coup* le liège en band*:9 , puis en morceaux quadranculalres dont chacun est destiné A faire un bouchon. A cct effet, on le travaille avec un tranebet d’acier très-dur, qui enlève les angles du liéue? et lui donne une forme du cyliudre légèrement conique. Ou distingue trois principales qualités de bouchons, suivant la qualité du liège : bouchons fins , demi-fins , et ordinaires ou communs , qui ont des prix trèsdifférents. Pour être de bonne qualité, ifs doivent être bien arrondis et en forme de cône , bien élasti-
3 ucs, bien unis, sans taches, sers, sonnants, et sans éfauts. Pour les bouteilles de vin de Champagne, on soumet le bouchon d^Â fabriqué à une très-forte pression { en le faisant pisser par une filière, et on l’introduit dans la bouteille avant qu'il ait pu reprendre son volume naturel. On fabrique des bouchons A Marseille, Mézlères, Paris, Montpellier. Bordeaux, Bayonne, Cette, Lyon, et aussi à Nice, Gènes, Livourne, Naples, Barcelone, etc. On en exporte une grande quantité dans le nord de l’Europe. — M. Lepage a inventé eu 1851 des bouclions de bois (en buis ou en acacia), évidés en dedans, qui s'enlèvent au moyen d'une clef et sans le secours du tirc-bouchou. Les bouteilles qui reçoivent ce» bouchons doivent être dépolies A l'intérieur du goulot.
^ BOUCLE , bouclée . nom vulgaire d'un Squale et d’une Raie qui ont le corps parsemé d'aiguillons appelés boucles. Voy : squale et baie.
bouci.k, maladie du cochon et du boeuf : c’est une espèce de vésicule qui se développe dans l'intérieur de la bouche, et qui y porte la gangrène.
BOUCLIER (du bas latin buccularium , formé do buccula, boucle, anse du bouclier), arme défensive qui se portait au bras gauche, et qui servait à préserver le corps des coups de l’ennemi. Les premiers boucliers furent tressés avec de l’osier, ou faits de bois légers, puis de cuirs du bœuf bordés de lames de métal. Leur forme a varié suivant les temps et suivant les peuples. On retrouve l'emploi du bouclier chez presque toutes les nations anciennes et modernes, civilisées ou à demi barbares. Chez les anciens, les guerriers se plaisaient A orner leurs boucliers de heures symboliques. C’était chez eux une honte que d’abandonner son bouclier sur le champ de bataille. Les B. votifs étaient ceux que l’on consacrait dans le temple de. quelque divinité; Appius Claudius fut A Rome le premier qui en consacra. — On conservait religieusement A Rome un bouclier sacré, nommé anale, qu'on disait tombé du ciel (Voy. awcilx au Dict. umo. dHist. et de Géoor.). — Dans les pre mien temps de la monarchie des Francs, les princes ou chefs choisis par la nation étaient élevés snr un bouclier appelé pavois, et montrés ainsi au peuple assemblé. Au temps des croisades, cette arme défensive se couvrit d'armoiries, et prit le nomdVcu ( Voy. ce mot). Plus tard . elle reçut celui de rondacne ou rondelle .à rause de sa forme arrondie. Depuis l’invention des armes A feu , on a renoncé au bouclier.
En Zoologie, on nomme Bouclier un genre de Coléoptères de la sertion des Pentamères et de la famille des Clavicornes, dont les élytres arrondies, convexes et relevées sur les bords, rappellent assez bien
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U forme d'un bouclier. La plupart sont de couleur sombre, et ne vivent que d'excréments et de corps putréfiés : tel est le B. à corselet jaune , que l’on voit souvent poursuivre les chenilles sur les arbres à la première apparition des feuilles.
bouclier u’oriün, file de petites étoiles en ligne courbe situées entre Aldébaran et l'épaule occidentale ou étoile y de la constellation d’Orion.
BOUDIN (du vieux mot français boudaine, ventre). On distingue le boudin noir ou boudin proprement dit, espèce de charcuterie, fait avec du sang de porc, de veau, ou de mouton, et assaisonné de graisse, d'épices etde sel ; elle boud »n blanc, fait avec des viandes blanches (veau, volailles rôties), hachées et pilées avec de la mic de pain, du lait, des oeufs et des Dues herbes. Tous deux sont renfermés dans des intestins préparés pour cct usage. Le boudin noir est un aliment indigeste, et qui prend quelquefois, surtout quand il est fumé et vieux, des propriétés vénéneuses.
Dans les Arls, on appelle boudins des spirales de fil de fer ou de laiton, de grandeur et de calibre diffère nts, dont on utilise l'élasticité pour faire des r essor U, dits ressorts à boudin, nui ont une grande force.
Dans l'Art militaire. Boudin est svn. de Saucisson.
BOUDJOU, unité monétaire des indigènes de l'Algérie, est on argent, et vaut 1 fr. 86 c. de France. On nomme cette monnaie boudjou real ou royal. Le rebia boudjou, quart de boudjou ou piécette, s aut 47 c.; le terni n boudjou, 8«du boudjou, vaut 24 c.; le xoudi boudjou , ou double boudjou, vaut 3 fr. 72 c.
BOUE. La boue des champs n’est autre chose que la terre délayée par l'eau des pluies. — La boue des chemins et des routes se compose de la poudre des pierres qui sont broyées par les charrettes, et desexcréments des chevaux et des bestiaux qui y passent continuellement; elle peut être à la fois un amendement,parce qu'elle contient du sable propre â diviser les terres fortes, et un engrais, parce qu'elle contient beaucoup de matières végétales au finalisées. — La boue des villes doit être cousidérée comme un excellent engrais, car ce sont les matières végétales et animales qui en forment la masse. La boue de Paris a cela de particulier qu’elle contient une très-forte dose de fer, qui provieut de l'usure des fers de chevaux, du cercle des roues, etc.; aussi, lorsqu'un lève les j*vés, les trouve-t-on d'un noir d'encre : c’est cc qui rend cette boue si lâchante. La boue des grandes villes, employée comme engrais, contribue beaucoup à la fertilité des jardins maraîchers qui les entourent.
On donne lo nom de boues minérales aux limous que l'on trouve près de certaines sources minérales, et qui, imprégnés des mêmes sels, partici|ietil aux mêmes propriétés. On y trouve fort souvent des wilfhydrates, provenant de la réaction des matières organiques sur les sulfates existants dans l'eau minérale. La médecine fait usage de quelques-unes de ces boues, notamment de celles de St-Amand (Nord), do BagDères-de-LuchoD (Haute-Garonne), de Barbotm (Gers), etc.
BOUEE, tout corps flotlaut destiné à marquer , à la surface de la mer, le lieu où a été jetée une ancre, à signaler un écueil, un danger quelconque, la direction d*un chenal ou d’une passe difficile; ou, « afin, à aider à sauver les hommes tombés i la mer : dans ce dernier cas, on l'appelle bouée de sauvetage; cette dernière est un grand plateau de liège qu'on jette à la mer lorsqu’un homme y est tombé et qui *ert de point d’appui au naufragé en attendant les secours. Les bouées sont ou en liège, en tonnes vides, eu tôle , ou bien encore en fagots. Le cordage qui retient la bouée s'appelle ovin. Voy. bxuse.
BOUFFES (de l’italien buffa, bouffon), nom qu’on donne aux chanteurs de TOpéra italien. Les Bouffes vinrent jouer pour la première fois en France en 1752. En 1789, ils eurent un théâtre particulier appelé d’abord T'iéiUre de Monsieur, puis Théâtre I'a-
t 'art, cl enfin Théâtre des Italiens. — On appelle, en Italie , opéra buffa ou bouffon cq, que nous nommons en France opéra comique, non que les sujets en soient toujours plaisants, mais parce qu’on les oppose, en Italie, aux opéras sérieux {opéra séria ) p et, en France, aux grands opéras où le récitatif remplace le dialogue parlé.
BOUFFON (du latin buffo, histrion qui enflait ses Joues pour recevoir de bruyants soufflets, et exciter ainsi Fhilarité du public), fou en titre que les rois et même les grands avaient à leur service. Il y en avait déjà cliet les Grers, qui les appelaient môroi , et chez les Romains, qui leur donnaient ks noms da moriones et de fatui. Mais c’est au moyen âge uu’on vit le plus de fous ou de bouffons à gages. Ces hommes étaient ordinairement des nains ou des créatures disgraciées; ils s’habillaient d une façon burlesque, adoptant à la fois les plumes, les grelots, les bijoux et les étoffes â couleurs éclatantes. Leur maître leur accordait une grande liberté, et c’était à eux à sYn servir adroitement pour faire passer sans danger des vérités quelquefois offensantes. Ce* sont ces bouffons qui ont donné naissance aux Bouffes de la comédie italienne (1 ’oy. ci-dessus). L’histoire a conservé les noms de Trlboulct, le fou de François !«f, et de L'Aogêly, le fou de Louis XIV. ,
BOUGIE (de Bougie, ville d'Algérie , d’où la France tirait autrefois une grande partie de sa cire). La bougie , dc'imée comine la chandelle à l'éclairage, non différa que par la matière : on sait qu elle est de cire, tandis que la chandelle est faite en suif. On distingue deux sortes de bougies : la B. filée, dont la mèche , composée de longs fils de coton, n’est couverte que d’une couche fort ’ mince de cire : telle est la bougie dont sont faits les rats-de cat-e ; on la fabrique au moyen d'une filiero dans laquelle on fait passer l’écheveau de coton , préalablement mouillé de cire fondue ; — la B. de table, véritable chandelle de cire, qui sert à l’éclairage : on la fabrique soit comme la chandelle, dans des moules, et elle prend alors le nom de B. coulée ou moulée ; soit en versant, à l'aide d’une cuiller, sur des mèches suspendues, plusieurs couches de cire fondue, qu’on polit eusuite en les roulant, molles eitfore , sur une table de noyer poli ou de marbre ; on nomme celles-ci B. à la cuiller. Les villes et lieux do France où se trouvent les principales fabriques de bougies sont : Albv, Angers, Angouiéme , Bâti gnôles, Bazas, Bcrnay, Brives, Dijon, Lodève, le Mans, Marseille, Montrouge, Orléans, Paris, Rennes, Rodez, Tulle. — L'usage des bougies de cire ne fut introduit en Europe qu’au vin* siècle par les Yéuitiens, qui l'avaient emprunté de l’Orient. On les nomma d'abord ctrei, d’où est venu le mot cierge. Depuis plusieurs années, ou a remplacé la bougie de cire, dont le prix est fort élevé, par des B. stéariques, dont le prix est beaucoup plus accessible. L'acide Stéarique , qui en fait la rase , a été découvert dans les corps gras, en 1825, par MM. Chevreul et Gay-Lussac. — On fabrique aussi avec du blanc de baleine des B. diaphanes , remarquables à la fois par leur transparence, par leur blancheur, et par la pureté et l’éclat de la lumière qu’elles produisent.— En général, la cire éclaire bien mieux que le suif : le pouvoir éclairant de la cire étant représenté par 100 , celui du blanc de baleine est de 104 , celui de l’acide stéarique est de 84, tandis que celui du suif n'est que de 80. — Dans les bougies, les mèches sont tressées, ce qui épargne la peine de les moucher : en effet, à mesure que la bougie brûle, la mèche se courbe légèrement, de sorte que l'extrémité va se consumer dans le blanc de la flamme.
En Chirurgie, on nomme bougies des baguettes flexibles, fabriquées soit avec des bandelettes de tuile roulées et empreintes de couches successive» d’huile siccative, de résine ou d’emplâtres, soit avec
BOl’I
Bon.
du caoutchouc. On les emploie comme des soudes pour dilater divers canaux, tels que lu rectum, l’œsophage et surtout l'urètre, ou pour y introduire des substances médicamenteuses: mais elles diffèrent des sondes en ce quelles sont pleines, tandis que les sondes sont creuses; si quelquefois les bougies sont creuses, elles ne sont pas ouvertes 4 leur petite extrémité. Ou nomme B. médicamenteuses celles dans la composition desquelles entrent des substances diverses, propres 4 agir sur les tissus; ces bougies, qui ont joui d’une grande vogue, ont été, pour la plupart, abandonnées. — L’invention de cet instrument est disputée entre Aldercto, médecin portugais, et son élève Amatus, qui le décrivit le premier en 1554. Il a été perfectionné par le médecin français Pickel.
BOUGRA1NE , plante. Voy. bucrank.
BüUGR AN (jadis boucrun, de l'espagnol buraran ) , sorte de toile forte et gommée, dont tes tailleurs se servent pour la mettre dans quelques partie» d’un habit, entre la doublure et l'étoile, afin de les tenir plus fermes. On fait du bougran eu France et en Angleterre.
BOUILLEURS ou tübes bouilleurs. On appelle ainsi, dans 1rs ni i. Iihh-s a v.ipmr. la partie de l’appareil destinée a faire vaporiser l'eau. Ce sont tantôt deux gros tubes placés horizontalement sous la chaudière avec laquelle ils communiquent, et plongeant dans la flamme du foyer, tantôt plusieurs lubes placés debout ou couchés au milieu de l’eau de la chaudière et traversés par la fumée de manière à obtenir un contact plus étendu de la surface de l'eau avec la flamme, et, par suite, une vaporisation plus rapide.
BOUILI.IL. Les médecins ne sont pas d’accord sur le jugement à porter de la bouillie, qui cependant est Ta nourriture principale de l’immense majorité des plus jeunes enfants. Selon ses adversaires, c'est a cet .aliment que les enfants devraient leurs coliques, leurs Indigestions , leurs vers, leurs obstructions, et tant d’autres maux qui les rendent tristes, empêchent leur accroissement, et fout traîner 4 la plupart une vie languissante. Selon ses partisans, c'est une nourriture lt> rt salutaire. Il parait, eu effet, que les inconvénients attribués 4 cet aliment dépendent surtout de la manière dont il est préparé ou du peu de discernement avec lequel il est donné. Il ne faut pas y recourir avant que l’enfant ait 5 ou 6 mois; il faut y employer une farine légère, comme celles de froment, de mais, d’avoine, ou de la (truie ; il faut enfin que la bouillie soit bien délayée. Il paraît que ce n’est que vers le milieu «lu xv« siècle qu’on a généralement employé la bouillie pour servir d'aliment aux enfants en bas âge.
BOUILLON. II y a deux sortes de bouillons, les bouillons alimentaires (bouillons de bœuf, de tortue, de poulet, etc.), et les bouillons médicamenteux (bouillon pectoral, aux herbes, de colimaçons, etc.). Les premiers renferment principalement de l’osinazôine et de la gélatine. — On appelle B. d’os un bouillon préparé suivant le procédé de M. Darcet, on traitant les os par l’acide liydroclilorique pour en dissoudre les matières terreuses , lavaul ensuite la gélatine qui reste, et la faisant cuire avec très-peu de viande. Ce bouillon , qu’on avait d'abord beaucoup préconisé, a été quelque temps employé en place du bouillon ordinaire dans les grands établissements publics, et principalement dans les hôpitaux ; mais depuis il a été abandonné comme peu nutritif, parce qu'il tnanqued’osmazôme ( Vot/. gélatine). — Ou peut réduire le bouillon à l’état solide, et former ainsi des tablettes de fjouillon. Pour avoir ensuite du bouillon liquide, ilsufUt de faire dissoudre ces tablettes dans l’eau bouillante. Cette invention est d’une grande utilité dans les voyages. — Il s’est formé & Paris, sons le titre de Compagnie hollandaise, un établissement qui a pour objet la fabrication et le débit du bouillon; il a des dépôts dans tous le» quartiers.
O a us les Salines, on appelle bottillon l’évaporation
de l’eau salée par l'action «lu feu, cl sel tle bouillon le sel blanc obtenu par l'ébullition de l’eau de mer. — On appelait jadis quart -bouillon le sel que l'on obtenait, dans une partie de la basse Normandie, en faisant bouillir daus de l'eau le sable de la grève; il s’appelait ainsi parce qoe le quart du sel obtenu de cette mauière devait étr«j versé dans les greniers du roi. On nommait pays de quart-bouillon la partie do la Normandie où l’on extrayait cette <|ualité «le sel.
bouillon blanc , Verbascum , vulgairement Bonhomme. plante du genre Molene et de la famille des Solanées, qui croit eu abondance dans les lieux incultes d’Europe; sa tige s’élève h plus d'un mètre; ses feuilles sont remarquables {>ar leur couleur gris-blcuAtre, leur épaisseur et le-duvet moelleux qui les couvre; ses fleurs sont jaunes et en épi : cette plante est considérée comme adoucissante et pectorale, et est employée en infusion dans les affections catarrhales.
BOUILLOTTE , jeu de cartes qui se joue a 5 ou A 4 personnes, quelquefois même 4 3. Dans le 1« cas, on prend *2» cartes, c.-à-d. le Jeu de piquet moins les sept; dans le ‘2*, on ôte de plus les valets et les dix; 4 trois, on enlève, en outra, les dames. Chacun se cave, en entrant, d’une somme égale, représentée par des fiches et des jetons. Un des joueurs donne 3 cartes, une tk une, h chaque joueur, et, 4 chaque tour, il en retourne une; il met en outre devant lui un jeton auquel il assigne une valeur, ce qui s'appelle mettre la carre. La lr« personne à la droite du donneur s’appelle le carré et a l’avantage de parler en dernier, avantage qui consiste à prendre pour soi le jeton de la carre si personne ne voit le jeu. La 2* jtersonue à la droite du donneur parle la l™ et déclare voir le jeu ou passer ; les autres joueurs passent, ou tiennent le nombre de fiches qui a été fait, ou même relancent. Quand tout le monde a parlé , on découvre le leu . et celui qui a le plus fort point gagne le coup. Le brelan l'emporte sur le point, et le brelan carré sur le brelan simple. La bouillotte se joue avec une rapidité extrême et expose en un instant les joueurs inex|M«rimcutés à des pertes considérables. Ce jeu ressemble beaucoup au brelan, ut il lui a succédé. Inventé sous le Directoire, négligé sous la Restauration, il reprit fbveur après 1830.
BOULANGER (de boule, à cause de la forme qu'on donnait primitivement au pain ?). La partie la plus importante du travail du boulanger est le pétrissage, qui est exécuté par le geindre , avec une espèce de cnn i sèment que tout le monde connaît; elle comprend six opérations : la délayure, qui consiste à mélanger la farine et le levain avec l’eau; la frase , par 'laquelle l’ouvrier Incorpore avec lu masse a force de bras une secondo quantité d’eau; la contre- ft'ase , par laquelle il rassemble rapidement les ratissons pour les réunir à la masse de la p4te ; les tours, au nombre de trois , qui consistent a couper la pôt«> ou dessous avec les mains et à la retourner ainsi par gros pétons; le bassinage ou incorporation d'eau salée; enfin le battement, qui con'iste à prendre la pâte, 4 l'élever et 4 lu laisser retomber plusieurs fois dans le pétrin, pour la rendre parfaitement homogène dans tous scs points. Le pétrissage se fait ordinairement avec les moins, sou veut mémo avec les pieds, quand on agit sur de grandes masses; aussi cette partie du travail cst-ello aussi sale que rude et pénible. Pour obvier k ces inconvénients, on a eu recours au pétrisseur mécanique, qui exige beaucoup moins de force et de temps, qui assure une extrémo propreté, et donne une pâte plus également pétrie. On estime t-n ce genre les inventions de M. Ferrand, de M. Fontaines, et surtout celle de MÜ1. Mouchot frères. On a aussi tenté de faire cuire le pain dans des fours à air chaud, dits aérothermes : on obtlcut par 14 une cuisson égale et l’on évite que le pain soit brûlé. — La profession de boulanger était inconnuo des plus anciens peuples : chaque méuage faisait son