‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts (volume 2)Chapitre 18 sur 508 · AÉRO · texte numérisé non relu

AÉRO

co fait des loocbs. des crèmes, des gelées. Dans les arts , il donne du lustre et de la consistance , et sert aux apprèteurs, aux confiseurs, aux fabricants de couleurs, etc. La propriété qu'il a de former des mucilages est due À un principe immédiat que l’on eh a extrait , et que l’on nomme Adragantine.

ADRESSE. On nomme ainsi, en Volitique , lin discours adressé au chef de l’Etat par un corps politique, administratif, ou par «me réunion de citoyens. Sous la monarchie , on appliquait spécialement ce nom à la réponse faite par les chambres an discours du trône. On connaît surtout la célébré adresse dite des Deux cent vingt et un, votée en mars 1830 par 221 membres do la Chambre «les députés, en réponse au discours menaçant de Charles A. Cette adresse, mal accueillie par le roi , fut biculût suivie de la révolution de juillet. — L’adresse, dont la discussion faisait perdre un temps précieux, a été supprimée depuis la hé.volution de 1848.

ADljLAlRE, espèce de Feldspath qu'on trouve surtout au mont Adule (Saint-Gotbard) en Suisse. On la nomme aussi Pierrette tune, à cause de sa couleur Manche et de son éclat nacré. Les lapidaires la montent sur les Memes et les épingles.

ADULTE Iace). Vum. âge.

ADULTÈRE (U ’adulterurc , changer, corrompre , dérivé d'alter, autre). Oc mot désigné et la violation de la foi conjugale et la personne coupable de celte violation. Le crime d*adu!tèrc , qui porte 1»' trouble dans les familles, et qui, commis par la mère, charge le père d'enfants qui lui sont étrangers , a été de tout temps flétri par la morale, condamne par les diverses religions, et puni sévèrement , quoique à dos degrés différents, par la législation. Défendu par le Décalogue, il était puni de mort cher les Juifs: les deux coupables étaient lapidés. Les Lacédémoniens, les Germains, punissaient également l'adultère du dernier supplice : c’est ce qui a lieu encore aujourd’hui chez les Musulmans et chez la plupart des Orientaux. A Athènes, la femme coupable était répudiée et exclue de* temples. A Home, elle était livrée nu mari, qui pouvait la répudier ou même la tuer; la loi Julia, rendue par Auguste, prononçait, selon les ras, la mort ou la le légation. — En France, avant la Révolution , la femme adultère était le plus souvent enfermée, pour le reste de ses jours, dans un couvent ou dans un hôpital avec les femmes de mauvaise vie. Aujourd'hui, l’adullt re donne lieu à la séparation (ail divorce, avant l'abolition du divorce), Code civil, art. 2'29, 230. La femme adultère est, en outre, condamnée par le Code pénal (art. 336-39) a la réclusion pendant un temps qui peut varier de 3 mois à 3 ans ; son complice est passible de la même peine, et, de plus, d’une amende de 100 à 2,000 fr.; le meurtre commis sur les coupables par le mari outragé est déclaré excusable. Le mari adultère est condamné à une amende de 100 à 2,000 fr., s'il a entretenu une concubine daus la maisou conjugale. — Les enfants adultérins ne peuvent être reconnus ni légitimes; ils n'ont droit qu’a des aliments.

ADYERUE de or/, it, auprès, cl ver hum. mot', mot invariable, dont la fonction est de modifier le mot, verbe, adjectif ou adverbe, auprès duquel il se place. Il y ajoute une idee de degré, très, fort, trop, plut, moins, jvu , beaucoup ; de maniéré, lentement, doucement , aisément ; de temps , comme demain , aujourd’hui, hier: de lieu, comme ici, là. L’adverbe n’est pas, à proprement parler, un élément essentiel du langage; il n'est lui-même qu’un mot composé, qu'uuc forme abrégée et mixte . qui équivaut a une préposition suivie «le son complément : agir sapement, c’est agir avec sagesse. — Tous nos adverbes en ment ne sont autre chose qu'un adjectif joint à l’ablatif latin mente, qui lui-inème est pour avec vue disposition , uuc manière, que l’adjectif vient

déterminer : sagement , formé de supienti mente , veut dire arec un esprit sage.

ADYNAMIE (du grec a privatif, et dynamis, force ) , privation de force , disposition oti état morbide caractérisé par l'abattement profond de la physionomie. la flaccidité des chaire, la difficulté ou rimpoï-àbilitédu mouvement, l'obscurcissement des sensations , des affections morales et de» opérations intellectuelles. Cet état d'adynamie s'observe dans des maladies bien différentes , spécialement dans le typhus, le scorbut et la fièvre typhoïde, nue l’on désignait autrefois sous le nom de fièire adynamique.

ÆGAGRE , <b*vrc sauvage. I loi/. raiEvnE.

ÆGAGRURILES. Voy. bezoard.

ÆG ICEREES, tribu formée par De Candolle dans la famille des Myrsinacées ou My rainée s , ne renferme que le goure Æy itéras (du grec aix. aigos, chèvre, et kéras. corne, ainsi nommé par alltisiou à la forme du fruit) , de l’Asie tropicale. Ce sont des arbrisseaux à fleurs blanches réunies en grappes ou en ombelles a l'extrémité des rameaux. Suivant Ruinpli, les feuilles d’une espèce peuvent se manger, même crues, tandis que celles d’une espèce voisine sont très-vénéneuses et servent à tuer le poisson.

ÆGILOPS (mot grec dérivé d’nLr, chèvre , et ôps, œil). Du nomme ainsi en Médecine un petit ulcéra qui se forme a l'anale interne de l’œil . et qui . lorsqu’il devient calleux et sinueux, s’apj *clle fistule lacrymale, Il est ainsi appelé , dit-on, parce que cette maladie est commune aux chèvres.

En botanique, oii nomme Æjitopx. valu. CE il de chèvre, un g. de Graminées voisin du Triiicum.ii épi simple, composé d'épillcts fossiles, solitaires, de deux à trois fleurs. On en distingue quatre espèces communes dans le midi de la France. On a prétendu que le froment n’était qu’une modification d’une de ces espèces , Y Æ'jilops o rata.

ÆGLEF1N ou aigrefin, poisson <î«i genre Gade, analogue à la morne ; sa chair s'enlève aussi facilement par feuilles, mais elle est moins recherchée. Ce poisson ne parvjeut guère qu'a la longueur de quatre ou cinq décimètres. On le trouve dans l'Océan Sej»teutrional. Il s'approche dans les mois de février et de mars, en troupes serrées, vers les rivages septentrionaux de l'Europe.

ÆP10RMS (du grec, ai pus , immense, et omis, oiseau), genre d'oiseaux gigantesques, tout à fait distinct de l'autruche et du casoar, et dont ou n'a «pie le squelette et les œufs. Ces œufs, découverts a Madagascar en IKjfl, ont uue capacité d'environ huit litres : les Malgaches s’en servent comme de vases.

AÉRAGE, aération. Yoy. ventilation.

AERIKORME (quia la forme de l'air i , se dit des fluides qui , différant de l’air atmosphérique par leur nature propre, lui ressemblent par leur transparence , leur élasticité , leur compressibilité : tels sont les gaz et les vapeurs.

AÉRÜL1TI1ES (du grec aer. air, et lithos, pierre), dits aussi Bolides , Pierres météoriques. Météorites, masses minérales plus ou moins volumineuses qui tombent de l'atmosphere. Elles sont généralement arrondies et recouvertes d’une écorce noire; elles sc composent de divers* *s sul>s tances terreuses «u métalliques, dout quelques-unes sont cristallisées cl les autres en globules ou en petites veines. Ou y trouve principalement du fer allié a du nickel et a du chrome, quelquefois aussi à du soufre, a de la silice , à du manganèse. — La chute des aèrolithes est ordinairement pré» èdée de l’apparition de globes eu flammés qui se meuvent dans l'espace avec une grande vitesse et à une tres-grande hauteur, et qui finissent par éclater en produisant de fortes détonations. Les pierres météoriques arrivent brûlantes à la surface de la terre, et dégagent souvent des vapeurs sulfureuses au moment de leur chute. — Ou a pensé d’abord que les aéroliUics sc formaient

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AÈRO

dans l'espace, vers la limite de notre atmosphère, bar voie d'agrégation et de condensation ; plus tard, Lnplare a supposé qu'elles pouvaient être lancées par les volcans de la lune. Mais, depuis quelques années, on est disposé à regarder les pierres météoriques comme des fragments de petites planètes qui, circulant irrégulièrement dans l'espace et se trouvant engagées dans notre système, cèdent à l'attraction de ïa terre et se précipitent sur elle «lès qu'elles entrent dans sa sphère d'activité. Cette hypothèse rattache ce phénomène a celui des étoiles filantes ( Voy. re mot). — On regarde comme des aéroli thés les masses de fer plus ou moins considérables qu'on trouve â la surface de la terre en quelques lieux, bien qu'on n'en ait pasobservé lachute ; plusieurs d’entre elles ont un poids qui dépasse plusieurs milliers de kilogrammes. — La chute de pierres tombées du ciel est un fait connu de toute antiquité. U est question dans Josué d’une pluie de pierres qui détruisit l'armé»? ennemie. L’s pierres miraculeuses que les anciens nommaient batyles, abadirs, et qu’ils gardaient dans les temples eu les consacrant aux dieux , surtout à Cybéle , n’étaient sans doute que dtM5 aérolithes. Plutarque , dans la Vie de Lysandre , décrit une pierre qui était tombée en Thrarc, près de l’embouchure de l’Ægos- Potamos. Longtemps les savants modernesont relégué les pierres tombées du ciel parmi les conte» populaires; uii fait de ce genre constaté h Sienne, en Toscane, par le savant Chladui le 16 juin 1794, ébranla les incrédules; un autre fait, qui eut lieu en plein jour a I/Aigle, en Normandie, le ‘26 avril 1W3, et qui fut l’objet d'une enquête de la part de l'Académie des sciences, dissipa tous les doutes. — lin savant anglais. M. Howard, a «tressé une liste chronologique de toutes les pierres tombées du ciel depuis les temps les plus reculés jusqu'en 1818; 31. Chladui a continué cette liste jusqu’en 1824.

AERONAUTE (du latin aer, air, et nautaf navigateur). On nomme ainsi ceux qui voyagent dans l'air au moyen aérostat s ( Voy. ce mot). Les plus célèbres aéronautes, apr» s les frères Montgolfler, inventeurs de l'aérostat , sont : Blanchard, qui réussit à traverser la Manche en 1785; Pi litre de Rozier, qui voulut renouveler l'expérience peu de moi» après, mais qui périt pour avoir imprudemment placé au-dessous d'un ballon plein d’hydrogène une inontuiiifière avec son foyer ardent; (îarneriu, à qui l'on doit le parachute (1784) ; M“« Blanchard, qui périt par le feu en lançant des artifices du haut de sa nacelle au jardin de Tivoli (1819), et, de nos jours, MM. Robertson, Green, Margat, Godard, Poitevin, Pctin; l’un d’eux, M. Green, a renouvelé le trajet de la Manche en 1851;

AEROSTAT (du latin aer, air, store, se tenir), espèce de ballon rempli d’un fluide plus léger que l’air, et au moyen «Juquel on peut s'élever dans l’atmosphère. On appelle aeronaute celui qui monte l’aérostat. Le principe «le cette ascension est le même que celui qui fait monter à la surface de l’eau les corps moins denses qu’on y a plongés ; c'est que tout corps plongé dans un fluide quelconque perd une partie de son poids égale au poids du fluide qu'il déplacé. — Les aérostats furent imaginés par les frères Montgolfler, d’Annonay , qui firent leur première expérience à Annnnny, le 5 juin 1783; ils la répétèrent à Versailles le 20 sept. Leur ballon, appelé de leur nom montgolfière , était formé d’une enveloppe «le toile doublée de papier et renfermait de l'air dilaté par la chaleur (on produit cette dilatation en brûlant de la paille sous un orifice ménagé à la partie inférieure du ballon). Au mois d'oct. 1783, Pllàtre de Rozier et le marquis d’Arlandes osèrent les premiers s’élever dans une nacelle suspendue au-dessous d’une de ces montgolfières; pour éviter que le refroidissement qu’éprouvait le ballon ne ramenât l’air qu’il contenait à son premier volume, ils entretenaient du feu sous l'orifice de l’aérostat. Ce procédé, qui exposait l’aé-

ronaute aux plus graves dangers , fut bientôt abandonné. Dès 1783. le physicien Charles sut mettre h profit la légèreté du gaz hydrogène pour le substituer a l’air raréfié par la chaleur; ce gaz. en effet, à la même température que l’air, pèse environ quinze fois moins que lui. C'est encore ce saz que l’on emploie aujourd’hui. L’enveloppe se fait avec du taüètas gommé de bonne qualité; un filet qui embrasse le ballon supporte la nacelle dans laquelle se place l’aéronaute. Les couches de l'atmosphère étant de plus en plus raréfiées à mesure qu’on s'élève , l’aéronaute parvenu à une certaine hauteur n’éprouve plus (|n’unc poussée égale à son poids, et, par conséquent, ne neuf s'élever davantage. Si l'on pondait entièrement le ballon en quittant la terre, l'hydrogène tendant sans cesse â se mettre en équilibre avec l'air environnant, pourrait crever ce ballon à une certaine hauteur: pour prévenir ce résultat, on ne remplit les aérostats qu'aux trois quarts. L'aéronaute se munit aussi d'une provision de lest, dont il jette uno partie quand il veut s'élever davantage et que le ballon n’a plus de force ascensionnelle. Pour redescendre, il ouvre, au moyen d’une corde , une soupape ménagée à la partie supérieure du ballon , et par laquelle s’échappe alors une portion du gax hydrogène. L’invention du parachute ( Voy. ce mol ( prévient une partio ries dangers de la navigation aérienne. — Les aérostats n'ont guère été jusqu’ici qu’un curieux et intéressant spectacle destiné à amuser la foule dans les fat«:s publiques; ce jeu hardi a donné la célébrité à quelques aéronautes , mais il a été fatal a plusieurs ( Voy. AtnoNAPTF.). On a aussi essayé d’en faire quelques applications utiles : ainsi, on s'est servi des ballons pour reconnaître en temps de guerre les positions de l’enDemi; il fut formé en 1793 une compagnie d’ingénieurs aérostatiers, et il la bataille de Fleuras (1794), des officiers montés dans un ballon observaient les mouvements des Autrichiens; ce moyen a été bientôt abandonné. Les Russes tentèrent, en 1812, de sc servir des aérostats pour jeter sur l'armée française des projectiles incendiaires; mais cette tentative échoua. — MM. Biot et Gav- Ltissac appliquèrent en 1804 l’aérostat à la solution de plusieurs problèmes de physique ; M. Gay-Lussac s'éleva h près de 7,000 mètres, la plus grande hauteur atteinte jusqu'ici. MM. Bixio et Barrai ont également exécuté, en 1850, deux ascensions dans un but scientifique. — M. Arago a proposé «le se servir de l’aérostat pour faire passer dans le sol l'électricité contenue dans les nuages et préserver ainsi les récoltes de la prèle; on n’a pas encore expérimenté ce moyen. — De nombreux essais ont été faits pour diriger les aérostats. On trouve sur cett«ï matière un Intéressant article dans le Magasin pittoresque (mai 1844); M. Francallet a écrit une dissertation our les moyens de diriger les aérostats (Paris, 18-19) ; mais jusqu'ici le succès n'a point confirmé les moyens proposés. M. Petin prétendait résoudre le problème au moyen d'un navire aérien soutenu par plusieurs ballons (1851). On peut consulter, pour plus de détails, Y Aérostation, ou fonde jxtur servir à /'histoire et à la pratique des ballons, par M. Dupuis-Delcour (Paris, 1849) ? et les Hallons , ou Histoire de la locomotion aerienne depuis son origine jusqu'à nos jours, par M. J. Turgan (Paris, 1850).

AEROSTATIER ou aérostier. Voy. aérostat.

ÆSGULUS. Voy. marronmkr.

ÆSTIIETIQl’E. Voy. esthétique et beau.

ÆTHUSE, Æthusa (du grec aithô , j’enflamme), genre de la famille des Ombcllifcres , ainsi nommé a cause de l’Acre té du suc de la plante. On distingue . 1® YÆ. cynapium , ou petite ciguë, qui est trèsvénéneuse et qu'on petit confondre facilement avee le persil ; elle eu différé toutefois par l’odeur fétide

AFFI

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qu'elle exhale quand on froisse ses feuille» entre les doigts, et paf la couleur de ses fleurs qui sont trèsblanches , tandis que celles du persil sont d'un jaune verdâtre; 2° VÆ. à feuilles capillaires . qui a des vertus médicales et qui nourrit les bestiaux.

AFFAIRES F.TIl VM.M'.KS. F.flEl.ATlOSSEXTLRIECHfc!».

AFFALER (S ), tenue de marine, s'approcher trop près de la côte au risque de ne pouvoir ensuite se délivrer. En h.Uimcnl s affale lorsqu'il est poussé trop près de la côte par le veut ou j*ar les courants. — On dit, eu prenant ce mol activement, affaler vue manœuvre, pour l’abaisser, peser sur elle pour vaincre le frottement qui la retient.

AFFECTION (d 'affi>'ere. toucher, émouvoir). En Psychologie morale, on désigne spécialement par le nom aaffêCtiOHS une classe de principes d action, celle qui est tirée des sentiments qui se rapportent a nos semblables et qui est opposée aux mobiles purement personnels. On divise les affections en bienveillantes, telles que l'amour, l'amour paternel, filial, fraternel , l'amitié, la pitié, le patriotisme, la philanthropie , la reconnaissance : et en malveillantes, telles que la haine, la jalousie, l'envie, la vengeance, la misanthropie. — En Médecine, le mot affection est devenue synonyme de maladie : affection rhumatismale, catarrhale, scrofuleuse, etc.

AFFICHES (d'affigere . attacher, expliquer). En vertu de la loi du 22 juillet 17îX), les affiches publiées par le gouvernement peuvent seules être imprimées sur papier biauc; les afliches des simples particuliers doivent être sur papier de couleur. Ces dernières sont, en outre, soumises a un droit de timbre et à de sévères reglements ; la loi du 10 décembre 1830 prohibait toute publication politique au moyen d’afliches ou placards; celle du 16 juillet 181*0 a renouvelé et aggravé les prescriptions antérieures.

affiches (petites-). En 1638, le médecin lîcnaudot fil paraître sous le titre de Bureau d'adresses. les Petites-Affiches de Paris, qui cessèrent à sa mort (1653). Ce recueil périodique, repris çn 1715 et continué encore aujourd'hui, offre un assemblage exact de toutes les affiches intéressantes et des avis que les particuliers font publier.

AFrlLOlR (de fil), instrument destiné à aiguiser les instruments tranchants en leur donnant le fil , quand ils Fout perdu , ou en leur enlevant le morfit quand ils viennent d'étru aiguisés à la meule. C’est le plus souvent une pierre schisteuse sur laquelle ou répand quelquefois un peu d'huile pour favoriser le glissement de la lame.— Ou a récemment inventé un affiloir d'un nouveau genre : c'est un appareil composé de deux cylindres d’acier placés parallèlement sur un plan horizontal , et garnis de cercles d’environ 5 millini. de largeur qui s'emboîtent légèrement les uns dans les autres et qui sont stries de manière à former de véritables limes.

AFFINAGE, opération de métallurgie par laquelle on dépouille certains corps des substances qui en altéraient la pureté. Ce mot s'emploie surtout pour les métaux , notamment For, l’argent et la fonte. — L "affinage de l’or a pour but de séparer ce métal de l’argent et du cuivre. Autrefois, on effectuait cette séparation par la méthode dite du départ ( ainsi nommée du mot départir, séparer), qui consistait à dissoudre le métal dans l'acide nitrique; il se faisait du nitrate d'argent et de cuivre soluble , tandis que l'or restait a l’état métallique et insoluble. Mais on a renoncé à l'emploi de ce procédé, parce qu'il y avait toujours une certaine quantité d'or entraim e dans la dissolution. Aujourd hui, on remplace l'acide nitrique par Facidc sulfurique bouillant. — L affinage de C argent consiste à faire fondre ce métal dans nu creuset : lorsque le métal est fondu , on jette dans le creuset du salpêtre qui se combine avec le cuivre sans toucher a l'argent; ce mélange surnage à la surface du bain , et Fou trouve au fond du creuset

un culot d'argent fui. — L affinage de la fonte, c’està-dire sa conversiou en fer ductile et malléable , consiste à la chauffer fortement au contact de l'air, afin d’oxyder le « arbone et les autres matières étrangères. Cette opération se pratique dans des fourneaux particuliers appelés pudlings ou fours à pudler. — On appelle encore affinage : 1° I operation qui a pour hui de rendre le chanvre plus long, plus doux et plus lin; ee qu’on obtient en le faisant passer par plusieurs peignes de fer très- dé liés et très-fins; 2“ la dernière operation que l'on fait subir aux aiguilles , et qui consiste à aiguiser leur pointe sur une pierre ; 3° la dernière loulurc que l’on fait subir aux draps.

AFFINITE (dW, auprès, finis, limite; voisin). En Droit, c’est l’alliance que le mariage établit entre un époux et les parents de son conjoint; c’est une sorte «le parente civile. Les personnes ainsi unie* sont dites affins. Unies nomme plus communément alliés : deux beaux- frères sont alliés entre eux ; une belle-mère est alliée a sa belle-fille. — Les Théologiens catholiques ont admis trois sortes d'affinités comme empêchement au mariage : 1° entre le mari et les parents de ta femme . et entre la femme et les parents de son mari; 2° entre le inari et les alliés de la femme , et entre la femme et les alliés de sou mari ; 3® entre l'adoptant , ses parents ou alliés, et l’adopté, ses parents et alliés. Dans Je Code civil promulgué en 1803, les seules affinités qui mettent obstacle au mariage sout celles de beaupere et belle-mère, Itcau-lils et belle-fille, gendre et bru , beau-frère et belle-sœur (art. 161 et suiv.). Toutefois une loi du 16 août 1832 autorise le chef de l’Etat a lever plusieurs de ces prohibitions; cette loi permet notamment le mariage entre beau-frère et belle-sœur.

En Chimie, l’affinité est la tendance qu'ont les corps à se combiner eusemble. On dit plus communément aujourd'hui attraction chimique. Elle se distingue des autres attractions moléculaires en ce qu’elle ne se manifeste qu'entre des corps de nature différente , et qu'elle donne naissance à des composés dont les propriétés different de celles des corps «■•imposants. Le résultat de l'affinité est la combinaison chimique. Les anciens chimistes distinguaient plusieurs espèces d’affinités: affinité élective , prédis posante, d ivel lente , quiescente, etc. Ou conserve encore quelquefois la première de ces dénomination? , et l'on distingue l’affinité élective en simple , quand un corps mis en présence d'un autre, composé de deux éléments, se combine avec l'un de ces éléments |»ar une sorte de préférence et a l’exclusion du second; et en double , quand deux corps composés chacun de deux éléments échangent un de leurs éléments. Exemple : l’eau et le perclilorure de phosphore donnent do Facidc chlorhydrique et de Facide pliosphori«|uc. — Le inot affinité parait avoir été employé pour la première fois par Barchtisen , chimiste allemand , dans ses Eléments de chimie (Leyde, 1703 . Geoffroy «laine publia en 1718 la première table d’affinités ; d'autres furent dressées par Wenrcl f Itergmann, Guyton-Morveau, et par plusieurs autres chimistes du siècle dernier. — On a , dans ce sieele , rapporté l'affinité à un inode particulier d'élertrisatiou imagine par M. Atnpere. Suivant lui , chaque particule matérielle contient une électricité propre , positive ou négative , dont elle ne peut se départir, et , par suite, elle s'entoure dans l’air d’une couche d'électricité contraire, qui rend positive celle dont l’électricité propre est négatite, et réciproquement. Cela pose , ji y aura combinaison entre les moU-euics d’atmosphères d’électricité contraire, et répulsion entre celles qui seront chargées d’une électricité do même nature; et l'attraction ou la répulsion sera d autant plus forte, que la différence d'électrisation des particules sera plus grande.

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