‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts (volume 2)Chapitre 201 sur 508 · CAKE · texte numérisé non relu

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monteuse, pour les disposer à la filature ou à d'au- i très usages. Tantôt ces cardes sont appliquées sur de j petites planches eu bois armées d’un mancht, .)nunc les cardes à main dont se servent les cardeurs de ma telas; tantôt, comme dans les cardes cylindriques dont on fait usage dans les grandes filatures, elles consistent en deux rouleaux hérissés de petites dents de fil de fer, et tournant en sens contraire. Ces machines Ingénieuses ont été considérablement perfectionnées de nos jours.

Eu Horticulture, on appelle cat'de la côte des feuilles du cardon et de la vnirée : on en fait des plats estimés, après les avoir blanchis. V. bette et CARDON.

CARDERK (de carduus, chardon), Dipt actif, g. de la famille des Dipsacée*. renferme de grandes herbes ayant le port des chardons, des tiges anguleuses et hérissées d'épines , à feuilles opposées, à fleurs réunies en tètes comme les «câbleuses. On en connaît quatre espèces, toutes bisannuelles, qui croissent naturellement en France: la C. des bois, la C. loriniér, la C. bleue eX la C. sauvage, aux fleurs d’un bleu rougeâtre, et dont les têtes, a l’état sec, servent & carder les laines ; la variété de cette dernière, dite Carde à foulon ou Chardon bonnetier, est celle que l’on emploie de préférence. Elle se distingue par les petits crochets qui terminent les paillettes de ses fleurs. On la cultive en grand en Normandie, en Picardie et dans le midi de la France pour les besoins des manufactures.

CARDIA (mot grec qui signifie cœur), désigne exclusivement aujourd’hui l’orifice supérieur de l 'estomac l V. en mot) : autrefois, il signifiait aussi le Cûfur.

CARD1 ALGIE, douleur d’estomac. V. gastralgie.

CARDIAQUE, qui appartient au cœur ou à 1 estomac. Ou appelle artères cardiaques ou coronaires du cœur, deux artères qui naissent de l'aorte immédiatement au-dessus des valvules sigmoïdes; et weines cardiaques ou coronaires du cœur, plusieurs veines qui toutes s'ouvrent dans l’oreillette droite par un seul orifice ; — nerfs cardiaques , les six nerfs du cœur, dont trois de chaque côté, formés l>ar les ganglions cervicaux correspondants ; — plexus > ardiaque , l’entrelacement nerveux formé par les nerft cardiaques, derrière la crosse de l’aorte, près de l’origine de cette artère ; — orifice cardiaque, le cardia ( Voy . ce mol) ; — fièvre cardiaque, la gastralgie ( Voy. ce mot). — Quelquefois on le prend pour synonyme de cordial ou réconfortant . Voit, cordial.

CARDIAQUE OU ACRICAIIMF. , piaille. VOU. LftONUltX.

CARDINAL, grand dignitaire de l'Église romaine. Voy. le Dict. uni v. d'Hist. et de Géogr

cardinal, nom vulgaire par lequel on désigne plusieurs oiseaux dont le plumage est de couleur rouge : tels sont : le C. (f Amérique, ou Tangara rouge (F. ce mot), dit aussi C. du Canada, du Mexique, et C. à collier ; le C. du Cap, espece de Gros-bec ; le C.

• arlscronien , espèce de Bouvreuil £ le C. commandeur ou Trou pi ale ; le C. dominicain et le C. huppé, autres espèces de Gros-becs, etc. — Le nom de Cardinal désigne encore un poisson du genre Spare; un mollusque du genre Cône : un papillon du genre Argynne, et un coléoptère du genre Pyrochre.

En Botanique . on apnelle Cardinale une espèce du genre Lobé lie , un ülaieul, une Sauge, etc.

Le» Concbvliologlstes nomment dents cardinales les dents principales de la charnière dans les coquilles bivalves.

EuThéoU>tfie,on appelle vertus cardinalesla Prudence, la Justice, la Force et la Tempérance, parce qu on rapporte à ces quatre chefs tous 1 es actes de vc rtu

En Astronomie, on appelle points cardinaux les quatre points les plus diamétralement op|»osés de l'horizon : le Nord et le Sud, l’Est et l’Ouest ; et signes cardinaux du Zodiaque, les signes dans lesquels entre le soleil au début de chaque saison : ce sont le Bélier, le Cancer, la Balance et le Capricorne.

CARDITE (de cardia, cœur). En Médecine, ce nom désigne l'inflammation du cœur en général. On distingue : la cardite proprement dite, inflammation du tissu musculaire du cœur; la péricardite, inflammation du péricarde ou membrane séreuse qui euveloppe le cœur; et 1 'endocardite , inflammation de la membrane qui revêt les cavités du cœur. Ces trois sortes d’inflammations sont quelquefois isolées; mais le plus souvent elles naissent en-emblc ou se suivent de très-près. Elles ont pour causes ordinaires l’abus des boissons spiritueuscs, l’action de certains poisons , et notamment de l'arsenic, les exercices immodérés, les mémos influences atmosphériques que la pneumonie ou la pleurésie. Leurs symptômes généraux sont les palpitations, l'oppression, la fréquence et l’irrégularité du pouls, une vive douleur précordiale, des défaillances , le sentiment d’une extrême faiblesse. On traite ces phlegmasics par des saignées générales et locales.

On donne aussi le nom de Cardite à un genre de Mollusques acéphales , & manteau ouvert dans toute sa longueur, portant en arriéré un orifice particulier pour i anus et un tube pour la respiration ; la coquille est très-épaisse, solide, équivalve, à sommets recourbés en avant, à charnière munie de 2 dent* inégales. Ce sont descoauiUes marines dont quelquesunes s’attachent par un byssus aux corps sous- marins.

CARDIüM jc.-a-d. cœur), Mollusque. Vou. m carde.

CARDON, C inara cardunculus, plante bisannuelle et potagère du genre Artichaut , a , comme 1’arücliaut, des capitules ou têtes , mais qui tie se mangent pas. Le cardon est originaire des côtes de Barbarie. Certains botanistes le considèrent comme un artichaut à l'état sauvage, et dont les capitules n’ont point été encore rendues comestibles par la culture. Ou en distingue trois variétés : le C. ue Tours, armé de toutes parts d’aiguillons pointus, à côte légèrement concave, un peu rougeâtre; le C. d'Espagne, qui s'élève jusqu’à 2 et même 4 m.,et le C. plein, qui n'a point d'épines. Les cardons sont sensibles aux gelées; on les sème par couches en janvier, et eu avril ou les lie et on les lmttc pour faire blanchir les feuilles inférieures. Ils fournissent un mets assez estimé; on mange de préférence, comme dans le céleri . les côtes, dites cardes , et les racines.

CARDUACEES du latin carduus, chardon), une des trois grandes tribus de la Clin illü des Sy uanthérées ou Composées de Candollc, correspond à peu près aux Flosculeuses de Tournefort et aux Cinnro'.ép haies de Jussieu. Un les a divisées en deux sections, selon que le point d'attache de la graine est par sa base ( Car duacèes vraies), ou par son côté ( Centauriées ) ; elles renferment les genres Chardon, Artichaut (dont le Cardon n’est qu’une espèce), Centaurée , etc.

CARÊME , temps d’abstinence et do jeûne. Voy. le Dict. unit). d'Hist. et de Géogr.

On nomme Carême prenant les trois jours trras qui précèdent immédiatement le mercredi des tendres, et. par extension, une personne qui court les ru»* en nabit de masque pendant ces mêmes jours.

CARENAGE. Voy. carI.ve.

CARENCE (du latin carere, manquer). En Jurisprudence on appelle procès-verbal de carence un proces-verbal dressé par un huissier, et constatant qu’un débiteur n’a point, ou n’a que très-peu de meubles, et qu’il est, par conséquent, insolvable (Code de procédure, art. 224).

CARÈNE (du latin carina, même slgnif.) , la superficie extérieure du fond d’un navire, partie qui est submergée lorsqu’il est chargé. — On appelle carénage l’opération qui consiste à réparer la carène d’un bâtiment : le bâtiment est dit alors en carène.

En Botanique, on nomme carène deux pétales inférieurs des fleurs papilionacées, parce que, rapproché», et sonvent même soudés par leur bord, ils olfrent quelque ressemblance avec la carotte d’un

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Tusseau.— On appelle, pour la même raison, caréné ce qui offre une saillie longitudinale comme la carène d'un vaisseau : par exemple, les glumes de plusieurs graminées, les valves de la cosse du pois, etc. — On donne aussi celle épithète aux oiseaux qui ont le sternum garni d*un bréchet.

CARET ou carrec. Testudo imbricata , espèce de Cbélonée ou Tortue ue mer, de couleur brune, mêlée de taches rougeâtres et irrégulières, a museau allongé , à lames cornées : son disque est composé de 13 plaques à bords entiers; son plastron, do 12 plaques. Ce sont les plaques du disque qui fournissent la substance connue dans le commerce sous le nom d’ écaille.

Dans la Marine , on appelle fil de caret un gros Û1 fait avec des libres du chanvre; et qui sert A fabriquer tous les cordages : le caret lui-mème est proprement un louret ou espèce de dévidoir sur lequel on roule les premiers fils fabriqués avec le chanvre.

CAREX. nom latin du genre Laiche. Voy. laiche.

CARGAISON (du bas latin cargare, charger), charge marchande d’un navire de commerce, cnsemble des marchandises que ce uavire doit transporter : un bâtiment de guerre n’a point de cargaison. Ou appelle chargement les objets transportés par les corvettes de charge, les gabares, etc

CARGUE, nom qu'on donne, en Marine, A toute espece de cordage oui sert A replier les voiles contre les vergues, et quelquefois contre le màt ; opération qui elle-même s'appelle carguer. On distingue les cargues-points , qui sout amarrées aux deux points ou angles du bas de la voile; les cargues- boulines, qui sont amarrées au milieu des côtés de la voile ; les • arques- fonds , qui sont amarrées au milieu du bas de la voile. Les quatre voiles majeures ont généralement six cargues, savoir, deux de chacune des trois sortes de cargues.— On car gu e ordinairement les voiles eu les relevant; quand ou les cargue en les abaissant, l'opération prend lu nom de hale-bas.

CARI ou carry (du malabare kuri, bouillie, potage), assaisonnement indien, composé de piment eu poudre, d'épices, etc. On donne aussi ce nom A un mets importé de l’Inde , et qui se compose du volaille ci de rii assaisonné do cari.

CARIACOU, boisson fermentée, composée de sirop de canne, de eassave et de patates : on en fait usage à Cavenne. — C’est aussi, chez Buflun? le uom indigène du chevreuil ou du cerf d’Amérique : il habite la Louisiane, la Guyane et le Brésil.

CAR1AMA (par onomatopée du cri de cet oiseau), Microdactylus, genre d’oiseaux de l’ordre de® Echassiers et de la famille des Fressirostre* , est remarquable par ses tarses longs, ses doiat* courts, sou bec convexe et voôlé, sa mandibule supérieure terminée par un crochet, sa queue assez longue, A 12 rectrlces. Le C. huppé du Brésil ou C. de Margrave, la seule espèce connue, est un bel oiseau de près d’un métro de loog, d’un gris roux piqueté de brun, orné d’une huppe de plumes roldes sur la tête, ettri*s-farooche; sa voix est forte. Il se nourrit de reptiles et d’insectes.

CARIATIDES. Voy. caryatides.

CARICATURE (de l’Italien caricqfura. dérivé luitnémede caricare , charger). La caricature existait déjà chez les anciens : ou en a trouvé des exemples dans les ruinesd’Hercuianum et do Pompéi ; mais c’est dans les temps modernes qu’elle a pris le plus d'extension. Les querelles religieuses et politiques enfautées par la Réforme et U Ligue lui fournirent do nombreux sujets; il parut dés 1565 un recueil de 120 gravures de songes drélaliques dont l’idée est attribuée a Rabelais , et qui sont peut-être les plus •tociennes caricatures qui aient été faites chez nousla Fronde, les régnes de Louis XIV et do Louis XV surtout, y donnèrent aussi une ample matière; mais eu n’est qu’a partir de 1789 que la caricature prit tout son essor; elle jouit peudaut la période révolutionnaire d’une licence incroyable. Pendant les

dernières années de la Restauration, elle eut ses jouruaux spéciaux . paraissant a des époques régulières, tels que la Silhouette (1829-30), la Caricature (octobre 1830-32), enfin le Charivari , fondé en décembre 1832 ; ce dernier, outre la caricature politique, cultive la caricature de mœurs, et, sous ce rapport, le Journal pour rire lui fait une vivo concurrence. Cbarlet, Philippon, 11. Mounier, Pigal , Dévéria, Grandville, Gavarui, Daumier, Cbam, lUrtall, etc., sont de nos jours les principaux artistes en ce genre. Parmi les plus célèbres caricaturistes anciens ou étrangers, il faut citer surtout Cahot, auteur de la Tentation de saint Antoine, des Misères de lu guerre et des Gueux contrefaits ; le Suisse Ilolbein, qui a fait la Danse macabre et une suite de caricatures pour V Eloge de la Folie d’Erasme : l’Anglais Ilouarth, l’Ecossais Cniikshank, l'Espagnol Goya, etc. — La gravure n’a pas seule le privilège de la caricature : tout le monde eouualt les statuettes de Dantan jeune, dont la collection a reçu le nom de Panthéon chari langue.

CARIE (du latin caries, même signification!, ulcération des os. On distingue 1a C. sèche ou nécrose ( Voy. ce mot) et la C. humide ou Carie proprement dite. La Carie est ordinairement précédée d’une douleur locale plus ou moins vive. L’os se gonfle , s'ulcère et donne lieu a une suppuration plus ou inoius abondante, qui a son siège dans les parties organisées de l’os. La carie attaque spécialement la partie spongieuse des -os. Les dents y sont fort sujettes ( Voy. ci-après) . Ses causes sont les vices scorbutique ou scréfuleux, le rhumatisme, la goutte, et les coutuslous sur les os. — La carie guérit quelquefois spoutanément, mais le plus souvent elle exige les secours de l'art. Si elle est superficielle, il faut ouvrir le foyer de la suppuration . et essayer, s’il n’y a plus d'irritation , les bains et les douches d'eaux alcalines, ferrugineuses, sulfhydreuses, iod urées : ou fait le pansement avec de la charpie imbibée d’huile essentielle de térébenthine , de myrrhe ou d'aloès ; si ces remèdes ne sont point efficaces , on emploie la cautérisation , qui transforme la carie en nécrose; si enfin la cautérisation est impossible, il ne reste plus d’autre remede que l'amputation.

Carie des dents. Outre la C. sèche et laC. humide, on distingue : C. calcaire , C. carbonée ou noire, C. écorchante , C. perforante, tous noms qui s’expliquent d eux-mémes. Dès qu’une dent est atteinte de carie , h faut se hâter d’éloigner de la cavité qui s’y forme l'air et les aliments, bien nettoyer la dent à l'intérieur, remplir ensuite la cavité de coton pour la sécher, enfiu la boucher hermétiquement avec de la cire vierge ou de la gomme mastic. SI la carie est plus avancée, on y remédie soit en plombant la dent, soit en la cautérisant, soit en enlevautavec li lime les parties malades. Quand elle a fait trop de progrès, l'extraction est indispensable.

Ou a étendu le nom de carte A certaines maladies des plantes : celle des arbres pénètre jusque dam leur tronc. La carie du froment est attribuée A uu végétal particulier de la famille des Urédiuées.

CARILLON (du mot français quadrille, jwirce que les premiers carillons étaient exécutés A quatre cloches ) , collection de cloches accordées suivant une échelle chromatique de 2 A 3 octaves. On les suspend dans un clocher et le sonneur les met en mouvement au moyen d’un clavier analogue aux pédales do l’orgue, ou au moyen d'un cylindre ajusté A des rouages d’horlogerie. Le premier carillon fut fait A Alost eu Flandre, eu 1-487 : les plu* renommés ont été construits en Belgique et eu Hollaude. Aujourd’hui les c ^niions sont A peu près passés de mode.— Outre les carillons de cloches, il existe eucore des carillons mécaniques adaptés aux horloges et qui fbnt entendre des airs aux dilféreutes heures. Un des plus célébrés en ce gcuro était celui de l'horloge de là Sa-

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