CHALEUR SPÉCIFIQUE, CBALETR LATENTE
Les phénomènes de la chaleur sont des plus importants pour la science et l'industrie. L’action do l'homme sur la nature est fondée principalement sur l'emploi do la chaleur : la plupart des transformations physiques ou chimiques que les corpç subissent sont dues à cet agent ; c'est aussi la chaleur qui fournit le plus souvent à l’industrie la force motrice nécessaire.
Les physiciens ne se sont occupés que fort tard de la théorie de la chaleur. L'invention du thermomètre et le» perfectionnement* apportés à cet instrutfient au commencement du xvm* siècle par * Réaumur, Haies, Fahrenheit, Musschenbrocck, marquent les premiers pas de la science dans cette branche do la phvsique. Vers la même époque, Stahl, Crawford , \Vi)kes et Black démontrèrent l'existence du calorique latent; Hawkcsbce reconnut les différents degrés de dilatation que la chaleur fait éprouver a l'air atmosphérique. De nos jours, les lois de la distribution du calorique et ses divers modes de transmission ont été étudiés avec soiu par MM. Leslie , Nicbolson, Bérard, Arago, Despretx et Pictet. Fourrier, Laplarc et Poisson out donné la théorie mathématique de la chaleur rayonnante; on doit ù M. Mclloni, de Parme, à M. Forhes, d'Edimbourg, et tout récemment à MM. de la Provostaye et Dcsains, de nombreuses expériences sur le même sujet. Des ' travaux importants sur les chaleurs latentes et les chaleurs spécifiques ont été faits par MM. Delaroche et Bérard £1812), Dulong et Petit (1819 et 1828), Aug. de la Rite et Marcet £1827 et 1836), Régnault (18-èO), Persou (1847), etc. Ballon et Gay-Lussac out trouvé la loi de la dilatation des gaz. La chalertr dégagée par les combinaisons chimiques a été particulièrement étudiée par MM. Fabre et Sdhemiauü.Les tensions des vapeurs sous des pressions différentes ont été déterminées par MM. OLrsted et Per k in s, Dulong, Arago, etc. — Un traité spécial do la Chaleur considérée dans ses applications a été publié par M. Péclct (1829 et 1814, 2 vol. iu-4).
CHALEUR AK IM ALE, CALOIUCITÉ ANIMALE, chaleur dégagée par les êtres vivants. La température de» animaux Inférieurs est presque la même que celle des milieux où ils vivent; mais les animaux supérieurs ont une température propre qui se conserve à peu près la même, quelle que soit celledes corps environnants, et qui semble se modifier presque uniquement sous l'influence de» fonctions vitales, ('liez beaucoup d’animaux, lachaleur est développée eu quantité si minime qu’elle échappe à un examen superficiel : de là. la dénomination aanimaux à sang froid donnée aux poissons, aux reptiles et à tous les animaux dont la température diffère peu de celle du milieu ambiant, par opposition à celle A’ animaux à sang chaud, qui s applique aux oiseaux et aux mammifères. Les oiseaux sont, de tous les animaux, ceux dont la température est la plus élevée ; elle varie chez eux de 40 à 44 degrés ceutigr. Chez l’homme, la température moyenne est de 37° centigr.; elle diminue du centre à la périphérie. On attribue généralement la chaleur auimale aux phénomènes chimiques déterminés dans l’organisme par l’oxygène qui y est entraîné par la respiration et par la circulation du sang ; il est certain du moins que les parties privées de vaisseaux sanguins, comme les ongles et les poils, n’ont pas de chaleur propre. Le système nerveux parait aussi jouer un rôle dans le développement delà chaleur auimale, par l’influenecqu'u exerce sur la circulation du «aug. Los expériences les plus exactes sur le$ causes de la chaleur animale ont été faites en 1823, à peu près en même temps, par Dulong et par M. Despretx; en 1852, MM. A. îMimérit, Demarquay et Lecomte ont étudié les substances médicamenteuses qui peuvent elever ou abaisser la température du corps humain.
chaleur latente (du latiu tateie. être caché),
quantité de chaleur que les corps absorbent ou dégagent au moment où ils changent d’état, sans quo leur température subisse aucune variation apparente. Si on mêle 1 kil. de* glace à la température de 0°, et 1 kil. d’eau à la température de 75°, on obtient, après la fusion complète de la glace, 2 kil. d’eau à la température de 0° ; ainsi la glace s'est fondue, mais elle n’a pas changé de température; l'eau chaude à 75» est restée liquide, mais elle s'est refroidie jusqu'à la température de la glace. On en tire cette conséquence que, pour se fondre , le kilogramme de glace absorbe tout le calorique que perd le kilogramme d’eau en descendant de /5° a 0° : la chaleur absorbée et comme disséminée dans la masse liquide résnltantde cette fusion est la chaleur latente ou chaleur de flision. L’eau, en se congelant, dégage, pendant «a solidification, toute la chaleur qu'elle avait absorbée pendant sa fusion. I e même phénoméue d'absorption m produit dans le passage de l'état liquide à l’état de vapeur : le calorique absorbé alors par la vapeur s’appelle encore Chaleur latente , et quelquefois Chaleur de vaporisation ou Chaleur d’élasticité. Quand la vapeur revient a l'état liquide, elle dégage aussi pendant sa condensation toute la quantité de calorique qu’elle avait absorbée pour se former.
chaleur ratokkanté, chaleur qui, émanant d’un corps, nasse au travers de certains autres corps, appelés aiathermane» , comme la lumière passe an travers des corps diaphanes. Une partie de la chaleur du soleil traverse, comme la lumière, toutu l'étendue de l'atmosphère sans en être absorbée; de même, le feu du (byer nous échauffe à distance, «ans que la chaleur qu'il émet soit absorbée par les couches d’air qui nous en séparent. D’après cette analogie, on dit des rayon? calorifiques , des rayons de chaleur, comme on dit de? rayons lumineux ou des rayons de lumière. Le pouvoir rayonnant ou pouvoir émissif existe dans tous les corps indistinctement : il se manifeste dans un morceau de glace comme dans un fer rouge. On démontre cette continuelle action du pouvoir émissif en disposant en présence l'un de l’autre, k 5 ou 6 m. de distance, deux grands miroirs sphériques ou paraboliques de cuivre poli, de manière que leurs axes soient coïncidants; au foyer du premier miroir ou met du charbon allumé, au foyer du second, un morceau d’amadou ; celui-ci s'enflamme alors comme s’il était en contact avec la feu. Pour des expériences plus délicates, on emploie le thermoscope de Humford, le thermomètre à air, le thermomètre différentiel de Leslie, ou le thermomultiplicateur de M. Melloui [Voy. ces mots] . Au pouvoir rayonnant on oppose le pouvoir absorbant qui est eu action continuelle pour réparer les pertes dues au pouvoir émissif; en outre, les corps ont en général ud pouvoir ré fléchissant, par lequel iis renvoient, sans l'absorber, une portion plus ou rnpins grande de la chaleur rayonnante qu'ils reçoivent de» surfaces environnantes. Ces différents pouvoirs varient suivant la nature des surfaces : le pouvoir absorbant est toujours en raison directe du pouvoir rayonnant ; le pouvoir réfléchissant, au contraire, est en raisôu inverse du pouvoir absorbant et du pouvoir rayonuant. Ainsi les corps polis, qui réfléchissent beaucoup plus que les corps non polit, t'échauffent aussi et sc refroidissent beaucoup plus lentement, parce qu’ils n’absorbent et D'émettent que peu de chaleur. Les objets noirs ont aussi uu pouvoir étnissif beaucoup plus grand que les objets blancs, dont le pouvoir réfléchissant est plus considérable : c’est ce qui fait que l'on doit préférer loa vêtements blancs dans les pays chauds et dans les pays froids; dans les premiers, ils empêchent l’introduction de lachaleur; dans le* seconds, ils en préviennent la déperdition. — La formation de la rosée est un des effets du rayonnement nocturne des corps ver» les espaces célestes.
CRALEim spécifique, quantité de chaleur qu’un
CHAL
CHAM
corps exige pour que »! température s’élève d’uu certain nombre de degrés. Pour mesurer cette quantité, ou est convenu de prendre pour unité la quantité de chaleur qui est nécessaire pour élever de 1 degré la température de 1 kilogr. d eau. Quand on dit, par exemple, que la chaleur spécifique du fer est de 0,11, cela signifie que, pour élever de 1 degré la température de 1 kilogr. de fer, U ne foulque 0,11 de la quantité de chaleur qui est nécessaire pour élever de 1 degré la température de 1 kilogr. d eau. On détermine les chaleurs spécifique* par trois méthodes : celle du calorimètre, celle des mélanges et celle du refroidissement. Voy. cai.orimEtrie.
CHALON, grand filet de rivière qui se tire en remontant le cours de l’eau, au moyen de deux bateaux mxquals il est attaché. Ce filet est prohibé, comme tous les filets destinés à rebrousser l’eau.
CHALOUPE (de l’italien scialuppa, inèmesignif.), la plus grande embarcation que i>orte un navire : •-est une embarcation forte et solide, mais non pontée, allant à l'aviron et À la voile, dont on se sert l»rincipalement dans les ports et les rades pour le transport des vivres, des munitions, des ancres, en un mot, des fardeaux de tout genre; en pleine mer, la •-haloupe reste fixée sur le pont du navire. Il ne faut lias confondre les chaloupes avec les canots , dont la première condition est la légèreté et la rapidité.
Chaloupe canonnière. Voy. canonniers.
On appelle vulgairement Chaloupe cannelée la coquille de l'Argonaute.
CHALUMEAU (de calamus, roseau). Ce mot qui, an propre, signifie tout luvau de paille, de roseau, de métal, etc., désigne, en Musique, l’un des pins anciens instruments à vent, instrument qui était formé dans le principe d'un simple tube de roseau percé de quelques trous. Cet instrument pastoral est encore en usage dans quelques contrées méridionales , et , bien qu’il ait été perfectionné, il a un timbre nasillard peu agréable. Le chalumeau a donné naissance au hautbois. — On appelle chalumeau, dans la clarinette, la série des sous de cet instrument qui sont .m-dessous du la entre les ligues de la clef de sol.
Eu Chimie , on nomme chalumeau un tnbe de verre ou de métal dont un bout est arqué, et dont le canal intérieur va en se rétrécissant jusqu’à ne former, & cette extrémité , qu'une ouverture aussi fine que le serait le trou fait avec une aiguille. On tient cette ouverture contre la flamme d’une lampe, cille lampe d'émail leur, tandis qu’on souffle par l’autre bout avec la bouche : la flamme se dévie ainsi latéralement et acquiert une chaleur d'une très-grande intensité. Cette flamme détermine la fusion d'une infinité de corps ; elle oxyde ou réduit les combinaisons métalliques, effectue des vitrifications, et peut servira toutes les opérations qui exigent une température élevée. Les orfèvres, les émail leurs, les bijoutier* , les essayeurs des monnaies font un fréquent M»jige du chalumeau pour opérer des soudures de peu d'étendue, pour monter des diamants, faire des essais de tout genre. Les chimistes l’emploient comme moyen <f analyifo : c'est le moyen le plqs simple , le phis économique, et en même temps l'un des plus puissants. On obtient la température la nlus élevée avec le chalumeau d gai oxy-hijdroyènc, dans lequel on utilise la combustion d’un mélange gazeux formé •le 2 parties d'hydrogène et de 1 partie d’oxygène : on (hit passer ce mélange par l’ouverture d’un chalumeau et on l'enflamme. La flamme ainsi obtenue fond facilement Ire corps les plus réfractaires, tels que le platine , le quarts et même l’alumiue. Pour prévenir les dangers d’une explosion qui pourrait avoir Heu quand lu fiamine se relire, on dispose dans l’intérieur des chalumeaux de ce genre une ou pinrieurs toile* métalliques très- U ne* qui suffisent pour • mpécher la ilumine de pénétrer. La science doit au . h ifumeau un grand nombre de découvertes utiles;
il a été employé pour la première fois à l'examen des minéraux en 1738 par André de Schwab. Cronstedt, Hinniann, Gahn, Scheele et en particulier Bergtnann l’ont perfectionné. Le professeur Hare do Philadelphie a le premier eu l’idée de construire un chalumeau à gaz oxvgène et hydrogène. Berzélius, et plus récemment M. Plattner, ont écrit des traités spéciaux sur l’emploi du chalumeau, l oi/, soi ru. ace.
CHALUT, filet en forme de chausse ou de bourse A fermoir : c’est une sorte de drague. Il sert surtout a prendre le poisson plat. On le jette au fond de la nier, puis, hissant les voiles, l’embarcation se met en route en le traînant derrière elle.
CHAMADE du latin elamnre , crier, appeler), batterie de caisse dont se servent les assiégeants pour avertir les assiégés qu’ils aient h se rendre, et ceux-ci pour annoncer qu’ils veulent parlementer.
CHAMiÜCERASOS, nom latin du Camévisitr.
CHAMjÇROPS (du grec chanun , à terre, et râpés, broussailles), genre de la famille des Palmiers, est composé d’espèces de petite dimension, et a pour type le Palmier nain (C’A. humilis J, le plus petit des palmiers et le seul qui croisse en Europe. Il est souvent même sans tige; ses feuilles, profondément digjtées et portées sur un pédoncule épineux, font l'effet d’un large éventail , d’où le nom de palmier éventail, li est très-commun en Espagne, en Italie, et surtou t en Algérie, où ses racine* infesb nt les champs.
CHAMBELLAN (de chambre) , dit aussi Cumérier et Camerlingue , officier chargé de veiller A tout ce qui regarde le service intérieur de la chambre d’un prince souverain : il porte pour marque distinctive une clef attachée ou brodée sur la poche droite de l'habit. Le titre de Grand Chambellan était autrefois une des grandes charges de la cou- .ronne de France. Aboli enl790, il fut rétabli sous l'Empire, supprimé «le nouveau en 1830, et rétabli j>ar Napoléon 111. 11 existe des chambellans dans la plupart des cours étrangères. D'après la Bulle d'ür, l’électeur de Brandebourg était archichambellan de l’Empire. A Rome, le grand chambellan ou cardinal camerlingue administre les revenus du sacré collège et gouverne pendant les vacance* du Saint-Siège.
CHAMBRANLE (de chambre ), cadre de bois, de pierre ou de marbre, qui borde les portes, les fenêtre* et les cheminées, est composé de deux montants ^ h. .un et d'une traverse supérieure horizontale. Les chambranles peuvent être décorés de moulures, cannelures, sculptures, etc. On nomme CA. à crosse (tes celui qui a des oreillons A ses encoignures; CA. à cru, celui qui porte sur l’aire du pavé ou sur un appui de croisée sans plinthe.
CHAMBRE (du grec ramora). Ce mot a été étandu au lieu où s'assemblent les législateurs, ainsi qn'A divers sièges de juridiction religieuse, civile, ou commerciale, etc.
chambre apostolique. On nomme ainsi à Rome un tribunal ecclésiastique qui sert en même temps de conseil des finance* du pape ; U est présidé par le cardinal camerlingue.
chambre ardente, tribunal formé en France A certaines époques pour des cas exceptionnels. Voy. le Dict univ. d'Hist. et de Géogr.
chambres civiles, ancienne juridiction du ChAt»* 1 t de l' i r - , dont le lieutenant civil était seul juge. — Aujourd'hui on donne ce nom en général aux subdivisions des divers tribunaux civils , tribunaux de première instance , cours d’appel et cour de cassation On les oppose aux Chambres criminelles.
chambres de comherce, assemblée* des principaux négociants d’une ville, réunis pour traiter ensemble des affaires de leur compétence , et pour fournir au gouvernement des renseignement* sur l'état du commerce et sur les moyens de le rendre florissant. La conception de cette utile institution parait appartenir a la ville de Marseillo , qui possédait , dre le
CRAM
xiv* siècle, un* chambre de commerrc ; il fui créé en 1701 des chambres de commerce dans les principales villes de France ; les chambres de commerce furent supprimées en 1791 , puis rétablies dans un grand nombre de villes par un arrêté du 3 nmW an XI. Leur organisation actuelle a été réglée par un décret du 3 septembre 1851 , qui les reconnaît comme établissements d’utilité publique.
CHAMBRE DES COMPTES. Voy. COUR DES COMPTES.
chambres consultatives des Art* et Manufactures, chambres créées en l’an XI de la République française et reconstituées par ordonnance du 16 juin 1832, ont pour mission de faire connaître les besoins des manufactures, fabriques, etc., et les moyens d'amélioration. Elles peuvent être suppléées par les chambres de commerce.
cuambre ecclesiastique, tribunal où l’on connaissait des affaires qui avaient rapport aux décimes et autres impôts sur le clergé. Il y eu avait 9en France là Paris, Rouen, Tours, Bordeaux, Pau .Toulouse, Aix, Lyon et Bourges). Ces chambres étaient ordinairement « ompoaées de l’archevêque et des autres prélats du diocèse, d'un député de chacun des diocèses du ressort , de trois rouseillerxlcrcs au parlement et du présidial du lieu.
chambre Etou.Ee ; haute cour de justice en Angleterre. V.\e Dict.umv d'il, et de G., au mot chambre.
chambre impériale, tribunal de l'Empire, où se jugeaient les affaires des différents Etats d’Allemagne, et, par appel , celles des particuliers. La chambre impériale siégea d'abord à Spire , puis a Wonns, à Augshourg, etc., cl fut enfin transférée à Wetzlar, où eiïecst restée jusqu'à l’époque où elle cessa d’exister, avec l’empire d’Allemagne (1806).
chambres lecislatives ( (/« Pairs, des Députés, des Lords , des Communes, etc.). Voy. le Dict. univ. d’Ilist. et de Géoyr. à chacun de ces mots et les articles parlement, sénat, corps législatif.
chambre des mises en accusation , DES VACATIONS, etc. Voy. accusation, vacations , etc,
chambre claire, dite aussi caméra lucida , appareil d'optique servant à tracer l'image exacte d'un objet ou d’uu paysage. U se compose principalement d’une lame de glace ou miroir incliné et d’un prisme triangulaire, à angle droit, dont une des faces est per- . peudiculaire à cette lame. Les rayons de l’objet dont on veut avoir l’image rencontrent d'abord le prisme où ils sont réfractés à leur entrée et à leur sortie , puis ils vunt frapper la glace, qui les réfléchit daus une direction qui permet de recevoir l'image sur une feuille de papier où on peut la tracer au crayon. — La chambre claire a été imaginée par Wollastou, modifiée par M. Amici , professeur à Modènc, et perfectionnée en dentier lieu par M. Vincent Chevalier. Elle est aujourd’huid'unecoustrucUonassexrommode pour être facilement transportable. Elle offre l’avantage de pouvoir servir par tous les jours iiossibles ; la lumière qui eutre par la fenêtre d’un. appartement su Itit pour éclairer les objets qu’on veut dessiner.
chambre noire ou obscure, eatnera oscura, appareil d'optique destiné à produire sur uu tableau l’image réelle d’nn champ de vision plus ou moins élcudu. Il se compose d’une boite fermée qui porte on avant un tuyau mobile, dans lequel est enchâssée une lentille convergente. Les rayons partis d’uu objet situé en avant de la lentille vont peindre au fond du la boite une image renversée de cet objet. Ce fond e»t fait avec une glace déclic , derrière laquelle on 'peut décalquer l’image: Pour plus de commodité, on met dans la boite un miroir, sous une inclinaison de 45 degrés. Les faisceaux de lumière s’y réfléchissent alors et viennent former l'image au fond de la boite; Celle-ci est garnie sur les côtés d'un couvercle , alin •lelaisMTdans rui*curjté la glace qm reçoit l’image. Le tuyau est mobile, parce que l'image ne sç produit |>as toujours a la même place, Ccitc place variant sui-
« — CHAM
vaut la distance des objets; ou ra|»prorhe ou l’on recule la leutille jusqu’à ce que l'imago soit parfaite-, nn nt nette. Lue autre disposition , plu» commode , consiste a mettre eu dehors de la boite un miroir et à l'ouverture une lentille ; les rayons réfléchis sur le miroir traversent la lentille et forment l’image sur la table même du dessiuateur. La chambre noire forme une des pièces essentielles du daguerréotype — On attribue généralement l’invention de 1a chambre noire à Bantiste Porta, qui en a donné une description daus sa Magi a naturel is (Anvers, 15871. il parait toutefois que Roger Bacon la connaissait déjà.
En Auatoinie, on appelle chambres de l'œil, deux ravitésrempl us par l'humeur aqueuseet par l'Imm- m vitrée, et communiquant par le trou de la pupille.
CHAM BRI KH , officier qui avait soin de la chambre du roi, et qui commaudajt aux domestiques appelés valets de chambre. Dans l’empire romain, le grand chambrier ( prœpositus sacn cubiculi ) était un des principaux officiers de la cour de l'empereur. Il en a été de même en France jusqu’en 1545, époque à laquelle l’office de chambrier fut supprimé. Le yrand chambrier avait juridiction sur tous les marchands et artisans du royaume. — Dans quelques monastères rentés et dans quelques chapitres, le chambrier était un officier claustral qui avait soin des revenus ruraux d’une abbaye. Voy. camEriem.
CHAMEAU , en latin Camelus, genre de la famille des Ruminants sans cornes, caractérisé par la levre supérieure fendue , le pied bifurqué, mais en dessus seulement , «l par la présence de cauines aux deux mâchoires. On le divise eu deux sous-genrei : les Chameaux proprement dit* et les Im/hos.
Les Chameaux proprement dits portent sur le dos d’énorines bosses de graisse, el les deux doigts de leurs pieds sont réunis en dessous par une semelle épaisse et flexible. De plus , leur panse est garnie de vastes cellules où ils peuvent couserver de l'eau pour plusieurs jours, ce qui leur permet de traverser sans boire de vastes déserts. 11 en existe deux espèces : le CA. à deux bosses de l’Asie (C. bartrianus ), qui atteint 2®, 30 de haut, et le CA. à une bosse ou Dromadaire (C. dromed an us), qui habile l'Afrique. Ce dernier est pour l’Arabe un préseut du ciel : sbn lait sa chair, son poil, qui se renouvelle tous les ans, fournissent à scs premiers besoins. L’Arabe instruit ses chameaux des leur naissance : il leur plie les jambes, les charge chaque jour d’un poids plus fort; il règle leur repas en diminuant peu a peu la quantité de nourriture. LocBOu'jls sont assez robusU ".il i- <• exercé à U t oui se par l'exemple des chevaux. Lu chameau ainsi exerce peut faire 200 kilom. un uu sculjour^ ou 1,200 kilom. en huit jours sans boire ni manger. Si, dans le désert, il se trouve une mare sur son passage , il la seul de fort loin, double le pas, et boit pour le temps passe et pour autant de temps a venir. En Turquie, en Perse , en Arabie , il s’établit de nombreuses caravanes pour le transport des marchandises à dos de chameau : chaque chameau est chargé selon sa force; si on lui donne une charge trop forte, il la refuse et reste couché jusqu’à ce qu'on l'ait aliéné. Les grauds chameaux portcnt600kilogr., les petits 300; et comme la route est souvent de 2,500 a 3,000 kilom., on règle leur marche au pas à 40 ou ÎW kildtn . par jour. Chaque soir, on leur laisse paître eu liberté quelques plantes seches, telles que I .absinthe, le chardon, l'ortie, le genêt, nourriture qui leur plaît mieux que la verdure tendre. Le cheval craint, dit-on, le rlilmeau, et ue peut même souffrir son odeur. Suivaut Hérodote , Cyru s, redoutant la cavalerie des Lydiens, Üt mettre en tête de son armée tous les chameaux qui portaient les vivres et les bagages; ce qui fit prendre la fuite aux chevaux de Crésus.
Pour le sous-geure Lama, Voy. ce nom.
On nomme Chqmeau- Léopard ou Caméléopard la Girafe; Ch. du Pérou, le Lama; CA. murin, Que
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espèce de poisson du genre Ostraciou; Ch. de rivière, le Pélican. — Chameau est Ira Mi le nom vulgaire de U coquille appelée Strombe Lucifer.
Dans la Marine, on nonunu Chameau un grand ponton qui sert a soulever un bâtiment pour lu faire passer sur de petits fonds. On en emploie deux par navire. l'uu il la droite, l'autre à la gauche du bâtiment.
CHAMEDItYS (du grec chantai , â terre, et deys, chêne), nom spécifique de la Gcrmandrée petit chêne ( Teurriùm Chamtedrys). Voy. cermandrêe.
CHAMOIS, Antilope rupicapra , espèce du genre Antilope. La taille du chamois est celle d'une forte chèvre ; sou pelage, assez long et bien fourni, se compose de poils soyeux et de poils laiueux ; il est brun foucé en hiver, et brun fauve en été; ses cornes, de 12 à 13 centime!, de longueur, sout d’abord droites, puis recourbées subitement en arriéré. Cet animal se tient en troupes peu nombreuses dans les hautes montagnes. On le trouve principalement dans les Alpes et dans les Pyrénées, où il reçoit le nom d’/wrr. La citasse du chamois est fort difficile, et demande autant de hardiesse que d'agilité. !<a peau de chamois sert à faire des gants, des ceintures, des culottes, et même des vestes et des bas.
CHÂMOISEUR, nom donné à celui qui prépare non-seulement lus peaux de chamois, mais aussi d'autres peaux, telles que celles du veau, de daim, de chèvre, de mouton, etc. L'art du chatnoiseur comprend une série d’opérations dont les principales sont : la mise en chaux ; le pelage, qui se fait avec une pierre à aiguiser ; Y effleurage, qui consiste â enlever l’épiderme ; le confit , bain d’eau aigrie avec du son qui préuare la peau à recevoir l'huile; le foulage et l ‘échauffé, qui ont pour but de faire pénétrer l’huile dans les pores de la peau par la compression et la chaleur ; le remaillage, qui achève d'unir la surface de la peau; et le dégraissage , qui eulève l'huile surabondante ; après quoi, il n’y a plus qu’à passer le polisson sur la peau pour l’empécher de se racornir, et à la parer avec la herse.
CHAMP (du latin campus), pièce de terre labourable, qui ordinairement n’est pas fermée de murailles. — Au moyeu âge, ou appelait champ clos uu lieu enfermé de barrières, dans lequel deux ou plusieurs personnes vidaient leurs différends par les armes , avec la permission du roi ou des juges. — Ou a donné de tout temps lu nom .de champ à de vastes espaces consacrés soit à différents exercices , comme le Champ de Mars des Romains, soit a des assemblées politiques, comme les Champs de Mars, ou de Mai . des Francs, soit à la promenade et â certains spectacles, comme nos Champs-Élysées , etc.
En Optique , ou appelle champ du la v ision, champ d’une lunette, l'étendue des objets que l’œil ou la luuctte peut embrasser. La grandeur du champ qu'embrasse un instrument dépend de la grandeur du foyer et de l’ouverture de l’oculaire. Plus le foyer est étendu et l'ouverture grande, plus aussi le champ est considérable.
En termes du Blason, le champ est le fond d'un écu.
CHAMP ART (du latin carnpi pars, partie du champ), droit quu les seigneurs de fief avaient, eu quelques lieux, de lever uoe certaine quantité de gerbes sur les terres qui étaient en leur censive.
CHAMP1 Av champ ; trouvé dans un champ), autrefois svnonyme de bâtard. Voy. estant' naturel.
CHAltfPKiNONS (en italien campinione , dérivé lui-méme do campus, champ), en latin Fungus, en grec Mykès, famille de piaules Acotylédones (Cryptogames de Linné), sans feuilles, ni fleurs, ni fruits; charnues , gélatineuses , souvent coriaces ou ligneuses; de couleur très-variée, de texture homogèue. Ils ne vivent un moyenne que de huit à dix jours. Les Champignons peuvent présenter dans leur structure'huit sortes d'organe» ,• savoir : 1° une racine filamenteuse; 2° la bourse ou vol va, sorte de sar qui
entoure la plante; 3° le pédicule ou stipe, organo qui supporte le chapeau ; 4° le tégument ou voile, membrane qui , partant du sommet de la base du pédicule, enveloppe le chapeau ; 5° le cfutj>eau; 6° la membrane sémtnifère, lisse et unie, formée par uno multitude de petite* capsules membraneuses , dites theca ou ascus; 7° les capsules, petits sacs membraneux, renfermant les sporule»; 8® les sporules, graines qui servent à la reproduction.
Les botanistes divisent aujourd'hui les Champignons en six sectious : basidiospores, à fructifications situées à la surface et dan» le parenchyme même du réceptacle ; genres : Agarieus, Amanita, Cantharellus, Bolet us, Secotium, Htjdnum , Clavaria, Tremella, Clathrus , Lycoperdon, Bovista , Sel e rode rrtui, Polygaster, Cyathus ; ri» xaspoiiLs, à spore* renfermées dans des utricules ou thèques : More hel la (Morille), He/vella, Peziza , Helotium , Hypoxylon. ruber (Truffe); clinosforEs, à spores fixée* sur uuu lame propre , intérieure ou extérieure au réceptacle : Conisporium, Sphacelia, Stilbospora, Urcdo, Pucrinia ; ctstosporEs , à réceptacle filamenteux terminé par des capsules contenant les spore* : Mw:or, Cystopora, Hydrophora, Helicostylum; trichosi*o- R»:rf, à réceptacle simple ou rameux, recouvert du «pores nues : Ceratium. Dacrina, Fusidium, Diplosporium, Botrytis, flelminthosporium ; arthhospor£s, à réceptacle filamenteux avec spores terminales en chapelet : AntennOria, Monilia, Pénicillium , Aspergillus, Oïdium. — Pour les principaux de ces genre'*, Voy. leurs articles spéciaux i'Xcaric, bolet,
MORILLE, TRUFFE, etc.
Presque tous les champignons contiennent du sucre, de l’osmazôme et un acide particulier, appelé acide fungique . Un grand nombre sont comestibles, tels que le Ch. de couche (Voy. ci-après), V Oronge, le Cèpe et plusieurs autres espèces du genre Bolet; beaucoup aussi sout vénéneux. Certains champignous vivent en parasites sur les plantes, et occasionnent de grands dommages : tels sout le charbon (l/reda carbo), qui attaque la glume du blé; la rouille (V. rubigo), qui forme dos taches ovales sur ses feuilles et ses tiges; la carie [U. canes), qui se développe dans l’intérieur de* grains de bornent; l'oïdium , qui attaque la viguc ; les moisissures, qui attaquent les confitures, le vieux paiu, le fromage, etc.; la plupart de ces champignons sont microscopiques.
La distinction de* champignons comestibles et dus vénéneux exige une habitude a laquelle la meilleure description ne saurait suppléer. *En général , une odeur et uue saveur désagréables, une chair mollasse et spongieuse, un changement de couleur quand on les eutainc, l’habitation dans les lieux très-ombragés et humides, ou sur le* bois pourri», une couleur rouge brillante, déuotent les mauvais champignons. Lus lions, au contraire, sont caractérisés par une odeur de rose, d'amande amère ou de farine récente ; par une saveur do noisette ; par une organisation simple, une surface seche et charnue , une consistance ferme, non fibreuse, une couleur franche, rosée, vineuse ou violacée , ne changeant point à l’air. Ils habitent les lieux peu couverts , les friches çt les bruyères ; enfin , le temps les dessèche sans les altérer. Au reste, tous peuvent être rendus comestibles en les laissant macérer pendant un temps plus ou moins long dans le vinaigre, l’eau vinaigrée ou l’eau trèssalée, qui dissout le principe délétère. Aussi, en cas d’empoisonnement, doit-on bien se garder défaire avaler au malade aucun de ces liquides, do peur de faciliter l'action du poison en le délayant; on doit alors se hâter de recourir aux vomitifs et même aux purgatifs, si le poison a été Ingéré depuis longtemps. On calme ensuite par des boissons mucilagineuses l’irritation produite par ces évacuants.
Le Champignon de couche, ou Agaric comestible, est 1c seul qu'il soit permis de vendre sur le* mar-
CIIAN