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Chanvre cultivé [C. saliva), qui chez nous atteint 1“,50 , et qui dans le Piémont s'élève à 3 et même 4 mètres. Les tiges, livrées au rouissage , séchée* au soleil et soumises aux diverses opérations dites teillage, broyage, ribage , serançage, donnent par leur écorce le chanvre ou la filasse employée à faire de la toile et des cordages; ces tiges privées de leur écorce servent à faire des allumettes, ou fournissent un charbon léger, employé a la fabrication de la poudre. Les graines, petites et ovoïdes, portent le nom de chènévis, et servent à la nourriture des oiseaux domestiques. Elles fournissent, de plus, une huile excellente pour la peinture et l'éclairage, et qu'on peut même employer pour la table. Les feuilles du chanvre exhalent une forte odeur. Dans tout l'Orient, on les fume mêlées au tabac pour se procurer une sorte d'ivresse, souvent dangereuse : c'est du chanvre qu'on . extrait le Hachih . Yoy. ce nom.
On nomme Ch. aqnutique le Bident tripartite; Çh. du Canada, rAporynum cauuabiuum; Ch. des Américains , l'Agave américaine ; Ch. du Japon, la Spirée du Japon ; Ch. de Crète, le Datisca cannabina.
CHA0D1NEKS vde Chaos , genre type), famille de plan tes Cryptogames, détachées des Algues par Bory île Saint-Vincent, a pour typer le genre Chaos.
CHAOS, étal de désordre et de confusion universelle, que presque tous les systèmes de cosmogonie placent au début du monde. Voy. cosmogonie.
chaos , genre type de la famille des Chaodinées, est composé de végétaux amorphes, consistant en une couche muqueuse, le plus souvent sans lilameuts ni membranes, et remplie de corpuscules épars, de nombre et de formes très-variés. Nous citerons parmi les espèces le Chaos primordial , qui n'est autre chose que cette espèce d’enduit muqueux qu'on trouve à la surface des eorps imprégnés d'humidité.
CHAPE (en bas latin capa. dérivé de caput, tête), vêtement d église, en forme de manteau, qui s'agrafe par devant et tombe jusqu’aux talons, et que portent i’évéque, le prêtre officiant, les ch&utres, etc., durant le service divin, avait jadis un capuchon: d'où son nom. Les cliapes sont ordinairement en étoffes précieuses, rehaussées de broderies et de franges d’or, d’argent ou de soie.
Un appelle aussi chape: 1° un habit que portent le pape et les cardinaux, et qui a un capuce doublé d’hcr-* mine ; la chape du pape est rouge , celle des cardiuaux est rouge ou violette;— 2° un grand manteau do drap ou de serge que les chanoines portaient au chœur pendant l’hiver, et qui était de la même couleur que le camail. — La chaj>e de saint Martin était l’insigne principal de nos armées sous la première race ; ç'était un étendard, suivant les uqs; suivant d’autres, c'était un oratoire placé sur une espèce de char, et renfermant les reliques de saint Martin.
Dans les Arts , le mot chupe a un grand nombre d'acceptions, et désigne, en général, certaines choses qui s’appliquent sur d'autres pour les couvrir, le* recevoir ou le* envelopper; ainsi, en Mécanique, ou appelle chape : 1® un trou perré dans le bois , daus le fer, etc. , et destiné à recevoir les extrémités do l'essieu d'une poulie, d’une balance, d'un tour ; 2° des bandes de fer recourbées en demi-cercle, entre lesquelles sont suspendues et tournent des poulies sur un pivot qui les traverse et leur sert d'axe.
CHAPEAU, autrefois Chapel (du latin caput, tête), eoitfure d'homme dont la forme a souvent varié , et qui est ordinairement faite de feutre, de castor, de peluche de soie, de cuir, de carton , de paille, etc. (K. ch apellehif.). — Avant le règne de Charles VI , les chapeaux étaient inconnus en France; il n’y avait que des bonnets, des aumusses, des chaperons, des mortiers : on commença de son temps h porter des chapeaux à la campagne. Sous Charles VII, on n'en faisait usage qu'au temps des nluies. Sous Louis XI, on s'en servit eu tout temps. Mais ce ue fut que sous François Ier
que l'usage commença à en devenir général. Pendant longtemps il fut défendu aux prêtres de s’en servir.
Les premiers «’hapeaux eurent la forme plate et les bords assez larges; ou les ornait de plumes. Sous Henri IV, la forme s'exhaussa , et l’on retroussa un des bords; plus tard, on en retroussa deux, et enfin tout le tour du chapeau; plus tard, la forme s’aplatit de nouveau. Sous Louis XtV et sous Louis XV, l'habitude de porter perruque rendit le chapeau presque inutile : on le portait plus souvent sous le bras que sur la tête. Le chapeau, rond au xyii® siècle, devint tricorne À la fin du xvm® ; aujourd'hui , il est plus ou moins cylindrique. — Les chapeaux de femme sont en soie, en gaze ou en paille, ornés de ruban* et de fleurs , et de forme trop variable pour qu’on puisse en donner une idée exacte. Voy. coiffubk.
Pris absolument, le motdla/jeau désigne 1a coiffure distinctive des cardinaux depuis 1245 : c'est un chapeau rouge à forme plate et à bords très-larges, orné do ganses rouges qui retombent sur la poitrine.
CHAPELAIN, Capellanus (de c upella, chapelle), nom donné au bénéficier titulaire ou au desservaut d’une chapelle. Le plus souvent, chapelain est synonyme d 'aumônier ( Voy. ce mot). Les rois de France avaient huit chapelains, qui desservaient leur oratoire par quartiers; lechcf portait le nom d'archichapelain.
Dans l’ordre de Malte, les chapelains étaient dus clercs conventuels qui formaient le second rang de cet ordre, les chevaliers tenant le premier, et les* sorvauts d'armes le troisième.
CHAPELET (du bas latin càpellus, couronne de fleurs;, réunion de plusieurs grains enfilés qui servent à compter le nombre de* Pater et des Ave qu'on récite en l’honneur de Jésus ou de la vierge Marie. Un chapelet ordinaire se compose de cinq Pater et de cinq dizaines d’Ave, qu'on récite, le* premiers sur cinq gros grains, les seconds sur cinquante petits. Trois chapelets ordinaires forment un rosaire. L'usage de réciter le cliapelel parait avoir été institué au temps des croisades : on l’attribue à Pierre l’Ermite; d’autres en font honneur à sainte Gertrude.— Les Turc* et les ludions ont aussi leurs chapelets. .
En Architecture, on appelle chapelet uue baguette ornée de petits grains.
Eu Mécanique , on nomme chapelet hydraulique une machine qui sert à élever l’eau d'un puits ou d'uno rivière à des hauteurs indéterminées. Elle se compose de disques ou de godets en cuir , attachés de suite à une chaîne sans fin, et qu’on fait circuler à l'aide d’un tambour dans un tuyau vertical ou incliné, dont le bas plonge dans l'eau : en passant successivement dans ce tuyau, ces disques élèvent l’eau a la manière d’un piston, et, avant de redescendre, ils la versent dans un réservoir placé à la hauteur voulue.
CHAPELLE (du latin capella, qu'on fait dériver . du grec capéleia, tente, ou encore du mot chape), oratoire avec un seul autel , ordinairement destiné au service d'une maison particulière, et où l'on ne peut dire la messe qu'avec la permission de l’évéque diocésain. Autrefois, il existait des chapelles qui avaient été érigées en bénéfices simples. On appelait Saintes Chapelles des collégiales fondées par nos rois : la plus remarquable est la Sainte Chapelle située à Paris et attenante au Palais-dc-Justicc; elle fut construite en 1245 par Pierre de Montreuil sur l’ordre de saint Louis. Elle vient d'être restaurée tout récemment. — On appelle aussi chapelle chacune des enceintes ménagées dans .une église pour y renfermer un autel sous l’invocation particulière de la Vierge ou de quelqu’un des saints. — Il y a euenrore les chapelles sépulcrales, expiatoires, etc.
On donne aussi le nom de chapelle à la réuuion des musiciens qui exécutent de la musique dans uue église ou dan* la chapelle d’un prince. Le chef de ces musiciens prend le titre de maître de chapelle. — On doit à M. Castil-BLozu un intéressant ouvrage