‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts (volume 2)Chapitre 23 sur 508 · AILE · texte numérisé non relu

AILE

les horloges, les montres, ou h marquer la direction du roulant magnétique dans la boussole : on nomme celles-ci aiguilles aimantées ( Voij. ciaprès); — aux sommets des montagnes taillées en pointes aigues [Y Aiguille du Midi , près de Chamouni,eu Suisse) ; — à des monuments pointus (lMi- Quille ou Obélisque de Cléo/uttrc, celles do Saiuf- Pierre de Home , de la place de la Concorde } ; — à des clochers très-élevés (V Aiguille d'Anvers, de Strasbourg, les Aiguilles de Chartres); — à certains poissons de forme très -allongée que l'on nomme Aiguilles de mer, tels que les syngnathes, l'orphie f etc.

Dans les Chemins de fer, on appelle aiguilles des jiortious de rails qui servent à opérer les changements de voie : ces aiguilles peuvent tourner autour de boulons verticaux et sont liées entre elles par une traverse rigide de manière a ne pouvoir M déplacer l’une sans l’autre : elles forment un chemin tempo- | raire sur lequel pas**- la locomotive. On appelle aiguilleur l'ouvrier chargé de manœuvrer les aiguilles.

aiguille aimantée, petit barreau ou lame d'acier, pointu par les deux bouts, mobile sur un pivot et rendu magnétique par influence, est la partie essentielle de la boussole. Une aiguille aimantée qu'on abandonne à elle-même se tourne de manière que ses extrémités, ou pôles , se dirigent vers les pôles magnétiques ae la terre, L'extrémité 'udon australe do l’aiguille est tournée vers le nord, l'extrémité nord ou boréale est tournée vers le midi. Celle propriété remarquable se reproduit partout : sur toute la surface de la terre, au sommet des plus hantes montagnes comme daos les mines les plus profondes , partout l’aiguille aimantée prend une direction fixe à laquelle elle revient lorsqu’on l'en écarte. Dans le même lieu, les aiguilles aimantées prennent des directions si lisiblement parallèles; mais, sqr des points de la terre qui Sont éloignés de quelques degrés en longitude ou en latitude, ce parallélisme n’existe plus, et l'on voit l'aiguille dévier plus ou moins a l'E. ou à l’O. du méridien. Eu j outre, l’aiguille aimantée ne conserve pas partout la position horizontale, mais incline plus ou moins vers le centre de la terre. On nomme déclinaison la déviation de l’aiguille vers l'E. ou vers 1*0., et inclinaison l’angle qu’elle forme avec l'horizon ( Voy. hol'SSole, déclinaison , inclinaison). — Enfin, plusieurs causes accidentelles agissent sur l’aiguille aimantée, ou pour la déranger brusquement île sa position, ou pour troubler au moins la régularité de ses variations diurnes; telles sont les tremblements de terre , les éruptions de volcans, et surtout les aura- j res boréales. Quand le tonnerre frappe des corps aimantés, ou quand il tombe seulement à quelque distance, il change, détruit ou renverse leur ma- i gnétisme, et expose ainsi le navigateur à des erreurs | funestes. Ce fer même qui entre dans la construction | du navire peut suffire pour faire dévier l*aiguille* 1

On appelle aiguille aimantée asiatique, c.-â-d. non fixe (du grec a priv. et istèmi , j’arrête), une aiguille aimantée disposée de manière qu’elle cesse d’obéir au magnétisme de la terre; elle sert à étudier les propriétés du magnétisme dans les aimante. On détruit 1 effet de la terre eu plaçant en présence de l’aiguille aimantée un barreau aimanté disposé de telle sorte que son pôle le plus voisin soit pareil à celui de même nom que l’aiguille tourne de son côté par l’influence de la terre : en éloignant ou en rapprochant ce barreau, on peut arriver a un point où son effet contrebalance exactement l'action de la terre. Un autre moyen consiste a opposer à une aiguille une aiguille de même force dont les pôles soient tournés en sens contraire.

AIGUILLETTE (diminutif d'aiguille), morceau de tresse, de tissu ou de cordon plat et rotai, ferré 1 par les deux bouts, qui a servi longtemps à atta-

cher les diverses parties du vêtement. Aujourd’hui, elle n’a plus guère d usage que romme ornement : c'est, chez nous, une simple décoration, qui entre dans certains uniformes. Dans la cavalerie, elle est de fil ou de colon pour les simples cavaliers, d’or ou d’argent pour les officiers, et mélangée de fil et de métal pour les sons-ofllclers; elle se porte pendue à l'épaule. — Les aspirants de marine portent l’aiguillelte d’or. — Les aiguillettes se terminent aux deux bouts par de petits cylindres argentés ou dorés, dits afferons. — On nomme encore Aiguillette une espère d’escargot mince et effilé. du genre Bulime.

AIGUILLON (du latin aeufeus, dérivé, d ’acus, aiguille). Ce mot, qui signifie au propre une pointe de fer qu’on met au bout d’un bâton pour piquer les bœufs, a été éteudu â certains organes d’animaux et de végétaux qui ont quelque analogie avec l’aiguillon. — Dans le règne animal, l’aiguillon est une sorte de dard, orgaac offensif et défensif trèsdélié, en forme de petite aiguille, que certains insectes (abeilles, bourdons, frelons , guêpes, etc.) portent à l'extrémité de l’abdomen ; souvent il produit une piqûre dangereuse en introduisant sous la peau un liquide irritant qui y est contenu; souvent aussi l’aiguillon reste dans la plaie, et l’insocte meurt en le perdant. — Dans lo régné végétal , on donne ce nom aux piquants dont plusieurs plantes fio nt armées; ils diffèrent de l’épine en ce qu'ils ne sont fixés qu'à l'écorce et s’en détachent facilement, tandis que l’épine fait corps avec Je* parties où elle croit ; le rosier, la ronce , l’acacia ont des aiguillons; lo houx, l’épi nc-vi nette ont des épines.

AIL. en latin A Ilium , plante bulbeuse, de la famille des Asptiorlélées, vivace ou bisannuelle, dont l’oignon, d'une odeur forte et d'un goût piquant et | bien connu , se compose de plusieurs petites gousses réunies sous une enveloppe commune. Cet oignon s’appelle tête d'ail. Outre l’ail ordinaire (A. sativum) , on counalt plusieurs variétés intéressantes : le poireau [A. porrum), la ciboule (A. fistulosum), \n civette (f. Sr/iœnoprarum) , l’oignon proprement dit (A. cej*a), Y échalote (.1. ascalonicum), la rocambole (.-1 . scorodoprasum) , sont des variétés qui sont utilisées dans l’économie domestique. L’ail ordinaire n'exige aucun soin. Les Egyptiens paraissent l'avoir cultivé Jcs premiers; il était dans leur pays moins âcre que dans le nôtre. De nosjours, il s'en fait une grande consommation dans le Midi , où il sert à assaisonner presque tous les mets. L’ail possède des propriétés médicales très-nombreuses; sa vertu vermifuge est connue. On le considère , en outre, comme fébrifuge , diurétique , antiseptique, antiscorbutique* En mâchant des feuilles de persil ou de cerfeuil, on peut neutraliser l’odeur de l’ail.

AILANTE, aylante. Voy. vernis df. la chine. AILE, en latin ula , partie du corps des oiseaux, de plusieurs insectes et même de quelques poissons, qui leur sert a voler ; cet organe est l’analogue du bras. Les oiseaux et les insectes ont des ailes d'une forme plane et large; celles des oiseaux sont revêtues de plumes ; celles des insectes sont fines et transparentes. L’aile de la chauve-souris est membraneuse et allongée. — Ce nom a été éteudu à des organes ou à des objets qui n’ont avec l’aile des oiseaux qu’une analogie fort éloignée.

Les Anatomistes pomment ainsi certaines parties situées de chaque côté d’un organe : les ailes uu nez, formant le côté externe de l’ouverture des narines; Yaile de l'oreille , partie supérieure et évasée du pavillon de l’oreille. — On a aussi nommé Aile la lèvre extérieure de plusieurs coquilles, lorsqu’elle est plus dilatée qu'a l'ordinaire; les nageoires de plusieurs mollusques, et même quelques especes d’animaux : Y Aile a aigle ou Strombe géant; l’Aile de chauvesouris, ou Strombe pied de pélican. Voy. ces mots.

En botanique, on nomme aile la partie latérale de

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