‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts (volume 2)Chapitre 24 sur 508 · AIMA · texte numérisé non relu

AIMA

la corolle des Papilionacées ; on appelle encore ainsi toutes les membranes saillantes des végétaux disposées aux côtés de la tige, des rameaux, etc. On nomme feuilles ailées celles qui sont composées do deux folioles opposées.

En Architecture, on nomme ailes deux parties construites à droite et a gauche, pour accompagner le principal corps do logis; 1rs ailes d’une église en sont les bas-côtés. — Dans l'Art militaire et la Marine , les ailes sont les «leux extrémités d’une armée rangée en bataille, et faisant face à l’ennemi ; Y aile droite se forme des troupes ou des vaisseaux placés vers la droite ; Y aile gauche , de celles ou de ceux qui sont postés vers la gauche.

AILERON. On nomme ainsi, chez les oiseaux, l’extrémité de l’aile , composée de trois , quatre ou cinq plumes longues et étroites , dites pennes : c’est ce qu'on nomme aussi fouet de l'aile ; — chez les insectes, de petites lamelles ou écailles placées au-dessous du point où naissent les ailes antérieures, et qui se continuent avec d’autres écailles semblables, nommées cueillerons ; elles sont blanchâtres et arrondies ; — chez les poissons , les os qui retiennent les rayons des nageoires. — En Mécanique, ce sont les petites planches dont sont garnies les roues des moulins, et sur lesquelles tombe l’eau, dont le poids fait tourner ces roues.

AIMANT (par contraction du grec ad amas , adamantos, diamant, à cause de la dureté do la pierre d'aimant), nom donné d’abord à une espèce de minerai ne fer, à l’aspect métallique, d’un noir brillant, et qui a la propriété d'attirer le fer, l'acier, le cobalt et le nickel; puis appliqué généralement à dos barres d’acier rendues magnétiques par influence ( Voy. aimantation ) ; on nomme ces derniers aimants artificiels. l,a pierre d'aimant , ou aimant naturel , se compose d’une combinaison de protoxyde et de peroxyde de fer (FeO-f-Fe,Oï), qu'on appelle fer oxydulc magnétique. On la trouve en Suède, eu Norwége, à l’ile d’Elbe et aux Etats- Unis d'Amérique. — Lorsqu’on plouge un aimant soit naturel, soit artificiel, dans de la limaille de fer, on voit celle-ci y adhérer; si l'on présente l’aimant à distance, la limaille en est attirée et s’élance sur lui. Certains aimants sont très-faibles , et sous un grand volume n'exercent sur le fer qu’une attraction peu sensible; d’autres sout très-puissants et peuvent soulever des masses de 50 et même de 100 kilogrammes. — La, limaille ne se répand pas uniformément sur la surface d'un aimant ; elle s’amoncelle surtout autour de deux points opposés qu'on appelle les pûtes de l’aimant, et il reste vers le milieu une ligne dont les points u’cxercent aucune action attractive, et qui se nomme ligne neutre ou ligne moyenne. Si l’on brise un aimant en un nombre quelconque de parties et qu’on plonge dans la limaille chacune de ces parties, on trouve que chacune d’elles devient un aimant a son tour, ayant ses deux pôles et sa ligne moyenne au milieu. Quelquefois on observe plus de deux pôles sur un aimant; alors, chaque pôle touche toujours un pôle de nom contraire; on dit qu’un pareil aimant a des pôles conséquents . — Dans l»*s aimants, les pôles de même nom se repoussent, les pôles de nom contraire s'attirent, et ces attractions ou répulsions sont en raison inverse du carré des distances. On peut s'eu assurer aisément , en suspendaul librement un aimant et en approchant successivement les deux pôles d'un secoud aimant.

Les aimants artificiels prennent des noms différents : aiguilles aimantées, lames aimantées , barreaux aimantés, etc., snivant leurs dimensions. La réunion de plusieurs aiguilles ou de plusieurs Urnes aimantées ayant toutes les pôles de même nom tournés dans le même sens, forme une arma-

ture ou un faisceau magnétique. On donne souvent aux armatures la forme de fer-à-cheval.

Une aiguille aimantée , suspendue librement , prend une direction déterminée, du S. au N. (K. aiguille aimantée et boussole). ta force directrice à laquelle elle obéit réside dans la terre, qui est eileméme un vaste aimant , ayant une ligne moyenne et des pôles opposés { Voy. magnétisme terrestre). — Les aimants servent a reconnaître la présence du fer, même en petite quantité, dans les minerais et dans les pierres précieuses; à séparer de petits objets en f«*r, tels que des troupilles , confondus dans des amas de poudres métalliques ou de tout autre alliage ; enfin, a former la boussole qui dirige le navigateur, en lui indiquant approximativement la position des points cardinaux.

Les anciens connaissaient les propriétés de l'aimant, qu'ils appelaient magnes , pierre herculéenne, tideritis ou pierre de Lydie. Mais ce ne fut que dans le xu« siècle que l'on connut en Europe la faculté qu'a ce minerai de se diriger constamment vers le pôle nord {Voy. boussole}. Le médecin anglais Gilbert a le premier démontré, à la fin du xvi« siècle , que la terre est magnétique et que c’est son action qui dirige l’aiguille aimantée. — Les Egyptiens croyaient beaucoup aux propriétés thérapeutiques de Vaimant, et lui attribuaient une action merveilleuse, soit à l'intérieur, soit à l'extérieur. Cet usauo de l'aimant était depuis longtemps tombé dans l'oubli : Mesmer, au dernier siècle, le remit en vogue [Voy. magnétisme animai.). De nos jours, l'aimant est peu employé comme moyeu de traitement ; on lui reconnaît cependant une vertu sédative et antispasmodique, et on l'emploie contre les névralgies; M.Rêcain ier l’a récemment remis en honneur pour cet usage.

AIMANT DE CETLAM. Voy. TOURMALINE.

AIMANTATION , opération par laquelle on communique à l’acier ou au fer des propriétés magnétiques. On emploie pour cela divers procédés : 1® la simple tom be, opération qui consiste à frotter la pièce qu'on veut aimanter sur un fort aimant naturel ou artificiel, en la faisant glisser chaque fois d’un bout à l’autre, toujours dans le même sens et sans en changer le pôle ; 2° la touche séparée, ou procédé de Duhamel, procédé avantageux pour aimanter les aiguilles de boussole : ou dispose sur une même ligne et à une certaine distance l’un de l’autre deux barreaux aimantés dont les pôles opposés le regardent ; sur ces barreaux, qui restent fixes, on place l’aiguille qu’il s’agit d’aimanter ; prenant alors deux autres barreaux aimantés, un de chaque main, on les pose au milieu de l’aiguille en les inclinant sur elle de 25® ou 30®, et on les fait glisser en sens contraire sous cette même inclinaison , de manière à ce qu'ils arrivent en môme temps aux extrémités de l’aiguille ; là, on les relève, on les rapporte au milieu, et l’on répète la même manuuivre jusqu’à ce que l’aiguillo se trouve suffisamment aimantée ; — 3° la doubla touche , on procédé d’Æpinus, qui s’emploie pour aimanter les pièces fortes; il est semblable au précédent, avec la différence qu’on promène les barreaux aimantés ensemble, et sans Ips rapprocher, depuis le milieu de la pièce jusqu’à l’une de ses extrémités, puis on les ramène à l’extrémité opposée , et l’ou revient par la même route à plusieurs reprises. — Outre ces trois procédés d'aimantation , Y action de la terre , le choc , la torsion , les decharges électriques, les courants voltaïques , peuvent encore développer dans le fer et dans l’acier les propriétés magnétiques : ainsi , les croix de fer placées sur les clochers des églises deviennent à La longue de très-bons aimants; tous les outils des forgerons sont dans un état magnétique, etc. C'est même en soumettant des fils de fer à l’action d’un courant continu qu'on a obtenu les aimants les plus puissants [Voy. électro-magnétisme) ; on en a fait

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