‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts (volume 2)Chapitre 231 sur 508 · CHARTE CONSTITUTIONNELLE , CHARTE NORMANDE · texte numérisé non relu

CHARTE CONSTITUTIONNELLE , CHARTE NORMANDE

grande charte. Voy. les articles charte et constitution au Dict. univ. d'Hist. et de Géogr.

On appelait autrefois Chartrier le lieu où étaient déposées les charlres d’une même maison , et Cartwaire un recueil de Chartres. Voy. cartulaire.

V École des Chartres , créée en 1821 et annexée aux Archives du royaume, reçoit un petit nombre d'élèves qui étudient les anriens manuscrits, et qui, après un cours de trois ans, obtiennent le brevet d'archivistes paléographes. C’est une pépinière d’excellents employés pour les archives et les bibliothèques publiques Depuis l’ordonnance constitutive du 22 février 1821, cet établissement a été modifié par les ordonn. du 11 nov. 1S29, du 5 janv. et du 31 déc. 1846.

CHARTRE, nom vulgaire de lf maladie appelée carreau ou atrophie mésentérique. — Ce mot est synonyme aussi detisie, de consomption. V. ces mots.

chartre PRIVEE (on dérive chartre , par corruption, du lat. carcer, prison). Ce mot désignait autrefois tont lieu autre que la prison publique, où une personne était retenue sans l’autorité de la justice. — Dans le Droit romain, quiconque détenait une personne en chartre privée encourait la peine de mort (loi I, § 1. Cod., de privatis carrerihus). Une ordonnance de 1670 défendait aux prévôts de faire chartre privée dans leurs maisons ou ailleurs. Ce mot n’est plus usité aujourd'hui ; mais le fait est prévu jpar le (îode dlnstr. crim. (art. 615) et le Code pénal |art. 341).

CHAS , le trou d'une aiguille. Voy. aicoille.

(.MASSE (du latin captare , prendre, selon Ménage ; de quassare, agiter, secouer, selon Roquefort; ou, suivant Nodier, du vieux français sacher, dérivé de sagittare, percer de flèches). On distingue ordinairement la grande chasse , qui comprend le cerf, le daim, le chevreuil, le chamois, le bouquetin , le sanglier, l'ours , le loup , le renard ; et la petite chasse, qui comprend le lièvre, le lapin, le coq de bruyere , le faisan , l'outarde, le héron , la perdrix, la caille, la bécasse, le canard, la sarcelle, etc. — En outre, en considérant les divers procédés employés pour chasser, on distingue : la CA. à courre , qui consiste à faire pousser une seule bête par une meute de chiens, suivie de veneurs R cheval, jusqu’à ce que la bêle soit forcée ; la CA. à tir , qui consiste à tirer le eibier, soit en le faisant chercher ou lever par des chiens courants ou des chiens d’arrêt , soit eu le fafsaut traquer et en l’attendant à V affût; la CA. aux filets et aux pièges , qui est très-variée et très-destructive, mais qui, du reste, est prohibée par la loi; enfin la CA. à t oiseau. Voy. rAur.oifWKmr..

La chassa a été do tout temps un des exercices favoris aussi bien de l’homme eivttisé que du sau-

CHAS

CHAS

vage.San* rappeler Nemrod,/e fort chasseur devant le Seigneur, on voil la chaste en honneur chez les peuples lut plus anciens. Les Grecs et les Romains reniaient un culte À Diane comme déesse de la chasse. Ces déni peuples furent deschasseurs intrépides ; ils chassaient de préférence la Mil fauve ; Ils la j>ous*aicnt à grand renfort de chiens vers des filets tendus de distance en distance, et la tuaient, de loin arec le javelot, de près avec, l'épieu; quant an menu gibier, ils le prenaient au piège. Les rois de Perse possédaient des parcs immenses peuplés de bétes fauves, et réser vé» pour eux seuls. Chez les Gaulois et les Germains U chasse était un apprentissage île la guerre. Au moyen Age, la chasse devint la principale occupation de la noblesse : la science de la vénerie et celle de la fauconnerie étaient obligatoire* pour tout gentilhomme. Nos anciens rois et, à leur exemple, les grands feudataircs entretinrent d'immenses équipages de chasse. En même temps, les ordonnances les plus arbitraires réservaient à la noblesse le privilège exclusif de la chasse . et la pénalité la plus sévere frappait les délits les plus lêirers. Ces abus disparu rent avec l'ancien régime : une loi du 4 août 1789 reconnaît â tous les propriétaires le droit de détruire le gibier sur leurs tèrr* s ; et depuis, les lois sur la chasse, en confirmant ce droit, n’out tendu qu’à réprimer les abus qyi pouvaient en résulter : c'est ainsi qu'on a fixé le temps de la chasse de manière a ne pas nuire à l’agriculture et à ne pas empêcher toute reproduction des animaux; en même temps, ou a exigé (les chasseurs certaines garanties ( V. port o'arnss, permis de chasse). — La dernière loi sur la police de la chasse a été rendue le 3 mai 1844; une ordonnant du 5 mai 1H45 a réglé les détails.,

On a beaucoup écrit sur la chasse. Chez les anciens, Xénophon, Àrricn, Oppien, ont laissé des traités sur ce sujet. Dans les temps modernes, il faut citer les ouv races de Gaston Phèbus {des Déduits delà Chasse, Paris, in-fol. goth .J ; de J. du Fouilloui (la Vénerie, Poitiers, 1561, in-fol.) ; de Fr. de Saint-Aulaire, sieur de ia Renaudie (/a Fauconnerie t Pan», 1617, in-4); le Dictionnaire des Chasses , de Baudrillard , revu par M. de Qniugery, 1834, in-4; le Traité aenéral des chastes à courre, à tir et aux pièges, de Jourdain, 1822-23, 4 vol. in-8; la Chasse au fïisil, de Magné de Mapolies , 1836, iu-8 ; et les divers ouvrages de MM. Ëtz. Blase et d'Houdctot, ainsi que les recueils périodiques (le Journal des chasseurs, la Revue forestière, V Almanach des chasseurs, etc.). Il a été publié en 1851 une Collection de toutes les chasses, in-8.

En Musique , on donne le nom de Chasse : 1« à certains airs de cor ou d'antres instruments, dont ia mesure, le rhythme, le mouvement, rappellent les airs que ces mêmes instruments donnent à la '“basse ; 2» aux symphonies et aux ouvertures dont les divers motifs sont de» airs de chasse, ol dont les effet* tendent à imiter l’action d’uno chasse, telles que l'ouverture du Jeune Henri, do Méhnl.

châsse (du latin copia, caisse), sorte de coffre plu* ou moins riche , et le plus souvent de forme gothique, dans lequel ou conserve les reliques des s unis. Les châsses les plu* célèbres en France étaient celle de S. Martin, qu'on portait souvent en tête des ornées; les deux châsses de Ste Geneviève, la première, œuvre de S. Èloi; la secoude, faite en 1212, |*ar ordre de S. Louis; la châsse ou perte de S. Romain à Rouen, etc. Les églises où l'on conservait le plus de châsses étaient : la cathédrale de Cologne, la Sainte-Chapelle de Paris, Saint-Victor de Marseille, Saint-Laurent de l'Escurial, etc.

Les orfèvres appellent châsse la partie de la boucle où est le bouton , et tes lunettiers, le métal ou la corne qui contient les verres des lunettes et oùse place le nez.

En Mécanique, on appelle châsse l'espace libre qu'il faut accorder à une machine ou à quelqu'une de je» parties pour en augmenter on eu faciliter Fac-

tion.— Dans une balance suspendue, c’est la partio |*rpendiculairc au lléau , celle par laquelle on soutient la balance quand on veut s’en servir.

Châsse se dit aussi de ce qui sert à tenir certains objets enchâssés; ainsi, en Chirurgie, on nomme châsse (châsse d’un bistouri, par exempta) une sorte de manche , qui peut être fixe comme celui d'un rasoir, ou composé de deux lames mobiles de corne, d’écalile ou d’ivoire, et réunies seulement l'une à l’autre vers la partie qui tient à la lame de l'instrument.

CHASSELAS, variété (le raisin qui se cultive en treilles dans les jardins. C’est un bon raisin de table, d’un jaune doré, belle grappe, grain gros et rond, peu serré , fondant , doux et sucré. Le plus estimé est le chasselas de Fontainebleau , que l’on cultive principalement dans le village de Thomery, situé près de cette ville ; ce raisin n’a qu’un pépin ; il doit surtout sa supériorité aux soins dont il est l’objet.

CHASSE-MAREE . nom donné : 1° aux voituriers qui apportent dans les villes le poisson péché sur les côtes ; 2° à un petit bâtiment à deux mâts, d’une fbrmo avantageuse pour la marche, qui fait lu commerco de petit canotage et transporte de port en port la marée et autres denrées. — Il y a de grands chasse-marées qui fbnt le voyage des Antilles; ils ont trois mâts et plus de voile* que le chasse-marée ordinaire.

CHASSEURS, nom de divers corps de troupes légères. Les uns sont à cheval, les autres à pied.

Chasseurs à cheval. Il y a en France 12 régiments de chasseurs; leurs armes sout le mousqueton, les pistolet* et le sabre dit Montmorency ; leur uniforme est vert avec broderies noire* pour les soldats et d’argent pour les officiers; les boutons et la buffleteriesont blancs; la coiffure est le colbick noir avec le plumet blanc et rouge. — Il y a en outre 4 régiments de Chasseurs d’Afrique, également à cheval, destinés spécialement au service de l’Algérie. Leur uniforme est une capote bleu-céleste , à la polonaise , à basques tombantes en forme de jupon, et boutonnant droit sur la poitrine au moyen de neuf boutons sphériques; leur coifRire est un czapska garance.

Chasseurs à pied. Sous l Empire , Il y avait un corps de Chasseurs a pied formant 16 bataillons , chacun de 4 compagnies, et qui faisaient le service de tirailleurs. — Un donne aujourd’hui le nom de Chasseurs aux soldats des compagnies du centre de Fiufautcrie légère. Avant 1848, il y avait aussi des compagnies de Chasseurs dans chaque bataillon de la garde nationale. — On apptdlc auj. Chasseurs à vied des soldats d'infanterie légère, armés de carabines, et remarquables par la justesse de leur tir, la rapidité de leur marche et la précision de leurs mouvements. Les premiers bataillons de ce beau corps ont été organisés à Vincennes en 1836, par le duc d’Orléans; on en compte aujourd'hui 20 bataillons. Leur uniforme est une tunique hleu-de-roi, avec nn pantalon gris de fer; shako en drap bien, épaulettes vertes. Ces chasseurs ont rendu les plu* grands services en Afrique, à Rome, â Bomarsund, à Sébastopol, etc.

CHASSIE , humeur onctueuse et jaunâtre sécrétée par des follicules situés sur le Iran! de chaque i*aupière, et connus sous le nom de glandes de Meiboniius. L'écoulement abondant de la chassie constitue une maladie connue sous le nom de lijtpihtde. On y remédie par de* lotions et des collyres astringents.

CHASSIS (de châsse, enveloppe), assemblage de fer ou de bols, ordinairement carré, destiné à environner un corn» et à le contenir. Tel* sont : dans le* théâtre?, le* châssis qui soutiennent lo* décorations;

— en Architecture, les châssis de fenêtre; — en Typographie, les châssis qui contiennent l'ensemble des caractères dont se compose une feuille d’impression ;

— en Monnayage, les châssis qui servent à couler les lames d’or ou d’argent et dans lesquels on découpe le* flancs ; — en Horticulture, les châssis de couches, cadres de bois revêtus de vitres, qui servent à couvrir

les piaules dont ou veut hâter ia végétation ou qu'on veut préserver du froid , etc.

CHASUBLE {du latin canda , diminutif «le casa, loge, et qui a la même signification), ornement d'église que le prêtre inet par-dessus son aube pour dire la messe. Les chasubles des anciens étaient rondes et fermées de tous cùlés, excepté à l'endroit où l'ou {tassait la tête. Dans la suite , on les lit moins longues ; ensuite on les écliancra de plus eu plus sur les cùlés pour laisser les bras libres, et maintenant elles ne forment plus qu'une bande longue et large par devant et par derrière. — Dans l’Eglise grecque, la chasuble de l’évêque est parsemée de quantité de croix, au lieu que celle des prêtres n’a, comme dans l’Eglise latine , qu'une grande croix.

CHASUBLER1E. On comprend sous cette dénomination un grand nombre d'articles qui appartiennent au service, soit de l’église, soit des prêtres ; tels que chapes, chasubles, ornements d’autel, surplis, soutanes, aubes, robes, crosses, ciboires, croix, encensoirs, ostensoirs, flambeaux, patènes, etc., ainsi que plusieurs riches étoffes de soie, de brocarts, de broderies et de plaqués, dont la plus grande partie se fabrique à Lyon, à Paris, et une petite partie a Tours.

CHAT {du latiu ratus, fin), Felis. Pris dans la plus vaste acception que lui donnent les Zoologistes, ce mot désigne un grand geure de l’ordre des Carnassiers, famille des Digitigrades, caractérisé par ses pieds antérieurs, qui chez la plupart ont cinq griffes ou doigts armés d'ongles rétractiles au moyen desquels l’animal s'attache à sa proie et aux corps le long desquels il veut grimper. La langue, mince et rude, est couverte, à sa surface su|>érieure , de papiUes cornées dont la pointe est dirigée en arrière ; les oreilles sont courtes, en cornet triangulaire et dressé; la queue longue et mobile ; la tète arrondie, le museau court; les yeux sont chez lus uns diurnes ( à pupille ronde), voyant bien le jour, chez les autres nocturnes (à pupille verticale) voyant la nuit comme le jour; le pelage, riche et composé «le poils de couleur généralement fauve. Le genre Chat se divise en trois sous-genres : les Chats proprement dits , à ongles rétractiles, les Lynx , qui prit en outre les oreilles surmontées d’un long pinceau depoils; et les Guépards, a ongles non rétractiles.

Les Chats proprement dits comprennent le Lion, le Tigre , le Jaguar , le Couguar, la Panthère , le Léopard et le Chat ordinaire ; ce dernier vit à l’état sauvage dans les forêts de l'Europe ; il est gris-brun, avec des ondes transversales plus foncées. C’est de cette espèce que l’on fait descendre le Chût domestique , qui sc trouve aujourd’hui sur presque toute la terre habitée, et dont le pelage varie par le croisement des races.

Le Chat domestique présente une foule de variétés parmi lesquelles on distingue : le Ch. tigre , qui ne aiffére du chai sauvage que parce qu’il est plus gros et qu'il a le nez , les lèvres et le dessous des pattes noirs : on le considère comme le meilleur pour faire la chasse aux rats; puis, parmi les variétés à poil nt.: le Ch. variable , tacheté de blanc ; le Ch. des Chartreux, gris d’ardoise; le Ch. tout noir , le Ch. tout blanc , le Ch. roux, le Ch. d'Espagne , tricolore, c'est-à-dire varie de blanc, de noir et de roux ; enfin le CA. angora, qui se fait remarquer par la longueur, la souplesse et la finesse de son poil, et dont la couleur, primitivement blanche, a varié par la domesticité,comme celle des chats à poil ras. — Tout le monde connaît les mœurs et les habitudes du chat domestique, son excessive irritabilité nerveuse et son adresse pour détruire les souris et les rats. Beaucoup de personnes, les femmes surtout, prennent cet animal en grande affection; mais elles sont mal payéesde retour: le chat s’attache à la maison, et le chien a son maître. — Les Égyptiens adoraient le chat comme un dieu; les Suisses l'ont choisi comme le symbole de la liberté.

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