‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts (volume 2)Chapitre 233 sur 508 · CH A U · texte numérisé non relu

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cLissifkaliou a fait longtemps le supplice des naturalistes. Aristote les appelait des oiseaux A ailes de peau; Pline les définit des oiseaux à mamelles, engendrant leurs petits vivants. Scaliger les signale comme des oiseaux couverts de poils au lieu de plumes, manquant du bec ot portant des deuts. Linné, au contraire , les plaça dans scs Primates, et alla jusqu'à les appeler Anthropomorphes, c.-ù-d. des êtres à ligure humaine. Aujourd’hui , les chauves-souris sont dé*iguées sous le nom de Chéiroptères (c.-à-d. mains ailées ) ; elles forment 4 familles : les Galéopithécieiu, les Ptéropicns ou Housse ttes , les Vesjierti- Ueiu et les J'ampiriens. C'est aux Ycspertiliens qu'appartiennent toutes les chauves-souris de nos pays. Parmi ces dernières, les espèces le* plus volgain ment connues sont : V Oreillard, le Fer à cheval, la Sot: Iule , la Sérotine , etc.

CHAUVINISME, mot créé récemment pour exprimer le fanatisme napoléonien, et par suite tout fanatisme politique. Le type de ce caractère est, dit-on, un nommé Chauvin, ancien grenadier de la garde impériale, qui, rentré dans la vie privéu après le licenciement de l'armée de la Loire en 1815, se fit remarquer, comme la plupart de ses compagnons d’armes, par une admiration sans bornes pour tout ce qui avait appartenu à Napoléon. Cette ferveur innocente a été habilement mise eu scène par M. Scribe dans le Soldat laboureur, dont le principal personnage se nomme Chauvin ; ce type du vieux soldat de l'Empire a aussi exercé le spirituel crayon de Charlet.

CHAUX (du latin calas), oxyde de calcium, alcali minéral composé de calcium et d’oxygène (CaO), blanc, soluble dans beaucoup d’eau , attirant promptement l’bumidite et l'acide carbonique de l'air. Un obtient la cluiux en cbautlont au rouge les calcaires, mêmes les coquilles et les madrépores vivants ; dans les arts, on emploie particulièrement à cet usage le calcaire grossier ou pierre à chaux. Celte opération s'exécute dans les fours à chaux, qui soutou des trous de forme ovoide , creusés dans les flancs d’une colline , ou des chambres construites eu briques ; elle a pour effet d’expulser du calcaire, à l'aide du feu, l’acide carbonique uni à la chaux. Le produit de cette calcination s’appelle Chaux m e ou caustique; ce produit a une si grande affinité pour l'eau, qu{iJ l'absorbe avec rapidité, en s’échauffant considérablement: il se fendiUe alors, augmente beaucoup de volume ( foisonne) , et fiuit par se réduire en une poudre blanche et légère, qui est une combinaison chimique do chaux et d’eau , appelée Ch. éteinte. Délayée dan* beaucoup d'eau , la chaux douno ce qu’ou nomme le tait de chaux. La uaturo des calcaires soumis à la calcination influe sur lus propriétés de la chaux caustique qu’on en obtient ; on distingue, sons ce rapport, le» Ch. grasses , les Ch. maigres et les Ch. hydrauliques. On nomme Ch. grasse celle qui provieul de la calcination complète de la craie, du marbre et des calcaires les plus purs ; eUu est ordinairement trèsblanche ot foisonne beaucoup par l’effet de l'extinction; oUe donne d’excellents mortiers. Les Ch%mai grès proviennent des pierres calcaires qui renferment des proportions a»*ex fortes de carbonates de m.igné*»iu et de fer; elles sont grises, augmentent moins de volume par l’extinction , et douneut avec J'eau uno pâte courte et peu liante; les mortiers dans lesquels on les fait eutrer n’ont que peu de ténacité. Les Ch. hydrauliques forment avec l’eau une pâte courte qui , à l’air, ne prend qu’une médiocre consistance, mais qui durcit cousidérahlemcnt sous l’eau ; ces chaux sout précieuses pour les constructions hydrauliques; elles doivent leurs propriétés à une certaine quantité d’argile qu’elles renferment. Les meilleures chaux hydrauliques proviennent des calcaires argileux de Nîmes, de Mut* , de Leroux ( Puy-de- DAnic de Séuonehes ( Eure-et-LoirL On prépare aussi des chaux hydrauliques artificielles en ajoutant

aux chaux ordinaires de l’argile en certaines proportions ; on emploie dans les constructions de Paris la chaux hydraulique faite avec un mélange de 4 parties de craie de Meudon et de 1 partie d’argile de Passy, mis en pâte et façonné en briques. Los différentes variétés do chaux s’emploieut à la préporatiou des ciments, mortiers et béions; uu eu consomme aussi beaucoup dans les ateliers de teiuture et d'indienne, lesusiuesàgaz.ies tanneries. Les agriculteurs s’en servent pourceau/*/* les grains. — Les anciens connaissaient la chaux hydraulique. M. Vicat a enseigné à fabriquer la chaux hydraulique artiflcieUe (1846), et M. kuhlmann à transformer, au moyen do U silice, les chaux grasses en chaux hydraulique» ( 18â4).

chaux carbon atee , combinaison de chaux et d'acide carbonique (CaO , CO*). Elle se reucoutre dans la uaturesous les formes les plus variées, telles que lo marbre, la craie, les pierres à chaux ( Voy. calcaire); eUe forme des montagnes entières et môme des chaînes de montagnes, comme les Pyréuées , lu Jura, les Vocgts, i' ' Api nniD», un.- gNAqa f»rtie il. s Alpc»; elle existe dans uu grand nombre de végétaux, et coustitue presque entièrement la coquille des œufs des oiseaux , les écailles de l'hultre et la croûte terreuse des autres mollusques, les madrépores, les coraux et autres polypiers, etc. On la rencontre aussi sous forme cristallisée, comme aragonite en prismes droits a base rhornbe , et comme spath d'Islande en crisLiux très- variés dérivant d’un rhomboèdre, et doués do la double réfraction. Beaucoup de sources et de fontaiues renferment du carbonate de chaux tenu en dissolution à la faveur dun excès d'acid*; carbonique; il y en a qui eu sont tellement saturées qu'elles le laissent déposer dès qu'elles sont en contact avec l’air ; elles douneut ainsi lieu à des orna* de calcaire plus ou moins considérables , qu’on désigue sous les noms de tuf et do travertin. Lorsque l’eau de ces sources coule sur du bpis, de» coquilles, des végétaux, ello les recouvre d’une iucrustatiou terreuse qui se moule parfaitement sur eux, tout en consenraut leurs formes, de manière à leur donner l'apparence de la pierre : c’est ce qui arrive à la foutaine de St-Alyre près Clermont-Ferrand, aux sources de Saint-Nectaire dans le Puy-do-Dûme, etc. On tire parti do cette propriété pour imiter des pétrifications ot pour mouler des basreliefs. Souvent les tuyaux qui conduisent les eaux s'engorgent très-promptement par l'effet du dépût du semblables tufs calcaires; on peut aisément les nettoyer en y faisant couler de l’acide chlorhydrique affaibli. Lorsque des eaux saturées de chaux carbotmlée s'infiltrent dans les fissures des pierres situées à la voûte des cavités souterraines, et viennent suinter au travers, elles produisent par l'évaporation les concrétions appelée stalactites o t stalagmites ( V. ces mots'. Lorsque ces concrétions sont on grandes masses- elles constituent ce qu’on nomme dans les arts Y albâtre calcaire, d’un blanc laiteux ou jaune de miel. chaux chlorurée. Voy. cHi.ononK et hypochloiutb. CHAOS FI.UATI t. Kby. nxoïumEDF. CALCIUM. chaux sulfater , combinaison de chaux et d’acide sulfurique, connue sous les noms de gyj^se, de sélénite et do plâtre. Elle est très-commune dans la uature, et s'y présente soit en cristaux prismatiques ressemblant a des fers de lance {pierre a Jésus , miroircT âne), soit en masses laminaires, fibreuses, grenues, compactes ou terreuses. Ello forme des bancs plus ou moins épais dans les parties supérieure» dos terrains de sédimeilt ; elle coustitue souvent aussi des collines peu étendues, arrondies, comme les buttes de MouUuartre, de Pantin, de Ménilmontant aux environs do Pari*. Les variétés compacte» forment la pierre à plâtré des Pan-icns ; les variétés à tissu laminaire et sarcliaroide constituent Y albâtre yypseux, ce bel albâtre tout blanc avec lequel on fût de» objets d’ornement. Sous ces diverse» formes, le sulfate de chaux o*t un hydrata (CaO.SO* -r- 2 aq). U

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