‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts (volume 2)Chapitre 25 sur 508 · AIR · texte numérisé non relu

AIR

tout récemment d'importantes applications dans la télégraphie électrique.

AÙN'E (jadis ai g n fi, corruption du latin inguen), jonction de la cuisse et du bas-ventre, est un enfouccmcut anguleux formé des muscles larges de l’abdomen qui s’unissent avec les muscles de la partie «intérieure de la cuisse. Cette partie, siège de nombreux ganglions lymphatiques , est sujette A des tumeurs, telles qu’abces par congestion et bubons, à des lier nu s, à des anévrismes.

AINESSE (d’allié, dérivé d ’antè natus, né antérieurement). Longtemps le titre d'alné donna droit à certaines prérogatives, notamment à celle de prendre dans la succession des parents une plus grande part que les autres enfants; c’est ce qu on appelait droit d'aînesse. Ce droit remonte à la plus haute antiquité ; l’histoire d’Esaü et de Jacob uous le montre établi chez les Hébreux. En Egypte, en Grèce, 1k Rome, chez les Germains, l’ainé jouissait de privilèges particuliers; cependant ec droit n’est pas consacré par la législation romaine. En France , le droit d'ainesse n’était pas connu sous la lr® race; la couronne cl les .alleux sc partageaient alors entre les frères; sous les races suivantes, il fut introduit afin de mettre un terme aux perpétuelles divisions des Etats; de la famille royale, il s’étendit bientôt A celles des seigneurs féodaux, puis à toutes les autres; il était régi par le Droit coutumier. Ce droit d*a Inesse, si contraire a l’égalité et aux sentiments d’atrectiou que le père porte à tous ses enfants indistinctement, a été aboli en France par les lois du 15 mars 1790 et du 8 «avril 1791. Charles X tenta en vain de le rétablir en 1826; cette proposition impopulaire fut rejetée par la chambre des Pairs ellemême. Le droit dainessc ne fut mainteuu que pour l’hérédité du trône et pour certaius cas particuliers [Voy. majorât).— Le droit d’aînesse subsiste encore «la us la plupart des autres pays de l’Europe , en Russie, en Espagne, en Italie, en Angleterre surtout , où il assure la puissance de 1‘aristoeratie , mais où il condamne une foule d’enfants de famille A la misère. — Dans l'ancien régime, les cadets , privés de leur part dans l'héritage , embrassaient le parti des armes ou se consacraient au service divin; souvent aussi, ils allaient chercher fortune en pays étranger.

AIR (du urer aer ), fluide gazeux qui forme autour du globe terrestre une enveloppe désignée sous le nom d’ atmosphère. L’air parait incolore quand il ne forme pas une coin lie très-épaisse , mais vu en masse, il est bleu ; cette couleur, attribuée pur le vulgaire à une voûte céleste imaginaire , se montre dans toute sa pureté eu l’absence des nuages. L'air nous parait sans odeur et sans saveur, mais il est probable que nous en jugeons «ainsi par l'habitude où nous tommes do le respirer des notre naissance ; enfin, Pair est pesant comme tous les corps gazeux, et comme eux très-élastique : 1 litre uair, à la température de 0° et sous la pression de 0m,76, |»êse 1 gr., 2995; Pair est donc 770 fois moins pesant que l’eau. La pesanteur d’une musse d air dounée varie selon l’état do l'atmosphère; on mesure cette pesanteur au moyen du baromètre [Voy. ce mot). Il n’est guère possible de déterminer exactement la hauteur de I atmosphère , car elle ne finit pas brusquement à une certaine élévation; Pair devieut seulement de plus en plus rare o mesure qu’on s’élève ; cependant cette hauteur a été évaluée approximativement à environ 80,000 mètres (ou 20 lieues.) Le poids de la colonne d'air qui presse sur une surface d’un centimètre carré cstd’uii kilogr. environ. — L’air atmosphérique, que les anciens regardaient comme un corps simple et qu’ils mettaient au nombre des 4 éléments , est un mélange d’oxygène et d’azote, dans la proportion de 21 \ 79; il renferme en outre quelques millièmes d'acide carboni-

que, une quantité variable de v.apeurd'cau et lin peu d’hydrogène carboné. Cette composition de Pair pur et normal peut être modifiée par îles causes «accidentelles, telles que la respiration des animaux, la combustion du bois on du charbon , la décomposition des matières organiques par la putréfaction , etc. — L’air joue un rôle immense dans la nature : il est indispensable à la vio des animaux, auxquels il fournit l’oxygène nécessaire «à la respiration ; il ne l’est pas moins à la vie des plantes, qui y puisent l’oxygène , l’azote et l’acide carbonique; il détermine le phénomène de la combustion ; il est le véhicule du sou , et par suite du lang«igc; enfin, il est utilisé par l’industrie de l’homme et employé comme force motrice dans la navigation à voile, les moulins à vent, les fusils à vent. Ifs chemins de fer atmosphériques, etc.

La pesanteur de Pair, entrevue par Aristote, connue de Bacon, ne fui nettement exprimée pour la première fois qu’en 166 i par Torricelli, disciple de Galilée. Des funtainiers de Florence ayant inutilement tenté d’élever l'eau, par le moyen de la pompe, A uue hauteur plus grande que 32 pieds, Galilée soupçonna le premier que P ascension de Peau dans le corps de pompe était due «\ la pression exercée par Pair sur la surface libre du liquide contenu dans le réservoir, et que la limite de 3*2 pieds était la hauteur nécessaire pour qu’nne colonne d’eau fit équilibre à cette pression. Plus tard, Torricelli mit ce principe hors de doute. Pascal confirma cette théorie par de nouvelles expériences. De son côté, Mariette découvrit la loi qui règle la compressibilité do Pair. — Ce ne fut qu a la lin du siècle dernier qu’on connut la composition de l’air et le rôle que joue ce fluide ihons les combinaisons chimiques. Déjà , en 1630 , Jean Rcy ayant vérifié l’expérience de Brun , pharmacien do Bergerac, qui avait trouvé que l’étain augmenté de poids par lu calcination, expliqua ce phénomène en l’attribuant A Pabsorplion de Pair par le métal; cependant 1rs idées de Rey restèrent ensevelies dans l’oubli jusqu'eu 1774 : A cette époque Priestley et Bayan reconnurent que toutes les substances désignées sous le nom de chaux métalliques doivent a l’absorption d’un des principes de Pair l'excès de poids ot tous les caractères qui les distinguent du métal qu’elles contiennent. Enfin Lavoisier, complétant les recherches de ses devanciers, donna la première analyse île Pair, examina les produits de toutes les combustions, et parvint à fonder uno théorie nouvelle que toutes les expériences ultérieures n’ont fait que consolider. Toutefois, il admit encore trop d’oxygène dans l’air, et les véritables proportions ne furent établies que par les analyses de MM. de Humholdt et Gay-Lussae, dont les résultats ont été confirmés par les derniers travaux do MM. Dumas, Roussingault, Reirnault, etc.

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