‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts (volume 2)Chapitre 283 sur 508 · CRÉA · texte numérisé non relu

CRÉA

CRÉC

satre, ainsi que le nom, en ont été empruntés an* cavaliers cravates (ou croates) f qui la mirent en vogue.— On appelle cravate de drapeau uu morceau d'étoffe de soie long et étroit, garni à scs deux extrémités de franges en or ou en argent, et attaché en forme do rosette au liaut des drapeaux et des étendards. Louvois distribua en 1668 les premières cravates au corps d'infauterio.

On donne vulgairement le nom de Cravate à divers oiseaux remarquables par la couleur de leur cou, tels que le Tyran, dit Cravate blanche; le Philédon , ou Cr. frisé; l'Alouette du Cap, ou Cr. jaune; le Trorhilus nigricollis, ou Cr. notre.

CRAVATES (par corruption de Croates ), nom que Ton donnait , avant la Révolution , A certains régiments de cavalerie légère formés à l’imitation des cavaliers croates, qui passaient pour les meilleurs soldats de cavalerie légère : ils étaient composés en grande partie d'Allemands. On les plaçait en éclaireurs sur les lianes de l’armée. Formée sousLouisXlV, cette milice fût abolie en 1748. — Ou donne aussi ce nom à des chevaux vigoureux tirés de Croatie.

CRAYE ou coracias, Fregilus, nom donné par Cuvier à un oiseau du genre Corbeau. Yoy. chou tard.

CRAX.nom scientifique du genre Hocco. V. ce mot.

CRAYONS (de craie, parce que les premierscrayons ont été faitsde cette substance) ,nom générique donné à plusieurs substances terreuses ou métalliques dont on se sert pour tracer des lignes et pour dessiner. Les crayons le plus communément employés aujourd'hui sont les crayons de plombagine, substance métallique de couleur grise , improprement appelée mine de plomb, et qui n'est autre chose qu’un carbure de for fort tendre et facile A tailler. Pour les fabriquer on se coutentail autrefois île scier directement la plombagine en petits parallélipipèdes qu’on incrustait ensuite dans des enveloppes de bois de cèdre ou autre ; en 1795, Rirent inventés les crayons Conte', ainsi appelés du nom de leur inventeur, et qui se composent de plombagine réduite en poudre, puis chauffée au rouge dans un creuset, et mêlée clans diverses proportions avec de l’argile. Depuis quelques années, on se sert aussi de petits bouts cylindriques de plombagine que Tou place dans des portecrayons métalliques. — Les crayons noirs pour dessiner sont fabriqués de même avec uue paie argileuse très-fine, colorée avec, du noir de fumée et cuite plus ou moins; ils sont ensuite moulés, les uus en prismes, les autres en cylindres. On fait des crayous noirs grossiers, pour les charpentiers ou les tailleurs de pierres, qui sont simplement taillés dans une variété de schiste appelée ampélite ; on emploie aussi pour cet usage dos schistes argileux , grisâtres ou bleuâtres ; ccs crayons viennent du Mairie , de la Bretagne et de la Normandie. Ou fabrique eu outre, avec un mélange de savon, de cire et de suif coloré avec de la fumée, des crayons noirs dits lithographiques , pour dessiuer sur pierre. — Les crayons pour le pastel sont composés comme ceux de Conté : on appelle crayons de mine colorée des crayons renfermés dans des étuis de bois comme ceux de plombagine, dont la base est l’argile d'Arcueil colorée avec du bleu de Prusse, du blanc de plomb, du vermillon, de l'orpiment, etc. On fait aussi des crayons de pastel avec de la craie diversement colorée : les crayons blancs sont de la craie purifiée jmr des lavages, broyée en pâte fine et débitée en baguettes; les crayons rouges, vulgairement sanguines. sout faits avec de la sanguine (fer oxydé, hématite) pulvérisée, dont on fait uue pâte à l'aide de colle de poisson et de gomme arabique. — On nomme crayons d’ardoise ou crayons gris des crayons destinés à écrire ou â dessiner sur de l'ardoise : le plus souvent ce ne sont que des fragments d'ardoise tendre.

CREAC , un des noms de V Esturgeon commun.

CRÉANCIER. On appelle ainsi celui h qui il est dû

de 1’argçnt. On distingue les Cr. chirographaires ou ordinaires , porteurs d’un titre chirographaire, c.-à-d. souscrit par le débiteur, mais n'emporlant ni privilège, ni hypothèque : quand il n'y a pas de quoi les payer tous, ils reçoivent a « marc le franc; les Cr. privilégiés , qui, à raison de la nature particulière de leur créance, ont le privilège d’étre payés par préférence avant tous les autres (leurs droits sont réglés par les art. 2103 et suiv. du Code civ. ) ; et les Cr. hypothécaires, qui, à raison d’un droit d’hypothèque dont ils sont investis, ont le privilège d'être payés sur le prix des biens du débiteur : lorsqu’il y a plusieurs créanciers ayant des droits sur le mémo gage, on établit entre eux pour leur tour de payement un ordre , d’après la date de leur inscription.

CREAT1NE (du grec créas , chair), substance organique, incolore et nacrée, découverte par M. Chevreul dans le liquidé dont la chair musculaire est imprégnée et qu’on retrouve dans le sang et dans le bouillon. On la rencontre aussi dans l’urine. Elle renferme , d'après l’analyse de M. Liebig , du carbone, de l'hydrogène, de l’aiote et de l'oxygène dans les rapports de C*H*N,0* + 2 aq. Les alcalis la convertissent en urée.

CRÉATION, acte par lequel Dieu a tiré tous les êtres du néant. L'idée de création, ainsi comprise, était inconnue aux païens, qui posaient en principe :

Ex Bibiio nihü ; io nfhitam oil posse rêver li.

Parmi eux, les uns, comme Xenophane, Parménide, Melissus, prétendaient que le monde est éternel, même dans sa forme ; les autres , comme Leucippc, Démocrite, Epicurc, enseignaient qu'il est le résultat de la rencontre fortuite des atomes ; d’autres , comme les brahmes de l'Inde et les Néoplatociens, qu'il n’est qu’une émanation de la substance divine; les. plus sages , comme Anaxagore , Socrate, Platon, admettaient que le monde, bien qu’étemel dans sa matière, avait eu besoin pour arriver A sa forme actuelle d’un ordonnateur suprême, que Platon appelait le Démiurge. Parmi les modernes, quel-

ues-uus, comme Spinoza , Scheliing , et tous les

anthéistes, u’admettent d’autre existence que celle de Dieu , de l’absolu , et sont par là conduits; comme Xénophane, à uler la création.

Le dogme de la création repose sur le texte de la Genèse: on y lit dès le début : a Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre.... j« Dieu dit : « Que la lumière soit , et la lumière fut. » La Genèse nous enseigne en outre que la création a été effectuée en six jours, et trace l'ordre dans lequel ont été créés les êtres divers. La Géologie est venue jeter un nouveau jour sur ce sujet eu faisant connaître les diverses révolutions du globe. — On a de Mosheim une dissertation De creatione ex nihilo ; M. l'abbé Waterkein a publié un gavant livre intitulé : La science et la foi sur l’œuvre de la créa • tion, Liège, 1845.

L'époque de la création a donné lieu chez les chronologistes aux opiuions les plus diverses. Desvignoles a recueilli plus de 200 calculs différents sur cette époque, tous fondés sur l'Ecriture : selon uue chronologie longtemps adoptée, d’après le calcul d’Ussérius , la création aurait eu lieu 4000 ans avant J.-C. ; les auteurs de Y Art de vérifier les dates la placent à l’an 4963 , et cette opinion est suivie dans nos livres classiques. L’Église grecque compte 5508 ans avant J.-C.; les Juifs n’en comptent que 3483.

CRÉCELLE ou cresscli.f. (du grec crécélos, bruit désagréable, ou du lat.cre»iIacu/um,bochet,grelot), moulinet de bois dont on tire un son aigre et bruyant en l’agitant fortement avec la main , et dont on se sert au lieu de cloche le jeudi et le vendredi de ia semaine sainte. Les baladins, dans les foires et quelques marchands ambulants en font usage. Au moyen Age, les lépreux étaient obligés, pour avertir les

crèm

CRÉO — J

passants do leur approche , d’agiter une crécelle qu'on appelait tartavelle ou tarlarelle.

CRÉCERELLE, Falco tinnuneulus , espèce d’oiseau du genre Faucon, appelé vulgairement Émou chet et Èpervier des alouettes, de la grosseur d’un pigeon , a les ailes longues , la tète et la queue de couleur cendrée, le dos roui, et le ventre d'un blanc légèrement roussAtre, avec des taches oblongues brunes. 11 est très-commun en France. Il se tient dans les crevasses des vieilles murailles, et se nourrit de souris, mulots, petits oiseaux, insectes, etc. CRËCERELLETTE , Falco tinnunculoides , es-

Êice du genre F’aucon, différé de la Crécerelle ou rnouchel par ses ailes atteignant l’extrémité de la queue, et par ses ongles, qui sont de couleur blanche, tandis que l’Êmouchot les a noirs. Elle est commune en Espagne, eu Italie et en Allemagne.

CRECHE, en italien greppia (du celtique krippe, peigne, puis râtelier?), mangeoire à l'usage des bestiaux. On appelle la sainte Crèche, ou absolument la Crèche, celle où l’enfant Jésus fut mis au moment de sa naissance dans l'étable de Bethléem.

Dans ces dernières années, on a donné le nom de Crèches à des salles destinées à recueillir les enfants encore à la mamelle, auxquels leurs propres mères viennent donner le sein à certaines heures de la journée. Cette institution charitable, dont la première pensée appartient a Mm« de Pastoret , a été mise A exécution par M. Mar beau : la lrc crèche fut ouvbrte A Paris le 14 nov. 18 14 ; en moins de 0 ans, Paris en pot compter près de 25, et l’institution se répandit promptement dans les départements. L'Autriche et l'Angleterre n’ont pas tardé a suivre l’exemple de la France. Cependant, quelques personnes contestent encore Futilité de cette fondation.

CREDENCE (dn latin credere, confier), nom donné flans nos Eglises A la petite table ou support de marbre et do métal fixé au mur près de l'autel, où l’on dépose les burettes qui servent A la messe ou A quelque cérémonie ecclésiastique. — Ce mot se disait autrefois de l'endroit où l’on tient les provisions de bouche dans certains établissements publics, tels que couvents, séminaires, colleges, etc. On appelait crédencier celui qui était chargé du soin de la crédence et de la distribution des provisions de bouche.

CREDIT (du latin creditum , participe neutre de credere, confier). C’est la faculté que l’on possède de trouver des préteurs, faculté qui est proportionnée A la confiance que l'on inspire. Le crédit est dit privé, •i l'emprunteur est un particulier; public, si c’est l’État qui emprunte.

Le Crédit public, ou la confiance inspirée par l'État, a donné naissance A de nombreux emprunts qui constituent \à Dette publique | Voy. ce mot). On consultera utilcmeiH sur ce sujet les livres intitulés : Du crédit public et de son histoire, par Marie Augier, 1842; Histoire philosophique du crédit . par V. Avril, 1 849.

Le Cr. privé donne beu journellement A une foule de transactions, dont les unes sont purement commerciales, lorsque le prêt est fait sur simple signature, comme dans les billets à ordre , les lettres de change , etc. ; et dont les autres sont garanties par des immeubles donnés en nantissement : le crédit est dit alors crédit foncier, crédit hypothécaire.

Le Cr. foncier . longtemps entravé en France par les difficultés qu'offraient aux particuliers les prêts hypothécaires , a pris son essor depuis la publication du décret du 28 févr. 1852, qui a autorisé la formation de sociétés de crédit foncier. Ces sociétés ont pour objet de fournir aux propriétaires d'immeubles qui voudront emprunter sur hypothèque , la possibilité de se libérer au moyen d'annuités A long terme ; elles ont le droit d’émettre des obligations ou lettres de gage. Pour faciliter leurs opérations , l’Etat et les départements peuvent acquérir une cer- , UÜM quantité de ces lettres de gage. — Des sociétés

| analogues existaient depuis longtemps en Allemagne | et en Pologne, et nos économistes en avaient fait | apprécier tout les avantages; mais c’est surtout aux efforts persévérants de MM. Royer et Joeseau qu’on doit leur introduction dans notre législation. Le l*r a publié en 18 IG: Des institutions de crédit foncier en Allemagne et en Belgique ; le 2e, en 1 854: Traité du crédit fonder , 1 vol, in-8.

Crédit mobilier. Voy. mobilier (crédit).

Dans la Tenue des livres, il y a, pour tout compte courant, le crédit qui énonce les sommes ou valeurs reçues par l’un des correspondants pour le compte de l’autre : on l’inscrit sur le feuillet A droite ou recto du grand-livre ; on l’oppose au débit , qui énonce les valeurs ou sommes payées A valoir sur le crédit, et qu’ou inscrit. A gauche. — On appelle Cr. ouvert l’autorisation donnée. par un individu A un autre individu de disposer sur lui jusqu 'A concurrence de telle somme, et pendant un temps déterminé.

Dans la langue parlementaire , on appelle Cr. extraordinaires, les fonds demandés par un ministre comme nécessaires pour faire face A une dépense qui n'a pas été prévue; Cr. supplémentaires, les fonds demandés comme supplément A un crédit qui n’a pas été assez largement doté lors du vote du budget.

CREDO , nom sous lequel on désigne vulgairement le Symbole des Apôtres, parce qu'il commence par ce mot latin credo , je crois. Voy. symbole.

CREMAILLERE | du grec crémaô, suspendre), ustensile de ménage, ordinairement en fer, qu'on scelle au fond des cheminées de cuisine, et qui, muni de crans obliques, recourbé en crochet à sou extrémité inférieure, sert A accrocher A diverses hauteurs au-dessus du feu les chaudrons dans lesquels on veut faire cuire ou chauffer quelque chose. — Par extension , dans les Arts, on a donné le nom de crémaillère A toute pièce garnie de crans dont la forme rappelle celle de la crémaillère. En Mécanique, on appelle ainsi toute barre dentée, ondée on crénelée sur sa longueur, destinée A se mouvoir par l’engrenage d’un pignon ou d’une roue dentée, de manière quelle transforme un mouvement de rolatiou en mouvement rectiligne ou de translation.

Dans l’Art militaire on appelle ouvrage à crémaillère une ligno défensive de circonvallation tracée en forme de dents de scie, et propre A donner des feux obliques et des feux croisé».

CREMANT ( de crème), épithète distinctive qu’ou applique, en OEnologie, A une espèce de vin de Champagne qui se couvre d'une mousse blanche, légère et peu abondante, fort estimée des amateurs.

CREME, couche jaune et onctueuse qui se forme A la surfure du lait, par le repos dans un lieu frais et tranquille ; cette couche augmente graduellement par le séjour du lait A l'air, ctfinit par devenirsi épaisse qu’on peut renverser le vase qui la contient sans qu'il s'en écoule rien. Au bout de quelques jours, elle perd sa saveur douce et onctueuse, et acquiert celle d’un fromage gras; c’est ainsi qu’on obtient ce qu’on appelle les fromages à la crème. — La crème est d’autant plus abondante dans le lait qu’il est de meilleure qualité; on a cherché les moyens de déterminer la quantité de crème que contient le lait. Ou y est parvenu au moyen d'une éprouvette graduée nommée Crémomètre, due A M. Quevenne. un a remarqué que, par un temps d’orage, la crème se Bépare du lait en moins de douze heures. Soumise à l’agitation dans une baratte ou dans un autre vase approprié . la crème perd de son ouctuosité , et le beurre qu’elle renferme se sépare sous forme de grumeaux qui peu a peu s'agglomèrent.

On fait avec du lait et des jaunes d’œufs un mets délicat que l'on sert en entremets et qu’on nomme crème : il y a des crèmes au café , au chocolat , au caramel , etc. — La crème fouettée est de la bonne crème de lait qu'on fait élever en mousse en la fouet-

CUÊO — U2 — CREP

tant avec de petits osiers. On y fait entrer du sucre { en poudre, de la gomme adrag&ul, de l'eau de fleurs d'oranger, de la vanille, etc.; on la colore quelquefois. |

On donne encore le nom de crème A diverses substances qui ont quelque ressemblance avec, la crème : ainsi , on appelle Cr. de rit, une sorte de bouillie rafraîchissante faite avec de la farine de ri*; — Cr. de chaux , la pellicule blanche de carbonate de chaux qui se forme sur l'eau de chaux au contact de l'air; — Cr. de tartre, le bitartrate de potasse , etc.

CREMENT ( de crementum , accroissement , augmentation du nombre des syllabes qui a lieu dans les mots latins quand on forme les cas d’un nom ou les temps d’un verbe : le crément tombe sur les syllabes qui sont placées entre le radical et la désinence : ainsi, hotninis , génitif d’homo, a un crément, mi, hominibus en a deux, mi et ni; legeram, plus-queparfait de iego , a uu crément, ge; legeramus en a deux, ge et ru.

CREMOMETRE. Voy. crêmk.

CREMONE, espèce d ‘espagnolette. Voy. ce mot.

CRENEAUX (de mro), nom donné, au moyen âge, à la maçonnerie dentelée qui couronnait les murailles des châteaux forts. Quelquefois on tendait d’un créneau à l’autre une sorte de clayonnage appelé houçdis, qui protégeait l’archer combattaut sur l'embrasure ou archière. On appelait châteaux crénelés ceux dont les défenses l'eutreconpaientde créneaux. — Les créneaux ont été considérés jusqu'à la Révolution comme un droit nobiliaire; Us se trouvent au nombre des meubles de blason.

CRENELE se dit, en Botanique, des organes planes des végétaux chez lesquels le bord offre des lobes très-courts, arrondis , et séparés par des sinus trèsaigu* et peu profonds.

CR EN EQUIN. Voy. ciuxeqdiiv.

CHEMLARRE [decrena, fente, et labmm, lèvre), Crenilabrus . genre de poissons Àcanthoptérygiens de la famille des Labroides, est caractérisé par son préopercule dentelé, ses lèvres épaisses et charnues, et ses mâchoires armées de dents coniques et sur un seul rang. Le Cr. Paon ( Cr. Pavo 1, poisson de la Méditerranée, doit son nom à ses brillantes couleurs.

CREOLE (qu'on dérive de l’espagnol criollos, nom que les premiers Nègres exportés d’Afrique donnaient à leurs enfants nés dan* le nouveau monde). Celte dénomination, appliquée d'abord aux habitants des i»o*8CKsions espagnole* et portugaises nés en Amérique de parents blancs, a été depuis étendue à tous les habitants issus aux colonies de parents européens. Les créoles sont , en général , bien développés, d'une taille mince, d’m;e constitution plutôt maigre que grasse , plutôt délicate que robuste , d’un caractère vif , lier et impérieux ; leur teiut est souvent livide et plombé : cette pâleur est attribuée à l'action augmentée de l'appareil biliaire et à la diminution du sang. Leurs passions sont ardentes à l'excès. Cependant les femmes créoles sont, en apparence, faibles et indolentes. Les créoles espagnols, comme aujourd’hui encore les hommes de couleur, étaient autrefois traités avec mépris par les Espagnols venus d’Europe. Ce n’est qu’en 1776 qu’une ordonnance de Charles 111 les reudit aptes à remplir les fonctions civiles, ecclésiastiques et militaires.

CRÉOI’HAGES (ou grec créophaços, mangeur de chair), famille des Coléoptères de M. Üuméril, répondant à celle des Carabiques. Voy. ce mot.

CREOSOTE (du grec créas, chair, et sozâ, conserver), huile très-caustique contenue dan* la fumée et dans les produits de la distillation sèche des matières végétales, comme le vinaigre de bois et le goudron. Elle a la propriété de préserver de la putréfaction la rhair et d'autres matières animales ; c'est à elle que la fumée doit ses propriétés antiseptiques. On l’emploie contre les maux de dents et pour arrêter les hémorragies. On s’en sert aussi avec succès pour la

guérison des ulcères. Elle a été découverte par ReU

chenha«‘h en 1833.

CRÊPE (du latin crispus, frisé, ondé), étoffe de sole crue ou de laine fine, claire, légère et non rroii sée, qui se fabrique, comme la gaie et les autres étoffes non croisées, sur le métier à deux marches. Il y a des crêpes crêpés et de* crêpes lissés , des crêpes simples et des crêpes doubles , selon que la chaîne est plus ou moins tordue. On crêpe en trempant dans l'eau l’étoffe au sortir du métier, et en la frottant avec un morceau de cire préparée. Ou la blanchit ou on la teint ensuite sur le cric, à froid; puis on lui donne l’eau gommée. La plus grande partie des crêpes se font A Lyon et à Avignon. — Pris absolument , crêpe se dit du morceau do crêpe noir que l’on porto en sigur de deuil , et qui se met ordinairement au chapeau; les militaires portent le crêpe au bras. — On donne aussi le nom de crêpe à une pAte grasse, plus délayée que celle des beignets, et qu’on fait cuire en l'étendant sur la poêle.

CRÉPI (du latin crispus, crépu, A cause de l’inégalité du crépi), couche de mortier ou de plâtre qu'on jette sur un mur avec la truelle ou avec un balai. Le crépi diffère de l'enduit proprement dit en ce qu’il n’est pas lissé comme ce dernier avec la truelle, et reste raboteux ; il porte aussi 16 nom de gobetis.

CREP1DE (du latin crepida), espèce de chaussure antique qui était ferrée et qui ne couvrait [tas tout le jîied. Chez les Grecs , c’était celle de* philosophes, et chez les Humain* celle du peuple. On connaît le proverbe : Ne sutor supra crepiaam ; le cordonnier ne doit juger que de la chaussure : chacun son métier.

créhdr, Crépis , genre de plantes de la famille des Composées , tribu des Ch icoracécs, renferme un grand nombre d’espèces, qu’on trouve communémeut autour des habitations dans tous les pays tempérés. La Cr. rouge ou Harkausie ( Cr . fœtîda) est une plante originaire d'Italie, et qui, froissée ou simplement remuée, répand une odeur désagréable. Sa fleur est d’un rose foncé, large d’environ 4 centimètres. Ses feuilles sont longues, fortement échancréet et armée* de pointes. On a encore la Cr. des toits , la Cr. bisannuelle, la Cr. des Alpes, etc.

CRÉPINE, ouvrage de passementerie en or, argent ou soie, A jour par le haut et pendant en grands filets ou franges par en bas. — Les bouchers appellent ainsi la toile de graisse qui couvre la panse <Je l’agneau ou du veau et qu'on étend sur les rognons.

CRÊPINS (de S. Crépin, patrou des cordonniers), toutes les fourniture* A l’usage des cordonniers.

CREPITATION (du latin crepiture , craquer), bruit d’une flamme qui pétille ou du sel projeté sur le feu. — Eu Chirurgie, ou exprime per crépitation le bruit que produisent les parties d'un os fracturé, lorsque Ton imprime quelque mouvement au membre. — -La crépitation est encore le bruit produit par l’air ou tout autre gaz dans les cellules pulmonaires : cette crépitation se remarque dans la pneumonie au premier degré et dans Perd» .inc du poumon.

CREPON (de crêpe), étoffe de laine ou de soie non croisée, A chaîne torse et trame simple, frisée comme le crêpe, mais beaucoup plus épaisse , et qui se fabrique de la même manière. Elle se lisse ordinairement en blanc, et se teint ensuite en différentes couleurs, surtout en noir. 11 sert principalement pour faire les soutanes dos ecclésiastiques et les robes du palais. On eu fabrique A Naples et en Suisse: le crépon de Zurich est le plus estimé.

CREPS, dit aussi Crapz ou Krabs, jeu de dés qui le joue A deux ou A plusieurs personnes, avec trois dés et un cornet. Pour savoir qui aura le dé , l’un des joueurs met les dés dans un cornet et les lance : s'il amène un nombre pair, il garde le cornet et sert ; s'il amène un nombre impair, il livre le cornet au second joueur. Celui qui a le dé annonce alors le point sur lequel il veut que roule tout le jeu : c'est

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