AMEN
à la mort; b° si l'Ame est propre A l'homme , si les animaux, s! le monde môme n’ont pas aussi une Ame.
Sur le 1er point, quatre réponses out été faites : selon les uns , l'Ame et le corps agissent physiquement l’un sur l’autre [influx physique) , re qui est ou ne rien expliquer ou tomber dans une contradiction en assimilant l’Ame au corps; selon d’autres, les deux substances ne peuvent aaïr l'une sur f autre, mais il existe entre elles un médiateur, que Cudxvorth nomme médiateur plastique et dont il fait un être d’une nature particulière, tandis que Deecartes et Malehranche le trouvent dans Dieu même [assistance divine); selon Leibnitz, il n'y a ni action rériproque, ni médiateur; mais l’Ame et le corps, comme deux horloges bien réglées qui marcheraieut d’accord, se développent parallèlement en vertu de leur nature propre et de l’impubioD qu’ils ont reçue une fois pour toutes du Créateur qui les a accouplées [harmonie préétablie ).
Sur le 2* point, les uns, distinguant plusieurs Ames, ont , avec Platon , assigné A chacune un siège particulier: à l’àme raisonnable, le cerveau; à l’Ame irascible, la poitrine ; A l’Ame concupiscible, le bast 'entre l les autres lui ont donné un siège unique, soit le cerveau tout eutier, soit une partie du cerveau, la glaudc pinéale (Descartes), le corps calleux (la Peyronie), lo cervelet , etc. ; d’autres enfin la disent répandue dans tout le corps et amalgamée avec chacune de ses parties (Plotin).
Sur le 3e point, Platon , Origène, etc., ont pensé que les Ames existaient antérieurement , et que Dieu unit une âme A un corps au moment de la uaissanco, tandis que la plupart des théologiens enseignent que Dieu crée une nouvelle Aine pour chaque nouveau corps; quelques-uns, approuvés en cela par Leibnitz, croient que toutes les Ames ont existé en germe dans le premier homme et quelles se propagent, comme les corps, par la géuéraliou.
Sur le v point, quelques philosophes , les disciples de Lcnrippc , de IVmocrite et d’Epicure chez les anciens, les matérialistes, tels que d’Holbach, Laïucltrie, Broussais, chez les modernes, croient que l’Ame meurt avec le corps , ou plutôt ils ne la distinguent pas (lu corps; mais la plupart des philosophes, d accord eu cela avec les diverse* religions, ont admis qu'apres la mort, l’Ame avait une vie noutclle daus laquelle clic était récompeusée ou punie scion ses œuvres, laissant d’ailleurs aux religions positives le soin de décrire le genre des peines et des récompenses. Pythagorc, allant plus loin, prétendit que les âmes animaient successivement plusieurs corps ( Métempsycose ) .
Sur le deruier point, les anciens, d'après Aristote, accordaient aux animaux une âme sensitive et donnaient même aux plantes une âme i éyétatiie, réservaut pour l’homme Y âme rationnelle , qui s'unit en lui aux deux autres ; Descaries refuse toute Ame aux bêles et en fait de pures machines; Condillac restitue une Ame aux bêtes et leur accorde des facultés analogues aux nôtre*, mais inférieures et proportionnées à leur organisation. — Enfin, la plupart des philosophes anciens, Tiinée, Platon, Zénon, Plotin et ses disciples donnent au Monde une âme, que les uns distinguent de Dieu , que les autres confondent avec lui ; on peut rapporter à cette dernière classe les panthéistes modernes. Vantai, Spin osa, Schelling, etc.
Sur toutes ces questions, ie plus sage serait peutêtre de dire qu’elles sont hors de notre portée. Toutefois, on lèverait une partie des difficultés relatives aux rapports de l'Ame et du corps, si , au lieu d'établir un autagonisme absolu entre les deux substances, on admettait, avec Leibnitz, que toutes deux procèdent de monades, éléments simples, ayant en puissance la vio et le mouvement, et qui se produisent sous différentes formes, suivant les con-
ditions diverses dans lesquelles ils se trouvent placés.
Les principaux auteurs A eonsulter sur YAmê sont : Platon [Phédon, Alcibiade), Aristote (De A nifna) .Plotin (Emtéades), Nhmnsi (De Satura hominis ), Descartes (Méditations), Wolf (Psychologie), Astruc ( Immatérialité et immortalité de l'Ame), Bonnet ( Essai analytique sur les facultés de râme), A. Baxter I Recherches sur la nature de l'âme), Collins ( Essais sur la nature et la destination de /'âme; , La Luzerne ( Dissertation sur la spiritualité de râme),
ame (Musique). L’dme du violon et des autres instruments A cordes est un petit cylindre de bois qui sc pose debout entre la table supérieure et le fond de l'instrument, dans le double but de maintenir la distance respective des j>arties et d’établir entre elles des vibrations uniformes.
AMEN, mot hébreu qui signifie ainsi soit-il, terminait toutes les prières chez les Juifs. Au commencement d’une phrase ( Amen dico vobis) , il signifiait en vérité, certainement. Aujourd’hui, les Chrétiens et les Mahomélans disent aussi amen A la fin tic leurs prières. Ce mot a même passé chez nous dans le style familier, et s'emploie dans les locutions suivantes : Depuis Pater jusqu'à Amen ; dire Amen a tout ce qu’un dit, etc.
AMENAGEMENT, art -qui consiste à diviser une forêt en coupes successives et A régler l’étendue et l’Age des coupes annuelle*. Cet art n’a commencé A attirer l'attention qu’au deruier siècle, et a été l’objet des travaux de BtifTou, Duhamel, Béaumur, Bozier, Yarenne de Feuille, Pertuis. etc., dont les recherches ont été résumées par Baudrillart, dans sou Dictionnaire des Forêts.
AMENDE (du latin vienda, faute), peine pécuniaire imposée par la loi, ou laissée A l’arbitraire du juge, pour punir une faute légère, le plus souvent une simple contravention aux règlements de police. Tantôt l amende est une peine principale et isolée, tantôt c’est une peine accessoire : en tout cas, elle nu profite jamais qu’au Use. — On retrouve les traces de cette peine dans toutes les législations : au moyeu âge ou 1 admettait pour les crimes les plus graves, même pour le meurtre, lorsque le coupable était noble ou seigneur; chez les Francs, on appelait wehrgeld ou composition la somme payée dans ce cas à la famille de l'offensé » et freae ou gage de paix , la part que le fisc prélevait sur cette somme. — Faire amende honorable , c’était autrefois aller nu , en chemise, la torche A la main, et la cordc au cou, demander pardon A Dieu et au roi , A la porte d’une église ou ailleurs . d’un crime quelconque. Aujourd'hui c’est demander pardon d’une offense à quelqu'un, lui faire réparation.
AMENDEMENT (do latiu amendare , corriger). On nomme ainsi en Agriculture les matériaux et les opérations qui ont pour but d’accroître la faculté végétative d’un sol , et d’en modifier la nature par l'addition de substauces étrangères qui lui manquaient. L’art des amendements doit être appliqué en raison combinée de la nature du sol et de celle des végétaux que l’on veut obtenir. Les principaux amendements sont l’argile pour un sol sableux; le sable pour un sol argileux ; les marnes , la craie concassée, le plAtre, le sel marin, le nitre, les cendres, qui agissent surtout comme stimulants de la végétation. On étend quelquefois , mais A tort, le nom d 'amendements aux engrais. L'art des amendements ne date guère que du dernier siècle; il a fait en grande partie la prospérité agricole de l’Angleterre et de fa Belgique ; il est encore trop négligé en France. Franklin, au xviu® siècle, et de nos jours MM. de Dombasle. Boussingault et Gasparin, out beaucoup contribué A le mettre en honneur. La Maison rustique du xtx® siècle (vol. I, ch. 3) donne, sur ce sujet, de précieuses directions.