‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts (volume 2)Chapitre 44 sur 508 · AMM · texte numérisé non relu

AMM

iV Ammon deux saillies médullaires recourbées en forme de corne, et allant, dans le cerveau, du corps calleux à la partie inférieure desventricules latéraux.

AMMONEES. Voy. ammomdkes.

AMMONIAC (sel;, ainsi nommé dMmmoniviu , oasis de l'ancienne Libye d'où on tirait ce sel, dit aussi Chlorhydrate ou Hydrochlorate d’ammoniaque, Chlorate d'ammonium ; sel composé d'acide chlorhydrique et d'ammoniaque (HCl 4- NHM. Il est blanc, fibreux, se cassant avec difficulté, fort soluble dans IVau, d’une saveur fraîche, un peu piquante. On l'emploie, dans les arts, pour l’étainage et la soudure, et dans les laboratoires pour la préparai ion de l'ammoniaque. — On trouve le sel ammoniac dans les urines humaines et dans la fiente des animaux qui mandent des herbes salées , particulièrement dans celle des chameaux. Les volcans, les houillères embrasées cri fournissent egalement. — Oc tempe immémorial , on sut eu Egypte extraire le sel ammoniac do la honte des chameaux; dans ce pays , où les excréments servent de combustibles, la suie qu’ils fournissent est chauffée dans de grands mal ras eu verre, et le sel ammoniac se condense alors sur les parois et s’y moule en quelque sorte : de là la forme particulière des pains du commerce. En France, Je sel ammoniac et les autres combinaisons ammoniacale* se préparent eu grand dans les fabriques , à l’aide de toute espère île- matières animales azotées qu’on soumet à l’action du feu dans des cylindres en tonie ; on distille ainsi de la corne, du vieux cuir, des chiffons de laine, et l'on combine le produit avec les acides nécessaires.

AMMONIAQUE, dit aussi Alcali volatil , Azotwe d'hydroyène , Amidure d’ hydrogène , Oxyde (t ammonium ; combinaison d’azote et d’hydrogeno (NH*, 1 volume d’azote « t 3 volumes d’hydrogène condensés à ’l volumes) , gaz incolore, d’une densité de 0,596, d’une saveur àcre et caustique, d'uuo odeur urineuse et pénétrante ; éteint les corps eu combustion, se liquéfie par un froid de — 40°, et su solidifie par l’action simultanée d’un grand froid et d’une pression de plusieurs atmosphères. — L’eau dissout jusqu’à G70 fois son volume de gaz ammoniaque ; la solution , dite ammoniaque liquide, est fréquemment employée dans ies laboratoires de chimie pour l'extraction et la décomposition d'une foule de suostances; elle sert aux teinturiers pour dissoudre ou pour nuancer certaines matières colorantes, aux dégraisseurs pour nettoyer les étoffes, etc. Appliquée sur la peau, elle la rougit, et même, si elle est concentrée, elle la brûle; aussi est-elle employée pour cautériser les morsures des serpents venimeux et des chiens enragés, les piqûres des guêpes et d'antres Insectes. L’irritation produite par le gaz ammoniaque dans les membranes olfactives peut être ulillsee pour rappeler à la vie des personnes asphyxiées ou tombées en syncope. -* L’ammoniaque sature les acides, et produit avec eux les tels ammoniacaux, dout les principaux sont : le chlorhydrate ou sel amnionin ■*. le carbonate , lu nitrate, Vacétate, le sulfate et le phosphate. On reconnaît ces combinaisoiis eu ce qui* elles dégagent de l'ammoniaque quand ou le* broie avec de la chaux. La dissolution d’ammoniaque, ramène au bleu le tournesol rougi par les acides, verdit le sirop de violettes, et brunit le papier de rurcuma. Lorsqu’on ajoute u uu sel d'ammoniaque de la potasse ou dé la chaux, l'ammoniaque est expulsée. Cette réaction s’utilise pour l’extraction de l'ammoniaque : on l’obtient, en effet, en chauffant ensemble parties égales de chaux vive et de sel ammouiac.

L'ammoniaque est la plus commune des combinaisons azotées : elle se répand dans l'atmosphcre par suite des décompositions qui s’accomplissent sans cesse à la surface du globe dans les matières organiques; elle se développe en abondance dans

les fosses d’aisances, dans les cimetières, dans le* charniers remplis d’immondices. Elle fournit à la végétation l'azota nécessaire à la formation d’un grand nombre de composés.

Les alchimistes ne connaissaient l'ammoniaque qu’en dissolution dans l'eau; Priestley le premier l’a Isolée à l’état de gaz. Les anciens Egyptiens , ainsi que les Arabes , savaient préparer le sel ammoniac, d’où l’ammoniaque s’extrait encore aujourd’hui. Voy. uraoxuc (sel).

AMMOKIDEES ou ammokées (du grec ammos, sable;, famille de Coquilles qui se reconnaissent à leurs cloisons sinueuses, découpées dans leur contour, se réunissant entre elles contre la paroi intérieure de la coquille, et s’y articulant par des sutures découpées. On y distingue l'Ammonite et la Baeulite.

AMMONITE, genre de la famille des Ammonidées , renferme des coquilles en forme de disques en spirale, découpées dans leur contour, à tours cootigus et apparents , percées dans leur intérieur par une sorte de tube. Ces coquilles, qui atteigneut souvent une grande dimension, ne sont encore co u nues qu'à l'état fossile; elles forment quelquefois des chaînes de montagnes entières. Leur intérieur est orné de belles couleurs. Quelques-unes sont converties en agates. On nomme vulgairement l’Ammonite Corne (t Ammon.

AMMONIUM , nom donné par les chimistes à un© combinaison hypothétique d'azote et d’hydrogène, dans les rapports de NH*, et qui jouerait le rôle de métal dans les sels ammoniacaux. Le chlorhydrate d’ammoniaque , par exemple , s'obtient par la combinaison directe do l'acide chlorhydrique (HCl) et de l’ammoniaque (NHJ); la théorie de l'ammonium fait de ce produit un chlorure d’ammonium et suppose que l'hydrogène se serait détaché du chlore de l’acide chlorhydrique pour se porter sur l'ammoniaque et produire ainsi le métal composé ammonium , lequel se serait ensuite combiné avec, le chlore. Cette hypothèse, due à Ampère, fait rentrer les combinaisons de l’ammoniaque dans la théorie générale des sel» , et explique pourquoi les sels ammoniacaux ont toujours la même forme que les *el« de potasse correspondants.

AM MONTURES, comptés résultant de U combinaison de l'ammoniaque avec les oxydes de certains métaux, comme l’or, l’argent, le mercure, le platine. Ces composés, dout la préparation est fort dangereuse, détonent avec violence par la percussion , la chaleur ou le frottement. Un décigramme d’amnioniure de bi-oxyde d’or produit une explosion comparable à celle d'un pistolet.

AMNÉSIE (du grec a priv., et mnésix , mémoire), perte de la mémoire, est considérée par quelques auteurs comme une maladie particulière.; elle est le plus souvent le symptôme de quelque tiialadie cachée. Elle peut aussi être l’effet de causes apparentes, telles que blessures, énanr bernent de sang ou de sérosité, inflammation. Elle offre toutes sortes de variétés, et peut être purement partielle ; on voit des personnes perdre la mémoire acs dates, des noms propres, même des noms communs, tout en conservant, du reste, l'intégrité de leurs facultés.

AMMOS (moUgrec de même signification), membrane lisse, transparente, de nature séreuse, d'une grande ténuité , qui sert d’enveloppe au fœtus dans le sein de la mère. Elle le recouvre directement et est couverte elle-même par uno autre membraue nommée chorion. L'amntos exhale à l’intérieur un fluide nommé les eaux de l’amnios, ou simplement les eaux, au milieu duquel nage le fœtus dans le sein de 1a mère. Ce fluide est limpide, jaunâtre ou blanchâtre et comme laiteux. H sert à garantir le fœtus d’une compression douloureuse , a modérer ou amortir les chocs extérieurs, et à préparer les voies à l’accouchement.

Page 1