‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts (volume 2)Chapitre 73 sur 508 · ARCH · texte numérisé non relu

ARCH

ARCHER. Chez les anciens , les Scythes, les Cretois, les Parthes , les Thraces passaient pour d'excellents archers : l’histoire a conservé les noms d’Aster,d'Atunhipolis, qui perça l’œil droit de Philippe* , et de Méiiêlas , qui , au rapjKjrt de Zosimc , lançait avec uu seul arc trois flèches à la fois , et frappait trois buts différents. Chez les modernes, les archers anglais étaient renommés par leur adresse. — Les Grecs et les Romains axaient des troupes légères d'archers. En -France, il existait de nombreux corps d’archers : Charles Vil établit un corps de frunrS’flirhers , les uns à pied, les autres A cheval, ainsi nommés j»arrc qu’ils étaient francs ou exempts de tout iinjiêt; ils étaient tirés du corps do la noblesse ou conféraient la noblesse : Louis XI les supprima en 1481.

Un nommait archers de la connétablie les officiers chargés d’exécuter les sentences des lieutenants des maréchaux de France; ils avaient le droit d'exploiter partout le royaume , et de mettre à exécution les arrêts de toute espèce de juges ; — archers de la garde , des garde» du corps armés d’un arc ou d’une arbalète — Pour les A. delamawhe. Y. m viseur..

L’usage «le l'arc s’est maintenue dans quelques localités, surtout en Picardie : il y existe des Coniju iynies d'archers, ayant leurs statuts et leur costume.

ARCHER. Un nomme ainsi , en Zoologie, un genre de |»oissons de la famille «les Squatnmipennes do Qivjer. Un le reconnaît à sa dorsale tros-rcculée , aux sept rayons qui soutiennent la membrane des branchies, et aux dents veloutées qui garnissent scs mâchoires et ses palatins. Un ne connaît qu'une seule espère de ce genre, IM. sagittaire ( Taxâtes t Jarulutor , Cuv.), p- lit poisson du Gange et de l’Archipel indien, de idà 2n) ccntlm. de longueur, qui jouit de la curieuse faculté de lancer de l’eau avec sa bouche à plus d’un mètre de hauteur sur les disertes dont' il fait sa proie : de lis. son nom.

ARCHET (diminutif d'arc). Dans les Arts mécaniques, on nomme ainsi une sorte de petit arc composé d’une lame d’acier ou d'une Italeine emmanchée dans un morceau de bois , et d’une grosse corde de boyau Axée par une de ses extrémités à fa |»artie de la laine qui est près du manche , et s'accrochant par l’autre extrémité à l’un des crans ou entailles pratiqués k l’autre bout de la baleine. Les arquebusiers, les doreurs , les horlogers, les serruriers, les tourneurs, se servent d’archets pour faire tourner la boite a foret. — En Musique, c est une baguette de bois dur , qui avait dans le principe quelque rapport de forme avec uu arc , et dont ia corde est représentée par un faisceau do crins de cheval que Fou tend a volonté au moyen d’une vis. Ces crins sont enduits de colophane, et, en les passaut à angle droit sur les cordes d'un instrument , on en tire des sons d'une plus ou moins grande intensité. De Fart de tenir et de gouverner l'archet dépendent le talent du violoniste ,du violoncelliste, et les effets presque magiques que Fon tire des instruments k cordes.

ARCHETYPE (du grec arche, principe, et typas f modèle), modèle primordial, (ie mot, synonyme à’ idée dans la langue de Platon, désigne les formes substantielles des choses qui existaient de toute éternité dans la pensée divine , et qui sont le modelé ou le patron sur lequel tous les êtres ont été créés.

ARCHEVÊQUE (du grec archos, chef, et épiscopos, évêque) , prélat métropolitain qui est tout k la fois évêque d’un diocèse et chef d’une province ecclésiastique : les autres évêques de la province sont ses *uffragants. Cette dignité est d’institution apostolique; mais le titre d’archevêque ne remonte qu’au iw siècle. La marque de la dignité des archevêques vMcpallium ( Voy. ce mot). Autrefois lesarchevêques assistaient par eux-mémes ou par des délégués aux élections des évêques leurs suflragauts, confirmaient reux qui avaient cte élus, avaient le droit de visiter

les églises des diocèses administrés par leurs sufTra» gants, et d’y faire les reglements nécessaires pour le maintien de la discipline ecclésiastique. Aujourd’hui, leur droit se borne à juger les appels, à convoquer le* conciles provinciaux et h y présider.

Il y a en France 15 archevêchés. Pour les noms de res archevêchés et de leurs sufftagants, Voy. le Dict. univ. d'Hist. et de Géogr. à l’art. frange.

ARCHI. Ce mot, qui est tiré du grec archè, et qui siguilie principe, supériorité, se joint a une foule île mots pour marquer la prééminence dans d.-s choses de même espèce. Ainsi on ditflrcAiVAaii' clier, archiduc , etc., pour désigner une personne d’un rang supérieur à celui de chancelier, de dur, etc.

AhCHlATRE (mot qui signifie principal médecin), titre du médecin spécialement chargé de la santé du monarque : Marchifus, médecin de Childeliert, fut le premier qui porta ce titre, et Dodard, médecin de Louis XV, fut le dernier.

ARCH IC AMER 1ER, ARcmcBAtfREU.iN, archichancelier, etc. Koj/.CAVtRiéa,( h vhbku.an, chancelier, etc.

ARCHICÜ.NFRERIE. Voy. «wnbHE.

ARCHIDIACRE. On nommait ainsi jadis le premier et le plus ancien des diacres ; il était 1« principal ministrede l’évêque, et était chargé surtout de l’administration du temporel. C’est aujourd’hui un supérieur ecclésiastique qui a droit de visite sur les cures d'un diocèse. Dans quelques diocèses les archidiacres sont institués vicaires généraux par l’évêqne, qui les rend dépositaires de ses pouvoirs. Ils forment la partie active du conseil épiscopal, et tirent leur titre de l’église h laquelle ils sont attachés : tels sont, à Paris, les archidiacres de Notre-Dame, de Ste-Ge» neviève et de St-Denis, qui sont en même temps grands ▼icoireadu diocèse. Le titre d archidiacre n’est connu que depuis le concile de Nicée. Voy. diacre.

ARCHIDUC, celui dont l’autorité s’élève au-dessus des autres ducs. Eu France, il y eut un archiduc d’Austrasie dès le règne de Dagobert. Le Brabant et la Lorraine eurent plus tard le titre d’archiduc liés. Les durs d'Autriche, qui dès 1156 avaient pris le titre (VarchiducSf ne le virent confirmer qu’eu 1453. Aujourd'hui, le titre d’archiduc n'est plus affecté qu’aux princes de la maison d’Autriche.

ARCHILOQUIEN ,yers), vers grec dont on attribue l’invention à Arrhiloque, est souvent employé par les poètes latius. Un distingue ïarchitoouien proprement dit , composé de deux dactyles et d’une césure :

ët | >ini b ri | mi» (lion.);

J t grand archiloquien. qui a 7 pieds : les 3 premiers, dactyles ou spoudés; le 4r, dactyle; les 3 derniers, trochées :

SSlTliür I lait bT I ta» «T* I t* »1c4 | vfal» I «l II I Vflol (H.) ;

le tétramttre archiloquien , qui a les 4 derniers pied? de l’hexamètre :

Cri» la | gtn* Ttl I rlbTmtl» | «qoOr. (tloR.)

ARCHIMANDRITE, r.-à-d. chef du troupeau (du grec arche et mandra , troupeau) , nom d’un supérieur de monastère chez les Grecs, ou en uénéral de tous les supérieurs ecclésiastiques de l'Eglise grecque. L'archimandrite porte une large robe noire; une croix d'or lui tombe sur la poitrine , et il tient à la main un bâton incrusté d’or et d'ivoire.

ARCHLNE, mesure de longueur russe analogue à notre aune, est usitée aussi en Turquie et en Perse, et vaut euviron 70 centimètres. 11 en faut 1,500 pour égaler la vente.

ARCHIPEL. Ce nom, qui a d'abord désigné spécialement la mer orientale de la Grèce ( Voy. l’art, ar- CHim.au Dict. univ. d’Hist. et de Géogr.), a, depuis, été étendu a toute mer parsemée d'Uet, et même aux groupes dites qu’on rencontre dans cee mers. Te U •ont FA. des Antilles en Amérique, l'A. de Sumbava- Timor en Océanie, FA. Arctique dans la mer Arctique.

AttCII

ÂRCII

ARCNIPRÉTRE , curé ou prêtre délécué par 1 évôque pour être le chef des autres dans lullicu sacerdotal; i* 'était ordinairement le plus ancien: aussi l 'appel ait-on doyen. Les archiprètrcs avaient jadis dru il d'inspection. Aujourd'hui, dans la plupart des diocèses, ce titre n’est resté que comme une dignité de chapitre, ou connue attaché 4 certaines cures principales (par exemple a .Notre-Dame de Paris) : . est une simple dénomination honorifique.

ARCHITECTE (du grec arche . et tectôn, ouvrier, ouvrier en chef), artiste dont le travail consiste 4 dresser le plan et le devis d un édifice, et à diriger les constructions. Lorsqu’il s’est chargé d'une construction a forfait, il ne peut demander aucune augmentation de prix. Selon la jurisprudence établie en France, l'architecte est responsable de la solidité des constructions dont il a dressé les plans et les devis, pendant dix ans, a partir du jour où les travaux ont été terminés. Il a un privilège comme créancier sur les édifices qu'il a construits. Outre l'art de construire, l'architecte doit posséder à fond la législation des bâtiments. Pour l'indication des plus célèbres architectes, VoU. ARCHITECTURE.

ARCHI1ÏCTONIÛÜE (du grec arche, et tectôn t ouvrier eu chef), art de la construction ; se prend le plus souvent comme synonyme d'architecture. Voy. ce mut et constructiüs.

ARCHITECTURE ( ^architecte) ,nri de bâtir suivant des règles et des proportions convenables. On divise cet art, suivant ses usages, eu trois grandes sections : A. civile, qui a pour objet La construction des édifices propres aux usages de la vie , tels que maisons, palais, temples, théâtres, etc.; A. militaire, qui est l'art de fortifier les villes et de pré|»ancr les moyens d’attaque et de défense des places; A. navale, qui a pour objet la construction des uavires, des ports, des magasins, des chantiers , etc. L'architecture civile admet elle-même une foule de divisions entre lesquelles on distingue : VA. religieuse, celle des édifices consacrés au culte : VA. rurale, celle des constructions relatives 4 l’agriculture; VA. hydraulique, qui s'occupe des fondations sous l'eau et de la couduitè des eaux, etc.

Considérée sous le rapport de l’art et comme visant au beau, l'architecture admet cinq ordres qui se distinguent par la forme, la proportion et l'ornementation di.s colonnes ou de l’cutablenieut • le dorique, V ionique, le corinthien, le toscan, le composite. (Voy. ce* mots et onnnes darcmt lcture) .

Presque tous les peuples ont eu leur architecture , qui est, jusqu'u nu certain point, l'expression de leur civilisation. L'architecture de l’antique Egypte et celle des Assyriens se distinguent par la solidité et le cdlowal des monuments. L’architecture des Indiens offre le même type : leurs temples un pagodes sont taillés dans le roc ; leurs monuments Se font remarquer d’ailleurs par le luxe des figures humaines et des divinités allégoriques. L architecture chinoise , invariable depuis des siècles, est reconnaissable à ses toits terminés en pointe, qui rappellent les tentes et les pavillons légers qui lui ont servi de type. La Grèce fut, surtout au temps de Périrles, le siège de la plus belle architecture : c est a ce piysquc nous devons les trois ordres principaux (dorique* ionique et . oruithït ni. Eu Italie, L $ Etrusques introduisirent l'ordre dit , d’après eux , toscan, qui dérivait de l’ordre dorique. Les Romains, tout cil adoptant les ordres des Grecs et des Etrusques, y ajoute mit l'ordre composite , mélange judicieux des précédents; l'architecture , prit chez eux un grand développement, et atteignit son apogée sous Auguste. Comme tous le* arts, elle fut presque anéantie par les barbares. — 1 /architecture du moyen âge est, du vi« au xi* siècle, couuue des archéologues sous le nom d’.4. romane , ou architecture romaine dégénérée Les modifications apportées i«r chaque peuple

h l’architecture ancienne formèrent d'abord le vient gothique, que l'on distingua, selon le pavs, en A. louiftarde, A. saxonne, A. normande, etc. LesarU de l’Orient, en sc mêlant au vieux gothique, fortnrrent le style byzantin ou A. byzantine , remarquable par une plus grande élévation dans le* arcs et par la substitution des voûtes aux plafondplats. L A. arabe, venue d’Espacne, remplaça bien lût le style byzantin et apporta en France ses colonnetU», ses pierres découpées, ses murs à jour et un grand fine d’ornements fantastiques (arabesques). l;d. itirni* sine ou gothique moderne, ou simplement gothique , se forma ensuite du mêlamze du vieux gothique et du style byzantin avec l’architecture arabe et mauresque : |H.'U à peu on y vit dominer l’ogive, les formes ai g ües et anguleuses, et les orneineuts se. inulUpli' rent a l'infini (Voy. gothique'. — Cependant lltalic, au xvi» siècle, fit revivre le goût de l'architecture antique, et amena une heureuse renaissance , dont les effets se font encore sentir. Aujourd’hui, on voit régner dans l'architecture, comme dans tout le reste, uu éclectisme éclairé.

Parmi les principaux architectes , nous citerons dans l'antiquité : Agamède et Trophonius, qui érigèrent le temple d'Apollon 4 Delphes; Ctésiphcn et Métagèue , qui bâtirent le temple de Diane 4 Ëphtse ; Antimachide , qui , avec Antislate , Calleschrus et Pori&OS, fut chargé de bâtir le temple du Jupiter Olympien ; Chans, qui érigea le colo**e de Rhodes; Irtinus et Calticrate , qui dressèrent, sous la direction de Phidias, les plans du Partliéoon d’Athènes; Satires et Pitéc , qui érigèrent le fameux tombeau de Mausole ; le Macédonien Diuocralc. 4 qui l'on attribua le singulier projet de donner au mont Athos la ligure d’Alexandre; enfin Vitruve, le seul des anciens qui uous ait laissé un traité complet et classique d’architecture. Viennent ensuite A polio* dore, qui construisit dans la liasse Hongrie le fameux pont du Danube, et 4 Rome le Temple et le Forum de Trajau ; Authémius, qui, avec Isidore dv Milet, fut chargé par Justinien de la coustrucliou de l'église de Sainte-Sophie, 4 Constantinople; Arnolfo (di Lapo} et RruuellescUi, auxquels Florence doit sa cathédrale; le Bramaulé, qui s’immortali.vi surtout dans la construction de la basilique de Saint- Pierre , achevée par Michel -Ange; Palladio, qn; éleva le palais des doues 4 Venise ; Vignole ? 4 qui I on doit un Traité de perspective et un Traité de* ring ordres, encore classique; IiiLco-Jodcs, le Vitruve de P Angleterre, et Christophe Wren, qui reconstruisit la basilique de Saint-Paul a Londres; en France, L. Rernin, Philibert Delorme, Do Brus*c, Perrault, Mansart, Sorvandoni , Souftlot , Rondcfil, Gabriel, Drougniart, Chalgrin, Huyot, Visconti, etc.

La France , qui a déjà tuiirni tant de grands architectes, n'a rien épargné pour assurer le* progri « de Part : l’Ecole des Beaux-Arts, dans sa section d'ar- • hitocturc, offrira la jeunesse tous les moyens d’étude; des prix sont décernés chaque année; le grand prix est envoyé 4 Rome avec le titre du pensionnaire de l’Académie de France; enfin , une section du l'Institut reçoit lus architectes les plus distingués.

Les principaux ouvrages à consulter sur l'architecture et sur suu histoire, sont, outre ceux des auteurs déjà indiqués : les Cours d* architecture de Blondel , de d'Avilcr, de Durand , le Traité de T Art de bâtir de Rondelet ; le Traité d'architecture de M . L. Raynaud (1851 ; le Dictionnaire d’architecture de Quatreinère de Quincy ; l'Histoire des plus célèbres atxhitc tes, du même; V Histoire de l'Architecture, de Th. Hoihî , traduit de l’anglais par A. Baron ; le Manuel de l'Ilîst. de TArchit ., de U. Ramée : le* Monuments anciens: et modernes. dcGailhabaud; le Dict.de T Arckit. française, de Yiollct le Duc, etc.

ARCHITRAVE (du grec archos, principal , et du latin trais, poutre), Vépistyle des Gréas, partie in-

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