‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts (volume 2)Chapitre 74 sur 508 · ARCO · texte numérisé non relu

ARCO

ARDO

férieure de l'entablement , qui pose immédiatement sur les chapiteaux des colounes. Ou appelle A. couftee, celle qui est interrompue par l'ouverture ou par la traverse du chambranle d’une fenêtre ',A. mutilée, celle dont on retranche quelquefois la saillie, en l'arasant avec la frise : res deux sortes d'architraves sont d'un mauvais effet. Voy. e.xtari.ement.

ARCHI-TRESOIUEK , dignité dont l’elerteur palatin était revêtu dans l'ancien Empire d’Allemagne. L’archi-trésoricr précédait a cheval l'empereur le jour du couronnement et répandait sur la place publique des pièces d’or et d'argent. — Sous l'Empire français, il y avait un archi-tresorier,*inais ces fonctions étaient purement honorifiques; c’était le 3e grand dignitaire de la couronne : ce titre fut ronflé k l’anrien consul Lebrun.

ARCHIVES (du latin archivum. dérivé lui-même du grec arehéton , même signification ), collection de documents manuscrits ou imprimés, renfermant l'histoire d'une famille, d'une communauté , d'une ville ou d'urrElat. Ce mot se prend aussi pour le lieu où ces pièces sont conservées. — Les anciens conservaient leurs archives dans des temples. En France, sous les premiers rois, les archives suivaient les rois à la guerre ou dans les voyage»; aussi étaient-elles exposées à tomber entre les mains de l'ennemi, comme cela eut lieu en 1194, à la bataille de Frète val, le camp de Philippe-Auguste ayant été surpris pur le roi d'Angleterre. On sentit dés lors le liesoiu de créer des dépôts permanents; mai» ce n’est que sous Louis XIV, en 1688, que les archives reçurent une véritable organisation. Alors il y eut les archives du la guerre, de la marine, de la justice, etc. En 1790, on centralisa tous ces dépôts d’archives dans l'ancien liôtel de Soubisc, a Paris, avec le titre d’d. du royaume, titre remplacé depuis |>ar celui d'd. nationales; ce défiôt est confié à un Garde des Archives , qui depuis 1833 a reçu le titre de Directeur yëneral. Les archives nationales sont régies par une ordonnance du 5 janvier 1846; elles forment trois sections : section historique, section administrative, section judiciaire. M. Rurdier a donné l'Histoire des Archives , 1853. — Cet etablissement a été complété par l'iustitutioi. de l'Ecole îles Chartes ( Voy. chartes). — L»*s ministères (notamment ceux de la Marine et des Affaires étrangères), toutes les grandes administrations publiques, ainsi que la plupart des villes, ont leurs archives particulières.

ARCHIVISTES. Voy. chartes ( école des).

ARCHIVOLTE ( d'aire*», arc, et volutus , roulé), moulure plus ou moins large, en saillie, régnant sur la tête des voussoirs d’une arcade dont elle suit et orne le contour d une imposte k l'autre. Les moulures des archivoltes imitent celles des architraves, et no doivent, par conséquent, recevoir que des ornements en proportion avec la nature des ordres. On nomme A. rustique , celle qui n’a que des moulures trèssimples qu'interrompent des bossages unis ou vermicides; A. retournée , celle dont la moulure , après s être arrêtée k l’improviste, fait un retour d’équerre , et, se prolongeant sur toute la largeur du pied-droit ou du trumeau, va rejoindre l'imposte de l’arcade voisine.

ARCHONTES (du grec archÔ, commander), premiers magistrats d’Athènes. Voy. le Dict. unit. d’Hist. et de Géogr .

ARÇON (du latin areus , arc), espèce d’arc formant le corps d'une selle de cheval , est composé do deux pièces de Ikiîs unies au moyen d’une branche do fer; il est le plus souvent rembourré et garni de cuir. On distingue VA. antérieur ou de devant , VA. postérieur ou de derrière. On place souvent sur les • ôtés des poches ou fontes destinées à recevoir des pistolets dits do la pistolets d'arçon.

Dans les Arts mécaniques, l'arçon est un instrument en forme d’archet de violon dont se servent les

artisans qui travaillent le poil, la laine ou le colon , les chapeliers, bourreliers, etc., pour diviser les matières et les séparer des ordures qu’elles contiennent; l’ouvrier qui manie cet instrument est appelé abçonneur. Dans plusieurs établissements on a substitué à l’arçon un cylindre tournant , percé de petites fentes longitudinales dans lesquelles on insère des cordes de hoyau tendues convenablement. Cetto substitution a pour but de prévenir les fAe lieux effets quo peuvent produire sur la santé des nreonneurs la poussière et les petits filaments quo leur travail fait voltiger autour d’eux et qu’ils Axaient sans cesse.

ARCT1E (d’anctar, ours' , genre d’insectes Lépidoptères de la famille des Nocturnes, ainsi appelés à cause de leurs chenilles tres-velues. Ce sont des papillons de nuit très-communs en France. Ils éclosent au mois d’aoùt. Leurs chenilles quittent leur toile au printemps pour se répandre sur les arbres, dont elles rongent les premières pousses. Quand elles sont parvenues ii toute leur croissance , clics filent une coque I.Vhe entre quelques feuilles d’arbres et y restent jusqu'à leur dernière métamorphose. if A. cul brun, de taille moyenne , d’un brun doré , est garnie de poils sur tout son corps; la chenille est noirâtre , avec des tubercules de même couleur, d’où s’élèvent des aigrettes de poils roussAtres; elle a deux ligues rouges et deux lignes blanches le long du dos. Cette chenille dévore les feuilles des bois. — On connaît encore VA. cul doré et VA. du saute.

ARCTIQUE , c.-à-d. voisin de l’Ourse ( arctos en grec) ou du Nord. Voy. rôle arctique.

ARCTOMYDES (du ïrec arctos , ours , et mus, rat), nom donné par Lntreillc à une famille qui a pour tvpe ie genre Marmotte (en latin Arctomys).

ARCTONYX {du grec arctos, ours, et onyx, ongle), ou tln{>-sau)\ blaireau de l’Inde. F. rali-saur.

ARCTOTEES ou arctotidEes (d 'arctos, ours), tribu de la famille des Corymbifères, établie par i» Cass i ni, etavant pour caractères des capitules mulli flores, pourvus de fleurons, ordinairement femelles ou neutres, et des fruits souvent ailés. Cette tribu a pour type le genre Aretotide {Arctotis), que l'on cultive comme plante d’au rément, principalement VA. tricolore et VA. à fleurs de rose.

ARCTURUS (du grec arctos, ourse, et aura, queue) , étoile fixe de la première grandeur, située dans la constellation du Bouvier, et vers laquelle parait se diriger la queue de la grande Ourse. On observe dans cette étoile un mouvement qui lui est propre ; elle avance vers le midi de 4' par siècle.

ARDEB , mesure de capacité pour les crains, usitée dans presque toute l’Afrique, vaut 182,000 litres.

ARDEiDEES (du latin artten, héron) . famille de l’ordre des Echassiers répondant aux Cultriroslres de Cuvier. L’on y compte cinq sous-familles : Grui nées, Ardéinées , Ciconinees, Ibisinées et Ara minées, ayant pour types les genres Crue , Héron, Cigogne, Ibis et Courliri. Voy. ces mots.

ARDENTS (val des). Voy. if.u sacré.

ARDISIACÊES (d’.lrr/imi, genre type) , famille de plantes établie par L. Jussieu , la même quo R. Brown nomme Myrsinées. Voy. ce mot.

ARÜISIE , Ardisia (du grec anlis , flèche, à cause do quelque analogie du forme) , type de la famille des Ardisiacées, renferme des arbres, des arbrisseaux et des sons-arbrisseaux élégants, A feuilles lo plus souvent deoticulées , propres aux contrées chaudes de l’Asie et de l’Amérique, et dont plusieurs espèces h belles Heurs roses ou purpurines sont cultivées dans nos serres.

ARDIS1EES, tribu de la famille des Myrsinées (Ardisiacées de L. Julien) , renferme les genres Ardisia , Wall cnit i. t 'onomorpha , Cybianthus , Myrsine , EmMia, Choriftetalum.

ARDOISE (qu'on dérive du celtique ard, pierre ,

A UEO

ai —

A UEO

ou d'une ville à’Ardy en Irlande, d’où le» première! ardoise! auraient été tirées) , espece do pierre schisteuse dont on se sert pour couvrir les maisons, est une variété de la roche nommée par les géologues Vhylfnde ( Voy . ce mot'. Kilo se prêtent*: sous la forme. le masses faciles à diviser eu feuillets milices, solides et droits. L'ardoise n’absorbe pu l'eau, ce oui la fait rechercher pour la couverture des édifices. Les ardoises offrent souvent dans le sens de leurs feuillets un luisant satiné; leur couleur est très-variable , mais la teinte la plus ordinaire est le gris bleuâtre. Les ardoises se trouveut eu couches très-incliuées, quelquefois verticales , et dont les feuillets ne sont pas toujours parallèles au plan des couches. Ces couches appartiennent aux terrains de transition, et présentent fréquemment des empreinte! de corps organisés. Ou les exploite, suivant leur pnsiliou, tantôt a ciel ouvert, tantôt par galeries souterraines; on les extrait par blocs. Les meilleure! ardoises sont dures, pesantes, sonores, et ne s’imbibent pas; chauffées au tour, elles acquièrent plus de ténacité. Les principales ardoisières sont, eu France , celles des Ardennes., surtout celles de Charleville et celles de Fumay, les plus estimées de toutes; celles de Maine-et-Loire, abondantes surtout dans les communes de Trelaxé et des Agi aux, près d’Angers (dite la Ville-Soire , à cause du grand nombre d ardoises qu’ou y emploie) j celles de l'Isère, de la Dordogne, de la Corrcze, de la Manche, du Finistère; à l’étranger, colles du Wcstniondaud en Angleterre, dont les produits sont les plus durables, et celles de Chiavari dans la provipcede Genes, qui fournissent des ardoises de très-grande dimension. Ou distingue plusieurs qualités d'ardoises; on les nomme, dans 1 ordre de leur valeur, carrée fine, gros noir , poil noir , poil taché , poil roux , carte , néndelle. La carrée est faite du cœur de la pierre; elle porte environ 21»ceutim. 9ur 30, et doit être sans rousseur. Le gros noir n’en différé qu’en ce qu il n’a pas été tiré d’un morceau de pierre qui pût soutenir les dimensions requises pour l’&rdonfe carrée. Le poil noir, est plus mince et plus léger. Le poil .taené a des endroits roux. Le poil roux est vine ardoise toute rousse; ce sont les premières foncées qui la donnent, et ce n'est proprement que de la cosse. La carte a la même figure que la cariée, mais plus petite et plus mince. Vhéridelle est une ardoise étroite et longue, dont les côtés seulement ont été taillés, mais dont on a laissé les deux autres extrémités brutes.

L'usage des ardoises pour la couverture des édifices n’était point connu des anciens, qui n'employaient que la tuile; on ignore même l’époque précise à laquelle ces matériaux ont commencé a être usités chez les modernes. On sait seulement , par une charte du xi* siècle , déposée dans les archives de Fumay, qu'il y avait déjà alors dans cette tille une confrérie d ardoisière.

Outre leur application à la couverture des maisons, lesardoises servent à faire des tablettes sur lesquelles on écrit avec un crayon fait do schiste gris tendre, et ne rayant pas l’ardoise. On se sert aujourd’hui de ces ardoises dans toutes les écoles en place de papic r, pour apprendre récriture, le calcul et le dessin.

On a, dans ces dernières années, fabriqué des ardoises artificielles : leur composition est la mémo que celle du carton-pierre, voy. ce mot.

ARE (d'area, aire. Surface), unité de mesure agraire de notre nouveau système métrique. C’t st un décamètre carré ou un carré dont chaque côté a 10 mètres de lono, ayant, par conséquent, 100 métrés carrés de superficie. L'are est le centième de V hectare, et se subdivise en centiares ou mètres carrés. 11 contient env. 26 toises carrées ou 3 perches.

AREC nu AREouiF.n, crenre de Palmiers ,oricinaire de l’Amériuuc et des Indes, et qui a servi de type

I à la tribu des Arécinées : fleurs unisexuées, réunies I sur le même spadiceou régime; trois, six ou douze i étamines naissant à la hase de la corolle; drupe i charnu contenant nue seule graine à j»érispenne « orné. L’A. de l’Inde, nommé a tort Catechu ( Voy. cachou), ressemble au cocotier. Le fruit, nommé aussi Arec, est une noix ovoido qui, dans l'Inde, atteint la grosseur d’un œuf de poule. La pulpe de son fruit, tendre et astringente , eutre dans la Composition de l'espèce de pâte masticatoire appeler bétel, dont le! Orientaux font un fréquent usage.

AKÊC1NEES, tribu do la famille des Palmiers, renfermant les genres Arcca ou Arec (genre type), Pinanga, Caryota , Inartea, Chamœaorea, AJorcnia . Buter j te. (JEnocarpus.

| ARENACE (du latin arena , sable) , se dit de ro- | ehes friables , composées de petits grains se désagrégeaut facilement , et ayant l'aspect du sable.

AKENAIRE, Arenaria {a arena, sable, parce que cette plante croit dans les endroits sableux}, vulgairement Sabline. Voy. ce mot.

ARENE (du latin arena, sable ). On nomme ainsi, en Géologie, tout amas de particules de pierres, formé des débris de matières lapidiliques calcina- I Mes. L’arène , le gravier et le sable sont la même substance ; ils ne différent que par la grosseur des grains. L'arène tient le milieu eutre le sable et le gravier. On distingue .4. marine, A. fluviatile , A. fossile, selon qu’elle se trouve sur les bords de la mer, dans le lit des rivières ou dans les entrailles de la terre. On donne à l’Arkose le nom d\4. friable.

Les anciens nommaient arène un lieu circulaire et sablé au centre de l’amphithéâtre . où s’exécutaient les combats do gladiateurs et de bêtes féroces; le sable servait soit a amortir les chutes , soit à absorber lu sang. Celui qui s'y montrait en spectacle sc nommait Arenarius. Le nom d'arènes s’étendit ensuite à l'amphithéâtre tout entier. — On remarque encore en France les Arènes de Nîmes , d’Arles, de Fréjus, de Poitiers, etc. Voy. amphithKathe.

ARENG, nom indigène d un genre de Palmiers appelé aussi Saauerus, Renferma ut une seule espèce, commune aux Moluques,et qui s’élève jusqu'à 20 m.; sa moelle donne un excellent sagou, et ses fruits confits sont agréables. Sa sève produit du sucre , et 6es feuilles renferment des fibres propres à faire des corde*.

ARENICOLES {A’ arena, sable, et colere, habiter), genre d’Annélides errantes, renfermant des vers qui habitent dans le sable sur le bord des mers d'Europe. L' A. des pécheurs esX longue de 15 à25centim., de couleur cendrée, rougeâtre on brune. Son corps est allongé, mou, fusiforme, plus gros au milieu qu'aux deux extrémités, muni d'une tête peu distincte ; scs pieds sont très-nombreux. Les pécheurs se servent d«s arénicoles pour la pèchedu poisson do mer. Ils les trouvent dans des trous creusés dans le sable. — Genre de Coléoptères établi par Latreille dans la tribu des Scarabéides , famille des Lamellicornes. Ses caractères sont : antennes de 9 à 11 articles , mandibules cornées et arquées, élytres recouvrant complètement l’abdomen, et pittes postérieures trèsreculées en arrière. Les Arénicoles, comme les Coprophages, vivent dans les bouse*, déposent leurs œufs en terre, et volent le soir par un temps serein.

AREOLE (diminutif d'area, aire, surface), cercle Irisé qui entoure la lune. On donne aussi ce nom au cercle coloré qui entoure les mamelons des hommes ainsi que les yeux , ou qui règne autour de certains boutons, comme dans la variole. — En Anatomie, ce sont les petits interstices que laissent entre elles les anastomoses : ils sont remplis d'une substance plus ou moins fluide et diversement colorée.

AREOMETRE (du grec araios, léger , peu dense, et métron , mesure) . instrument servant à mesurer la densité relative aes liquides dans lesquels il est

Page 1