‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts (volume 2)Chapitre 8 sur 508 · ABUS · texte numérisé non relu

ABUS

recherche rte l’absolu, c’est-à-diro d’une vérité première et incontestable qui servit de base» la science, ou d’un être indépendant de qui tout dérivAt : un tel être ne peut évidemment être que Dieu.

ABSOLUTION (d 'absolvere , délier). En Droit criminel, c'est, non pas l'acquittement d’un accusé, mais le jugement qui renvoie de Tamisation un accusé mémo coupable, mais dont le crime ou le délit n est atteint par aucune loi. dette distinction résulte des articles 358, 304 et 300 du Code d 'instruction criminelle. — En Théologie, c’est l’acte par lequel le prêtre remet les péchés après la confession , en prononçant les paroles sarramen telles. Le droit de 1 remettre les péchés est fondé sur ces paroles du Sauveur : « Ccu\ à qui vous aurez remis les péché', leurs péchés leur seront remis. » ( S. Jean, xx, 21, 24.) «Tout ce que vous lierez ou délierez sur la terre, sera lié ou délié dans le ciel.» [S. Matthieu, wi, 19.)

ABSORBANTS (d’aésoréere, boire). En Chirurgie, on donne cc nom a des substances spongieuses, propres à s'imbiber îles liquides épanchés, comme la charpie, l'agaric, l’amadou, etc. — En Médecine, ce sont des médicaments propres à absorber les acides qui se développent quelquefois dans les voies digestives : tels sont le carbonate de chaux, la magnésie, etc. — Eu Physiologie, on donne ce nom aux vaisseaux lymphatiques et aux vaisseaux chylifères dont rensemble constitue oc que Ton a appelé le système absorbant .

ABSORPTION (d'absorbere f boire). C’est le phénomène générai par lequel un corps so pénétre i d’un autre corps solide, liquide ou gazeux, appliqué à sa surface. En Physique, l’absorption a lieu sans ! que ni Tun ni l'autre des deux corps change de na- | ture : tel est le cas, en général, des substances dites hygrométriques, comme le sel, l'argile, la chaux vive. — En Chimie , il y a absorption d’u?. corps par un autre lorsque deux corps se combinent au coutact, ou qu’un gaz disparaît en se combinant avec un autre corps solide ou liquide. — En Physiologie, ou nomme absorption une fonction par laquelle les vaisseaux absorbent, pompent, tant à l'intérieur qu’a la périphérie de tous les organes, un fluide connu sous le nom de lymphe, qu’ils transmettent ensuite dans la masse du sang. L’appareil qui remplit cette fonction est dit appareil lym phatifpie ; il est aidé dans son action par le système veineux. On a longtemps regardé le phénomène fie Tataorptiuii comme le résultat d’une propriété vitale particulière; M. Magendie a montré que c’était un simple phénomène d’iinblbition. Voy. endosmose.

ABSOUTE [A' absoudre) , cérémonie qui se pratique dans l’Ksrli<c catholique le jeudi de la semaine sainte, pour représenter l'absolution qu'on donnait vers le même temps aux pénitents de la primitive Eglise. Le prêtre récite les sept psaumes de la pénitence, suivis de quelques oraisons relatives au repentir qu'on doit avoir de ses péchés; puis il prononce les formules Misereatur et Indulgentiam. — Le jeudi saint, jour où Ton fait Y absoute, est nommé quelquefois le jeudi absolu.

ABSTEME (-lu latin abstemius , dérivé lui-même A'abs, su us et umetum, vin), se dit généralement des personnes qui s'abstiennent entièrement de boire «lu vin, soit par régime, soit {Kir aversion pour cette liqueur. Les théologiens protestants emploient pins particulièrement ce mot pour signifier les personnes qui ne peuvent participer A la coupe dans le sacrement de l'eucharistie, à cause de l'aversion naturelle qu'elles ont pour le vin. Leurs sectes sont partagées sur la question de savoir si Tou doit laisser communier les abstèmes. — Chez les premiers Romains, toutes les femmes devaient être abs ternes.

ABSTERGENTS \A‘abs et tergere , essuyer), remèdes extérieurs anciennement employés pour enlever les matières visqueuseset putrides de la peau, et qu'on supposait agir par un principe savonneux. Ou les

remplace aujourd'hui partes détersifs qui nettoient les surfaces sans les irriter.

ABSTINENCE (de tenere né, tenir loin de). L'atatlnence, ou la privation de certaius aliments, de certains plaisirs, est prescrite tantôt par la médecine comine moyeu d'hygiène ou de guérison, et elle prend alors le nom de diète ou régime ; tantôt par le moraliste comme moyen de combattre les désirs grossiers, et «l’assurer l’empire de l’Ame sur ellemême (eu ce sens, elle a été surtout recommandée par les Pythagoriciens, qui défendaient l’usage des viandes; par les Stoïciens, notamment par Epictète, qui réduisait toute la morale A ces deux préceptes : Abstint», Sustine); tantôt par les religions, comme moyen de mortification et de pénitence. Cette pratique, adoptai dans l’Inde et chez la plupart «les peuples orientaux, a passé du mosaisme au christianisme : l'abstinence est prescrite par S. Paul : Kp, aux Rom ., xiv, 2t. — On distingue Y abstinence proprement dite du jeûne : l’abstinence proprement dite consiste seuleuieut à se priver d’aliments gras à certains jours, par exemple, dans le culte catholique, les vendredis et samedis, et la veille des fêtes solennelles, — \ J abstinence prolongée , ou la privation complété d'aliments, donne lieu d'abord A ce sentiment de faim et de faiblesse que tout le monde connaît , à une grande sécheresse de la bouche et à des douleurs épigastriques; puis l'intelligence s'affaisse; survient enfin une exaltation nerveuse, souvent accompagnée de délire, de fureur, et suivie bientôt d’une atonie complète qui se termine par la mort.

ABSTRACTION (du latin trahere a bs, tirer hors, séparer). On nomme ainsi en Psychologie : 1° la faculté et l’opération par laquelle l’esprit, séparant ce qui est naturellement uni, considère les qualités indépendamment des substances dans lesquelles elles résident, par exemple, la blancheur sans la neige; 2° l’idée qui résulte de cette manière «l’envisager 1% choses, idée que Ton nomme aussi idée abstraite. L’abstraction n'est pas une faculté à part : c’est l’attention portée sur une face des objets ; l’idée abstraite, fugitive de sa nature, est fixée au moyen d'un mot, avec lequel elle s'incorpore bientôt. — L’homme est naturellement porté à réaliser les abstractions : c’est ainsique les paieus ont personnifié et divinisé la Beauté (Vénus) , la Sagesse (Minerve), la Justice (Thémis) , la Jeunesse (Hébéj ; que Platon et ses disciples ont réalisé, sous le nom d'archéty/tcs , d 'idées, les essences de chaque genre, de chaque espèce; que les Scolastiques, A leur suite, ont multiplié les universaux , vaincs entités qui ont donné, naissance A la célébré querelle des Réalistes et des Nominaux; que les philosophes modernes sont tombés dans mille erreurs eu réalisant les uns l’idée «lo substance , comme Spinosa, les autres les idées do temps, A' es voce , d'infini, d'absolu, comme les Rationalistes allemands. Coudillac a fait voir dans plusieurs de ses écrits , notamment dans son Traité des systèmes, les dangers des idées abstraites.

ABSTRAIT (sombre). Voy. nombre.

ABUS d'autorité ou de pouvoir. Us peuvent être commis contre les particuliers et contre la chose publique : contre les particuliers , lorsqu’un fonctionnaire viole un domicile, refuse de remire la justice, exerce sans motif légitime des violences contre les personnes; — contre la chose publique, lorsqu’un fonctionnaire requiert ou ordonne l'action de la chose publique contre l’exécution d’une loi, d’une ordonnance, d’un mandat de justice, contrôla perception d’une contribution. Les peints dont les foncliontiounaires sont passibles «la us chacun de ces cassent fixées par le Code pénal (Uv. 111, lit. t, art. 184. 191).

abus D AUtoRiTÉ ecclesiastique. Les cas d'abus, définis par le Concordat de 1HÜ1 , sont : l’usurpation ou l’excès de pouvoir, la contravention aux lois

ACAC

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