‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts (volume 2)Chapitre 95 sur 508 · A STR · texte numérisé non relu

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togie pana en fcgvpte, puis en Grèce et en Italie ; recueillie par les Arabes, elle fut portée par eux en Espagne et dans tout l'Occident. Pendant longtemps elle fut tellement en vogue dans les Etats de l'Europe, que chaque prince avait un astrologue à sa cour et qu’il ne naissait pas un personnage de quelque importance sans qu’on appelât des astrologues pour tirer son horoscope. — Les abus auxquels donnèrent lieu de tout temps les' prédictions des astrologues firent souvent prendre contre eux des mesures sévères : Auguste fit revivre d’anciennes lois qui les condamnaient à mort; l’empereur Constance ordonna qifils fussent mis à la question et déchirés avec des ongles de fer; Charlemagne rendit coutre eux plusieurs édits; Sixte V fulmina l’anathème; une bulle d’Urbain VIII les menaçait du dernier supplice; en France, Henri 111 (1579), Louis XUI (1628), Louis XIY (1682) les frappèrent des peines les plus sévères. Hais, d un autre cété, des princes puissants, Tibère, Louis XI, Charles-Quint , Catherine de Médicis les protégèrent ouvertement. Malgré ces puissants appuis, l’astrologie perdit de son crédit à mesure que la science fil des progrès; elle finit par succomber sous l’arme du ridicule. — Les plus célèbres astrologues sont : Cardan , Rcgiomontanus, J. Stoffler, Thomas de Pisan (père de la célèbre Catherine de Pisan), Corne Rugeieri , astrologue de Catherine de Mèdicis,les Nostradamus, Phil. et Matthieu Laen&berg; en outre, les plus célèbres astronomes, depuis Ptolémée jusqu’à Kepler, crurent à l'astrologie : elle ne disparut qu’avec le triomphe du système de Copernic.

ÀSTROMÊTRE. Voy. astêrohètre.

ASTRONOMIE (du grec aster, astre, et nomos , loi), science des mouvements des corps célestes. Elle comporte trois grandes divisions : IM. empirique, qui explique les phénomènes du ciel d’après l'hypothèse que la terre est au centre d’une sphère dont les astres occupent la surface ; VA . théorique ou scientifique . qui explique les différents rapports des astres entre eux, comme leur position relative, leur éloignement, leur vitesse,, et qui, par conséquent, s’applique à faire connaître la véritable forme de Puni* ers; IM. physique , dont l’objet est de déterminer les causes des mouvements célestes par les principes delà mécanique. L’application générale de la théorie aux observations, à la construction des instruments, aux calculs, constitue VA. pratique. On désigne souvent par les noms d’ Uranographie , de Cosmographie la partie purement descriptive de l'Astronomie.

On attribue aux Chaldéens les premières notions de l’astronomie, qui, dans l’origine, ne se séparait pas de l'astrologie. Leurs observations se rapporteut surtout aux mouvements des constellations, ainsi au’à la marche du soleil et aux phases de la Inné. On avait remarqué que le soleil, la lune et les planètes alors connues ne s'écartaient jamais, dans leurs mouvements, d’un espace circonscrit ; cette observation donna l’idée de culte zone imaginaire qu’on a nommée Zodiaque, et de sa division en douze constellations. Les Egyptiens avaient aussi des connaissances en astronomie, ain$i que le prouve, par exemple, la disposition exacte de leurs pyramides vers les quatre points cardinaux et leurs zodiaques; mais aucune de leurs observations ne nous a été conservée; ils s’adonnaient, comme les Chaldéens, aux rêves de l’astrologie judiciaire. Les Chinois se vantent de posséder dans leure-aunales les observations astronomiques les plus anciennes. Quoi qu'il en soit, l’histoire authentique deTastronomienecommenceen Occident au’en Grèce, avec Thalès etPythagore. Le premier, 600 ans av. J.-C., enseigna la sphéricité de la terre, l’obliquité de l’écliptique, et expliqua les vraies causes des éclipses. Après Thalès, l’école ionienne vit fleurir successivement Auaximandre, Auaximène, Auasagorc, qui introduisirent l’usage du gnomon et

de* cartes géographiques, et établirent en Grèee les premiers principes d’une astronomie scientifique. A peu prés à la même époque, Pythagore devinait le mouvement quotidien de la terre sur son axe, et son mouvement annuel autour du soleil; les comètes elles-mêmes furent rattachées par lui, comme les planètes, au système solaire. Environ un siècle après Pythagore, on voit fleurir parmi les Grecs Méton et Eurtémon, et plus tard Callippe, auxquels on doit des observations précieuses. Cette première période finit à Pythéas, de Marseille, qui observa la longueur méridienne du gnomon au solstice d’été.

A dater de la fondation de l’école d’Alexandrie , l’Astronomie prit une forme plus rigoureuse et entra dans une nouvelle ère : les observations s’exécutèrent alors à l’aide d'instruments ingénieux, propres à mesurer les angles, et furent calculées daprès les méthodes trigonométriques. Aristarque, de Samoa (280 ans av. J.-C.), Hipparque (160 av. J.-C.), et Ptolémée (140 après J •€.), sont les trois noms les plus illustres de cette école. Aristarque renouvela, quoique sans succès, les idées de Pythagore. Hipparque voulut recommencer tout ce qui avait été fait jusqu'alors, et n'admettre que des résultats fondés soit sur des observations nouvelles , soit sur une nouvelle discussion des observations précédentes : il inventa l'astrolabe . détermina la durée de l’année tropique, forma les premières tables du soleil, fixa la durée des révolutions de la lune relativement aux étoiles et à la terre, et découvrit la précewûon des équinoxes. A la suite d’Hipparquc, on doit compter Geminus, qui a laissé un traité (f Astronomie , et quelques observateur*, tels qu'Agrippa,Méuélaüg , Théon , Posidonius , qui reconnut les lois du phénomène du flux et du reflux; Sosigène, que César lit venir d’Alexandrie à Rome pour réformer le calendrier. Enfin, Ptolémée coordonna et rectifia tous les travaux de scs prédécesseurs, y ajouta des découvertes nouvelles, et en forma un système complet qu’adoptèrent toutes les nations ; il admettait que la terre se trouvait placée au milieu du monde, et que les astres se mouvaient autour d'elle dans des cercles excentriques. — Les successeurs de Ptolémée se bornèrent à commenter scs ouvrages. A partir du vm« siècle, on voit l'Astronomie en faveur chez tes Arabes. Les astronomes de Ragdad, protégés par les califes abbassides, surtout par Al-Mamouu, deuxième fils d’Haroun-al-Raschid (813), firent un grand nombre d’observations importantes, et dressèrent de nouvelles tables du soleil et de la lune plus exactes que celles de Ptolémée ; ils déterminèrent avec plus de précision qu’Hipparque Indurée de l’année tropique, et mesurèrent , daus une plaine de la Mésopotamie, un degré du méridien , dans le but d’obtenir une évaluation de la grandeur de la terre. — Vers la fin du xui* siècle, les études astronomiques commencèrent à refleurir en Europe , grâce à l’influence arabe; le mouvement continua durant le xiv« et le xv« siècle : Jean Muller, plus connu sous le nom de Regiomontanus , et Bernard Walther se signalèrent alors par de nombreux travaux ; toutefois ces savants ne firent aucune découverte importante; mais ils préparèrent la révolution scientifique qui s’accomplit au xvi* siècle.

C’est Copernic qui commence cette troisième période de l’histoire de l’ Astronomie; il démontra tes erreurs du sytéme de Ptolémée ; il rendit compte de la révolution diurne anparente du ciel par le mouvement de rotation de la terre, et expliqua la précession des équinoxes par le mouvemeut d’oscillation qui s’opère dans l’axe du globe ; il reconnut que tes mouvements directs et rétrogrades des planètes ne sont que des apparences produites par la combinaison du mouvement de la terre autour du soleil avec le mouvement des planètes. — Malgré l’évidence des idées de Copernic, elles curent longtemps à lutter contre les préjugés de la routine : on sait que Galilée?

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qni avait embrassé ce système, Ail oblige d’humilicr sa raison devant un tribunal ecclésiastique , en reniant la réalité d'un mouvement qui lui était démontré. Cependant, les travaux de Tyeho-Brahé et de Huyghens, les découvertes de Câblée et de Képler, mirent, des la üu du xvn* siècle, les opinions de Copernic À l’abri de toute discussion. Enfin, Newton, rapprochant et étendant toutes ces découvertes , trouva dans Y attraction et la gravitation universelle le principe général des mouvements célestes. Depuis, l'histoire de I* Astronomie ne présente guère que le développement de ses théories.

Indépendamment des noms illustres que nous venons de citer, l’Astronomie moderne s’honore de ceux de J. Cassini, Italien , qui vint a Paris sous Louis XIV, et enrichit la science d'un nombre considérable de découvertes; de Lacaille, Laplare, Lalande, Delambre parmi les Français ; de Hévélius, Roëmer, Mayer, Hvssel parmi les Allemands; de Flamsteed, Hailey, Bradlev, Herschell parmi les Anglais, etc. Enfin, MM. Àrago, Leverrier, Mathieu, Fayc, Chacornac, Eucke,Graham, Hind, Vico, Gasparis, etc. occupent un rang élevé entre les célébrités contemporaines.

Parmi les ouvrages spéciaux, les Traités de Lalande (1792) ; de Laplare r Mécanique réleste); de Delambre (1814): de Moi (Traité élém. d' Astron. />%*., 1805 et 1841); d'Hersehel (tr. par M. Cournot, 1836); deFranrœur { Traité él cm. d’ Astr. et Astr. pratique);^ Delaunay ( Cours élém. d’Astr., 1853; ; d’Aragu (Astr. jtopulaire , posthume , 1855). méritent une mentiou spéciale. M. J. Couder et» 1821, M. A. («uynemer en 1852, ont donné des Dictionn . d’ Astronomie. — L’histoire de l’Astronomie a eu pour interprètes : Montucla { Histoire des Mathématiques , 1799.4 vol.in- 4); Bailly ( Hist. de T Astr. ancienne et moderne , 1775, 1787, 1805, 2 vol. in-4) ; Delambre (Hist. de /* Astronomie, 1817-1821, 5 vol. in-4) ; Matthieu (Hist. de r Astronomie au xvmc siècle, 1827, in-4). — L’Astronomie a été chantée, clic* les anciens, par Aralus et Manilius, chez les modernes, par Daru.

Signes astronomiques : Signes du zodiaque : T, le Bélier; . le Taureau; les Gémeaux; <£, le Cancer; £, le Lion; MJ), la vierge; la Balance; ni, le Scorpion ; **, le Sagittaire ; X, le Capricorne ; ss: , le Verseau ; )£ , les Poissons. — Q fiuure le Soleil- Ç , Mercure; 0 , Vénus; £> , la Terre; £, la Lune; <j*,Mars; £, Vesta; $ , Junon ; Ç,Céres; $ , Pallas; 2T, Jupiter; I), Saturne; Herscbell ou l’rauus;

Flore; M élis; T, Hébé ; j* , Astrée ; , Iris ;

ifl, Hygie; y, Neptune; — Q , ua-ud ascendant; £$ , nœud descendant.

Pour les étoiles, Braver a eu l’heureuse idée de désigner chacune des étoiles d'une même constellation par les lettres de l’alphabet grec, en attribuant les premières lettres aux étoiles les plus brillantes. Les lettres latines et les chiffres ordinaires sont employer. À la suite quand le nombre des astres est trop grand.

ASTROSCOPE (du grec aster , astre, et scopéù , considérer), instrument astronomique composé de deux cônes , sur les faces desquels les étoiles et les constellations sont décrites , et qui donne le moyen de les retrouver aisément dans le ciel. Il a été inventé en 1698 par Schukhaid, de Tubingue.

ASYLE. Koy. asile.

ASYMPTOTE (du grec a prit., syn, avec, et piplô , tomber: c’est-à-dire qui ne coïncide pas), se dit en Géométrie d’une ligne droite qui s’approche de plus en plus d’une ligne courbe, sans pouvoir la rencontrer, lors même qu’on les suppose l'une et l’autre indéfiniment prolongées (Vcy. cowchoide ). — On étend quelquefois le nom d' asymptote à des brauches de courbes qui ne peuvent également sc rencontrer, quoiqu’elles s’approchent h-s unes des autres à l’infini. Ainsi , les asymptotes peuvent se diviser en droites et courbes; mais, lorsqu’on ne

détermine pas l’acception du mot asymptote , il no s'applique qu’à une ligne droite.

ATARAXIE fdu grec a prit., et tarasis , émotion). Les Stoïciens et les Pyrrboniens appelaient ainsi ce calme d’esprit, cette inaltérable tranquillité, fruit d’une àinc impassible et d'un jugement sain, qu’il faut à l’homme pour agir convenablement dans toutes les circonstances de la vie : c'était, suivant eux , le souverain bien. Vcy. apathie.

ATAXIE (de u priv., et taxis, ordre), ensemble de phénomènes nerveux remarquables par l’Irrégularité de la marche des maladies auxquelles ils sont liés. Ils indiquent toujours une affection cérébrale plus ou moins grave. Leurs caractères sont l'affaiblissement, la perversion des sens , un état convulsif ou au contraire une immobilité absolue de la face, des soubresauts, de l'aphonie, etc. — On nomme fièvres ataxiques une classe de lièvres dont le cours présente ces phénomènes.

ATELES (du grec até.lès , imparfait), genre de singes américains de la tribu des Sapajous de Cuvier, caractérisés par leur queue fortement prenante, calleuse inférieurement , a son extrémité , cl par leurs mains antérieures dépourvues de pouces. Les A télés sont des animaux doux, craintifs, et lents dans leurs inouveineuLs; leur voix est un sifflement doux et fluté. Ils habitent l’Amérique du Sud et vivent ncu de temps lorsqu'on les apporte en Europe. Les plus connus sont VA. noir ou L’nyou de la Guyane; VA. métis de la Colombie, ainsi appelé de sa couleur qui est celle du métis né du nègre et de l’Indien ,et r4 . pentatfachjle, qui porte aux mai us une sorte de tubercule ou de verrue a la place du pouce.

ATELIERS (jadis atteliers, nom donné originairement aux basses-cours des fermes où l’on attelait les chevaux et les bœufs, et où travaillaient les bourreliers, les charrons et autres ouvriers employés aux travaux de la campaunc), lieux où se réunissent les ouvriers d’une fabrique, manufacture, usine ou autre établissement industriel, pour y travailler en commun. On appelle spécialement chantiers les ateliers où travail leu t les tailleurs de pierres, les charpentiers, les scieurs de long, les constructeurs de vaisseaux. — On appelle Ateliers de charité des ateliers formés temporairement dans les hivers rigoureux, dans des temps de disette ou de stagnation de commerce, pour donner du travail à ceux qui en manquent. L’ouverttire en France d’a tôliers d’urgence remonte assez loin : un édit de 1545 prescrit d’employer des mendiants valides aux travaux publics; des ordonnances du 13 avril 1685, 10 février 1699, 6 août 1709, règlent la police de ces ateliers. Louis XVI étendit ce mode d’assistance à tout le royaume (ord. des 11 mai 1786 ou 1788). En 1790, ou ouvrit dans Paris et dans les environs de vastes ateliers publics; ces établissements devinrent l’objet spécial de la loi du 24 vendémiaire au XII. On a également recouru à ces ateliers dans les disettes du 1810 et de 1817, après la révolution de 1830, en 1837, lors de la crise industrielle qui aflligca la ville de Lyon, et ils furent à ces diverses époques d'un grand secours. En 1848, on y recourut encore g Paris, où ils prirent le nom (V Ateliers nationaux ; mais la mauvaise organisation de ces ateliers, le nombre immense d’hommes qui y accoururent, et qui s'éleva à plus de 100,0(8), enfin l'insubordination qui s’y introduisit bientôt, en firent un damier imminent; la dissolution de ces ateliers fut ordonnée par l'Assemblée nationale; mais cette mesure devint le prétexte de la terrible insurrection qui ensanglanta la capitale pendant les journées des 24-27juinl848.

ATERMOIEMENT, terme ou délai de grâce accordé par le créancier au débiteur «lui est dans l’impossibilité de payer à l’échéance, il dépend de ta seule volonté du créancier Cet acte diffère du concordat en ce qu’il n'oblige que les créanciers qui

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l'ont signé; il n'est fait en général que pour empêcher la faillite.

ATEUCHUS (du gr. ateuchis , sans armes), genre de Coléoptères pentamères de la famille des Lamellicornes, tribu des Scaral>éides ropropt^ages. Ce sont des insectes d’assez grande taille, semblables aux scarabées, mais dépourvus de cornes {d’où leur nom), à corps ovale ou arrondi , à corselet large et bombé : ils vivent dans les excréments. L'A. sacré, qui est noir, habite le nord de l’Afrique ; on le voit figuré sur les monuments égyptiens; VA. d' Egypte , qui habite le Sennaar, est d’un b«.au vert cuivreux ou doré.

ATHÉISME (d’n prit., et théos, dieu), doctrine «fui consiste a nier l’existence de Dieu. Il faut distinguer un A. négatif , celui des hommes qui, par stupidité, ne se sont pas élevés à l’idée d’un Dieu, comme quelques peuplades sauvages, ou de ceux qui , par irréflexion , vivent comme s'il n'y avait pas de Dieu, et IM. positif ou systématique , professé Par certains philosophes qui rejettent l’existence de Dieu, et qui combattent les preuves qu’on en donne, eipliquant tout dans l’univers jiar une aveugle nécessité ou par un capricieux hasard: tels étaient chez les anciens, Leucipj>e, Démocri te, Epicure, Evhémere, Diagoras de Mélos, Struton do Lampsaque, Lucrèce; chez les modernes, Diderot, d’uolbach, Naigeon , Lalande, Sylvain Marc hai, Chaumctte, et du nos jours Pmudhon, qui furent conduits à cette désolante doctrine par leurs systèmes de matérialisme et de fatalisme. — Un confond quelquefois, et bien à tort, avec les athées les panthéistes, tels que Xenophane chez les anciens, Jordano Bruno, Spinosa, Schcllîm; chez les modernes , qui, loin de nier Dieu, absorbent tout en lui. — L’ouvrage où l’athéisme est exposé avec le plus d’audace est le Système de la Nature, mis par d'Holbach sous le nom de Mtrabaud. Sylvain Maréchal a publié un Dictionnaire des Athées, où il prodigue de la manière la plus ridicule cette dénomination, l’appliquant même aux hommes les plus religieux. — L’athéisme est réfuté dan*» tous les Traités de l’existence de Dieu ; il a été en outre combattu ex professa par le P. Lami , Buddéc, Abicht. Muller, licidcurirh, etc. — Un doit à Leclerc l’ Histoire des systèmes des anciens Athées, et à Reim.mn llisloria Atheismi et Atheorum falso et merito suspedorum. 1725. Voy. dieu, théologie.

ATHENEEb (dMfA&ê, nom grec de Minerve, déesse des sciences et des arts), nom donné chez kg anciens à divers édifices d’Athènes, d’Alexandrie, de Rome et de Constantinople, consacrés aux sciences et aux arts. L’un des plus célèbres est celui qui fut élevé à Rome, s«us 1 empereur Adrien, l’an 125 ; les auteurs venaient y lire leurs ouvrages en présence d’une assemblée nombreuse ; il servait aussi de collège, et on y faisait des leçons publiques. L'empereur Caligula en avait fait bâtir un semblable à Lyon, l’an 37 de J.-C.; il y avait institué des prix d’éloquence grecque et latine : les vaincus étaient obligés, dit-on, d’i ITacer leurs compositions avec une éponge ou avec la langue; sinon, ils étaient fouettés ou jetés dans le fleuve.

Daus les temps nioderues, on a étendu le nom d 'Athénée à tout lieu où s’assemblent des savants et des gens de lettres pour faire des cours de sciences et de littérature. Un connaît surtout VA. de Paris, fondé en 1785, connu d’abord sous les noms de Musée, puis de Lycée (rue de Valois). On y faisait des cours sur les diverses branches des lettres et des sciences: Laharpe, Marmontel, Ginguené, Lcmercier. Carat, Fourcroy, Cuvier y professèrent. — L ‘A. des Arts, fondé aussi a Paris, eu 1792, sous la dénomination de Lycée des Arts, réunit également l’élite des savants , des littérateurs et des artistes : on comptait parmi ses fondateurs Lavoisier, Lalande, Condorcet, Valmont de Bomare, Parmentier, Ber-

thollet, Darcct, Sedaine,Lesucur,Dalayrac. Ces doux établissements ont rendu de grands services, et ont subsisté jusqu’à ces derniers temps. — Le nom dMt hé née & été depuis appliqué, notamment en Belgique, à divers établissements d’instruction publique.

Athetutum est le titre de deux journaux littéraires estimés, publiés en Angleterre et eu France.

ATHKRICERES (du gr. ather, pointe, et héros , corne), famille d'insectes de l’ordre des Diptères, a pour caractères une trompe ordinairement membraneuse, terminée par deux lèvres, renfermée, ainsi que les palpes, pendant le repos, daus une eavité de la tête contenant un suçoir de deux pièces le plus souvent, et des antennes toujours accompagnées d une soie.CeUefamilleétaitdivisééparLatreuleen4 tribus: Syrphides, Œstridet , Conupsmres . et Muscides.

ATHERMANE (du gr. a priv., et thermos, chaud), sc dit eu Physique des substances qui arrêtent la chaleur rayonnante, comme les corps opaques arrêtant la lumière, par opposition aux subtauces diathermanes. Voy. puthmumms.

ATHLETES (du gr. athléin, combattre), ceux qui combattaient dans les jeux publics de la Grèce, et se livraient à de* exercices gymnastiques. Ce nom nu s'appliquait d'abord qu'a ceux qui s’exerçaient a la lutte ou au pugilat; on l’étendit ensuite a ceux qui disputaient le prix de la course , du saut et du disque. Les exercices des athlètes furent institués pour former les jeunes gens aux travaux et aux fatigues de li guerre; ils devinrent bientôt des spectacles publics. Pour être admis à paraître comme athlete, il fallait : 1® être Grec et homme libre; 2® être de nimurs pures et irréprochables ; 3° jurer d’observer les lois du régime athlétique, régime qui consi«tait daus l’usagH exclusif de certains aliments et l’abstinence de plaisirs énervants. — Dans la lutte et le pugilat les couples se tiraient au sort. Le vainqueur recevait des couronnes; celui qui avait été couronné trois fois aux jeux sacrés était exempt de charges et d’impôts. Les athlètes qui réunissaient les cinq talents de la lutte, du pugilat, de la course, du saut et du disque, avaient le nom de pentathles chez les Grecs, et de quintertioncs chez les Romains.

ATLANTE^ (pluriel grec, à' Atlas), figures ou demi-figures d’hommes employées en guise de colonnes ou de pilastres pour soutenir un ouvrage d'architecture, tel qu’un balcon ou autres semblables : on les appelle aussi télamones. Les figures de femme* s'appellent cariatides. Voy. ce mot.

ATLAS (du n«m du personnage mythologique qui soutenait le monde), collection de cartes géographiques. Gérard Mercator parait être le premier qm ait employé ce mol dans ce sens; depuis, il a été étendu à toute collection de planches de quelque nature qu'elles fussent, dessins, plans, tableaux historiques et généalogiques. Les A. géographiques les plus complets et les plus estimés aujourd’hui en France sont, après les travaux exécutés au nom de 1 Etat par le corps d état- major, ceux de Brué, revu* par Pirquet , de Upi( et a Audriveau Goujon. — rarmi les collections de tableaux historiques, on connaît surtout IM. historique et généalogique de Lesage (Las Cases), complété par IM. des littératures de M. J. de Mancy, IM. historique des États européens, de Kruse, traduit par Ausart et Lebas.

En Anatomie, on donuc lu nom dM//o< à la première vertèbre du cou, parce qu’elle supporte la tête comme Atlas supportait le globe céleste. — On a formé de ce mot celui A’atloïde pour désigner tout ce qui se rattache à cette vertèbre : d'où Atloide mastoïdien, A. musculaire , A. occipital, etc.

En Entomologie, ou nomme Atlas une belle espèce de Lépidoptères nocturnes, connue des marchands sous le nom de Phalène à miroirs , parc* qu’elle a sur le milieu de chaque aile une grande tache triangulaire encadrée de noir, sur un fond d’un

ÀTOM

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rouge fauve. Elle se trouve principalement dans le midi de la Chine et àux Noluques.

ATMOMETRE (du fsr.atmos, vapeur, et mélron, mesure), instrument qui sert à calculer la quantité de liquide passé, dans un temps conuu, à l'état de vapeur. Un peut se servir a cet effet de toute espèce de vase divisé en parties d'égales rapacités. Auboutde quelque temps, on verra le liquide baisser dans le vase, et la différence du niveau antérieur et du niveau actuel exprimera la quantité de liquide vaporisé.

ATMOSPHÈRE («lu gr. atmos, vapeur, elsphairt i, sphère), couche de gaz ou fluide élastique qui entoure la plupart des corps célestes; se dit en particulier de la masse d'air qui enveloppe notre globe ( Voy. air) . — Les observations astronomiques s'accordent a faire admettre, autour des planètes et de leurs satellites, des atmosphères semblables à l’atmosphère terrestre. Cependant la lune fait exception : elle ne présente pas de nuages a sa surface, ni rien qui puisse indiquer la présence d’une atmosphère.

En Physique , le nom d 'atmosphère a été étendu à tonte couche de fluide qui entoure un corps isolé, composé d’une matière plus dense ou d’une autre nature. On dit, par exemple, A. <T électricité.

Le mot atmosphère s’emploie aussi comme unité de force, pour évaluer de tres-grandes pressions; cette unité est la pression atmosphérique ordinaire , agissant sur l’unité de surface, et mesurée par la colonne barométrique : elle équivaut à un poids de 1 lül. sur u u centime! re carré. Les parois d’un vase qui contieut de la vapeur ou du gaza la tension de deux atmosphères, ne supportent en réalité qu’un excès de tension d'une atmosphère, puisque ce vase est pressé extérieurement par l’air ambiant. Les Anglais ne comptent ordinairement que l’excès de pression. Voy. pression.

ATOME (du gr. apriv., et temnô} couper: insécable), particule iuümment petite de la matière, et qui résiste à toute division. Supposons qu’on divise la matière par tous les moycus possibles , mécaniques ou chimiques, on arrivera enfin à une limite devant laquelle toute division ultérieure devra s’arrêter; la particule matérielle qui oppose cette résistance , c’est l 'atome. — L’insuffisance de nos moyens de division nous empêche d’atteindre les véritables atomes; nous ue pouvons séparer de la matière que des groupes d’atomes, ou, comme on dit, des molécules. Dans la molécule d’un corps réputé simple, les atomes sont similaires ou de même qualité; dans les molécules d’un corps composé, les atonies sont hétérogènes ou de qualités diflérentes. Lorsqu'une combinaison chimique s’effectue, les molécules échangent un certain nombre de leurs atome*. lesquels se juxtaposent alors dansunonln <1 tannin ne et l'oxygéna

se combinent, la molécule de carbone échange un certain uombre d'atomes de carbone contre un certain nombre d'atomes d’oxygène, et réciproquement. — Cette hypothèse des atomes rend parfaitement compte des proportions chimiques. On conçoit que, si la molécule de chaque corps simple se compose d'atomes ayant un poids déterminé, ce même poids doit se retrouver n fuis dans toutes les combinaisons, n étaut un nombre entier. L'analyse démontre que l’oxyde de carbone, par exemple, contient, sur 14 parties, 8 d’oxygene et 6 de carbone; or, si Ton suppose que la molécule d’oxyaènese compose d'atomes, pesant chacun 8 uuites, et la molécule de carboqe, d’atomes pesant chacun G unités, 1a molécule d’oxyde de carbone se composera de 1 atome d'oxygène et de 1 atome de carbone. L’analyse prouve "de même que, dans l’acide carbonique, 16 parties (2 fois 8) •l'oxygène sont unies à 6 parties de carbone; dans la théorie atomique, la molécule de l’acide carbonique se compose donc de 2 atomes d’oxygène et de 1 atome du carbone. Daus ces exemples, atome devient synonyme de nombre proportionnel ; aussi se

sert-on fVéquemment en chimie du mot poids atomique au lieu de nombre proportionnel ou d’équivalent ( Voy. PROPORTIONS CHIMIQUES ,1S0MÊRIE, ISO- MORPHISME).— L’hypolht-se des atomes se rencontre déjà dans les écrits des philosophes grecs, Démocrite, Leucippe, Epieu re (Voy. atomisme) ; mais elle resta longtemps reléguée dans l’oubli, comme les sciences physiques elles-mêmes. Depuis la renaissance des sciences, elle fut remise en lumière par Gassendi, le restaurateur de la philosophie d’Epicure, et attira l’attentioa de Descartes, de Swedenborg, de Newton, de Leibnitx,qui identifie les atomes avec ses monades ( Voy. ce mot). Mais ce fut Dalton (Sew System of Chemical philosophy, 1810) qui le premier conforma l'Iiypotlièse des atomes aux lois des proportions chimiques, et en fit ainsi un auxiliaire utile dans la démonstration des vérités de la chimie. Les idées de Dalton, adoptées nt HumphnrDavy et Ber» Uns, sont entrées daus la science ; elles forment ce qu’on nomme aujourd'hui la théorie atomistique. Elles ont été cependant modifiées par plusieurs savants : on doit à Ampère et à M. Gaudin des spéculations ingénieuses sur ce sujet.

ATOMISME, système de philosophie qui explique le moude par l'existence des atomes. Moschus de Sidon, qui vivait avant la guerre de Troie, fut, au dire de Posidonius, le 1er auteur de ce système; on le trouve également dans l'Inde, où il fut professé par Kanada et Gautama ; mais il est surtout connu par la forme que lui donnèrent les Grecs. Leucippe et Démocrite expliquaient tout par le vide et par les atomes, éléments éternels, indivisibles, indestructibles, qui, animés d’un mouvemeut essentiel, s’agitaient librement dans le vide, et y formaient, par l’effet du pur hasard , toutes les combinaisons qu'on voit daus le monde. Epicure modifia légèrement ce système eu douant les atomes d’une sorte de liberté, eu leur donnaut uue forme courbe ou crochue et un mouvement oblique ( cfinamen ), afin qu'ils pussent s’attacher les uns aux autre*. Le poete latin Lucrèce mit eu beaux vers cette philosophie. Sous toutes ses formes, l'atomisme, expliquant le monde par le hasard ou la nécessité , conduisait au matérialisme et à l’athéisme. Le philosophe Gassendi ressuscita ce système au xvu* siècle, mais en cherchant à le concilier avec la foi.

ATONIE (du arec a priv.. et tonos , ton, ressort), faiblesse générale de tous les organes, et particuliérement des organes contractiles. L'atome n'exprime qu'un relâchement des tissus; Vasthénie indique l'affaiblissement de leurs fonctions. On combat l 'atonie par les toniques. Voy. ce mot.

ATRABILE (du latin atra , noire, et bilis, bile), humeur particulière, de couleur noire, formée, selou les anciens , d’une partie limoneuse du sang ou de la bile , sécrétée par le pancréas, et qu’ils croyaieut engendrer la mélancolie et les manies. Cette opinion est tout hypothétique ; mais on continue d’appeler atrabile la bile mil atteint upe couleur très-noire dans certaines maladies. On nomme atrabilaires les hypocondriaques , chez lesquels on croyait l'alrabile rédominante ; par suite, on a étendu ce nom à tout oinme d’uu caractère chagrin et intraitable.

ATRE. Voy. chemines et enchevêtrure.

ATRIPL1CEES, atriplicinêes (d 'atriplex, nom latin de l’Arroche, genre type ), famille de plantes apétales, à étamines périgynes, renferme des herbes annuelles ou vivaces. ou dos arbrisseaux, répandus sur toute la surface du globe, et principalement en dehors des tropiques. L'épinard, la bette, le qninoa, font, ainsi que rarroche , partie de cette famille. Au uom d'Atnplicées, proposé par A. L. de Jussieu, quelques auteurs substituent celui de Chénopodées (Voy. ce mot ). Celte famille contient 7 tribus : Ansérinées, Spinaciées , Camphorosmées. Corispermees , Salicomiées, Siurdineet et Salsolées.

ATTE

ATTF.

ATROPA ,nom latin de la Iletlndone. Voy. ce mot.

ATROPHIE (du grec a priv., e* trophè , nourriture), amaigrtaæment, diminutif u progressive dans le volume de tout le corps ou d'une de ses parties , due au manque de sucs nourriciers. C’est moins une maladie qu’un symptôme, et un symptôme fort grave LM. partielle est l'atrophie due au repos absolu d'un membre, ou à la compression qu'il a eue à supporter, ou a l’eiret d'une autre maladie , telle que le rhumatisme. — On nomme A. mésentérique l’induration ou tuméfaction des glandes du mésentère , qu’on observe exclusivement chez les enfants depuis la 1™ enfance jusque vers la 7® ou la 9® année ; elle est constamment accompagnée de l'amaigrissement progressif de toutes les parties du corps. C’est ce qu’on nomme le carreau. Voy. ce mot.

ATROPINE , alcali végétal contenu dans toutes les parties de la Belladone (d/repa). 11 se présente sous la forme d’aiguilles blanches et soyeuses, sans odeur , très-amères , peu solubles dans l'eau , trèssolubles dans l’alcool. Cet alcali est extrêmement vénéneux : un millième de grain introduit dans la pupille suffit pour la dilater d’une mauière persistante. Il a été extrait pour la lr® fois par MM. Geiger et Hesse. Sa composition se représente par C*4H#,NO*.

ATROPOS (du nom d’une des Parques), espèce de Lépidoptères crépusculaires, tribu des Sphingides aebérontiès, vulgairement appelé Papillon à tête de mort , parce qu’il porte sur son corselet l’empreinte assez exacte de la face du squelette humaiu. Le Sphinx Atropos est en outre remarquable par sa grande taille et surtout par la faculté qu’il possède seul entre tous les insectes de faire entendre un cri lorsqu’il est inquiété ; ce cri est assez semblable à celui de la souris. Les Naturalistes sont fort divisés sur l’explication de cette faculté.

ATTACES, attacidfs (d ’attacus, sorto d’insecte mentionné dans la Bible), nom donné par Linné à la lr® division de son grand genre Phalène, qui embrasse tous les Lépidoptères nocturnes. Nous citerons comme types des especes de ce genre, soit exotiques, soit indigènes, IM. atlas ( Voy. atlas, fin) , l’un des plus grands Lépidoptères qu'on connaisse cl qui se trouve en Chine, et le Grand Paou , Pavoniu major, commun dans les environs de Paris.

ATTACHEMENTS. Ce mot se dit, dans la Construction, des notes que les architectes ou, les vérificateurs prennent sur les ouvrages de diverses especes lorsqu’ils sont encore apparents, pour y avoir recours dans le règlement des mémoires : on dit en ce sens, Prendre des attachements.

ATTAQUE, action par laquelle on se présente devant l’ennemi pour engager le combat. On distingue IM. des lignes, IM. en rase campayne , IM. de place. L’attaque d'une place se fait de quatre manières, par surprise, par blocus, par bombardement, enfin dans toutes les règles, ou siège. Voy. siège.

En Médecine , on nomme ainsi l’invasion subite d’une maladie périodique, telle que la goutte, le rhumatisme; ou d’uue affection sujette h des retours plus on moins fréquents, comme l’apoplexie. — Ou appelle attaques de nerfs des spasmes et divers phénomènes nerveux que Ion observe particulièrement chez les femmes et chez les individus très-irritables.

ATTE (dftgnoaf/d, sautor) , .4 fra, insecte sauteur de lafam. des Formicaires, appelé aussi Fourmi de visite.

atte ou saltique , genre d’Arauéides formé par Walckenaër : 8 yeux inégaux, disposés sur trois lignes. Ils épient leur proie et la saisissent en sautant (d’où leur nom; ou en courant. Les Attes sont de petite taille, et out Bouvent des couleurs vives et variées; ils sont répandus dans les diverses parties du monde. Il en existe un grand nombre d’espèces qu’on réunit en quatre divisions : Sauteuses, Voltigeuses, Lnnuirnanes et Coudées.

ATTELABb (du grec attélabos, nom donné par

Aristote à un insecte qui ronge dos fruits), genre d’insectes Coléoptères létranirres , famille des C»r> culionites. Leurs larves, semblables à celles des charançons, sont blanches, formée* de 12 anneaux, sans pattes, munies de deux mandibules cornées qui servent à l’animal pour percer la pulpe des fruits et pour marcher en se cramponnant. Ces larves attaquent les fleurs et les feuilles aussi bien que les fruits et font de grands ravages.

ATTELLE (mot dérivé, selon Ducange, de artula , qui, dans la basse latinité, signifiait copeau), lanu-s de bois flexibles, mais résistantes, plus ou moins longues, que l'on applique, garnies de linge, le lonc d’un membre fracturé , pour le maintenir dans l'immobilité et prévenir le déplacement des fragments. On a fait aussi des attelles en écorce d'arbre , en fer-blanc, en baleine, en cuivre, etc. On emploie encore, dans certains cas, des attelles ' faites avec un carton fort épais , que l'on mouille avant de les appliquer, et qui se moulent alors sur le membre, auquel on les fixe par un bandage roulé; on applique au même usage la dextrine { Voy. ce mot . — On donne aussi aux attelles le nom d 'éclisses.

ATTENTAT ( dattentare , attaquer), entreprise criminelle contre les personnes ou contre les choses. Le Code pénal distingue : 1° A. contre la sûreté de l’État, ou A. politiques ; 2° A. à la liberté individuelle et aux droits des citoyens ; 3° A. à la pudeur et A. aux moeurs, et traite successivement de chacun d’eux et des peines qui y sont attachées ! (1° art. 76-90, 2° 114 et cuir.. 3° 330 et suiv.).

ATTENTION (de tendere ad, tendre vers). En Psychologie, ce mot désiime et la concentration volontaire , exclusive , prolongée de l’esprit sur un objet, et la faculté qui opère cette concentration. Nos premières connaissances sont confuses, obscures, incomplètes; pour les rendre distinctes, claires et complétés , il est nécessaire de retenir volontairement sur les faits dont nous aviotis d’abord reçu l'impression tout passivement ; il faut nous arrêter sur un objet , et le détacher de tous ceux qui l’entourent; il faut enfin retenir nos regards sur cet objet assez longtemps pour l’observer sous toutes ses faces : c’est ce que fait l’attention ; elle est la condition de la connaissance distincte et de la mémoire; sans elle les impressions sont comme non avenues. Appliquée aux phénomènes de conscience, l'attention est appelée réflexion; appliquée à l’étude des corps, c'est Vobservation externe. Donner son attention aux objets de la vue, c’est regarder , et non plu* simplement voir; aux objets de l'ouie, c’est écouter , et non plus entendre , etc. — Condillac ne voit dans l'attention qu’une transformation de la sensatiou selou lui, c’est la sensation devenue dominante, exclusive. Laromiguiere , Maine de Biran , et avec eux les meilleurs psychologistes, regardent, au contraire, l'attention comme essentiellement distincte de la sensation j la lr® étant active, et la 2® purement passive, selon Laromiguiere, l’attention est le principe de toutes. les facultés de l'entendement; b comparaison n'est qu’une double attention , et U raisonnement uhc double comparaison.

ATTENUANTES (circonstances). Voy. circonstances.

ATTERRAGE (du latin ad, près, et terra , terre), Cest, en termes de Marine, l’arrivée en vue d’une terre , et la reconnaissance de cette terre , ordinairement faite sur les points les plus avancés et les plus remarquables des côtes. Aux approches d’une terre, on dit être à 7’atterrage , même avant d’être à portée de l’apercevoir.

ATTERRISSEMENT (de ad et terram ), se dit le plus souvent dans le même sens quVr//Ki'io«. Ce mot désigne plus particulièrement les dépôts de sable, de limon et de cailloux roulés , formés par les fleuves vers leur embouchure , ou par la mer sur certaines

ATTR

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