‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts (volume 2)Chapitre 96 sur 508 · ATT K · texte numérisé non relu

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plages; de là ou distingue les A. marins et les A. fluviatiles. Voy. ai.lcvion et dûmes.

ATTICISME, mélange de pureté de langage, de délicatesse , do finesse de goût, qui distinguait les Athéniens. — Daus la Grammaire grecque, on nomme ainsi le dialecte particulier aux Athéniens.

ATTIQUE, ornement d’architecture qui couronne un édifice ou la partie supérieure d’une façade , et a pour objet de dissimuler 1e toit. 11 repose immédiatement sur l’eutablemenl. Il est orné quelquefois de petites colonnes ou de sculptures,; souvent c'est un simple mur sans ornement. C'est aux Athéniens que les Romains et les moderues ont emprunté Y at tique. : de là son nom. — Etage en attigue. Voy. étage. — Dialecte attigue. Voy. atticisme cIdialecte.

ATTOLE, attolon. Ce nom, qui a d’abord désigné spécialement les groupes d’il es qui forment l'archipel des Maldives, a depuis été éteudu à toute*» les réunions d’iles qui offrent les mêmes caractères: ce sont de petites lies basses, groupées sur d’étroits plateaux rnadréporiques , qui ceignent un bassin circulaire ou une. Ile plus importante et plus élevée, et présentent des dentelures accessibles aux pirogues ou aux navires; telles sont les îles de l'archipel Paumatoii ou Dangereux , de l'archipel Central ou Mulgrave.

ATTORNEY, nom donné, en Angleterre, à t'officier public qui remplit les fonctions de procureur ou d’avoué. Le procureur du roi prend le titre d’attorney général. Quand l'attorney est attaché à l'une des diverses cours d’équité, il prend le titre plus relevé île sollicitor. La classe des attorneys est très-nombreuse; on en compte 3,000 à Londres, et 8,000 daus les provinces.

ATTRACTION, propriété dont toutes les parties de la matière paraissent douées, et en vertu de laquelle elles tendent tes unes vers les autres. On la nomme A. universelle ou gravitation lorsqu'elle agit à distance, et A. moléculaire lorsqu'elle agit au contact.

L’attraction universelle est le principe de presque tous les phénomènes de l’astronomie. Non-seulement les centres des corps célestes s'attirent réciproquement, mais cette action s’exerce aussi entre toutes leurs molécules. Ainsi, par exemple, la nature des orbites que décrivent respectivement la terre autour du soleil et la lune autour de la terre prouve une attraction réciproque entre les centres de ces trois grands corps; les phénomènes du flux et du zeflux, de la procession des équinoxes et de la nutation do l’axe terrestre, démontrent une attraction semblable «les centres du soleil et de la lune sur les molécules de la mer et sur les molécules liquides ou solides qui tonnent le nruflcuient de la terre à l’équateur. Les observations ont établi une analogie parfaite cuire la force appelée pesanteur , qui fait tomber les corps sur la terre , et les forces diverses qui produisent les mouvements célestes.

Newton, guidé par les lois de Kepler (Fojf. planfcTEs) , a démontré, oue tous les corps de la nature s'attirent mutuellement en raison directe des masses et en raison inverse du carré des distances. On a remarqué Jcpuis que cette diminution de l'attraction en proportion des distances a lieu d’après j la même loi suivant laquelle diminuent les intensités du son, de la lumière, de la chaleur, ainsi que celles des attractions ou des répulsions électriques et magnétiques. — Suivant la théorie newtonienne, l'attraction pénètre les particules les plus minimes de la matière, et l'action combinée de toutes Jes parties de la terre forme les attractions de la masse totale. Far la même raison qu’un corps pesant tend vers le bas en parcourant une perpendiculaire à la surface de la terre, il est attiré vers le centre d’uno montagne voisine par une force plus ou moins grande, suivant la dishui^c de cette montagne et La quantité de matière qu'elle contient. Cette opi-

nion de Newton a été pleinement confirmée par les observations sur la déviation du fil a plomb dans le voisinage des montagnes, observations fai les d’abord au Pérou par Rouguer et La Condaininc en 1738, et ensuite en Ecosse par Maskclyue en 1771. L'expérience de Cavendish sur l’action des sphères métalliques a prouvé: d’une manière directe, pour les corps terrestres, la réalité d’une attraction réciproque.

Les attractions moléculaires qui s'exercent dans les corps par le contact immédiat prennent les noms de cohésion, d’adhésion , de capillarité ou d’affinité {Voy. ces mots), suivant les phénomènes auxquels elles donnent naissance. Il est probable que ces phénomènes ne sont que des manifestations particulières de la gravitation universelle.

Le principe de l’attraction avait été entrevu par Copernic et par Kepler; les premiers qui en adoptèrent l’idée furent : en Angleterre, Gilbert, Fr. Bacon et Hookc; en France , Fermât et Robcrval; en Italie, Galilée et Borelli. Mais, jusqu'à Newton, ce principe avait été très - imparfaitement défiui et incomplètement appliqué : c’est dans ses Philosophies naturalis principia mathemotica que ce grain I physicieu l’a exposé avec toutes ses conséquences. La Mécanique céleste de Laplare peut être considérée comine le complément de ce bel ouvrage.

ATTR AH I ERE (d ’attrahere , attirer). On nommait ainsi, sous le régime féodal, un droit qu’avait le seigneur d’attirer à lui et de s’approprier les biens des criminels, aubains, bâtards et serfs.

ATTRAPE-MOUCHE ou c.oiie-mouche, nom vulgaire de plusieurs especes de plantes qui ont la propriété de retenir ou d’emprisonucr les iusectes qui se posent sur leurs fleurs ou leurs feuilles: telles sont le ( iouet gobe-mouche et surtuut la Dionée attrapemouche, dont les feuilles, d’une extrême irritabilité, se resserrent en se repliant sur l'insecte qui vient à les toucher et le retiennent captif. L’apôcyndu Canada, le laurier-rose et la scammonée de Montpellier, saisissent par la trompe les mouches qui viennent

f miser le suc mielleux qui se trouve au fond de eurs corolles; un silène et plusieurs lyrhnides les retiennent par l’enduit visqueux de leurs tiges, etc.

ATTRIBUT. En Métaphysique, on nomme ainsi toute propriété permanente d'un être, découlant do sa nature même : ainsi , l'éternité, l'infinité, l’unité, la justice, la providence, la toute-puissance, etc., sont les attributs de Dieu.

Eu Grammaire, on oppose attribut à sujet : l’attribut exprime ce qu’on affirme ou qu’on nie du sujet d’une proposition. Dans celte phrase : Dieu est bon y le mot bon exprime la qualité que j'affirme de Dieu; c’est Y attribut. L'attribut est énoncé ou par un adjectif, ou par un participe, ou même par un substantif. Exemples : Le mérite est modeste; tout est changeant ; la xertu est estimée; pauvreté n’est pas ci ce. Souvent l'attribut forme un seul mot avec le verbe : l’honune pense, pour : est pensant. — On distingue A. simple , celui qui n'exprime qu'une maniéré d’être du sujet : Le ciel est pur; A. composé, celui qui exprime plusieurs manières d’être du sujet : Dieu est juste et bon; A. incomplexe, celui qui a par lui-mémemie signification complète, c'est-à-dire qui n’a aucune espèce de complément : Le soleil est lumineux ; A. complexe, celui oui n’offre une signification complète qu’à l’aide dfun ou de plusieurs compléments : L'oisiveté est la mère de tous les vices.

ATTRIBUTS, symboles consacrés à caractériser les divinités de la Fable et les héros de l’Autiquité ou à symboliser les êtres moraux : ainsi l’aigle et la foudre étaient les attributs de Jupiter; le trident, celui de Neptune; un glaive et une balance, ceux delà Justice; le caducée, celui de Mercure; la massue, celui d'Hercule, etc. Chez les Égyptiens, la croix ansée (T surmonté d’un anneau) était le sym-

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