‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des artsChapitre 10 sur 1672 · ABOLITION · texte numérisé non relu

ABOLITION

mises à mort par celle qui est éclose la première. La reine est plus grande que les autres abeilles : son abdomen a 7 anneaux; ses jambes n'ont ni bn ni corbeilles ; destinée a propager l'espèce, elle a <•!• douée d'une prodigieuse fécondité ; elle pond des milliers d'œufs et en dépose un dans chaque cellule ; il en sort un petit ver ou larve qui se transforme bientôt en chrysalide, puis en abeille (Voy. Essaim, Roche, Miel). — La piqûre des abeilles est fort douloureuse; on calme la souffrance qu'elle cause en extrayant le dard s'il est resté dans la plaie, et en faisant des onctions huileuses ou simplement des lotions avec de l'eau fraîche légèrement acidulée-

— Outre l'espèce commune, on élève dans le Midi quelques autres espèces, Y Apis ligustica, l'A. fasciuta, etc., qui diffèrent peu de la précédente. Quant aux abeilles dites vulg. maçonnes, charpentières, menuisières, tapissières, etc., Voy. Osmie, Xylocope, Mégachile, Mëliponb; etc.

L'homme a su de temps immémorial exploiter les abeilles; la Fable attribue l'invention de cet art au berger Àristée, fils d'Apollon et de Cyrène. Les anciens célèbrent les abeilles du mont Ida, qui nourrirent, Jupiter; celles de l'Hymetteet de l'Hybla, qui fournissaient le meilleur miel. En France, on élève surtout les abeilles dans le Languedoc, le Dauphiné, ta Bretagne et le Gàtinais. — Les mœurs des abeilles, poétiquement décrites par Virgile Gvorg., IV, et par Vanière 'Apis), ont été philosophiquement observées par Réaumur, Schirach, Bonnet et F. Huber de Genève. Voy. AncuLTiRE.

L'abeille est l'embième de l'ordre et du travail; à ce titre, elle figure dans les armoiries et les devises.

— On a dit que les abeilles étaient le symbole de la tribu des Francs, parce qu'on en a trouvé dans le tombeau de Childeric I. Le pape Urbain VIII portait des abeilles dans ses armes. Napoléon I fit de même : il en a parsemé le manteau impérial.

ABELIA (du voyageur Abel Clarke), genre de la famille des Caprifoliacées-Lonicérées, se compose d'arbrisseaux à fleurs blanches ou roses, originaires de l'Inde et de la Chine : on en cultive quelques espèces dans nos jardins d'agrément.

ABERRATION (du lat. aberratio). En Astronomie, on nomme A. de la lumière une déviation apparente des rayons lumineux qui nous viennent des astres. Elle est due à la combinaison du mouvement rectiligne de la lumière avec le mouvement de la terre dans son orbite. Son effet est de faire décrire aux astres dans l'espace d'une année une ellipse dont le petit axe varie pour chaque étoile, mais dont le demigrand axe a pour valeur constante 20", 25.

En Optique, on nomme A. de sphéricité le phénomène en vertu duquel les rayons lumineux, après avoir frappé un miroir sphérique ou traversé une lentille à surfaces sphériques, ne vont pas concourir rigoureusement en un même point. Ce phénomène se manifeste aux yeux par la production de courbes lumineuses qu'on appelle des caustiques. Son effet est de rendre plus ou moins confuses les images données par les miroirs ou les lentilles. On y obvie en partie en arrêtant, au moyen d'un écran, les rayons trop éloignés de l'axe. — On donne le nom à'A. de réfrangibilitè au phénomène de dispersion qu'éprouvent les rayons lumineux en traversant une lentille et qui provient de leur inégale réfrangibilitè. De là résultent les teintes irisées que l'on observe sur les bords de l'image et que l'on fait disparaître en rendant les lentilles achromatiques. Voy. Achromatisme.

ABIÉT1NÉES 'd'abies, sapin), groupe de la grande famille des Conifères, comprend des arbres remarquables par leurs rameaux abondants, leurs feuilles persistantes, de forme aciculée, ce qui a fait donner à quelques-uns le nom d'arbres à aiguilles, et par leurs fruits coniques, appelés cônes ou ttrobiles. — On range dans ce groupe le Sapin, le Pin, le Mélèze, le Cèdre, l'Araucaria, etc. Voy. Conifères.

ABIGEAT (du lat. abigere, détourner;. On appe-

08 l'anc. Droit criminel, le vol de" be?fiaux dans les pâturages. Le mot n'est plu- usité, .nais le fait est prévu par l'art. 388 du Cuit; pénal.

ABIME, tenue de Blason, se: dit du centre de l'ecu lorsqu'il porte une ou plusieurs pièces qui ne chargent aucune des autres.

AB INTESTAT (pour ab intestato), se dit, en Droit, de la succession qui s'ouvre sans que le défunt ait fait de testament, et de l'héritier qui rccueille cette succession. Elle est réglée par la loi C. Nap., art. 718-892;. Voy. Succession.

AB IRATO, se dit, en Droit, d'une donation entre-vifs ou d'un testament faits sous l'influence .-olère: ces actes peuvent, dans certains cas, être annulés comme si le disposant n'était pas sain d'esprit.

ABJURATION [du lat. abjuratio , acte public et solennel par lequel on renonce à une hérésie, à un schisme, pour rentrer dans le sein de- l'Église catholique. On cite surtout les abjurations de Henri IV, 1593 ; de Christine de Suède, 1C55 ; de Turenne, 1GG8 ; d'Auguste II de Saxe, 1706. On a aussi remarqué celles de z. Werner, du comte de Stolber<r, de Fréd. Schlegel, de L. de Daller, littérateurs célèbres de l'Allemagne. D'autre part, on a vu Pierre III et Catherine II abjurer le luthéranisme et Bernadotte le catholicisme, pour monter sur le trône. Voy. Conversion et Apostasie.

ablatif. Voy. Cas.

ABLE (du lat. afbus, blanc), Leuciscus, genre de Poissons malacoptérygiens abdominaux, de l'ordre des Squamodermes, famille des Cyprinidés, renferme des poissons blancs d'eau douce, dont le plus connu est l'Ablette ou Ablet [L. alburnus), petit poisson qui ne dépasse guère 0m,08 : corps aplati, argenté ; tète pointue ; mâchoire inférieure un peu plus longue que l'autre. Il est commun dans la Seine ; on le pèche pour en retirer une substance nacrée nommée essence d'Orient, dont on se sert pour la fabrication des fausses perles (Voy. Perles). Cest un nommé Jannin ou Jaquin, marchand de chapelets à Paris, qui aurait, dit-on, inventé cette fabrication vers le milieu du xvuc siècle. — Parmi les principales espèces du genre Able on remarque, outre l'Ablette, le Meunier (L. dobula),le Gardon (L. idus),la Vandoise L. vulgarù), Ytperlan de Seine (L. bipunctatus), le Véron (L. phoxinus), etc.

ABLÉGAT (du lat. ablegatus). C'était autrefois le vicaire d'un légat ou un légat de second ordre. Au\. l'Ablégat est un commissaire spécial chargé par la cour de Rome de porter à un cardinal nouvellement nommé la barrette et la calotte rouge.

ABLET, ablette. Voy. Able.

ABLUTION (du lat. ablutio), pratique commandée par quelques religions, et qui consiste à se laver à des heures déterminées. Les croyants espèrent purifier l'âme en lavant le corps. Lès ablutiuns étaient prescrites chez les Juifs, les Grecs, les Romains ; de nos jours, les Indiens, les Mahométans surtout, font encore de fréquentes ablutions : les Turcs ne prient jamais sans avoir fait la grand:- ou la petite ablution. La grande ablution (ghoust), c'est le bain ou la purification du corps entier ; la petite ablution abdest) se fait à la fontaine, et consiste à laver les cinq sens. Ils ont une troisième sorte d'ablution appelée sablonneuse ou terreuse (teyemmon) : elle a lieu quand il n'y a point d'eau ou qu'un malade ne peut souffrir l'eau sans danger de mort. — Chez les Catholiques, l'ablution des mains est une des cérémonies de la messe : elle a lieu après l'offertoire et après la communion. On peut aussi considérer comme autant d'ablutions le baptême, l'aspersion de l'eau bénite, !e lavement des pieds le jour du jeudi saint, etc.

ABOLITION (du lat. abolitio). On appelait Lettres d'abolition l'acte par lequel le souverain remettait une peine à laquelle un individu était exposé ou condamné : on dit auj. amnistie ou grâce [Voy. ces mots). Cet acte ne préjudiciait jamais à l'intérêt civil des parties offensées. En 1670, les duels, les assas-

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