MESURE
slstance). On appelle ainsi la suite des prières et cérémonies que l'Église emploie pour la célébration de l'Eucharistie. Considérée dans sa partie essentielle, c'est le sacrifice dans lequel l'Église offre à Dieu, par l'entremise du prêtre, le corps et le sang de Jésus-Christ sous les espèces du pain et du vin. Le saint sacrifice de la messe remonte jusqu'à l'institution de l'Eucharistie : Jésus-Christ, prenant du pain, le bénit, et, après l'avoir rompu, le distribua à ses disciples en disant : Prenez et mangez, ceciest mon corps (St Luc, xxii, 19). Les Calvinistes et les Luthériens condamnent la messe, parce que les premiers nient la présence réelle de Jésus-Christ dans l'Eucharistie, et les seconds la transsubstantiation, c.-à-d. le changement du pain et du vin en le corps et le sang de N.-S. Jésus-Christ.
Dans l'origine, la messe se réduisait à la fraction du pain et à la prière {Actes des apôtres, n, 42 et xx, 7). St Basile en Orient, St Ambroise en Occident, et depuis, St Grégoire, fixèrent l'ordinaire de la messe. Ses parties sont : {'introït, la collecte, l'épitre, le graduel, l'évangile du jour, l'offertoire, l'oblation de l'hostie et du calice, la préface, le canon qui comprend la mémoire des vivants et des morts, la consécration et l'élévation, la communion, la postcommunion et l'évangile de St Jean. Voy. ces mots.
On distingue : la messe solennelle, dite aussi haute ou grand'messe, où le célébrant a pour assistants un diacre, un sous-diacre, etc., et qui se chante, et la messe basse, qui se dit par un prêtre seul et sans chant ; la messe des morts ou de requiem, qu'on dit à l'intention des morts et dont l'introït commence par ces mots : Requiem œternam ; la messe des présanctifiés, dans laquelle on ne consacre point et qui se célèbre le vendredi saint ; la messe de minuit, qui se célèbre au milieu de la nuit à j\oël ; la messe du Saint-Esprit, qui a pour objet d'obtenir les lumières et les bénédictions divines, et qui se célèbre au commencement de quelque œuvre, comme à la rentrée des classes et des tribunaux. — On appelle messe sèche, celle dans laquelle il ne se fait point de consécration, parce que le prêtre a déjà communié.
Le P. Lebrun a donné une Explication littérale, historique et dogmatique des prières et cérémonies de la messe (Paris, 1716-26, 4 vol. in-8).
Messe en musique, composition musicale faite sur les paroles de certaines prières de la messe, telles que le Kyrie, le Gloria, le Credo, le Sanctus, VAgnus Dei, l'O salutaris hostia, le Domine salvurn /bc,etc. Dans la messe des morts, le Requiem œternam, la prose Dies irœ, l'offertoire Domine Jesu Christe, remplacent le Gloria et le Credo. Les plus célèbres compositeurs de messes sont Haydn, Mozart, Hummel, Jomelli, Cherubini, Le sueur, A. Adam, Rossini, etc.^
MESSEMEXXES, genre d'élégies nationales créé par C. Delavigne, et dont le titre était emprunté aux trois élégies composées par l'abbé Barthélémy, dans son voyage d' Anacharsis (ch. xl), sur les malheurs de la Messénie. On cite surtout lesmesséniennes sur la bataille de Waterloo, sur Jeanne d'Arc, le jeune Diacre et Tyrtée aux Grecs.
MESSIDOR (du latin messis, moisson), 10e mois de l'année dans le Calendrier républicain français, commençait, selon les années, le 19 ou le 20 juin et finissait le 18 ou le 19 juillet. Voy. Calendrier.
MESSIE (de l'hébreu mesha, oindre), qualification attribuée, chez les Juifs, aux sacrificateurs, aux prophètes, aux patriarches, aux rois, a été donnée par excellence à Jésus-Christ, qui est venu remplir toutes les conditions du Messie annoncé par les prophètes. Voy. Messie au Dict. d'Hist. et de Géogr. < Du nom de Messie a été formé celui de Messiade, titre d'un ouvrage sur le Messie écrit en bas-allemand ancien, et composé dans le i\e siècle, par l'ordre de Louis le Débonnaire, et d'un poëme allemand de Klopstock (1750-73), qui passe pour le chefd'œuvre de l'épopée allemande.
HESSIEB (du b.-lat. messarius, de messis, moisson), gardien préposé à la sûreté des récoltes, à la garde des fruits quand ils commencent à mûrir. Ce mot, comme l'indique son étymologie, ne s'appliquait dans l'origine qu'aux gardes des moissons. 11 a été depuis étendu, par analogie, aux gardes des vignes. Voy. Garde champêtre.
messier, constellation de l'hémisphère, boréal, formée en 1774 par Lalande, et située entre Cassiopée, Céphée et la Girafe, ne se compose que de petites étoiles éparses. Elle a été ainsi nommée en l'honneur de l'astronome français Messier.
BfESSIRE (de l'anc. franc, mes ou mis, nominatif de l'adjectif possessif mes, mon, et de sire), titre d'honneur qui se donnait anciennement, dans les actes, aux nobles possesseurs d'une seigneurie, et qui depuis s'est donné spécialement au chancelier de France. Dans le langage ordinaire et surtout devant un nom de baptême, il s'appliquait aux prêtres, aux médecins, aux avocats, etc., messire Jean Chouart, messire Pierre, etc.
On appelle Poire de messire Jean une poire cassxnte et très-sucrée, dont la peau est de couleur rousse : elle mûrit en automne et se garde assez bien.
MESTÈQUE, sorte de cochenille. Fo/y. Cochenille.
MESTRE de camp (de l'esp. maestro de campo^, ancien titre d'une charge militaire, dont les attributions ont fréquemment varié. C'était dans l'origine un chef de corps temporairement chargé de réunir dans un camp diverses troupes, dont il prenait le commandement. Plus tard, on donna ce titre au commandant en chef d'un régiment, surtout dans l'infanterie; il a été remplacé depuis 1788 par celui de colonel. — La première compagnie d'un régiment s'est appelée la mestre de camp, comme on a dit plus tard la colonelle.
mestre ou meistre. Dans certains bâtiments de la marine du Levant, le grand mât est dit arbre de mestre (c.-à-d. maître mât) et sa voile voile de mestre.
MESURE (du lat. mensura). Mesurer une quantité, c'est chercher comment elle se compose avec une quantité de même espèce prise comme terme de comparaison et qu'on appelle unité. Le résultat de cette opération s'appelle la mesure de la quantité : elle est entière ou fractionnaire, suivant que la quantité contient ou non un nombre exact de fois l'unité. — Par extension de langage, l'unité ellemême prend aussi le nom de mesure. La science qui traite des mesures et de leurs rapports entre elles est la Métrologie. Voy. ce mot.
Tout système de poids et mesures contient des unités: 1° de longueur, 2° de surface, 3° de volume, 4° de capacité, 5° de poids, 6° de valeur (monnaies), et 7° de temps. Mais l'esprit se faisant difficilement une idée des nombres trop grands ou trop petits.il est nécessaire de toujours proportionner la grandeur de l'unité à celle de la quantité à mesurer. C'est pourquoi tout système de poids et mesures, outre les unités principales de chaque espèce, renferme une suite d'unités secondaires, les unes plus grandes, les autres plus petites que l'unité principale et qui en sont généralement des multiples et sousmultiples. Les systèmes adoptés chez les différents peuples soit de l'antiquité, soit des temps modernes, diffèrent entre eux tant par la grandeur des différentes unités, que par la loi d'après laquelle les multiples ou sous-multiples se déduisent de l'unité principale correspondante. En général, le choix des unités principales y est complètement arbitraire, et les unités secondaires y sont le plus souvent de 8 en 8 fois ou de 12 en 12 fois plus grandes ou plus petites; dans le nouveau système français seui, les multiples et sous-multiples d'une même unité principale suivent la subdivision décimale. Les inconvénients de ces divers systèmes sont ceux que présentait l'ancien système français : 1° ils n'ont aucune fixité : l'arbitraire seul ayant présidé au choix des unités qui les composent, l'arbitraire peut égale-