M ET H ODE
par Jean Reynaud dans une brillante utopie (Terre et Ciel), où il suppose que l'àme passe d'astre en astre, etc. On réfute cette hypothèse en montrant qu'elle est en contradiction avec les conditions de la justice et de la fraternité humaine : d'un côté la justice divine ne pourrait nous punir ici-bas pour des fautes commises ailleurs pendant une vie dont nous n'avons aucun souvenir, parce que toute expiation implique le souvenir de l'action punie; d'un autre côté, nous ne saurions nous intéresser à ceux qui souffrent, si leurs maux étaient toujours les conséquences légitimes de leurs fautes. — Voir Caro, ridée de Dieu; J. Simon, la Religion naturelle; H. Martin, la Vie future.
METEORE (du gr. u.£Ts'wpoc, élevé dans l'air). Ce mot, qui dans l'usage vulgaire ne s'applique qu'aux phénomènes lumineux du ciel, désigne, en Physique et en Astronomie, tous les phénomènes qui se passent clans l'atmosphère. On distingue les J/. ignés, le tonnerre, le feu St-Elme, les feux follets, les étoiles filantes, les bolides et les aérolithes ; les M. lumineux, l'arc-en-ciel, les halos, les aurores boréales, la lumière zodiacale, les parhélies et le mirage ; les M. aqueux, les brouillards, les nuages, la pluie, la neige, la rosée, le givre, la grêle, le verglas ; les M. aériens, les vents et les trombes. Voy. chacun de ces mots et météorologie. — Voir aussi J. Rambosson, Histoire des météores.
MÉTÉORITE, plante plus connue sous le nom de Souci. Voy. ce mot et ci-après météoriques (fleurs).
MÉTÉORIQUES (fleirs), fleurs sensibles aux phénomènes divers de l'atmosphère : tels sont le Laiteron de Sibérie, qui se ferme pendant la nuit qui précède un beau jour, et s'ouvre si le temps doit être pluvieux ; le Souci des pluies, dit à cause de cette propriété Météorine, qui s'ouvre dès 7 heures du matin pour se fermer avant U heures du soir si le temps est serein, etqui ne s'ouvre point si le temps annonce de la pluie.
Pierres météoriques. Voy. Aérolithes.
MÉTÉORISATIOX (du gr. (.leTewftÇetv, soulever, gonfler), dite aussi Tympunite, Indigestion gazeuse, affection propre aux animaux herbivores (Ruminants et Solipèdes) et qui est déterminée par le développement excessif et la rétention des gaz dans le canal digestif, d'où résulte un ballonnement considérable de l'abdomen et, si l'on ne peut absorber le gaz ou lui donner issue, la mort par asphyxie. Cette affection a pour causes : l'ingestion d'aliments humides ou de mauvaise qualité, ou l'arrêt dans l'œsophage d'une racine, d'un fruit qui s'opposent à la sortie des gaz formés dans le rumen.
MÉTÉORISME (même étym.), enflure générale de l'abdomen due à la distension du tube alimentaire par des gaz qui s'y trouvent accumulés. On dit aussi ballonnement ou tympanite. Le météorisme est aisé à reconnaître par la résonn-o.."<,.e tympanique que produit la percussion de l'abdon.sn ; il n'a aucune gravité quand il accompagne une maladiechronique, c'est au contraire un symptôme fâcheux quand il survient dans le cours d'une maladie aiguë, une fièvre pa>* exemple. Vuy. Météorisation.
MÉTÉORITES. Voy. Aérolithes.
MÉTÉOROGRAPHE (de météore et du gr. ypa?w, tracer), se dit, en Physique, de tout, appareil destiné à enregistrer d'une manière continue la température, la pression atmosphérique, la direction et la vitesse du vent, le degré d'humidiîé de l'air, et en général toutes les circonstances qui intéressent la météorologie. Il y avait à l'Exposition universelle de 1867 un météorographe inventé par le P. Secchi, directeur de l'Observatoire romain ; l'appareil installé au dehors dans l'atmosphère était en relation avec un circuit voltaïque contenant un électroaimant, et cet électroaimant traçait sur un tableau une courbe qui faisait connaître les indications de l'instrument. Foy.ANÉMOGRAPHB, Barométrographe, Hygromètre, Pluviomètre, etc.
MÉTÉOROLOGIE (du gr. u,sTEtopo).OYÎ<x, de yaerétùfo:, météore, et Xoyoc, discours , partie de la Physique qui traite des phénomènes dont l'atmosphère est le théâtre, ainsi que des questions qui s'y rattachent. Elle a pour objet l'étude de la pluie, de la neige, des vents, des trombes, des aérolithes, du tonnerre, des aurores boréales, etc. — Les anciens n'avaient que des idées confuses sur les phénomènes météorologiques : Aristote a cependant composé un traité en quatre livres sur ce sujet. La Météorologie, comme science à part, ne date que du milieu du xviuc siècle. A cette époque, Demaison étudia les phénomènes de la congélation; Saussure fit des recherches sur la pluie, les nuages et la formation des vapeurs; Franklin et Mairan observèrent les aurores boréales. Ce fut aussi Franklin qui découvrit l'identité de la foudre et de l'électricité, et qui inventa les paratonnerres. Volta étudia la formation de la grêle, etDufay celle de la rosée. On commença alors, en France et en Angleterre, à s'occuper régulièrement d'observations météorologiques. Parmi les travaux plus récents, il faut citer ceux de Humphry Davy, sur les brouillards; de Chladni, sur les aérolithes; de Peltier, sur la foudre, et, en général, sur les phénomènes électriqu* -;'-' de l'atmosphère ; de Moreau de Jonnès, sur les ouragans, lestremblements de terre et sur le résultat des déboisements ; du Dr Wells, sur la théorie de la rosée; de MAI. Coulvier- Gravier et Saigey, sur les étoiles filantes, et enfin de M. Babinet (dans les comptes rendus de l'Académie des sciences,.
La plupart des traités de physique, surtout ceux de Pouillet , de Becquerel et de Daguin , consacrent une grande place aux questions de météorologie. L -Fr. Kaemtz a publié un Manuel de météorologie, 1831-32 (trad. de l'allem. par Ch. Martins, 1847). MM. les D" F.oissac et Boudin ont traité De la météorologie au point de vue médical. On peut encore consulter : {'Annuaire du bureau des longitudes ; Dove, la Loi des te?npëtes; Fitz Roy, The weather book ; Marié Davy, les Mouvement-; de l'atmosphère et des mers; Lartigue, Essai sur les ouragans et les tempêtes ; Coulvier-Gravier, Recherches sur les météores et sur les lois qui les régissent, etc.
Il s'est formé en 1853 à Paris une Société de météorologie dans le but de faire avancer cette science. L'Association scientifique de France, fondée par M. Leverrier, aaussi pour objet les progrès de la météorologie : elle publie un bulletin hebdomadaire et un bulletin mensuel. U a été établi, sur toute la surface de la France et sur plusieurs points à l'étranger, des stations météorologiques où l'on observe chaque jour le baromètre, le thermomètre, l'hygromètre et le pluviomètre, et toutes ces observations sont centralisées à Paris où on les met en œuvre.
MÉTHODE ^du gr. u.s6oôo;, procédé), ensemble des moyens employés pour arriver à un but dans une science ou dans un art.
Considérée en général, la Méthode scientifique se définit la marche que suit l'esprit humain pour découvrir et pour transmettre la vérité. Elle a deux procédés principaux, l'analyse et la synthèse^ qui reçoivent elle-mèmes diverses définitions d'après leurs diverses applications ( Voy. Analyse philosophique, A. mathématique, A. chimique). Descartes, dans son Discours de la Méthode 2e partie), a ramené à quatre les règles de la méthode : «1° [critérium decertituae) ne recevoir jamais aucune chose pour vrai.' que je ne la connaisse évidemment être telle, c.-à-d. éviter soigneusement la précipitation et la prévention, et ne comprendre rien de plus en mes jugements que ce qui se présentera si clairement et si distinctement à mon esprit que je n'aie aucune occasion de le mettre en doute; 2° (analyse) Diviser chacune des difficultés que j'examinerai en autant de parcelles qu'il se pourra, et qu'il sera requis pour les mieux résoudre; 3° Conduire parordremes pensées, en commençant par les objets les plus simples et les plus