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arrondie et touffue ; ses feuilles en cœur, dentées, aiguës, sont un peu épaisses et rudes au toucher. Son fruit est ovale, épais, d'un pourpre noir, d'une saveur agréable et fraîche : on en compose un sirop que l'on emploie contre les inflammations légères de la gorge. Le suc do ce fruit noircit les mains et laisse sur le linge des taches difliciles à effacer : il sert a donner de la couleur au vin et aux liqueurs. Le bois du mûrier noir est employé par les tourneurs et les ébénistes; avec son écorce on fabrique des corde> et du papier. Enfin, ses feuilles, bien qu'inférieures en qualité à celles du mûrier blanc, peuvent servir, en cas de nécessité, pour la nourriture du ver à soie.
2" Le Mûrier blanc [M. alba), le seul qui jusqu'à présent ait été cultivé en grand sur tous les points du midi de la France. Cet arbre est originaire de la Chine : il s'élève à 8 et 10m dans les climats tempérés et jusqu'à 17" dans le midi de l'Europe. Sa tige se divise en branches éparses et nombreuses; ses feuilles glabres, d'un vert luisant, sont pétiolées, ovales, un peu échancrées en cœur et dentées sur leurs bords; ses fruits sont blanchâtres, quelquefois roses ou même rouges ; ils ont la môme saveur et les mûmes usages que les mûres noires Les prin- «ipales variétés sont : la colombas^e, très-anciennement connue : sa feuille, petite et mince, est trèssoyeuse (c.-à-d. que les vers qui s'en nourrissent donnent beaucoup de soie); la colombnssette rose, à feuilles un peu plus grandes et d'un vert plus foncé, à fruits rougeâtres; la colombassette verte, à feuilles moins fines, mais plus grandes et plus allongées, à fruits petits et bleuâtres; la rabalayre ou tralneuse, à feuilles moins nombreuses : elle ne porte que peu de fruits ; la poumaou ou la pomme, à feuille grande, fine et ronde : l'arbre produit des jets courts, mais très-feuillés; Yamella ou Y amande, à feuille ovale, épaisse, pesante : elle résiste aux hivers rigoureux; la fourcade ou la fourche, à feuille presque fonde : elle produit beaucoup ; la dure, qui doit son nom à la difficulté qu'on éprouve à détacher les feuilles de leurs rameaux ;Y admirable, à feuilles très-grandes ; mais en raison de leur épaisseur, on ne les donne aux vers qu'après leur quatrième mue;
3° Le Mûrier multvaule (M. multicaulîs, M. culcullata, M. bullata), dit aussi Mûrier des Philippines : cette espèce, importée de Manille au Sénégal en 1824, etquelques années plus tard dansle midi delà France, y est aujourd'hui très-multipliée. Elle se distingue par ses feuilles d'un vert gai, rudes en dessus, pubescentes en dessous, très-acérées, à pétiole presque cylindrique, canaliculé en dessus; les fruits sont oblongs, non pendants, petits : ils passent successivement du blanc au rouge et enfin au noirâtre.
Dès que le mûrier est dépouillé de ses premières feuilles, on s'empresse de le tailler, afin qu'il ait encore le temps de pousser des rameaux qui puissent se changer en bois parfait avant les premières gelées ; ce sont ces jeunes pousses qui doivent porter la feuille destinée à la nourriture des vers de l'année suivante. — Les mûriers blancs se multiplient par graines, et pour cela on est dans l'usage d'écraser les mûres sur de vieilles cordes, ou de les frotter fortement avec une poignée de ces fruits mûrs et d'enterrer la corde ainsi chargée de graine dans une terre légère et meuble. Quant au plant nommé pnurette, on le met en pépinière, en haie, en taillis, suivant que l'on veut conserver l'arbre en buisson ou le faire filer à haute tige.
Le mûrier est connu de toute antiquité. Les Grecs et les Romains connaissaient les deux variétés blanche et noire. L'application du mûrier à l'éducation du ver à soie remonte, dit-on, en Chine, à l'an 2608 avant Jésus-Christ. On en fait honneur à l'impératrice Houl- Tseu, femme de Hoang-Ti ; de là elle passa dans l'Inde <-t la Perse. Vers le milieu du \ir siée le, sous l'empe reur Justinien, deux moines apportèrent des Indes à ■Constantinople le mûrier blanc et des œufs de ver à ■soie. De Constantinople, ce mûrier B6 répandit dans
une grande partie de la Grèce, et plus tard le Péloponèse échangea son nom contre celui de Morée, tant le mûrier [monté) s'y était multiplié. Au mi* Biëcle, on commença à cultiver cet arbre en Sicile et en Italie, surtout en Calabre, et, sous Charles VIII, après son expédition en Italie (1494), quelques pieds en furent transportés en France. Charles IX, Henri II et Henri IV favorisèrent la multiplication du mûrier; ce dernier, par le conseil d'Olivier de Serres, et malgré l'opposition de Sully, en établit des pépinières. Plus tard, Colbert fit distribuer les pieds qu'on retirait de ces pépinières, et ce fut ainsi que tout le Midi se peupla de mûriers. Sous Louis XV, de nouvelles pépinières royales furent établies dans les provinces du centre et les plants en furent gratuitement distribués. Depuis, la culture du mûrier s'est répandue par toute la France.
Dans l'Asie équatoriale, on cultive spécialement pour la nourriture des vers à soie le Mûrier île l'Inde M. indica, M. australis,M. intermedtu). Le M. rouge M. rubra), originaire du Canada et des États-Unis, ne se cultive chez nous que comme arbre d agrément. — Le M. à papier, avec lequel les Chinois fabriquent de la toile et du papier, constitue un genre particulier [Voy. Broissonétie). Lo M. des teinturiers [M. tinctoria) est une espèce du genre Muclure.
MUR1QUÉ (du lat. murex, pointe), se dit, en Botanique, des organes arrondis hérissée de pointes ou aiguillons à base élargie : telles sont les semences de la Muricaire et la Pomme épineuse,
Mî'RO.N, nom vulgaire du Framboisier sauvage.
MllutHINS (vases;. Voy. Vases.
MUS, nom latin du Rat, a formé les mots Murins, Muridés donnés au groupe' de Mammifères rongeurs dont le Rat est le type. Voy. Rat.
MUSA, plante. Voy. Bananier.
MlSACÉKS (du g.-type Musa), famille de plantes Blonocotylédones périspermées, renferme des taux herbacés ou vivaces, dépourvus de tiges ou munis d'un bulbe allongé, cylindrique, en forme de tige, offrant quelquefois un stipe ligneux et simple ; à feuilles entières, longuement pétiolées, l.-i brassantes à la base ; à fleurs grandes, nombn i s et renfermées dans des spathes: calice irrégi lier à 6 divisions, 6 étamines, anthères linéaires introrses; ovaire infère à 3 loges ; style simple. Le fruit est ou une capsule à 3 loges polyspermes, ou un fruit charnu et indéhiscent Les Rlusacées habitent pour la plupart les régions intertropicales : elles se recommandent quelques-unes par leur utilité, toutes par leur beauté. — La famille a été divisée en deux tribus : les Uraniées et les UéUconiées, et comprend, outre le genre type Musa ou Bananier, les genres Ravenala, Strelitzia et Heliconia.
MUSARAIGNE (du lat. musaranem, de trou, rat, et aranen, araignée), Sorex, genre de Mammifères, de l'ordre d"s Insectivores, se compose de très-petits animaux nocturnes, assez semblables aux souris et presque aveugles, qui habitent solitaires des trous dans la terre ou les vieux murs : ils ont le corps allongé, ainsi que la tète, lo museau fort pointu, les oreilles larges, la queue plus ou moins longue; les poils doux et soyeux : ils portent sur les flan s des glandes sébacées qui laissent suinter une umeux gi a jse et odoriférante. On distingue : la Musaraigne commune ou Musette (S. araneus), longue de 0"\08, non compris la queue : elle est d'un gris brunâtre en dessus, blanchâtre en dessous et a les dents blani elle vit dans les bois et l'hiver se rappr. che des habitations; la i/. d'eau [S. fodiens), de la même grosseur que la précédente, mais dont les couleurs sont plus vives; la M. carrelet (S. tetragonurus , qui n'a guère plus de 0m,06 : sa queue est cam'e, d'où son nom ; la .'/. rayée (S. variegatus), qui porte sur le chanfrein une petite raie blanche, etc. Les musaraignes mél itent d'être protégées par. c qu'elles détruisent une grande quantité d'insectes nuisibles,
.Ml S«; ou PORTB-MDSC, V U muschiferus, 63-