ARTILLERIE
jui désigne un être en le présentant comme inconnu guerre, soit à des réjouissances. — On nomme feux
d'artifice des feux brillants préparés avec certaines matières très-combustibles, et destinés à charmer la vue dans les fêtes publiquesou particulières. Les éléments de toutes les compositions des feux d'artifice sontceuxdelapjudre à canon, c.-à-d. le nitre, le soufre et le charbon, que l'on mêle avec d'autres substances destinées à donner aux feux diverses couleurs. Les feux rouges se font généralement avec du carbonate de strontiane ; les feux violets, avec du sulfate de potasse et de la craie ; les feux jaunes, avec du carbonate de soude; les feux blancs, avec du sulfure d'antimoine ; les feux bleus, avec de la limaille de zinc, du sulfate de cuivre ou de potasse ; les feux verts, avec du carbonate de baryte ou de l'acide borique. Les flammes de Bengale se font avec 7 p. de nitre, 2 p. de soufre et 1 p. de sulfure d'antimoine. Les principales formes qu'on donne aux feux d'artifice sont: les fusées volantes, les lances, lespétards, les soleils, les marrons, les chandelles romaines, les étoiles, les étincelles, les pluies et les jets de feu, les pièces montées, etc. — On fait aussi à la guerre un grand usage des artifices, surtout des fusées, qui servent tantôt de signaux, tantôt de moyens incendiaires ; sous ce rapport, on connaît surtout les fusées à la Congrève. Voy. Fusée et Pyrotechnie.
La composition des feux d'artifice, connue en Chine dès la plus haute antiquité, a suivi chez les modernes la découverte de la poudre à canon. Les plus belles inventions en ce genre sont dues à MSI. Huggieri, qui, depuis le commencement de ce siècle, ont exécuté à JRome,àParis,et dans les principales capitales de l'Europe, les plus brillants feux d'artifice.
artifice. On appelle ainsi, en Mathématiques, tout procédé d'investigation ou de démonstration conduisant au but plus rapidement que les méthodes générales, ou permettant d'y atteindre quand les méthodes générales sont inapplicables. Si, p. ex., on appliquait au système d'équations x* -f- j/5 =a5, x-\- y = b, les méthodes ordinaires d'élimination, on tomberait sur une équation finale du 5e degré qu'on ne pourrait résoudre ; mais à l'aide d'artifices particuliers on déduit des équations proposées la valeur du produit xi/, en sorte que connaissant les valeurs de x -f- y et de xi/ on peut aisément calculer celles de x et y.
ARTIFICIER, celui qui confectionne les pièces d'artifice ( Voy. ce mot). — A l'armée, la confection des artifices est confiée à des artilleurs. On nomme maitre artificier le sous-officier chargé, dans chaque régiment d'artillerie, de diriger las travaux pyrotechniques; il a le grade de maréchal des logis.
ARTILLERIE (du b. -lat. artillum, d'ars). Ce mot, qui, avant l'invention de la poudre àcanon, signifiait l'art de construire et de manœuvrer toute espi machines ou d'engins de guerre, désigne auj. et les bouches à feu employées à la guerre : canons, bombes, mortiers, obusiers, etc., ainsi que l'art de les fabriquer et de les appliquer aux besoins de la guerre (Voy. Pyrotechnie, Balistique); et le corps chargé de ce service.
On distingue dan- l'Armée française : VA.de terre, VA. de tuer-, VA. de siège, VA. de campagne (celleci se subdivise en A. à pied; A. à cheval ou A. A'i/irr; A. de mont agne) ; c'est à son artillerie de campagne, qui avait reçu de lui d'importants perfectionnements, que Napoléon dut une partir il" ses succès.
Notre artillerie comprend aujourd'hui 18 1".".- régiments constituant 10 brigades à S régiment* da 13 batteries chacun, dont 8 I pied et s montées dans l'un, « à pied et S montées dans l'autre, plus 2 batteries montées «le dépôt et de sections de munitions; i!" a régiments d'artillerie pontonniers à 1& compagnies chacun; 3" 10 compa »nies d'ouvriers
ou comme indéterminé, et VA . défini (le, la, les), qui désigne un être comme déjà connu, et qui, selon les circonstances, annonce qu'il doit être pris dans toute son étendue ou seulement dans une partie déterminée de son étendue.
Les anciens grammairiens, Régnier-De-marais,Rcstaut, Lhomond, se bornaient à dire que l'article est une particule ajoutée à un nom pour en marquer le genre et le nombre. Dumarsais et Condillac ont reconnu les premiers que l'article sert à modifier les substantifs et à indiquer quelle est l'étendue de leur signification. On peut ajouter, avec Thurot, que l'article sert à substantifier le mot qu'il précède, c.-à-d. à faire savoir que ce mot est pris comme exprimant une substance et non une simple abstraction. — L'article n'est point une partie essentielle du discours; ce n'est qu'une espèce d'adjectif dëterminatif. Il contribue à la clarté du langage; mais plusieurs langues savent s'en passer. Le latin n'a point l'article défini.
ARTICULATION (du lat. articulus), jonction des os. On distingue :
1° Les A. mobiles, ou A . propr. dites (Diarthroses), qui sont de deux sortes, selon qu'elles ont des mouvements en tous sens (D. orbiculaire ou vague) ou qu'elles n'ont de mouvement que dans deux sens opposés (D. alternative ou Ginglyme). Dans le 1er cas, on distingue encore VEnarthrose, articulation d'une tête saillante reçue dans une cavité profonde, ex. : l'A. coxo-fémorale ; l'Arthrodie,où la tête est moins saillante et la cavité moins profonde, ex. : l'A. temporo-maxillaire, et VA. serrée ou D.planiforme, où les surfaces articulaires sont planes ou presque planes, ex. : A. du carpe et du tarse. Dans le 2e cas, on distingue l'A. en charnières ou Ginglyme angulaire, ex. : l'A. du coude et du genou, et le Ginglyme latéral (D. rotatoire on A. trochoide), qui ne permet qu'un mouvement de rotation, ex. : l'A. de l'arc antérieur de l'atlas avec l'apophyse odontoide de l'axis ;
2° Les A. semi-mobiles (Amphiarthroses), qui ont lieu par l'intermédiaire d'une substance attachée aux surfaces osseuses (cartilage), laquelle, jouissant d'une certaine élasticité, leur permet d'opérer de légers mouvements, ex. : A. des vertèbres;
3° Les .4. immobiles (Synarthroses), qui comprennent la Suture, ou articulation par engrenage ou dentelure, ex. : les os du crâne; laGomphose, ou implantation d'un os dans une cavité, ex. : celle des dents dans leurs alvéoles. A la suture se rattache VHarmohic, lorsque la dentelure est imperceptible, ex. : os maxillaires supérieurs ; à la gomphose la Schindy/èse, implantation d'une lame osseuse dans une rainure, ex. : le vomer dans la rainure sphénoîdale.
On appelle Fausse articulation ou Pseudarthrose celle qui s'établit accidentellement entre les fragments d'une fracture. — Les articulations sont sujettes à une foule de maladies, telles que plaies, entorses, diastases, luxations, ankylose, carie, rhumatisme articulaire, goutte, hydarthrose, tumeur blanche, etc. Voy. ces mots.
ARTICULÉS, une des 2 divisions de l'embranchedes animaux Annelés {Voy. ce mot), ne comprend auj. qu'une partie des êtres que Cuvier et de Blainville embrassaient sous ce nom. Ces animaux ont lin tégument extérieur dur qui permet d'apercevoir nettement leur division en articles, tandis que 1rs annelés propr. dits ont le plus souvent le corps mou. Leurs membres sont formés eux-mêmes d'une ssion d'articles. Tous les articulés dont, on a pu étudier le développement ont montré la disposition épicotylée, c.-à-d. qu'ils sont pourvus pendant la vie embryonnaire d'une vésicule ritelline analogue à la vésicule ombilicale des vertébrés, mais placée but le
: ion su r le ventre. — Us comprennent q classes : d'artill rie ; 4° 3 compagnies d'artifleiert les Insectes, les Myriapodes, les Arachnides, et les pagnies du train d'artillerie, à raison de 3 Crustacés. Voy. ces mots d'artillerie.) iments stationnent tous
ARTIFICE (du lat. artifirinm), toute composition en France et le service (|e l'AIgérioesl assuré par de matières aisées à enflammer, employée Mit k la des batteries à pied et des batteries (le pontonniers
ARTOCAHPE.
ASAPHE.
détachées dos régiments de l'intérieur.L'organisation et la composition des cadres de l'artillerie ont été réglés par la loi du 13 mars 1875.— Le nombre desétablissements s'est accru dans ces derniers temps, comme celui des corps d'armée. Ils comprennent aujourd'hui, outre le dépôt central qui est à Paris, 20 commandements, tandis qu'il n'en existait encore que lien 1873, les écoles d'artillerie, l'école de pyrotechnie, les directions, les poudrières, les manufactures d'armes, les forges, les fonderies, etc. — Tout ce qui intéresse le service est soumis à un comité consultatif de l'artillerie séant à Paris auprès du ministre de la guerre. — Le corps des officiers d'Artillerie eut longtemps une école spéciale. Cette école, établie d'abord à Châlons-sur-Marne, puis réunje,en 1802, à l'École du génie de Metz, forme auj. V École d'application de l' Artillerie et du Géhie. Voy. Application.
Le Corps d'Artillerie de la marine, organisé pour la lre fois en 1689, modifié par les ord. du 7 août et du 13 nov. 1822, celle du 30 avril 1848 et le décret du 5 juin 1855, comprend un officier général inspecteur, un état-major, des employés militaires, un régiment à pied composé de 25 compagnies et des compagnies d'ouvriers.
Dès le xnc siècle, on trouve en France une charge de Maître de l'artillerie. J. et G. Bureau en exercèrent les fonctions sous le règne de Charles VII. En 1479, Louis XI créa un Maître général de l'Artillerie, que François Ier, en 1515, éleva au titre de Grand Maître de l'Artillerie, en réunissant à cette charge celle de Grand Maître des arbalétriers. Galiot de Genoilhac (1480), Maxim, de Béthune, duc de Sully (1548), son fils (1599), les maréchaux de France Schoniberg, La Meilleraie, d'Effiat, furent honorés de cette charge. Elle fut supprimée en 1755, et ses attributions réunies au ministère de la Guerre : c'est peu après, en 1758, que fut constitué le corps royal de l'Artillerie commandé par des inspecteurs généraux. Les deux Lavallière et l'illustre Gribeauval remplirent successivement ces fonctions et marquèrent leur passage par de grandes améliorations dans toutes les parties du service. Sous le Consulat et l'Empire les généraux d'Aboville, Marmont, Lariboisière et Eblé se firent remarquer dans cette position importante. Depuis eux, le général Paixhans fit faire de nouveaux progrès à cette branche de l'art militaire qui n'a pas encore dit son dernier mot. L'invention des canons rayés et celle plus récente encore des mitrailleuses ont révolutionné de nos jours l'art de la guerre.
Consulter sur ce sujet : le Traité d'Artillerie de Piobert, 1828; le Dictionnaire d'Artillerie de Cutte, 1822-32 ; l'Histoire de l'Artillerie de B.runet, 1842 ; les Etudes sur le passé et l'avenir de P Artillerie (1846 et 51), du prince L. Bonaparte ; l'Histoire des 1 progrès de t Artillerie de Favé (1863), l'Histoire de \ l'Artillerie française de Susanne (1873), etc.
Musée et Dépôt central de l'Artillerie. Voy. Musées.
artimon (du gr. àpTÉu.tov). Le mût d'artimon est le plus petit des mâts d'un vaisseau et celui qui est le plus près de la poupe : il se compose d'un basmât, d'un mât de hune, du mât de perruche et d'une flèche en l'air ; il donne son nom à une voile en trapèze qui se borde sur le gui et à la vergue qui porte cette voile.
ARTISONS, artusons (orig. inc), insectes qui se nourrissent de matières végétales ou animales, principalement de pelleteries et de toutes sortes d'étoffes. Ces insectes appartiennent à des genres et souvent à des ordres très-différents : tels sont : l'Anthrène, 'la Teigne, le Dermeste, les Psoques, etc.
ARTOCARl'E (du gr. âpxo:, pain, et xapTtôç, fruit), Artocarpus, genre de lafamiile des Artocarpées détachée de celle des Urticées, se compose d'arbres à suc laiteux, à fleurs monoïques en chatons, tous originaires de l'Asie équatoriale, mais dont quelques-uns se trouvent en Polynésie. L'espèce appelée Arbre à pain(A . incisa) ou Jaquier, est un arbre de 15 à 16m, à cime large et touffue, qui croît naturellement aux
îles de la Sonde et aux Moluques ; ses fruits en forme de boule ne sont que l'agglomération d'un grand nombre d'akènes et dépassent 0m,20 de diamètre : les indigènes s'en nourrissent et, de plus, ils en préparent une pâte fermenter qu'ils mangent dans lu saison où l'arbre est dépourvu de fruits. L'A. integrifolia ou Jack a les feuilles plus petites que celles de l'arbre à pain, et très-entières ; ses fruits, qui atteignent des proportions considérables, sont également comestibles.
ARTS, Artiste. Voy. Art et Beaux-arts.
ARUM, nom latin du genre Gouet. Voy. ce mot.
ARUNDINACÉES (du g.-type arundo), tribu de la famille des Graminées, renferme les genres Arundo (l\osea\i),Calamagrostis\ Gynerium, Phragmites, etc.
ARUNDIXAIHE [Ô! arundo), Arundinaria, genre de la famille des Graminées, tribu des Festucacées, a pour type l'A . macrosperme, espèce arborescente et presque gigantesque de l'Amérique du Nord, dont les chaumes ligneux atteignent jusqu'à 15m et plus.
ARUNDINE, Arundina, genre de la famille des Orchidées, originaire des Indes orientales, est une plante terrestre, non parasite, à fleurs de couleur purpurine, grandes et disposées en grappe.
ARUNDO, nom latin du Roseau. Voy. ce mot.
ARVICOLA, nom latin du Campagnol. V. ce mot.
ARYTÉNOIDE (du gr. àpuxouvoEiSrjç, en forme d'aiguière), nom de deux petits cartilages situés à la partie postérieure supérieure du larynx, au-dessus du cricoïde et dont la forme est celle d'une pyramide triangulaire qui se contourne un peu en arrière : postérieurement ils sont réunis par un muscle quadrilatère dit aryténo'idien. Les glandes aryténoîdiennes ont la forme d'un L, et sont logées dans un repli delà membrane muqueuse : c'est une agglomération de petits grains fermes et de couleur gris rougeâtre ; elles sécrètent un mucus qui enduit le larynx.
AS, chez les Romains, désignait : 1° toute espèce d'unité, 2° l'unité de poids, 3° l'unité de monnaie.
1° As pouvait se dire d'une unité quelconque considérée comme divisible, telle que la livre, le setier, le jugerum, etc. ; dans les successions, hères ex asse signifiait l'héritier de tout le bien. L'as, quelle que fût la nature de l'unité qu'il représentait, se divisait en 12 parties ou onces (unciœ). Les fractions de l'as étaient le deunx, valant 11 onces; ledextans, 10; le dodrans, 9 ; le bes, 8 ; le septunx, 7 ; le semis ou semissis, 6; le quincunx, 5 ; le triens, 4 ; le quadrans ou teruncius, 3 ; le sextans, 2 ; le sescuncia ou sescunx, 1 once 1/2 ; et enfin l'once.
2° L'as ou livre romaine, libra, unité de poids, valait 327 gr., 187.
3° L'as, monnaie, œs, assipondium ou libella, fut d'abord une masse de cuivre du poids d'une livre, sans effigie. Servius Tullius, le premier, en fit une monnaie dans le sensordinaire du mot. Les multiples de l'as étaient le dupondius (2 as), le quatrussis (4 as) ; les sous-multiples : le semissis (demi-as), le triens (tiers d'as). L'as, réduit à 2 onces l'an 264 av. J.-C, le fut à 1 once en 217, et enfin à une demi-once en 191. Jusqu'en 264 av. J.-C, l'as équivalait à 0fr,08 c. Depuis cette époque, il ne valut plus guère que0'r,03. L'as fut remplacé par le sesterce ( Voy. ce mot) lorsque les monnaies devinrent communes à Rome.
C'est de l'as, nom romain de l'unité, qu'est venu le nom donné, dans nos jours, au point unique marqué sur une carte ou sur l'un des côtés d'un dé. — Au jeu de la bouillotte, on appelle as percé (du lat. per se), l'as qui se trouve seul de sa couleur.
As qui court, jeu de cartes dans lequel l'as, étant, la plus basse carte, est passé par celui qui l'a reçu à son voisin, qui tâche de s'en débarrasser de même en le donnant à un autre. Celui entre les mains de qui il reste perd et paye.
ASAGR/EA (du bot. Asa Gray). Voy. Cévadille.
ASAPHE (du gr. àaaçYJ:, incertain), Asaphus, genre de Crustacés fossiles appartenant au groupe des Trilobites et voisin des Calymènes. Voy. Trilobite.