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OBSERVATION

De là résulte cette question : comment le sujet connaît-il l'objet? comment s'établit entre eux le rapport duquel naît la connaissance? comment passe-t-on du subjectif à l'objectif? Cette question a été traitée spécialement par Kant et ses successeurs. Kant la résout par la séparation de l'être et de la pensée, des phénomènes et des noumènes, ce qui est le fondement du isme (Voy. Noumene, Cr'iticisme); ses successeurs Schelling et Hegel, par l'identité absolue de l'être et de la pensée au sein de l'infini. Voy. Idéalisme.

OBJET (du lat. objectum), tout ce qui se présente à la vue et en général tout ce qui affecte les sens. — En Philosophie, il se dit spécialement de tout ce qui est hors de lame, par opposition à sujet. Voy. ci-dessus Objectu'.

En Droit, l'objet, c.-à-d. une chose qu'on s'oblige à donner, à faire ou ne pas faire, est une condition essentielle de validité pour les conventions et il faut de plus que cet objet soit dans le commerce et suffisamment déterminé. (C. civ., art. 1126-30). — Objet perdu ou trouvé. Voy. Chose, Épavbs, etc.

OBLADE, Oblada, genre de Poissons, de la famille des Sparoïdes, très-voisins des Bogues. Voy. ce mot.

OBLAT (du lat. oblatus, offert, consacré). Voy. ce mot au Dict. d'Hist. et de Géogr.

OBLAT10>' (du lat. oblatio), partie de la messe qui suit immédiatement l'évangile ou le Credo, et qui consiste dans l'offrande que le prêtre fait à Dieu du pain destiné au sacrifice, puis du vin mêlé d'un peu d'eau dans le calice.

Dans le Bas-Empire, Yoblation à la curie était un moyen de légitimer les enfants nés hors mariage. Le père les faisait entrer au sénat municipal et ils devenaient ainsi responsables du recouvrement de l'impôt ; en récompense, ils étaient légitimés.

OBLIGATION (du lat. obligatio). En Droit, c'est le lien par lequel nous sommes tenus envers une personne déterminée, à donner, à faire ou à ne pas faire quelque chose. Cette personne a contre nous un droit personnel. — On distingue plusieurs espèces d'obligations: 1° YO. civile, qui permet au créancier de réclamer ce qui lui est dû et produit les autres effets que nous indiquons ci-après, et YO. naturelle, dont le créancier ne peut exiger l'exécution, mais dont le payement une fois fait ne peut être répété ( Voy. Répétition); 2° YO. conjointe, dans laquelle plusieurs personnes sont créancières ou débitrices, chacune pour leur part, et YO. solidaire, dans laquelle il y a également plusieurs créanciers ou débiteurs, mais où chaque créancier peut demander le tout et chaque débiteur être contraint à payer le tout, de manière toutefois que le payement fait au premier ou par le second, éteint l'obligation; 3° YO. divisible, dont l'objet peut se diviser et être demandé par les divers créanciers ou aux divers débiteurs chacun pour leur part, et YO. indivisible, dont l'objet ne peut se diviser et. peut être demandé pour le tout par l'un des créanciers ou à l'un des débiteurs ; 4° YO. pure et simple, dont le payement peut être immédiatement exigé ; YO. à terme, dont l'exécution est différée jusqu'à une certaine époque ou ne peut être demandée que jusqu'à une certaine époque ; YO. conditionnelle, dont l'existence est suspendue jusqu'à l'arrivée d'un certain événement ou qui cessera d'exister à l'arrivée d'un certain événement; 5° YO. alternative, qui a un ou plusieurs objets, et qui s'éteint par la prestation de l'un d'eux au choix du créancier ou du débiteur, et 6° YO. facultative, qui n'a qu'un objet, mais dont le débiteur peut se libérer en en prestant un autre que le créancier ne peut exiger. — H y a cinq sources d'obligations : le contrat, le quasi-contrat, le délit, le quasi-délit, la loi (engagements entre propriétaires voisins, obligations des tuteurs et autres administrateurs qui ne peuvent déposer les fonctions à eux déférées). — L'effet des obligations se résume à donner au créancier : 1° le droit principal d'en demander l'exécution ; 2° le droit accessoire de demander, à défaut d'exécution et pour préjudice causé, des dum-

mages-mtérèts ou le payement de la clause pénale qui aurait été convenue; 3° le droit auxiliaire d'exercer les actions de son débiteur qui néglige de les exercer et de faire révoquer les actes par lui faits en fraude des droits de ses créanciers. — Les obligations s'éteignent par le payement, la novation, la remise volontaire, la compensation, la confusion, la perte de la chose due et la prescription (C. civ., art. 1101- 1386). — Voir les Traités sur les obligations de Pothier, de Toullier et de M. La Rombière (1857-58,.

Le mot obligation a encore un autre sens; il désigne : 1° les créances qu'on a contre le | morales, telles que l'État ou les villes et contre les sociétés qui ont contracté des emprunts; 2° le titre qui constate cette créance (ainsi on dit: les obligations de la ville de Paris, du chemin de fer du Nord, etc.): en ce dernier sens on oppose Yobligation à Y action» Voy. ce dernier mot.

Obligation morale. Voy. Devoir.

OBLIQUE (du lat. obliquus). En Géométrie, on dit qu'une droite est oblique, par rapport à une autre droite, ou par rapport à un plan, toutes les fuis qu'elle ne lui est pas perpendiculaire. — Dans la Tactique, le mot oblique désigne une manoeuvre, une marche exécutée à droite ou à gauche d'une ligne de bataille. En Anatomie, on donne le nom d'obliques à plusieurs muscles importants dont l'action s'exerce dans des directions non parallèles aux plans qui divisent le corps suivant la verticale. Tels sont le Grand oblique ou 0. externe de l'abdomen, le Petit oblique ou 0. interne de l'abdomen, les 0. inférieur et supérieur de l'œil, les 0. inférieur et supérieur de la tête. Sphère oblique. Voy. Sphère.

Obliquité de l'écliptique Voy. Écliptique. OBLITÉRATION (du lat. oblileratio), état de ce qui est oblitéré, c.-à-d. effacé. Il se dit, en Chirurgie, d'un conduit quelconque lorsque ses parois ont contracté adhérence ensemble, de manière que sa cavité a disparu dans une plus ou moins grande étendue. OBOLE (du gr. ôSo).ôç), poids et monnaie des anciens Grecs, était le 6e de la drachme, et valait comme poids, env. 0 gr., 72, et, comme monnaie 0 fr., 16 ou 17 c. — L'obole fut la première monnaie des Grec-. On en attribue la création à Phidon, roi d'Argos, contemporain de Lycurgue. On mettait une obole dans la bouche du défunt, comme pour payer à Caron le prix du passage.

OBOVALE (du préf. ob et d'ovale), se dit, en Botanique, de toute partie qui a la forme d'un ovale renversé, c.-à-d. qui est plus large à son origine qu'à son extrémité.

OBSÉCRATION (du lat. obsecratio), figure de Rhétorique, qui consiste à exprimer un désir,une prière avec supplication et en invoquant tout ce qui peut toucher celui à qui l'on s'adresse. Philoctète (dans Sophocle et dans le Télémaque de Fénelon) a souvent recours à cette figure en s'adressant à iNéoptolème. — On peut rattacher à cette figure la déprécation, qui consiste à employer la prière pour détourner un danger, apaiser la colère, etc. Racine en offre un exemple lorsqu'il fait tomber Aman aux pieds d'Esther (III, 5) :

Par le salut des Juifs, par ces pieds que j'embrasse, ete.

OBSÈQUES (du lat. obsequiœ). Voy. Flnéi.ailles.

OBSERVANCE(dulat. observantia), se dit, en matière de Religion : 1° de la pratique d'une règle ; 2° de communautés religieuses où s'observent certaines règles. On nomme étroite observance la partie d'un ordre religieux qui fait profession d'observer la règle dans sa rigueur la plus stricte. Voy. Observance au Dict. d'Hist. et de Géogr.

OBSERVATION (du lat. observatio). 1° En Psychologie, on nomme observation externe, les sens, et observation interne, la conscience ou sens intime ( Voy. Sens et Conscience). — 2Q En Logique, Yobservation est un procédé de la méthode propre aux sciences positives. Elle consiste à considérer et à noter

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