SUBSIDE
piètent les uns sur les autres, de sorte qu'un nouvel accès arrive avant que le précédent soit terminé.
SUBJECTIF (du lat. su/jectivus). Voy. Objectif.
SUBJECTION (du lat. suhjectio), figure de pensée qui consiste à interroger l'adversaire et à supposer sa réponse, ou bien à prévoir ce qu'il pourrait dire et à fournir d'avance la réplique. On l'appelle aussi antéoccupation. Cette figure se présente souvent sous la forme du dialogisme. Voy. ce mot.
SUBJONCTIF (du lat. subjunctiims), un des modes du verbe : c'est la forme qu'il prend quand le fait exprimé dépend d'un autre fait, lui est subordonné : on donne aussi à ce mode le nom de conionctif. On oppose le subjonctif h, l'indicatif, qui affirme d'une manière positive et présente le fait comme indépendant. Un verbe au subjonctif est toujours soumis à un autre verbe, exprimé ou sous-entendu, dont il a besoin pour former un sens logique. Les verbes après lesquels on emploie généralement le subjonctif sont ceux qui marquent le doute, Vincertituile, l'irrésolution, la nécessité, la volonté, la permission, le désir, la crainte, la prière, etc. En français et dans la plupart des langues modernes, le subjonctif est presque toujours précédé de la conjonction que ou d'une conjonction équivalente. Dans les langues anciennes, le subjonctif s'exprimait par une modification dans la terminaison du verbe : exemple, amo, j'aime ; amem, que j'aime. — Les différents temps du subjonctif sont le présent, l'imparfait, la parfait ou passé et le plus-que -parfait, et dans quelques langues, le futur, qui le plus souvent se confond avec le présent.
SUBLET, Coricus, genre de Poissons acanthoptérygiens, de l'ordre des Squamodermes, famille des Labroîdcs, qu'on trouve sur les côtes rocheuses et peu profondes de la Méditerranée. Ils sont de petite taille ; leur chair est tendre et savoureuse. L'espèce type, le S. groin (C. rostratus), a été ainsi nommé à cause de son museau protractile.
SUBLIMATION (du lat. sublimare, élever), opération chimique par laquelle on volatilise et on condense à la partie supérieure d'un alambic, d'un matras, etc., des matières sèches et solides. Quand il s'agit de matières liquides ou gazeuses, on se sert du mot volatilisation ( Voy. ce mot). — Les anciens chimistes donnaient généralement le nom de fleurs aux produits de la sublimation : fleurs de soufre, d'arsenic, fleurs argentines d'antimoine. On les appelait aussi sublimés. Voy. ci-après.
SUBLIME (du lat. sublimis, élevé). En Philosophie, on appelle sublùne tout ce qu'il y a de plus grand.de plus élevé dans les sentiments, dans les actions, dans les œuvres de la nature, de l'esprit ou de l'art. — Le sublime est d'ailleurs distinct du beau : dans le beau, il y a une harmonie parfaite entre les deux éléments qui le constituent, l'idée et la forme ( Voy. Beau); dans le sublime, le spectacle d'une grandeur et d'une puissance sans limites nous fait oublier leur manifestation sensible et nous inspire le sentiment de notre faiblesse. Voy. Esthétique.
En Littérature, on distingue : le sublime de pensée, qui consiste en une idée ou une suite d'idées grandes et profondes, comme cette pensée : « Cbez les païens tout était dieu, excepté Dieu lui-môme; » 2° le sublime de sentiment, comme le qu'il mourût, de Corneille (Horace); 3° le sublime d'images, comme ce vers de Racine {Est fier) :
L'Éternel est sou nom; le monde est son ou\rage;
4* enfin, le sublime d'expression, comme cette phrase de la Cible : Dieu dit : Que la lumière soit; et la lumière fut. — Parmi les écrivains qui se sont occupés du sublime, il faut citer Longin, auteur d'un Traité du sublime (traduit et annoté par Coiloau, traduit do nouveau et publié, avec le texte grec, par M. Pujol, I853)î H. lîlair (Cours de belles-lettres), Lurkc [Essai sur le beau et le sublime), etc. En parlant du Style, on appelle style sublime un
genre de style dont les qualités propres sont l'énergie, la véhémence et la magnificence (Voy. Style) : on l'oppose^ au style simple et au style tempéré.
SUBLIMÉ, tout produit d'une sublimation.
Sublimé doux : c'est le calomel ou protochlorure de mercure. Voy. Calomel.
Sublimé corrosif: c'est le deutochlorure de mercure, sel blanc, cristallisé en aiguilles brillantes, volatil, soluble dans l'eau, d'une saveur métallique désagréable. On l'obtient en sublimant du sulfate mercurique avec du sel marin. Il est principalement employé en médecine contre les maladies syphilitiques : on le donne en solution dans de l'eau alcoolisée {liqueur de Van Swieten). On en fait aussi usage pour conserver les matières animales et les rendre imputrescibles. Dans les fabriques d'indiennes, il entre dans la composition de plusieurs mordants. Le sublimé corrosif est extrêmement vénéneux: quelques centigrammes de cette substance introduits dans l'estomac suffisent pour occasionner les plus vives douleurs et amener promptement la mort, si l'action du poison n'est pas combattue par les moyens les plus énergiques. Le blanc d'oeuf en est l'antidote le plus efficace; le sulfure ferreux récemment préparé et délayé dans de l'eau produit aussi de bons effets. Ce poison était connu autrefois sous le nom de poudre de succession, à cause du criminel usageauquel l'appliquèrent quelques scélérats : c'e^t un de ceux dont se servait la fameuse Brinvilliers. — L'Arabe Geber indiqua, dès le ix* siècle, la préparation du sublimé corrosif ; les alchimistes firent jouer à ce composé un grand rôle dans la recherche de la pierre philosopjiale. Voy. Chlorures.
SUBMERGÉ, submersible (du lat. submergere). On appelle plantes submergées, les plantes aquatiques qui fructifient dans l'état de submersion ; plantes submersibles, celles qui élèvent leurs fleurs audessus de l'eau au moment de la fécondation et se replongent ensuite dans le liquide.
SUBUÉCAHGUE (de l'espagn. sobrecarga, préposé au chargement). Ce mot désignait, dans la Compagnie des Indes, des officiers chargés de vendre, dans les comptoirs de la compagnie, les marchandises qu'elle y avait fait porter et d'y acheter celles qui leur étaient désignées. — Aujourd'hui, dans le Commerce maritime, le subrécargue est un préposé spécial choisi par un armateur pour veiller, sur le navire, a la conservation et à la vente des marchandises qu'il a chargées, pour en acheter d'autres destinées au retour, et pour recevoir le fret. Le subrécargue doit se conformer aux instructions de son armateur; il l'engage de la même manière qu'en général un commis engage son commettant.
SUBREl'TICE (du lat. subrepticius), se disait, en termes do Chancellerie, de lettres, grâces, provisions obtenues par surprise, sur un faux exposé. — 11 se dit, par extension, de toutes choses qui se font furtivement et illicitement.
SUBROGATION (du lat. subrogatio), fiction de droit par laquelle une personne ou une chose est mise a la place d'une autre. — La S. personnelle est la transmission de tous les droits et actions d'un créancier contre son débiteur à celui qui le désintéresse : cette subrogation peut être conventionnelle, bgale ou judiciaire (C. civ., art. 12i9-52; C. de proc, art. 612, 7LM, etc.). M. Mourlon a donné un excellent Traité des subrogations personnelles (1848). — La S. réelle est la substitution d'une chose à une autre, p. ex. en cas de remploi. Voy. ce mot.
SUBnOGÉ-TUTEUn. On appelle ainsi celui qui est nommé par le conseil de famille pour empêcher que le tuteur ou la tutrice ne fasse rien contre ;es intérêts du mineur, et surtout poursoutenir les droits du mineur contre son tuteur pour le cas où leurs intérêts seraient opposés. Dans toute tutelle, il y a un subrogé-tuteur (C. civ., art. 620-36).
SUBSIDE (du lat. subsidium), taxes et impositions que les peuples payent au cliof de l'Etat pour