SUBSTRUCTION
subvenir aux besoins publics. Avant que tous les impôts fussent consentis par les contribuables, comme cela se pratique aujourd'hui dans les États constitutionnels, les subsides se distinguaient de l'impôt propr. dft, en ce que celui-ci était imposé par le gouvernement, tandis que les subsides étaient réglés par la nation même et donnés de son propre gré. — Subside désigne encore un secours d'argent qu'un État donne à un autre État, son allié, en conséquence des traités faits entre eux.
Sl'BSlDIAIRK (dulat. subsidiarius), nom donné, en Jurisprudence, à ce qui n'a lieu que comme un dernier recours, une dernière ressource. On nomme conclusions subsidiaires, celles que l'on prend poulie cas où l'on n'obtiendrait, pas les premières conclusions ; moyens subndiair es, ceux que l'on fait valoir lorsque les premiers qu'on a proposés ne réussissent pas ; raison subsidiuire, une raison qui vient fortifier celles qui ont été précédemment données.
SUBSISTANCES (du lat. subsistere, subsister), se dit spécialement, en termes d'Administration, de tout ce qui est nécessaire à la nourriture et à l'entretien d'une armée. Le soin des subsistances est confié à l'intendance. — Mettre un homme en subsistance, c'est recueillir dans un régiment, dans une caserne, un soldat isolé, dont le corps est éloigné, le nourrir et le solder jusqu'à ce qu'il puisse rejoindre son drapeau.
SUBSTANCE (du lat. substantiel, de sub, sous, et stare, se tenir). En Philosophie, on nommesubstance le sujet auquel se rattachent les attributs, l'être un et identique dans lequel se produisent des phénomènes multiples et variables. — La première substance que nous connaissons, c'est nous-mêmes. En même temps que la conscience perçoit une modification, comme la pensée, elle saisit sous cette modification une substance qui est déterminée par elli et dont nous disons moi: « Je pense. » Par la mémoire, nous comparons nos états successifs et nous distinguons en nous ce qui est un et identique par opposition à la multiplicité et à la variabilité des phénomènes : ce n'est pas la somme des phénomènes, comme l'a enseigné Condillac ; c'est l'être même qui existe d'une manière continue; c'est la cause ou force permanente, manifestée par les phénomènes qu'elle produit {Voy. Ame, Cause). Universalisant le rapport qui unit ces deux termes, le motet la pensée, la raison nous élève de là au principe de substance, qui s'énonce ainsi : Toute qualité se rapporte à une substance (en Grammaire : Tout adjectif se rapporte à un substantif). — Appliqué aux phénomènes qui tombent sous nos sens, ce principe nous conduit à la conception de la substance corporelle, dont la chimie formule ainsi la permanence : Au milieu de tous les changements des co>ps, la quantité de la matière reste toujours la même {Voy. Matière). — Enfin, de l'âme et de la matière la raison nous élève à l'idée de la substance absolue, nécessaire et infinie ( Voy. Dieu); c'est à elle seule que doit s'appliquer la définition de Spinosa : ce qui existe par soi, sans avoir besoin d'aucun aut>e être pour exister. En n'admettant pas d'autre substance, ce philosophe a été conduit au panthéisme. Voy. ce mot.
Dans le langage vulgaire , le mot substance s'entend de l'être tout entier, pris avec ses qualités, et se dit de toute sorte de matière.
Substances vénéneuses. Voy. Poison.
SUBSTANTIF, se dit, en Grammaire, de ce qui a rapport à la substance (Voy. ce mot) : nom substantif, verbe substaritif. Voy. Nom et Verbe.
SUBSTITUT (du lat. substitutus), se dit, en général, de celui qui tient la place d'un autre, qui exerce les fonctions d'un autre, en cas d'absence ou d'empêchement légitime; et particulièrement des magistrats chargés de remplacer les procureurs au parquet. Les substituts sont nommés par le chef de 1 Etat : ceux des procureurs généraux doivent avoir 25 ans ; les autres, 21 ans.
SUBSTITUTION (du lat. substitutio). En Droit on
nomme Substitution, S. de biens, S. fidéicommiisaire, la disposition par laquelle on appelle à une donation un ou plusieurs donataires successivement après ce," lui qu'on a institué, de manière que celui-ci, 4U doit jouir le premier, ne peut aliéner les biens sujet, à la substitution ; dans ce cas, le donateur ou le testateur, après avoir transmis la propriété de ses biens à un tiers, le grève de la charge de les restituer à une autre personne. On nomma grevé de restitution celui qui reçoit ainsi à charge de conserver et de rendre à sa mort; et appelé celui qui doit succéder à l'héritier premier institué. Les substitutions, permises par l'ancienne législation romaine et française, sont prohibées depuis 1792 : l'art. 896 du Code civil, porte que : « Toute disposition par laquelle le donataire, l'héritier institué ou le légataire, sera chargé de conserver et de rendre à un tiers sera nulle, même à l'égard du donataire, de l'héritier institué ou du légataire. » — Cependant la loi permet certaines dispositions en faveur des petits-enfants du donateurou testateur, ou des enfants de ses frères et sœurs (art. 1048-74). La loi du 17 mai 1826, dans le but d'arrêter la division toujours croissante des biens, avait étendu cette permission à toute personne, en faveur des enfants de tout donataire ou légataire, jusqu'au 2e degré inclusivement ; mais la loi du 7 mai 1849 a de nouveau prohibé les substitutions.
La loi n'assimile pas à la substitution fidéicommissaire la disposition par laquelle un tiers serait appelé à recueillir le don, l'hérédité ou le legs, dans le cas où le légataire ne le recueillerait pas : c'est ce qu'on appelle substitution vulgaire; il en est de même de la disposition entre-vifs ou testamentaire par laquelle l'usufruit est donné à l'un et la propriété à l'autre (art. 898-99). — Rolland de Villargues, Saintes-Pès- Lescot, etc., ont traité des Substitutions.
En Droit romain, on appelait S. pupillaire, l'institution d'un héritier faite par le chef de famille, dans son propre testament, pour l'hérédité du fils impubère, soumis à sa puissance, en cas que ce fils, lui survivant, meure avant d'avoir atteint l'âge de puberté; S. quasi-pupillaire, une constitution, introduite par l'empereur Justinien, qui autorisait le père ayant un fils, un petit-fils ou tout autre descendant en démence, à leur substituer, bien qu'ils fussent pubères, un descendant, un frère ou a défaut une autre personne.
Substitution d'obligation. Voy. Novation.
Substitution de part. Voy. Part.
substitution. En Algèbre, la méthode d'élimination dite de substitution, consiste, pour éliminer une inconnue entre deux équations, à tirer de l'une d'elles la valeur de l'incon nue à élimi ner, comme si les valeurs des autres inconnues étaient connues, et à substituer l'expression ainsi trouvée dans l'autre équation (Voy. Élimination). Soit, p. ex., les deux équations : 5 x — ïy = 7 et 2x + 3y = 28 ; $x -
de la première on tire y = — — et cette expression substituée dans la seconde lui donne la forme.
ix + 3(SJ — 7)= (s.
ou après réduction : 19 x = 57. D'après cela x =
^ = 3, et cette valeur, substituée dans la première
équation, donne 15 — 2 y = 7, et par suite y = 2. — L'élimination par substitution ne convient pas seulement aux équations du premier degré ; elle s'applique toutes les fois qu'une des équations peut être résolue par rapport à l'une des inconnues.
SUBSTRATUM (mot latin formé de sub, sous, et stratus, couché), ce qui est conçu comme existant dans les êtres indépendamment de leurs qualités, et qui sert de support à celles-ci. C'est ce qui constitue la substance. Voy. ce mot.
SUBSTRUCTION (du lat. substructio), construction souterraine, construction d'un édifice sous un