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CAMP

Introduit en Europe dès 1739, le camellia n'est devenu à la mode qu'au commencement de ce siècle ; mais, depuis cette époque, les horticulteurs en ont tant multiplié les variétés, qu'on en compte auj. plus de 1,500 : une des plus jolies est le camellia douille à fleurs rouges, panachées de blanc; il y a aussi des variétés fort belles à fleurs blanches et jaunes. Le camellia demande une terre de bruyère un pu sableuse; comme il fleurit en hiver, il faut, sous le climat de Paris, le cultiver en serre ; mais, dans le midi de la France et en Italie il vit parfaitement en plein air : on le multiplie de graines, de boutures, de marcottes et surtout de greffes. — Quelques espèces se cultivent en Chine et au Japon comme plante; oléagineuses, et fournissent une huile grasse qui sert aux usages alimentaires. D'autres exhalent une odeur suave : ainsi les Chinois mêlent souvent au thé, afin de le parfumer, les pétales du C. sasanqua, dont les fleurs ont de la ressemblance avec celles du thé.

CAMELOT(du b.-lat. camelotant, de camelus, chameau), étoffe non croisée, mais forte et solide, qu'on fabriquait dans le Levant avec le poil du chameau, ou celui des chèvres du pays. Maintenant le camelot est une étoffe pure laine, ou mêlée de laine ou de poil de chèvre et d'un peu de soie, qu'on fabrique à Amiens, à Roubaix, à Neuville près Lyon età Bruxelles. En Italie, on fabrique beaucoup de camelots de soie. Le bouracan (Voy. ce mot) est une espèce de camelot commun. — Dans le Commerce, on appelle camelote les objets de pacotille qu'on fabrique en masse et qui comme le camelot, ont plus d'apparence que de valeur réelle.

CAMERA, mot italien qui veut dire chambre. Voy. Chambre et Misique.

Caméra lucida. Voy. Chambre claire.

CAMÉRALISTIQUE (du latin camerarius, camérier). En Allemagne, on a appelé Sciences camérales ou Caméralistique l'ensemble des connaissances nécessaires pour gouverner les finances d'un Etat. Il y a eu à Heidelberg une école célèbre où l'on enseignait le droit caméral ; il y avait des chaires pour le même enseignement à Halle, à Francfort, et aussi à Milan en Italie.

CAMÉRIER (du latin camerarius), nom d'une dignité eoclésiastique et d'une dignité séculière. Les C. ecclésiastiques sont des prélats de la cour de Rome attachés à la personne du pape et chargés de ses aumônes, du soin de l'argenterie, des joyaux, des reliquaires, etc.

Pour les Camêriers séculiers, Voy. chambrier.

Archicamèrier ou Archichambellan, un des grands dignitaires de l'Empire d'Allemagne. L'électeur de Brandebourg était archicamérier-né de l'Empire ; il portait le sceptre dans les marches impériales. Voy.

CIIAMBEI.I.AN.

CAMFRISIER ou camécerisier (c.-à-d. petit cerisier), Xylosteum, section du genre Lonicera, comprend tous les chèvrefeuilles dont les rameaux ne sont pas sarmenteux. Voy. Chèvrei Et ille.

CAMI2RISTE (de l'italien caméra, chambre), nom qu'on donne aux femmes de chambre des dames de qualité en Italie, en Espagne et en Portugal. A Madrid et à Lisbonne, la camareira mayor, ou première camériste, a la première charge du palais; c'est la surintendante de la maison royale.

<:AMICRLIJNGUE, nom donné, dans l'anc. Empire d'Allemagne et encore auj. à Rome, au dignitaire chargé de l'administration des finances. Voy. le Dict. ■I lh I. ri ,lr Cm ngr.

CAMION (orig. inconnue). On nomme ainsi : 1° une voiimv de roulage à 4 roues très lusses et très-solidos, et qui sert à transporter dans lesvilles les marchandises d'un grand poids ou d'un volume considérable; — 2* un petit chariot sur lequel, dans les

chantiers de construction, les ouvriers traînent les

pierres détaille à l'aide de bretelles; — 3° des épiu

-les de la plus petite' dimension; — 4* un vase de

; terre dans lequel les peintres en bâtiments délayent ' le badigeon.

CAMISADE 'du lat. eamiîa ou camisia, chemise), nom donné, en général, à toute ruse de guerre qui a pour objet de surprendre l'ennemi pendant la nuit, soit parce que l'ennemi est alors surpris en chemise; soit parce qu'autrefois, pour amortir l'éclat des armures, les assaillants revêtaient leur chemise pardessus leurs armes. La prise de Pontoise, en 1/119, fut une camisade; la bataille de Pavie.en 1524, commença par une camisade.

CAMISOLE fdu lat. camisa). Outre le vêtement du matin que tout le monde connaît, on appelle camisole ou gilet de force un vêtement qui ressemble à un gilet à manches, excepté qu'il se ferme par derrière, et que les manches, prolongées au delà des mains, sont réunies et sans ouvertures. On B'en sert pour contenir les aliénés et les malades en délire. On met aussi la camisole de force à certains condamnés pour les empêcher d'attenter à leursjours, ou de commettre des actes de violence.

CAMMi:. Voy. Came.

CAMOMILLE (du gr. gaua((U}Xovj, Anthémis, genre de la famille des Composées, tribu des Sénécionidées-Anthémidées, caractérisé par son involucre hémisphérique, ses fleurs radiées à demi-fleurons femelles et fertiles, et son réceptacle convexe et garni de paillettes. Toutes les espèces renferment une huile volatile d'odeur agréable et de couleur azurée. La C. romaine {A. nobilis) est une plante vivace à fleurs jaunes au centre, blanches à la circonférence et d'un usage populaire comme stomachique, sudorifique, antispasmodique, fébrifuge et emménagogue. Cette plante croît dans les contrées sablonneuses de la France, ainsi que la C. des champs ou Fausse camomille; mais les pharmaciens n'emploient que l'espèce cultivée, dont les capitules sont plus gros, plus pleins, et tout blancs par la transformation des fleurons en demi-fleurons. On a encore : la C. puante ou Maroute (A. cotula), préconisée contre l'hystérie et les fièvres intermittentes rebelles : on s'en sert pour engourdir les essaims quand on veut retirer le miel des ruches; la C. des teinturiers (A. tinctoria), vulg. Œil de bœuf, qui donne aux laines une teinte jaune aurore ; la C. mixte (A. mixta et Ormenis), qui croît aussi dans les champs, et le Pyrèthre (Voy. pyrèthre). — On donne à tort le nom de C. ordinaire à une Matricaire, et celui de C. de Picardie b une Crucifère. Voy. Matricaire et Caméline.

CAMOUFLET (primitiv. chaud mouflet). En termes de Fortification, un camouflet est un petit fourneau de mine ou une cavité où l'on dépose une charge de poudre destinée à détruire, par son explosion, les travaux de l'ennemi. — Donner un camouflet, c'est aussi faire pénétrer par un moyen quelconque dans les travaux de l'assiégeant une fumée épaisse pour l'étouffer, le suffoquer, ou le forcer à se retirer.

CAMP (pour champs, lieu où se place une armée pour y séjourner plus ou moins longtemps. La forme des camps varie nécessairement suivant la nature des lieux et la disposition du terrain. Cependant, chaque peuple a toujours affecté une disposition particulière. D'après la Bible, les camps hébreux étaient rectangulaires; les Grecs et les peuples de l'Orient, comme encoreauj. les Arabes, préféraient la forme circulaire ; les Romains, la forme carrée.

CAMPS romains. On distinguait les C. de marche on de passage, que l'on construisait pour les besoins dq moment, et les C. àdemeure (castra stativa), qui se divisaient en C. d'été (castra cuti l'hiver

(castra hiberna). Ces derniers, véritables fort i ■ renfermaient tous les établissements d'une ville : plusieurs villes modernes leur doivent même Leur origine* On avait rattaché a ce genre de camps les ruines nom» breuses qu'on voit encore dans plusieurs endroits de la France, et qu'on appelle communément camps le César; mais il est constant auj. que ces camps re-

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