‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des artsChapitre 231 sur 1672 · CAMPANULE · texte numérisé non relu

CAMPANULE

tranchés ont presque tous une origine celtique et qu'ils sont antérieurs à la conquête romaine. Les Romains entouraient leurs camps d'un fossé (vallum), revêtu intérieurement d'un parapet {(igger) fortifié d'une palissade : k portes répondaient aux li côtés du camp: la prétorienne, sur le devant ; la décumane, du côté opposé; la dextfe, a droite, et la sinistre à gauche. Un chemin de ceinture séparait les tentes de l'enceinte du camp, et 2 larges voies correspondant aux h portes se croisaient à son milieu. Dans la partie antérieure du camp se trouvait une place quadrarïgulàire, au centre de laquelle s'élevait le pré- 'oire ou tente du général : à droite de cette tente, était l'augurai, où se prenaient les auspices ; la moitié septentrionale servait de marché (forum), on y voyait la tente du légat (lieute ant); dans l'autre moitié se trouvait celle du questeur (trésorier de l'armée); derrière cette place, et perpendiculairement à la porte prétorienne, les tentes formaient de longues lignes (strigœ) ; chaque tente contenait 10 soldats (contubernales) sous le commandement d'un decanus. Les goujats (calories et les vivandiers (lixœ) étaient placés en dehors du camp, aux abords extérieurs (procestria). Les Romains devaient aux Grecs, et surtout au roi d'Epire, Pyrrhus, la belle ordonnance de leurs camps.

camps modernes. On distingue : le C. de rassemblement, lieu où l'on réunit tous les corps qui doivent former une armée à l'ouverture d'une campagne ; — le C. de passage, que l'on n'occupe qu'en passant ; — le C. stable ouper marient, que l'on doit occuper pendant un temps assez long; — le C. retranché, qui est entouré de retranchements et de fortifications ; — le C. volant, corps d'armée, composé surtout de cavalerie, qui tient la campagne pour inquiéter l'ennemi, l'observer, lever des contributions, etc. ; — le C de manœuvres, que l'on établit en temps de paix dans des localités propres à cet usage, pour l'instruction des troupes, et où il se fait constamment des exercices, des manœuvres, des simulacres de bataille. — Dans ces divers camps les soldats vivent ordinairement sous la tente ( Voy. ce mot) ; cependant dans les camps permanents, on remplace quelquefois la tente par des baraques { l'oy. ce mot) qui offrent un abri plus sérieux. Voy. Castramétation.

CAMPAGNE (du lat. campus, plaine). Dans l'Art militaire, on comprend sous ce nom l'ensemble des opérations (sièges, campements, marches, combats, batailles, etc.) qui ont lieu dans ie cours d'une année sous le commandement général d'un même chef, en présence de l'ennemi. — On se sert aussi de ce mot pour exprimer les services de guerre, soit sur terre, soit sur mer. D'après les lois militaires qui fixent les droits des officiers ou soldats à la retraite (Lois des 11 avril 1831 et 3 mai 1832), chaque année de service qui comprend une campagne compte pour deux ans. L n décret du 5 décembre 1851 compte comme campagnes les combats livrés à l'intérieur pour rétablir l'ordre. — Dans la Marine, le mot campagne s'applique à l'ensemble des opérations qu'exécute une escadre ou un bâtiment entre la sortie du port d'armement et la rentrée. On distingue les campagnes ^instruction ou d'évolution, d'observation, de croisière, de découvertes, etc.

CAMPAGNOL (de campagne), Arvicola, genre de petits Mammifères, de l'ordre des Rongeurs et de la famille des Rats, comprend plusieurs sous-genres : les Campagnols propr. dits, les Ondatras ou Ruts musq tés, les Lemmings et les Otomys.

Les Campagnols ont.'i ma -helières, comme le Rat, mais ils s'en distinguent par leur queue, qui est velue ; leurs pieds sans palmures, et le pouce de devant qui jest caché sous la peau. Ils se subdivisent en une vingtaine d'espèces dont les principales sont : — 1° le Rat des champs (Mus arvalis), qui n'a guère plus de 0in08 à 0m10 du long; le dessus de son corps est •brun, le ventre est d'un Manc ■•» 'e. Cet ani-

mal habite les champs, où il se pratique de petits terriers divisés en 2 ou 3 loges. La femelle fait deux portées par an, de 8 à 12 petits chacune ; aussi, malgré tous les pièges qu'on leur tend, le nombre de ces animaux malfaisants est il toujours considérable. Nonseulement le campagnol mange le grain de semence, mais il coupe le chaume quand il est mûr, le renverse â terre et vide l'épi, soit en le mangeant sur place, soit en l'emportant dans ses magasins; — 2° le Rat d'eau (Mus amphibius), commun aux deux continents, un peu plus gros que le rat ordinaire, et gris brun foncé; il vit au bord des ruisseaux pour y trouver les raiines des plantes aquatiques, dont il paraît faire sa nourriture exclusive; il y creuse un boyau peu profond, parallèle au sol et muni de plusieurs issues ; — 3° le C. des prés (Mus œconomus), célèbre par ses migrations : cet animal, qui habite la Sibérie, est un piu plus gros que le rat des champs ; il a le dos plus foncé, et la queue presque noire en dessus, tout à fait blanche en dessous. Au printemps, cette espèce se rassemble dans le Kamtchatka en troupes innombrables qui se dirigent vers l'ouest; au milieu de juillet, ces troupes arrivent sur les bords de l'Okhotsk, où elles restent jusqu'à l'hiver. Lorsqu'elles reviennent, en octobre, les Kamtchadales célèbrent leur retour par une fête : car ces animaux ramènent avec eux les carnassiers à fourrure dont ils sont la principale nourriture. Les habitations que se creusent ces campagnols consistent en une chambre garnie de mousse et de gazon, et entourée d'une foule de galeries latérales conduisant, les unes au dehors, les autres à de vastes magasins qui contiennent leurs provisions. Voy. Rat.

CAMPAN, marbre desPyrénées, qui se trouve dans la vallée de Campan, près de Bagnères-de-Bigorre.

CAMPANE (du lat. campana), nom donné : 1° en Architecture, au corps du chapiteau corinthien et du chapiteau composite, parce que ces chapiteaux ressemblent à une cloche renversée ; 2° à toute décoration, tout ornement de sculpture en manière de crépine, d'où pendent des houppes en forme de clochette, pour un dais d'autel, de trône, de chaire à prêcher, etc. — On étend ce nom à tout ouvrage de soie, d'or, d'argent filé, avec de petits ornements en forme de cloche.

CAMPANELLE (de campane), nom vulgaire du Convolvulus. Voy. ce mot.

CAMPANIFORME ou campanule (de campana), se dit, en Botanique, des fleurs dont le calice et la corolle ont la forme d'une cloche, comme les Campanules et les Liserons.

CAMPANILE (de l'italien campanile). Ce mot désigne : 1° une tour servant de clocher ( Voy. clocher) ; — 2° une petite lanterne qui termine une flèche de clocher ou qui surmonte un dôme.

CAMPANULACÉFS, famille de plantes Dicotylédones gamopétales périgynes : calice adhérent à 5 lobes égaux, corolle à 5 divisions, alternant avec celles du calice, et renfermant 5 étamines à filets élargis à leur base ; ovaire soudé avec le tube du calice. Cette famille se compose de plantes lactescentes, qui sont tantôt des herbes, tantôt, des arbrisseaux, à fleurs bleues ou blanches. - Principaux genres : Campanula(g.-type), Phyteuma, Specularia, Jasione et Wahlenbergia.

CAMPANULAIRE (du lat. campannla, clochette), Campanularia, genre d'animaux Rayonnes, de l'ordre des Polypo-méduses, renferme une quinzaine d'espèces marines, vivant d'abord à l'état fixe sous la forme de polypes à tige tantôt simple, volubile et rampante (Clyties), tantôt rameuse et non volubile (Laomédées), terminée par des clochettes, d'où se détachent bientôt de véritables méduses qui reproduiront à leur tour des polypes semblables aux premiers. Voy. Méduse et Polypo méduses.

CAMPANULE, Campanula, c.-à-d. clochette, genre type de la famille des Campanulacées, renferme des plantes herbacées, des sous-arbrisseaux et des ar-

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