‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des artsChapitre 237 sur 1672 · C AN TH ARIDE · texte numérisé non relu

C AN TH ARIDE

CANTIOUE.

quifs faits d'écorce ou d'un tronc d'arbre dont se servaient les sauvages de l'Amérique ou de l'Océanie pour naviguer sur les rivières ou sur la mer. Les Groënlandais se construisent des canots avec des fanons de baleine appropriés d'une manière convenable; — 2° à tous les bateaux de plaisance, à rames ou à voiles, tels que canots propr. dits, yoles, skifs, périssoires, etc., servant à l'exercice d'agrément appelé canotage.

CANTABILE, mot italien qui signifie chantant. On appelle ainsi une pièce de musique vocale, d'un mouvement lent, dans laquelle une mélodie simple se développe avec grâce et douceur, en se prêtant aux meilleurs effets du chant. Le cantabïle forme ordinairement la première partie des grands airs d'opéra. — On se sert quelquefois du mut çantabik pour indiquer le mouvement d'un morceau de musique instrumentale et le caractère de sa mélodie.

CANTALOUP (de Cantahtppo, villa des papes, près de Rome), excellente espèce de melons, à côtes saillantes et rugueuses, qui est originaire! de l'Italie. Les meilleures variétés sont : le C. orange, petit, rond, à côtes, fond vert clair ou brun, chair orange, un peu ferme ; il esttrès-hàtif; le C. fin hâtif, également précoce, encore plus petit, à côtes très-marquées, légèrement brodées, chair rouge et fine ; le G, noir des ( 'armes, rond, d'un vert noir, côtes unies et peu enfoncées, chair rouge, vineuse et fondante; leÇ. petit Prescott, un peu aplati, à fond brun foncé, portant une cocarde avec un point saillant au centre, côtes galeuses, chair rouge excellente : il est hâtif; le C. gros Prescott, robe noire ou blanche, aplati, plus gros que le précédent.

CANTARE, mesure de liquides en Portugal, vaut 8 lit., 27 centilitres : c'est la moitié de Yalmud.

CANTATE (de l'ital. cantata). Ce mot désigne à la fois une œuvre musicale et une composition poétique qui s'unissent le plus souvent. — En Musique, la cantate se compose ordinairement d'une ou plusieurs pièces qui comprennent des récitatifs, des airs, des duos, des trios et même des chœurs ; le tout accompagné du piano, d'un quatuor ou de l'orchestre ; c'est, en un mot, un opéra en petit, dans lequel le compositeur peut mettre en usage toutes les ressources de l'art. On distingue : la C. profane, pour les concerts ou la musique de chambre; et la C. sacrée, pour l'Église(Fby. Oratorio). — En Littérature, ia cantate, fort voisine de l'ode, est un petit poème lyrique, propre à être mis en musique.

La cantate fut mise à la mode en Italie au xvne siècle, et passa en France au commencement du siècle suivant. Morin l'introduisit dans la musique etJ.-B. Rousseau dans la poésie ; il y excella dès le début : tout le monde connaît sa cantate de Circé. Peu après, L'usage de la cantate, en tant que composition musicale, se répandit en Angleterre et en Allemagne, et c'est dans ces deux pays qu'ont été composées les plus s i antates(fô Création, d'Haydn, et VArmide, de Beethoven). Auj.,la cantate a passé de mode pour les concerts, si ce n'est en Allemagne. — Dans les cons rvatoires, on donne souvent une cantate à mettre 6 i musique aux jeunes gens qui concourent pour les prix de composition musicale.

CANTATRICE. Voy. Chantecr.

CANTHARELLUS, sorte de champignon. Voy.

Cil INTF.REI.LE.

i : A Mil ARIDE ;du gr. xavOapî:), Lytta, genre d'Insectes, de l'ordre des Coléoptères hétéromères, famille des Trachélides, dont le corps, oblong, brille d'une belle couleur verte à reflets dorés. L'espèce la plusimportanteestlaC vèsicante, y \ù%. Mouche d'Espagne ; elle est très- commune en Espagne, en Italie et même en France, et vit en familles nombreuses sur le frêne, le lilas et le troëne, dont elle dévore les feuilles. On récolte les cantharides au commencement de l'été, et après les avoir soumises, sur un tamis de crin, aux vapeurs du vinaigre; ou de l'ammoniaque, on les fait sécher au soleil et on les con-

serve dans des bocaux bien hermétiquement bouchés.— Prise à forte dose, lacantbaride est un poison acre et très-dangereux. La médecine emploie lapoudre de cantharides, soit extérieurement, comme épispastique ou vésicantf Voy. Vésicatoire) ; soit à l'intérieur dans le traitement de l'épilepsiè et de diverses maladies des voies urinaires ; on en a aussi fait usage comme aphrodisiaque et comme abortif ; mais c'est le plus souvent un moyen aussi infructueux que funeste. On conjure les accidents nerveux et toxiques qui peuvent résulter de l'usage des cantharides au moyen du camphre, seul ou associé à l'opium. — Les cantharides doivent leurs propriétés à un principe particulier, d'une grande énergie, qu'on appelle cantharidine. C'est une substance blanche, en lames micacées, volatile, insoluble dans l'eau, soluble dans l'alcool chaud et les huiles grasses, dont la formule est C5H'02. Elle est si vésicante qu'un demi-milligramme, placé sur une muqueuse y produit bientôt une large phlyetène ; elle est vénéneuse à la dose de 5 centigrammes. La cantharidine a été isolée en 1810 par Robiquet.

CANTHARUS,CANTHARE(dugr.y.àvQxpoç), sorte de coupe à deux anses. La coupe en sardonyx, dite coupe de Ptolémée ou rase de St-De/ris, est un canthare.

CANTHÈRE (du lat. cantharus), genre de Poissons acanthoptérygiens, de l'ordre des Squamodermes, famille des Sparôïdes, caractérisés par un corps ovale, une bouche étroite, un museau à peine protractile, et par une rangée de dents en velours ou en cardes. On en connaît 12 espèces, dont h originaires, de la Méditerranée : on en pèche sur les côtes de la Normandie, qu'on appelle vulg. Brèmes de mer. La chair des canthères est assez estimée : elle est blanche et légère comme celle des bars.

CANTHUS (du gr. xav66.:), l'angle de l'œil ou la commissure des paupières. On nomme grand contint*, la commissure interne des paupières, celle qui est voisine du nez; et petit canthus, la commissure externe, qui est dirigée vers la tempe.

CANTICU5I. On appelle ainsi, dans les comédies latines, les passages que l'histrion, resté seul sur le proscenium, chantait ou déclamait au son des flûtes : c'était un reste du chœur des comédies grecques.

CANTILÈNE (de l'ital. cantilena). Ce mot s'appliquait autrefois à la musique mondaine pour la distinguerde la musique d'Église : on opposait cantilène à motet Voy. ce mot1 : auj., il est synonyme de chanson, romance, et se rapporte le plus ordinairement à une mélodie douce et agréable.

CANTINE (de l'ital. cantina, du lat. quint ana, même signification), nom donné dans les hospices, les casernes, les prisons, à l'endroit où l'on vend aux vieillards, aux soldats et aux prisonniers, l'eau-de-vie, lç tabac et toutes les marchandises dont ils ont besoin.. — C'est de ce mot qu'est dérivé celui de cantinière,

Tabac de cantine. Voy. Tabac.

CANTIQUE (du lat. canticum), hymne religieux que l'on chante en l'honneur de la Divinité. Les plus anciens cantiques furent composés à l'occasion de quelque événement mémorable ; tels sont ceux qu'on trouve dans la Bible :p. ex. dans l'Ancien Testament, le cantique que Moïse composa après le passage de la mer Rouge [Cantemus Domino), celui deDéboraaprès la défaite de Sis&r a {Qui sponte , celui de Judith (Laudate Dominion), et celui de David à la mort de Saûl (Considéra, Israël}; dans le Nouveau Testament, le cantique de Zacharic {benedictus Dominas); celui de Siméon (Nunc dimiitis), et celui delà sainte Vierge (Magnificat). Ces sept cantiques sont appelés canoniques, et sont les seuls qu'admette l'Église catholique. Le Te Deum est d'origine moins ancienne : on l'attribue à St Augustin ou à St Ambroise. — Chez les Hébreux, les cantiques étaient souvent chantés avec des chœurs de musique, et accompagnés de danse. — Auj. on nomme, en général, cantique tout ce qui se chante à l'église en langue vulgaire. On donne spécialement le nom de C. spirituels à des

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