CAPE
caoutchouc entre dans la composition de la glu marine, qui est employée dans les constructions maritimes et pour le calfatage des navires.
Le caoutchouc n'est connu en Europe que depuis un siècle. Un nommé Fresneau en fit la découverte à Cayenne vers 1730, et La Condamine en donna, en 1751,1a première description scientifique. L'invention des tissus imperméables en caoutchouc est due aux Indiens. Grassart appliqua le premier le caoutchouc à la confection des tubes [1791J. Nadler imagina vers 1820 de faire des fils de caoutchouc et donna ainsi naissance à l'industrie des tissus élastiques. Mackintosh inventa les tissus imperméables. La vulcanisation, découverte en 1839 par Hancock, fut successivement perfectionnée par Burke, Rattier et Guibal, Aubert et Gérard, etc. ; enfin le csoutcliouc durci est dû à l'Anglais Goodyear. Grâce à tous ces efforts, l'industrie du caoutchouc prend tous les jours un développement de plus en plus considérable.
Caoutchouc fossile, substance qui a une certaine analogie avec la gomme élastique et qui se trouve dans les mines de plomb du Derbyshire, accompagnée de matières résineuses et de bitume en globules; dans les dépôts charbonneux de Montrelais (Loire-Inférieure), etc.
CAP (du latin, caput, tête). En Géographie, on nomme cap une pointe de terre qui s'avance dans la mer; si cette pointe est élevée, elle prend le nom de promontoire.
En termes de Marine, cap signifie l'avant du bâtiment, la proue, ou plutôt la direction du navire vers un point quelconque. Ainsi, dire qu'un bâtiment a le cap au nord, c'est dire qu'il se dirige vers le nord ; mettre le cap sur un point, c'est se diriger vers ce point ; virer cap pour cap, c'est faire tourner complètement le navire sur lui-même jusqu'à ce que la proue se dirige sur le point opposé. — Cap de compas, trait vertical marqué en dedans de l'espèce de cuvette où est enfermé le compas {Voy. Boussole); il se trouve, avec le pivot sur lequel tourne la rose des vents, dans une ligne droite parallèle au grand axe du bâtiment, et détermine sur la rose l'aire de vent de la route, en même temps qu'il indique où est le cap, c'est-à-dire l'avant du na*ire. — Cap de mouton, bloc en bois, de forme ronde et percé de trois trous en triangle pour le passage des rides de haubans.
CAPACITÉ (du lat. capacitas), se dit, en Géométrie, du volume des corps qui prennent la forme des vases où on les met, comme les liquides et les grains : c'est en ce sens qu'on dit mesures de capacité. Quelquefois on l'emploie simplement comme synonyme de volume : ainsi l'on dit la capacité d'une chambre.
Dans tout système de Poids et mesures, les mesures de capacité se distinguent des mesures de volume en ce que les premières s'appliquent aux corps dont le mesurage s'effectue à l'aide de vases de forme spéciale, tels que les liquides, les grains, les farines, etc., tandis que les secondes s'appliquent à tous les autres corps. — Dans le Système métrique, l'unité principale de capacité est le litre, dont les multiples usités sont : le décalitre (10 litres) et l'hectohtre (100 Mtres), et les sous-multiples : le décilitre (10e de litre) et le cenhhtre (100e de litre). — Les mesures de capacité de l'ancien système français étaient, pour les liquides : la pinte (0 lit., 931) ; la velte (8 pintes); le quartaut (9 veltes) ; la feuillette (2 quartauts); la pinte elle-même se décomposait en deux chi>j Pourlesmatièressècheson employait : \ehtron 0\it., 813) ; le boisseau (16 litrons); le setier (12 boisseaux). — En Angleterre, l'unité principale de capacité est le gallon impénal ,4 lit., 548), qui se décompose en 8 pintes; le peck vaut 2 gallons; le boisseau on bushel vaut U pecks ou 8 galions ; le sack, 3 boisseaux ; le quarter, 8 boisseaux, et le chaldron, 12 sacks. — En Autriche, les mesures sont pour les liquides : Yeimcr (14 lit., 15), le viertel (quart d'eimer) ; le muas k10e de riertel); le seitel (quart de maas); le fuder (32 eimers) ; pour les solides : le metzefQl lit., 5) ; le viertel (quart
de metze); l'ac/del (demi-viertel) ; le mut/r?7iassel (demi-achtel) ; le fuaermassel (demi-muthmassel); et le becker (8e de fudermassel). — En Prusse on emploie pour les liquides : Yeimer (68 lit., 7) ; Yanker (demi-eimer) ; le maas(ZQ' d'ankei) ; Yohm (2eimers) ; Yoxhoft (3 eimers) ; et pour les solides : le viertel (1 lit., 148) ; le metze (3 viertels) ; \escheffel(M> metze) et le tonneau (4 scheflels). — N. B. Il est à remarquer toutefois qu'en Angleterre et dans l'Allemagne du Nord ces mesures ne tarderont pas à être remplacées par des mesures métriques (Voy. Métriqub [Système]). — En Espagne, on emploie pour les matières sèches : le fanega qui vaut 56 lit., 351, et pour les liquides, Yarrobe, qui vaut 16 lit., 133, etc.
En Chimie, dans l'ancienne théorie dualistique, on appelait capacité de saturation d'un acide le rapport qui existe entre la quantité d'oxygène contenue dans cet acide et la quantité d'oxygène renfermée dans les bases qu'il sature pour former des sels neutres.
En Physique, la capacité d'un corps pour la chaleur est la disposition particulière ue ce corps à exiger plus ou moins de chaleur pour éle\er sa température.
capacité. En Psychologie, on a nommé capacité l'aptitude de l'âme à éprouver des modifications passives. Voy. Facultés.
En Droit, la capacité est l'aptitude à être le sujet de droits ou d'obligations. Elle n'appartient en principe qu'aux Français ; elle peut être restreinte par suite de pénalités ( Voy. Contdmace, Dégradation civique, Interdiction légale) ; — à raison de l'âge (incapacité démineur); — de l'infirmité de la raison, ou d'une prodigalité excessive (incapacité de l'interdit et du prodigue); — de la dépendance de certaines personnes (incapacité de la femme mariée). — Le défaut de capacité peut être absolu ou relatif, suivant qu'une personne ne peut s'obliger aucunement, ou ne peut s'obliger envers certaines personnes déterminées ^ ainsi la vente est défendue entre époux). Voy. Incapacité.
Dans l'Administration, capacité s'entend de l'aptitude à remplir certaines fonctions : c'est en ce sens qu'on appelle brevet de capacité le diplôme d'instituteur, certificat de capacité le certificat délivré à un étudiant en droit qui aspire au titre d'avoué ou de notaire, etc.
capacités (les). Ce mot, dans le Langage politique, désigne certaines positions sociales qui rendent capable d'exercer certains droits, notamment le droit électoral. Avant 1848, le cens donnait seul le droit d'élire les députés, et les partisans de la réforme électorale demandaient que ce droit fût étendu à toutes les professions libérales (avocats, médecin?, magistrats, notaires, professeurs, etc.) : c'est cequ'on appelait Yadjonction des capacités. L'établissement du suffrage universel ( Voy. ce mot) a dépassé les vœux des réformistes.
CAPARAÇON (mot espagnol, augment. de cape), riche couverture d'étoffe pour le cheval, qui couvre le poitrail et le dos de l'animal. Les chevaliers déployaient un grand luxe dans le caparaçon ; il était armorié, accompagné de fourrures, bordé de franges ou de crépines. On retendait sur les bardes du destrier, sur l'armure du cheval de bataille, etc.
CAPE (pour chape), vêtement de dessus, long et sans manches, avec un capuchon pour couvrir la tête. La cape était jadis l'habit commun de toutes les classes de la société.
L'expression n'avoir que la cape etl'épée signifiait dans l'origine combattre à poitrine découverte san> autres armes que son épée et sa cape roulée autour du bras gauche; mais avec le temps ce mot exprima outre l'idée de bravoure celle de pauvreté militaire, puis celle de duelliste et d'aventurier : de là les romans dits de cape et d'épée, c.-à-d. d'aventures.
Dans la Marine, on dit qu'un vaisseau met à in cape, quand il se dispose à supporter un coup de vent. Pour cela, le navire presque à sec de voiles