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CARBONIQUE

CARBYLAMINES.

de l'acide sulfurique, et dirigeant le mélange gazeux d'acide carbonique et d'oxyde de carbone dans une lessive de potasse qui n'absorbe que l'acide carbonique. L'oxyde de carbone est un gaz délétère : respiré en certaine quantité, il provoque la perte du sentiment, le vertige, une débilité extrême, des douleurs aiguës dans les différentes parties du corps, et détermine une asphyxie complète, suivie assez promptement de la mort : c'est spécialement à lui que sont dus les accidents produits par les réchauds allumés dans les lieux clos. Il se combine directement au chlore pour donner le gaz phosgène ou oxychlorure de carbone également dangereux à respirer. — L'oxyde de carbone a été découvert par Priestley, mais ce n'est qu'en 1802 que la nature de ce gaz futreconnue,à peu près en même temps, par Cruikshank en Ecosse, et par Clément et Desormes en France.

CARBONIFÈRE ou carboniférien (étage), nom donné, en Géologie, à celui des étages paléozoïques, qui succède à l'étage dévonien, et qui précède l'étage permien. On lui donne souvent le nom de terrain houiller, parce que partout il renferme de très-riches dépots de houille: il faut remarquer toutefois que la houille ne s'y trouve pas exclusivement et qu'elle se trouve aussi dans d'autres terrains. — Les dépôts de cet âge qu'on observe autour du plateau central, dans les dép. de Saône-et-Loire, Creuse, Allier, Corrèze, Puy-de-Dôme, Loire, Aveyron,sont purement terrestres. Ils sont formés de grès houiller dans lequel on trouve souvent des troncs d'arbres tout entiers, de schistes feuilletés bitumineux que l'on exploite pour l'extraction du pétrole, etdecouchesde houille, quelquefois très-puissantes (13m à St-Aubin). Ailleurs l'étage houiller est formé de dépôts marins et terrestres alternant entre eux. Tels sont les dépôts houillers de la Sarthe, du Pas-de-Calais, du Nord, et d'une partie de l'Angleterre, de la Belgique et de la Prusse rhénane. Enfin dans certaines localités il est purement marin, a Roanne, p. ex., et dans toute la Bolivie. — L'étage carbonifère présente une faune des plus riches et des plus variées : on y connaît plus de 100 espèces de poissons, des reptiles gigantesques, et un très-grand nombre de mollusques (Nautiles, Orthocératites, Aganides, Bellérophon, Straparolus,p.tc.). Mais sa flore surtout est d'une grande richesse. Les plantes qui la composentsont généralement de grands cryptogames acrogènes, parmi lesquels il faut citer: les Xcvroptéris, les Pécoptéris, les Lépidodendron,\es Calamités, et des dicotylédones gymnospermes (Astérophyllites, Anriularia, Stigmaria, Walchia, etc.).

CARBONIQUE (acide), combinaison de carbone et d'oxygène dans les rapports de CO- ; gaz incolore, d'une densité de 1,5, impropre à la combustion et à la respiration des animaux, rougissant légèrement le tournesol, sans odeur et d'une saveur aigrelette. On peut le liquéfier et même le solidifier à l'aide d'une forte pression : en mélangeant cet acide solidifié avec de l'éther et en soumettant le tout à une rapide évaporation on a obtenu la température la plus basse connue, 110° au-dessous de zéro. On obtient l'acide carbonique en versant un acide sur du calcaire, du marbre ou de la craie. C'est un des corps les plus répandus dans la nature; il se produit par la combustion de toutes les matières organiques, ainsi que par la fermentation et la putréfaction de ces substances; les animaux l'exhalent dans l'acte de la respiration. Il se trouve mêlé à l'air atmosphérique dans la proportion de quelques dix-millièmes. Il se rencontre dans diverses cavités ou grottes des pays volcaniques, p. ex., dans la célèbre Grotte, du Chien, près de Naples; on le trouve en dissolution dans beaucoup d'eaux minérales acidulés, comme celles de Seltz, de Vichy, de Spa; c'est lui qui fait pétiller et mousser le vin de Champagne, la bière, le cidre, les limonades gazeuses. Il existe aussi au fond des puits, dans l'intérieur des mines et des carrières ; toutes les cavités des terrains calcaires sont remplies de gaz acide carbonique. Enfin, en combinaison avec la chaux, la

magnésie et plusieurs autres oxydes, il constitue un grand nombre de minéraux, et souvent des montagnes entières; la craie, le marbre, la dolomie, la pierre à chaux, le fer spathique, etc., sont des carbonates. C'est cet acide qui, avec l'oxyde de carbone, détermine l'asphyxie produite par la combustion du charbon dans les lieux clos. — Paracelse et Van Helmont s'aperçurent les premiers que, dans certaines circonstances, il s'échappe un gaz de la pierre calcaire; ils lui donnèrent les noms d'esprit des bois, esprit sauvage, gaz sylvestre, ou simplement de gaz. Fréd. Hoffmann en constata la présence dans les eaux minérales. Black reconnut en 1755 que le gaz des calcaires est identique aux gaz provenant de la combustion du bois et de la fermentation. Priestley et Bergmann en reconnurent la présence dans l'atmosphère, et lui donnèrent le nom â'air fixe. Lavoisier en établit la composition en 1776, et lui donna le nom qu'il porte encore aujourd'hui. Faraday l'obtint le premier à l'état liquide en 1823, et Thilorier parvint à le liquéfier en 1835.

CARBONISATION, destruction des matières organiques à l'abri de l'air, de manière qu'elles laissent pour résidu du carbone plus ou moins pur. — Le charbon végétal qu'on emploie comme combustible se prépare par la carbonisation du bois. Cette opération se pratique au sein des forêts ; elle consiste à former, à portée des tas de bois abattus, des pyramides de bois, en forme de cônes tronqués, au centre desquelles on ménage un espace vide pour y mettre le feu ; on recouvre ces bûchers d'une couche de feuilles sèches ou de gazon, sur laquelle on applique de la terre bien battue, en laissant au bas quelques ouvertures pour faire entrer l'air; on met le feu, et quand la masse est bien embrasée, on bouche toutes les ouvertures, afin que la combustion se continue d'une manière lente, et que le bois, à l'abri des courants d'air, se convertisse peu à peu en charbon. Le rendement du bois en charbon peut varier de 65 0/0 au plus à 17 au moins. En général, plus la marche de l'opération est lente, plus le rendement est fort. — L'idée de carboniser le bois est fort ancienne ; Théophraste en donne une description détaillée. Les Chinois carbonisent le bois dans des fours souterrains. Lebon imagina le premier, vers 1785, de carboniser le bois en vase clos, pour obtenir à la fois du charbon, des gaz combustibles, du goudron et du vinaigre de bois. Son procédé, perfectionné depuis par Mollerat, Kurtz et Lhomond, est très-répandu aujourd'hui.

Carbonisation de la houille. Voy. Coke.

Carbonisation de la tourbe. Voy. Tourbe.

CARBONITE, matière compacte noire, non cristalline, mais qui a toutes les autres propriétés du diamant, et souvent même plus de dureté que lui. Elle est presque entièrement formée de carbone pur, et l'on peut dire que c'est du diamant amorphe. On s'en sert à l'état de poudre dans la joaillerie pour tailler le diamant et les pierres fines.

CARBURE, combinaison neutre du carbone avec un corps quelconque, autre que l'oxygène. — Les C. d'hydrogène sont très-nombreux, et se présentent sous les formes les plus variées. Le caoutchouc, un grand nombre d'essences, le naphte, le pétrole, le gaz de l'éclairage, le gaz des marais, etc., ne sont que des combinaisons de carbone et d'hydrogène. Voy. Hydrocarbure.

Carbure de fer ou Fer carburé. Voy. Fer, Fonte et Acier.

CARBYLAMINES, nom générique d'une classe de corps isomériques avec les éthers dits cyanhydriques ou nitriles ( Voy. ce mot). On les obtient en traitant les éthers iodhydriques par le cyanure d'argent Ils diffèrent des nitriles en ce que par leur hydratation ils produisent le formiate d'une aminé ( Voy. ce mot), tandis que les nitriles donnent un sel ammoniacal à acide gras. — Ces corps, doués d'une odeur des plus pénibles, produisent des nausées et de l'abatte-

CAUDE.

CARDINIE.

ment, s'unissent enorgiquement aux acides, s'oxydent activement, etc. Ils ont révélé aux chimistes qu'il fallait, parmi les produits dérivés du cyanogène, distinguer deux classes de corps, les uns où existe ie radical C== Az, les autres où existe le radical G =Az. Ils ont été découverts en 1866 par ML A. Gautier dans la série grasse, et en 1807 par M. W. Hoffmann dans la série aromatique.

CARCAISSE (pour carcasse ou carquois), nom donné, dans les Verreries, au fourneau dans lequel on recuit le verre pour lui donner plus d'élasticité et de solidité.

CARCAJOU, espèce de Blaireau. Voy. Biaireaui CAKCAX (du b.-lat. carcanum), cercle de fer au moyen duquel on attachait à un poteau les criminels condamnés à la peine de l'exposition (Voy. Exposition). La peine du carcan fut mise en 1719 au nom bre des peines afflictives. D'après le Code pénal, cette peine devait toujours accompagner celles detravaux forcés et de la réclusion. L'emploi du carcan, qui avait déjà dispara de fait dès 1832, a été définitivement aboli avec la peine de l'exposition par un décret du 2 mars 18/|8.

CARCERE DURO, c.-à-d. prison dure, système pénitentiaire employé en Autriche. Voy. Prison.

CARCÉRULE (dimin. de carcer), se dit, en Botanique, de tout fruit sec à plusieurs loges et indéhiscent, comme celui du tilleul, du frêne, de l'orme. CARCHARIAS 'du gr. xapxaptcc;), nom latin du Requin. Voy. ce mot.

CARClS" (du gr. xccpxtvo;), Carcinus, genre de Crustacés décapodes brachyures, famille des Cyclométopes, tribu desPortuniens, caractérise par une carapace plus large que longue, fortement dentée sur les côtés, et par son plastron sternal plus long que large et fortement rétréci en arrière. L'espèce type estle C. enragé ou Crahe coaimun [C. marnas), qu'on a préconisé comme spécifique contre la rage : il est très-répandu sur nos côtes, où on le trouve entre les pierres ou dans le sable. Il sert d'appât pour la pèche lorsqu'il est à l'état mou. On en expédie beaucoup à Paris, bien que la chair en soit peu délicate. CARCINOME (du gr. xapxCvuua), mol qui a été employé dans des sens divers par les pathologistes, est synonyme tantôt de cancer, tantôt de sqiurre. Voy. ces deux mots. CAROAGE. Voy. Carde.

CARDA MINE 'du gr. xap5au,(vr]), Cardamina, genre de la famille des Crucifères, tribu des Arabidées, renferme des plantes herbacées, à fleurs bleues ou roses, à feuilles de forme très-variée, qu'on trouve pour la plupart dans les endroits humides, les prés7, les bois, etc. L'espèce la plus intéressante est la Ç. des p es ou Cresson élégant, qui passe pour antiscorbutique, et qu'on mange en salade. On en cultivi plusieurs variétés dans les jardins.

CARDAMOME du gr. xap8ip*>u,ov), Cardamomu, n, espèce du genre Amomc, qui croît aux Indes et qui a joui longtemps d'un.' grande réputation en

médecine, i cause de ses graines ar atiques qu'on

employait comme stimulants. On distinguai) le Grand, le Uoyen el ie Petit Cardamome. Voy. taons.

CARDE (du lat. cardan*, chardon . Ce mol désigne proprement les tètes épineuses de la cardère à foulon : oy. ci-après), qu'on emploie pour carder la laine; il est en outreappliqué à une espèce de brosse garnie de dents de fer implantées dans une lanière dacuir fort épais, dont on se Berl pour Béparer les brins de laine, de coton ou de tonte autre substance filamenteusej pour les disposer à la filature ou a d'autres usages. Tantôt ces cardes sont appliquées sur de pentes planches en bois armées d'un manche, comme tes cardesà main dent se servent les cardeurs de ma-

M"»8; tantôt, coin dans les cardes cylindriques en

usage dans les grandes filatures, elles consistent eh deux rouleaux hérissés de petites dents de fer. el tournant en sens contraire.

Eu Horticulture, on appelle carde la Cdte OU ner-

vure médiane des feuilles du cardon et de la poirée: on en fait des platsestimés, après les avoir blanchies. i oy. Bette et Caki on.

CARDÈRE (de carde), Dipsacus, genre type delà famille des Dipsacées, renferme de grandes herbes ayant le port des chardons, des tiges anguleu hérissées d'épines, a feuilles opposées, à fleura réunies en tètes comme les scabieuses. On en connaît plusieurs espèces, toutes bisannuelles, qui croissent naturellement en France: la C. sauvage(D. fylvestris), vulg. Cabaret des oiseaux, aux fleurs d'un bleu ure; la C. féroce '/>. ferox), à fleurs rose-lilas et qui porte des aiguillons très-piquants; la C. pot lue I). pilosus), ou Verge du pasteur, à fleurs blancjaunâtre; la C. à [union D. fulonum) ou Chardon bonnetier, que l'on emploie pour carder la laine à l'aide des petits crochets qui terminent les paillettes de ses fleurs : cette dernière se cultive en grand en Normandie, en Picardie et dans le midi de la France pour les besoins des manufactures.

CARDIA (du gr. y.apôîa), désigne exclusivement auj. l'orifice supérieur de l'estomac [Voy. ce mot) : autrefois, il signifiait aussi le cœur.

CARDIALGIE, douleur d'estomac. I". Gastralgie.

CARDIAQUE, qui appartient au cœur ou à l'estomac. On appelle artères cardiaques, deux artères qui naissent de l'aorte immédiatement au-dessus des val vulcs sigmoïdes ; et veines cardiaques, plusieurs veines qui toutes s'ouvrent dans l'oreillette droite par un seul orifice ; — nerfs cardiaques, les 6 nerfs du cœur, t rois de chaq ne côté, formés par les ganglions cervicaux correspondants; — plexus cardiaque, l'entrelacement nerveux formé par les nerfs cardiaques, derrière la crosse de l'aorte, près de l'origine de cette artère;

— orifice cardiaque, le cardia ( Voy. ce mot;; — fièvre cardiaque, la gastralgie (Voy. ce mot). — Quelquefois on le prend pour synonyme de cordial ou réconfortant. Voy. Cordial.

GARD1AQI l', plante. Voy. A.GRIPAUHB.

CARD1DEES, famille île Mollusques acéphales, de l'ordre îles < trthoconquesintégropalléales, a p ur type le genre Cardium Bucarde . Voy. Cardiok.

CARDINAL, grand dignitaire de l'Église romaine. (Voy. le Dut. a'Hist. et de Géogr.). — Les cardinaux français sont de droit sénateurs. Voy. SÉNAT.

cardinal, nom vulgaire par lequel on désigne plusieurs oiseaux dont le plumage est de couleur i tels sont: le C. d'Amérique, ou Tangara rouge( l'oy. l 'ANGARA : leC. du Cap, le C. dominicain et leC. huppé, espèces de Gros-becs; le C. carlscronien, t de Bouvreuil; le C. commandeur ou Troupiale, etc.

— Le nom de Cardinal désigne encore plusieurs poissons de couleur rouge, l'Holocentre, p. ex.; un mollusque du genre Cône; un papillon du genre Ari/i/iuir, etc.

l'.u Botanique, on appelle Cardinale une espèce du genre Lobélie, un Glaïeul, une Sauce, etc.

Les ConchyliologisteB nomment dents cardinales les dents principales de la charnière, dans les coquilles bivalves.

En Murale, les anciens distinguaient quatre vertus cardinales, c.-k-d. principales, qui comprennent tou tes les autres Ha Prudence, la Justice, la Force el la Tempérance Voy. Vertus). — La Théologie chrétienne, en adoptant cette divi >ion, y a ajouté les trois vertus théologales, la Foi, l'Espi ranoeetla Charité.

En Astronomie, on appelle points cardina quatre peints les plus diamétralement opposes de ri o-

ri/.on : le Nord et le Sud, l'Est et l'Ouest ; , t

cardinaux du Zodiaque, les signes dans lesquels entre le soleil au début de chaque saison : ce sont le

Bélier, le Cancer, la Balance et le Capricorne. < AiiniMt . Cardinia, genre de Mollusques phales, de l'ordre des Orthoconques intégropall famille des Carditidéea : coquille épaisse et t] métrique, lisse, et à lunule oxca\ee; charnière pourvue il une denl cardinale peu marquée, et d'une dent latérale très-écai tée de chaqu Cardinies,

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