‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des artsChapitre 247 sur 1672 · CARLIN · texte numérisé non relu

CARLIN

dre des Échassiers, voisins des Hérons, est remarquable par ses tarses longs, ses doigts courts, son bec convexe et voûté, sa mandibule supérieure terminée par un croebet, sa queue assez longue, à 12 rectrices. Le C. huppé du Brésil ou C. de Margrave, la seule espèce connue, est un bel oiseau de près d'un mètre de long, d'un gris roux piqueté de brun, orné d'une huppe de plumes roides sur la tête, et très-farouche ; sa voix est forte. 11 se nourrit de reptiles et d'insectes.

CARIATIDES. Voy. CAnYATinES.

CARICATURE (de l'ital. caricatura, charge). La caricature existait déjà chez les anciens : on en a trouvé des exemples dans les ruines d'Herculanum et de Pompéi ; mais c'est dans les temps modernes qu'elle a pris le plus d'extension. Les querelles religieuses et politiques enfantées par la Réforme et la Ligue lui fournirent de nombreux sujets; il parut dès 1565 un recueil de 120 gravures de songes drolatiques dont l'idée est attribuée à Rabelais, et qui sont peut-être les plus anciennes caricatures qui aient été faites chez nous ; la Fronde, les règnes de Louis XIV et de Louis XV surtout, y donnèrent aussi une ample matière; à partir de 1789 et pendant toute la période révolutionnaire, la caricature jouiten France d'une licenceincroyable. Réprimée sousl'Empire, elle reparutsous la Restauration, etfinitparavoir ses journaux spéciaux, paraissant à des époques régulières, tels que la Silhouette (1829-30), la Caricature (octobre 1830-32), enfin le Charivari, fondé en décembre 1832 ; ce dernier, outre la caricature politique, a toujours cultivé la caricature de mœurs, et, sous ce rapport, le Journal pour rire, Y Eclipse, ainsi que plusieursautres publications analogues lui font une vive concurrence. Charlet, Philippon, IL Monnier, Pigal, Dévéria,Grandville,Gavarni,Daumier,Traviès,Cham, Bertall, Gill, Crafty, etc., sont de nos jours les principaux artistes en ce genre. Parmi les plus célèbres caricaturistes anciens ou étrangers, il faut citer surtout Callot, auteur de la Tentation de St Antoine, des Misères de la guerre et des Gueux contrefaits ; le Suisse Holbein, qui a fait la Danse macabre et une suite de caricatures pour l'Eloge de In Folie d'Erasme; l'Espagnol Goya, etc.; en Angleterre, Hogarth au siècle dernier et de nos jours Gilray, Bunbury, Cruikshank et les caricaturistes du Punch, journal dont la réputation égale celle de notre Charivari. — Voir : Th. Wright, History of caricature and grotesque in literature and art Lond.,1845) et Champfleury, Histoire de la caricature antique (Paris, 1865).

La gravure n'a pas seule le privilège de la caricature : tout le monde connaît les statuettes de Dantan jeune, dont la collection a reçu le nom de Panthéon charivarique.

CARIE (du lat. caries), ulcération des os. On distingue : la C. sèche ou nécrose (Voy. ce mot) et la C. humide ou carie propr. dite. C'est une des terminaisons de l'ostéite ( Voy. ce mot) ; l'os atteint de ci' mal se gonfle, s'ulcère, et il s'établit uni! suppuration abondante, qui a son siège principal dans la partie spongieuse de l'os : lorsqu'on peut faire arriver jusqu'à l'os carié une tige métallique, elle derme la Bensation d'une surface rugueuse et de légers craquements. Le vice scrofuleux, les chutes ou les contusions, et en général toute cause d'inflammation des os, .peuvent provoquer la carie. — Le traitement de la carie varie suivant la cause qui l'a produite. Si elle provient d'un vice interne de l'organisation, tlfautavanl touteombattre la cause générale) et, cette cause détraite, il peut arriver que la carie guérisse spontanément; si elle est locale, on agit immédiatement sur l'os affecté : s'il y a abcès, on commence par l'ouvrir ;

on a recours ensuite, suit aUÏ applications émoi Hontes et détersives, et, lorsque l'irritation a disparu, aux bains et aux douches d'eaui alcalines, son aux cautérisations de tout genre; enfin, dans certains cas, à la résection de l'os ou à l'amputation.

Carie des dents'. Dès qu'une dent est atteinte de

carie, il faut se hâter d'empêcher l'air et les aliments de pénétrer dans la cavité qui s'y forme : on nettoie cette cavité avec soin, on la sèche avec du coton, puis on la bouche hermétiquement avec de la cire vierge ou de la gomme mastic. Si la carie est plus avancée, on y remédie soit en plombant la dent, soit en la cautérisant, soit en enlevant avec la lime les parties malades. Quand elle a fait trop de progrès, l'extraction de la dent est indispensable.

On a étendu le nom de carie à certaines maladies des plantes : celle des arbres pénètre jusque dans leur tronc. La carie du froment est attribuée au Tilletia, champignon de la famille des Urédinées.

CARILLON de quadrille, parce que les premiers carillons étaient exécutées a quatre cloches), sonnerie de cloches accordées suivant une échelle chromatique de 2 à 3 octaves. On les met en mouvement au moyen d'un clavier analogue aux pédales de l'orgue, ou au moyen d'un cylindre ajusté à des rouai" s d'horlogerie. Le premier carillon fut fait à AI Flandre, en 1487 : les plus renommés ont été construitsen Belgique et en Hollande. Un citeen France, ceux de Dunkerqueet de Cambrai. — Outre les carillons de cloches, il existe encore des carillons mécaniques adaptés aux horloges et qui font entendre des airs aux différentes heures. Un des plus célèbres en ce genre était celui de l'horloge de la Samaritaine, qu'on voyait au siècle dernier sur le Pont-Neuf a Paris. Ces carillons se composent de cordes métalliques mises en vibration par des marteaux qui les frappent, et qui eux-mêmes sont mus au moyen de pointes fixées à une roue, comme dans la vielle et les orgues de Barbarie.

On a donné aussi le nom de carillon à des airs d'un mouvement fort vif et fort gai, qu'on chantait en dansant, comme le carillon de Dunkerque et le carillon national de 1790. Le premier était à 2/4 et composé de deux reprises, chacune de 8 mesures; la danse de ce carillon était une ronde à peu près semblable à ce qu'on appelle auj. la boulangère. La chanson du carillon national avait pour refrain le fameux ça ira.

Carillon électrique, série de timbres qu'on met en communication avec la machine électrique et qui résonnent par l'effet des attractions et des répulsions de petiti's boules en cuivre, suspendues près d timbres, qu'elles frappent alternativement.

En Botanique, on a nommé Carillon une espèce de Campanule, la Campanule violette marine.

C.VRI.VVIRE (du lat. carina, carène\ genre de Mollusques gastéropodes, de l'ordre des Pectinibranches: coquille univalve très-mince, en cène, aplatie sur les côtés, à sommet en spirale, involutéeet trèspetite; dos garni d'une carène dentée ; ouverture ovale, oblongue, rétrécie vers l'angle de la carène. Quelques espèces sont transparentes comme le cristal, et brillent des plus vives couleurs, avec dl Ilots opalins. Elles habitent toujours les hautes mer-.

CABJOPSB. Voy. CauTOPSB.

CARI S KL ou c.iiKSKU , grosse toile claire qui sert commode canevas pour travailler en tapisserie. Il J en a de lilan 's et de teints en différentes couleurs.

CABL de l'allem. Karl, Charles), monnaie d'or do Bavière, valait u» florins et 42 kreutzers "J.'i fc. 15c . — C'est aussi une monnaie d'or de Brunswick, qui valait ."> thalers 18 fr. 95 c. .

CARLIN en ital. carlino, de Carlo, Charli tite monnaie d'argent de l'anc. roy. de- Deux-Siciles

valait 0 fr. 42 c. et demi à iVaplOS Ol 0 fr.

terme et à Messine. Considéré comme monnai ■ de

compte, le carlin était la dixième partie du I U ;,t. — C'était encore une monnaie de lillon de Home, valant

7 baroques et demi (0 fr. 39 c). — En Sardaigne, le eorAnétait une monnaie d'orqui, depuis 17ns, valait Î9 (r. 33 c. auparavant il y avait des carlins, .1 Victor- Amédée, qui valaient ISO fr.

CARLIN, petit Chien au nez écrase et au poil ras, dont l'espèce a presque entièrement disparu. On l'ai»-

1ARNASSIERS.

CAROLIN.

pelait ainsi parce que son museau noir lui donnait quelque ressemblance avec le masque d'Arlequin, rôle où l'acteur Carlin était inimitable. Voy. Doguin.

CARLINE (de Karl, parce qu'une armée deCharlemagne ou de Charles-Quint aurait été, dit-on, guérie de la peste par le secours de cette plante), Car/ma, genre de la famille desComposées-Cinarées, sous-tribu des Carlinées, renferme un grand nombre d'espèces de plantes herbacées, à réceptacle paléacé, qui peuvent se manger en guise d'artichaut. Elles croissent pour la plupart sur les Pyrénées et dans les montagnes de la Suisse et de l'Italie. On trouve aux environs de Paris, dans les lieux secs et pierreux, la C. vulgaire (C. vulgaris), remarquable par ses fleurs encorymbe, quelquefois solitaires, à fleurons jaunes au centre et d'un pourpre violet à la circonférence. La C. acaule, et la C. à tiges courtes, se trouvent dans le midi de la France.

CARLINGUE, nom donné, dans la Construction maritime, à deux ou trois fortes pièces de bois de chêne, assemblées bout à bout dans le fond de cale d'un navire, et servant avec la quille à consolider la carène et à soutenir les mâts. On nomme C. de cabestan, celle qui est établie sur les baux du pont où est le cabestan ; C. de mât, l'assemblage de charpente | sur lequel est contenu le pied de ce mât, comme un , tenon dans une mortaise.

CARMAGNOLE, ronde républicaine en vogue depuis 1792 {Voy. le Dict. d'Uisi. et de Gèogr.): elle se dansait sur un air très-vif, à 6/8. — Ce nom a été aussi donné à une veste à petites basques qui fut mise à la mode à la même époque, et qui était portée par la classe populaire.

CARMANTINE ou carmentine, plante pectorale, la même que la Justicie. Voy. ce mot.

CARMÉLINE, laine qu'on tire de la Vigogne, a été sans doute ainsi appelée, à cause de sa couleur naturelle, qui est celle de l'habit des religieuses carmélites.

CARMES (eau des), liqueur aromatique. Voy. Eau

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