CHANCRE
terre ou dans l'intérieur des corps envahis (Voy. Blanc). Ce que vulgairement on appelle champignons n'est que l'appareil reproducteur qui seul vient au jour, et qui a des formes très-diverses. Les champignons qu'on ramasse tout près les uns des autres ne sont pas des êtres isolés; ce sont des productions d'un mycélium unique étendu au-dessous, productions rapides lorsque, ce mycélium est bien gorgé de sucs : c'est ce qui explique l'apparition si brusque de champignons dans un lieu qui peu de temps auparavant en semblait dépourvu. — Les modes de reproduction sont au nombre de quatre : un mode sexué, reproduction par oospore, organe femelle, et spermatie, ovule mâle ; 3 modes asexués, dans lesquels la plante se reproduit au moyen d'un corps reproducteur appelé spore, tantôt immobile (conidie et stylospore'), tantôt au contraire doué de mouvement (zoospore), comme dans les algues ( Voy. Algies). Suivant les circonstances, suivant la résistance qu'oppose le milieu, ces modes se remplacent les uns les autres; il en résulte qu'une même plante se présente sous des apparences très-variables, décrites jusqu'à ces derniers temps, comme des espèces et même comme des genres différents. — Les spores sont disposées sur des appareils reproducteurs qui viennent à l'air (réceptacles) de façons différentes : tantôt enfermées dans des cellules ou thèques (C. thécasporés), tantôt disposées sur une base renflée ou baside (C. basidiosporés).
Isa. Mycologie étant une branche de science encore en voie de formation, il n'existe pas de classification qui représente exactement l'état actuel des connaissances. La meilleure, celle de Léveillé et Payer, remonte à 1850. Les champignons y sont divisés suivant la disposition des spores en : 1° arthrosporés (Oïdium, Penicillum) ; 2° trichosporés (Botrytis, Sporocadus) ; 3° thécasporés (Pezize, Hypoxylon, Truffe); 4° basidiosporés (Cyphelle, Agaric, Bolet). Chacun de ces groupes est lui-même divisé suivant la forme du réceptacle qui porte les spores, en liyménomycètes, pyrénomycètes, gastromycètes. A côté de ceux-ci se place le groupe spécial des mycomycètes ou mycozoaires, sorte de moisissures (moisissure de la Tannée) jouissant des mouvements amiboïdes (Voy. Amibe) comme les derniers animaux. — Voir : Payer, Cn/ptogamie;Fr'\es,Obscrva tiones mycologicœ (1852); Tulasne, Selecta Fungorum carpologia (1862) ; Doudier, Mémoires de F Académie de médecine (1866); Hoffmann et de Bary, Morphologie und Physiologie dcr Pilze (1866).
II. La distinction des champignons comestibles et des champignons vénéneux exige une habitude à laquelle la meilleure description ne saurait suppléer. En général, une odeur et une saveur désagréables, une chair mollasse et spongieuse, un changement de couleur quand on les entame, l'habitation dans les lieux très-ombragés et humides, ou sur les bois pourris, une couleur rouge brillante, dénotent les mauvais champignons. Les bons, an contraire, sont caractérisés par une odeur de rose, d'amande amère ou de farine récente; par une saveur do noisette ; par une surface sèche et charnue, une consistance ferme, une couleur franche, rosé'-, vineuse ou violacée, ne changeant point à l'air : le temps les dessèche sans les altérer. On affirme que tous peuvent être rendus comestibles en les laissant macérer pondant un temps plus ou moins long dans ['eau vinaigrée ou très-salée, qui dissout le principe délétère. Quoi qu'il en soit, en cas d'empoisonnement, on se gardera de faire avaler au malade aucun liquide acidulé, de peur de faciliter l'action du poison en le délavant; on doit
se hâter de recourir aux vomitifs et même aui purgatifs, ai le poison a été ingéré depuis longtemps. On câline ensuite par des boissons mucilagineuses l'irritation produite par ces évacuants.
Le Champignon '/<■ nniche, ou Agaric comesti/dc, est le seul qu'il suit permis de vendre sur les niarcliés de paris. On le reconnaît à sa forme arrondie
en boule, à son pédicule plein, à son chapeau convexe, lisse, glabre, garni en dessous de feuillets d'un rose un peu terne, et qui deviennent noirâtres en vieillissant. Sa ci uleur générale est d'un blanc brunâtre, et il a une odeur très-agréable. On le cultive dans des carrières ou des caves sur des couches artificielles. Pour cela, on dresse une couche de 0m,50 paisseur avec du fumier de cheval frais, bien débarrassé des pailles sèches et du foin. On la piétine et on l'arrose légèrement avec l'arrosoir à gerbe. Au bout de huit ou dix jours, la fermentation a développé des points blancs à l'intérieur et à la surface. Alors, on démonte la couche, on la mêle avec la fourche, et on la redresse à la même place, en ayant soin delà recouvrir d'une chemise de litière longue, qui maintient l'humidité et empêche le refroidissement. Huit jours après, la couche ayant acquis assez de chaleur, on la larde, c.-à-d. qu'on y introduit çà et là avec la main du blanc de champignon ( Voy. Blanc). On la couvre de nouveau de la chemise de paille ; et dès que le blanc prospère, c.-à-d. après 8 ou 15 jours, on l'arrose légèrement, on étend dessus une couche de terreau de quelques centimètres, et l'on replace la chemise. On récolte ensuite successh, >ment les champignons bons à manger ; et lorsque la couche est épuisée, ce qui arrive au bout de 5 à 7 mois de production, on la démonte pour en refaire une nouvelle.
CHAMPION (du b.-lat. campio, de campus). On nommait ainsi au moyen âge celui qui combattait en champ clos pour sa querelle ou pour la querelle d'autrui. Les vieillards, les estropiés, les ecclésiastiques, les dames, fournissaient des champions. Cet usage s'est maintenu jusqu'à la fin du xvi* siècle (Voy. Diel jldiciaire). — Dans les tournois, on appelait champion des dames un chevalier dont l'office était de prendre sous sa protection tout malencontreux chevalier qui, puni pour avoir enfreint quelqu'un des règlements de la chevalerie, venait réclamer la merci des dames. — En Angleterre, le champion du roi était un chevalier armé de pied en cap qui, au couronnement du roi, entrait dans la salle de Westminster et défiait, en jetant son gantelet, quiconque élèverait des doutes sur la légitimité des droits du nouveau souverain.
CIIAMPLL'RE, nom sous lequel les Vignerons désignent la gelée d'hiver, qui fait périr les germes ou bourgeons de la vigne. La gelée du printemps est moins redoutée que la champlure.
CIIAMI'LIRK OU CHAMPELUBB. Vmj. Cil ANTE-PLBl RE. CHAMSIN, vent du désert. Voy. KHAMSIN.
CHANCELLERIE (de chancelier, du lat. cancellarius), lieu où l'on scelle du sceau de l'État certaines lettres ou certains actes, tels que lois, ordonna diplômes, brevets, passe-ports, etc., dans le but de leur donner on caractère authentique. 11 y avait autrefois en franco plusieurs sorte-, de chancelleries:
la plus importante était la Chancellerie de l qu'on appelait Grande chancellerie pourladistingu uc des Petites chancelleries établies près des parlementa et des présidiaux: ces dernières furent supprimées le 7 septembre 1790, et la grande, le 27 novembre suivant. La Restauration rétablit le titre de Grand chaticelicr, mais transporta la plupart de ses attributions au garde des si eaux ( Voy. le Dict. cTBist. et de Géogr.). — il existe encore en France la Grande chancellerie de la Légion d'honneur; il j le premier Empire la Grande chancellerie de t Uni' Versité. Le vice président de l'Académie fraie
le titre de chancelier.
Il y a des chancelleries dans toutes les ami
des et dans tous les consulats. A Bome, 0D appelle
chancellerie le bureau où s'expédient les bulles, les brefs ou autres actes du gouvernement pontifical.
IIMM1S. Voy. PnORADII Mi
CHANCRE (comme cancer), nom donné, en Médecine, à de petits ulcère! qui ont quelquefois de U
tendance à s'étendre et à ronger les parties environ-
Cl. ANGE.