CHAUDRONNIER
CHAULIODE.
CHAUDE. Les verriers appellent ainsi le degré de cuisson qu'ils donnent à la matière propre à faire le verre. — Les forgerons entendent par donner une chaude, soit l'action de faire chauffer le fer suffisamment pour qu'il puisse être forgé, soit l'action de le forger. Ils appellent C. grasse, celle où le fer est porté au rouge blanc, et C. suante, celle où il est presque en fusion.
CHAUDIÈRE A vapeur ou générateur, chaudière dans laquelle on produit la vapeur qui met en mouvement les machines : elle est ordinairement en tôle uV fur. — La forme des chaudières à vapeur est très- \ ,i riée ; celle des machines fixes est tantôt hémisphérique à fond concave (C. de Newconimeu), tantôt prismatique à fonds plats (C. de Watt) ; mais le plus souvent c'est un long cylindre horizontal terminé par deux calottes hémisphériques, et communiquant par deux ou trois tubulures, avec deux bouilleurs, également cylindriques, qui sont enveloppés par la flamme du foyer. L'eau remplit complètement les bouilleurs, et son niveau doit être maintenu vers le milieu de la hauteur de la chaudière. Quelques chaudières de ce genre sont sans bouilleurs, surtout lorsque le cylindre est vertical. L'espace au-dessus du niveau de l'eau, qui est occupé par la vapeur, s'appelle l& chambre à vapeur. Pour augmenter la surface de chauffe, c.-à-d. l'étendue de la surface qui se trouve en contact avec le combustible, Seguin imagina en 1828 les ('. tubulaires (locomotives, locomobiles, etc.), qui offrent une double disposition : tantôt la flamme et les gaz brûlés sont obligés de parcourir pour se rendre à la cheminée un grand nombre de tubes qui traversent la chaudière; tantôt ces tubes constituent la chaudière elle-même : c'est l'eau qui les remplit et la flamme qui les enveloppe. L 'alimentation de la chaudière se fait au moyen d'une pompe foulante ou d'appareils automatiques dont la disposition varie | Voy. Injecteur). — Plusieurs causes peuvent dé- : rainer l'explosion des chaudières à vapeur : l'abaissement du niveau de l'eau au-dessous de la ligne de chauffage, la formation d'incrustations sur leurs parois, la mauvaise circulation de l'eau, et, en général, la production subite d'un excès de vapeur par l'effet d'une surchauffe. On est averti de l'abaissement du niveau à l'aide de flotteurs (Voy. ce mot et Niveau). Les manomètres ( Voy. ce mot) fixés aux chaudières indiquent la tension de la vapeur; les soupapes de sûreté (Voy. ce mot) se soulèvent quand la tension arrive à une certaine limite, et donnent issue à l'excédant de vapeur. Enfin, on évite les incrustations soit en alimentant la chaudière avec de l'eau distillée, qu'on recueille dans des condenseurs ( Voy. ce mot) annexés aux machines; soit en jetant dans la chaudière des rognures de pommes de terre ou de l'argile fine, qui empêchent l'agrégation des dépôts et permettent d'en débarrasser aisément la chaudière. Voir, au sujet des perfectionnements les plus récents apportés à la fabrication des chaudières, parmi les Rapports du Jury international de l'Exposition universelle de 1867, le rapport spécial de M. P. Luuyt \±. i\, p. 83-92;.
Pour qu'une chaudière à vapeur puisse être employée en France, il faut qu'elle porte un timbre qui indique le nombre d'atmosphères que la tension de la vapeur à son intérieur ne doit pas dépasser. Ce timbre est poinçonné par l'administration, après qu'on a fait subir à la chaudière une épreuve qui consiste à la remplir d'eau et à exercer sur cette eau, au moyen d'une pompe foulante, une pression triple de celle que le timbre indique. Voy. Machines a vapeur.
CHAUDRONNIER (de chaudron). On distingue : 1° les C. propr. dits, qui fabriquent la grosse chaudronnerie en cuivre rouge ou en laiton, chaudrons, marmites et autres ustensiles déménage, qu'on comprend sous le nom de batterie de cuisine ou de dinanderie ; 2°lesC. planeurs, qui dressent, planent, polissent, et enfin brunissent les planches de cuivre rouge destinées à la gravure ; 3° les C. fabricants
d'instruments de musique, qui préparent le métal dont on confectionne les cors, trompettes, cornets à piston, cymbales, etc., et lui donnent ensuite la forme de ces instruments. On appelle C. au sifflet ceux qui courent les villes, achetant et revendant le vieux cuivre : la plupart viennent d'Auvergne. — Les lieux où la chaudronnerie a le plus d'activité en France sont : Paris, St-Flour, Clermont (Puy-de-Dôme) , Rouen, etc. On cite aussi la chaudronnerie d'Aix-la- Chapelle, ainsi que celles de Suède et d'Angleterre.
CHAUFFAGE. Le chauffage des appartements se fait : 1° parle bois, la houille, le coke que l'on brûle soit dans les cheminées, soit dans les po^'foî (Voy. ces mots). Le combustible étant préalablement échauffé en un point se combine avec l'oxygène de l'air, et cette combinaison dégage de la chaleur, qui se répand dans les parties voisines et détermine de proche-en proche leur combustion. Le gaz acide carbo- ■nique et la vapeur d'eau formés s'élèvent dans la cheminée, parce qu'ils sont moins denses que l'air environnant; il résulte de là un tirage qui fait affluer l'air de la chambre sur le combustible, et cet air entretient la combustion. Le tirage de la cheminée renouvelle l'air de la chambre; en attirant l'air extérieur qui entre par les interstices des portes et des fenêtres, ou par des ventouses. Quand ce renouvellement est gêné, il s'établit dans la cheminée un courant d'air extérieur descendant, qui rabat la fumée, et la cheminée fume ; 2J par les culorifères soit à air chaud, soit à eau chaude ou à vapeur ( Voy. Calorii ère). — Pour les usages domestiques, on emploie comme combustible, le bois, le charbon et le gaz de la houille (Voy. Fourneau). — Dans l'industrie le chauffage à la vapeur est fort usité. Tantôt la vapeur circule dans un serpentin métallique plongé dans une grande masse liquide qu'on veut chauffer; tantôt les réservoirs sont à double enveloppe, et la vapeur échauffe directement les parois en traversant cette enveloppe. On dispose auj. des appareils trèscommodes pour le chauffage au gaz(Voy. Brûleur). Ils sont mis à profit non-seulement dans l'industrie, mais aussi pour les usages domestiques et le chauffage des appartements. — MM. Beaumont et Mayer ont essayé de vaporiser l'eau en substituant la chaleur du frottement à la chaleur de combustion : mais leur appareil ne présente qu'un intérêt scientifique. Plus récemment M. Mouchot a cherché à utiliser la chaleur solaire, soit pour la cuisson des aliments, soit pour vaporiser l'eau nécessaire au fonctionnement d'une machine à vapeur : cest une question intéressante, qui est encore à l'étude. — Voir sur ce sujet : les travaux et mémoires de Darcet, Péclet, Gal Morin,. en France, du Dr Arnott, en Angleterre, etc.
CHAUFFEURS, ouvriers employés au chauffage d'une machine à vapeur et à tous les travaux concernant la machine ; cette pénible profession exige, avec une constitution vigoureuse et beaucoup d'adresse, des connaissances toutes spéciales; les chauffeurs sont placés sous la direction de mécaniciens. — Dans la Marine de l'Etat, les chauffeurs sont organisés en compagnies et classés en ajusteurs, forgerons et chaudronniers. Ils sont régis par les ordonn. des 2k mai 1840 et 25 nov. 1845.
CHAUFOURNIER (de four à chaux), artisan qui s'occupe de la fabrication de la chaux. Voy. Chaux.
CIIAULAGE (de chaux), opération qui consiste à passer le grain à la chaux avant de le semer. Tantôt on emploie de la chaux éteinte, tantôt on y môle du sel, du salpêtre, des cendres, ou du jus de fumier. Le chaulage fait gonfler le grain et en active la germination : en même temps, il le prémunit contre la carie, et le rend moins susceptible d'être dévoré par les insectes et les autres animaux nuisibles.
CHAULIODE (du gr. yavhoôovz, à dents saillantes), Chauliodus, genre de Poissons malacoptérygiens abdominaux, de l'ordre de Squamodermes, famille des Ésocidés, voisins des Brochets et caractérisés par les dents de la mâchoire supérieure, ',-'■ '