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CHEMINÉE

au nouveau modo de traction, Seguin en Franco et Stephenson en Angleterre, créèrent, presqu'en même temps (1829) la locomotive telle qu'elle est encore employée auj. ; on la vit, dès 1830, fonctionner sur le chemin de Liverpool à Manchester. — Les perfectionnements introduits depuis dans les chemins de fer ont eu surtout pour but de surmonter les obstacles propres à ce mode de transport : c'est à un Français, M. Arnoux, qu'est due l'invention des trains articulés, destinés à parcourir des courbes d'une très-petite étendue et par suite à franchir au moyen de lacets multipliés des rampes d'une pente considérable. Le chemin de fer de Sceaux construit d'après ce système et inauguré le 7 juin 1846 est encore en activité auj. Quant aux autres systèmes, tels que C. atmosphérique, C. éolique, etc., l'expérience ne s'est point déclarée en leur faveur et, après plusieurs essais plus ou moins sérieux, on a dû y renoncer. Le chemin de fer atmosphérique de St-Germain-en-Laye ouvert en 1847 a fonctionné jusqu'en 1860, mais en imposant à la compagnie des frais considérables. — En juin 1868, on a appliqué à la traversée extérieure du Mont-Cenis un nouveau système de chemin de fer imaginé par l'Américain Fell. La locomotive et les wagons sont articulés comme au chemin de fer de Sceaux; mais la partie originale du système consiste dansun 3e rail fixé au milieu de la voie, un peu audessus du niveau des deux autres : sur ce rail s'appuient des roues horizontales mues par la machine elle-même et dont l'effet est d'abord d'accroître l'adhérence de la locomotive, ensuite d'empêcher tout déraillement. Le 3e rail peut d'ailleurs être saisi par de fortes mâchoires fixées à chaque wagon, et que l'on fait mouvoir de l'intérieur. Par l'effet de ces dispositions, et aussi par la forme particulière de la machine, on parvient à monter à toute vitesse des pentes de 0m,08 par mètre, et h les descendre sans danger, en franchissant des courbes d'un très-petit rayon. A l'exemple de l'Angleterre, tous les pays du monde civilisé ont créé, comme à l'envi, des chemins de fer : les Etats-Unis, la Belgique, la Prusse se signalèrent des premiers dans la nouvelle carrière ; la France ne suivit l'impulsion qu'assez tard : ses premiers essais datent de 1823 (chemin de fer de St- Etienne a Lyon). L'exécution des chemins de fer rencontra chez nous des obstacles de toute espèce, provenant, les uns de la divergence des opinions sur le meilleur système de construction ; les autres, de la lutte qui s'établit pour la construction et la propriété des chemins, entre le gouvernement et l'industrie privée. Après de longues contestations et plusieurs essais malheureux, on rendit enfin, le 11 juin 1842, une loi qui avait pour but de concilier tous le? intérêts : l'Etat devait exécuter les travaux d'art, les terrassements et les stations, et les compagnies étaient chargées de la pose des rails et de l'acquisition du matériel. Les lignes de Versailles et deSt-Germain (1835); celles de Montpellier à Cette et de Bordeaux a la Teste (1836), de Strasbourg à. Bàle (1838), de Paria à Rouen et à Orléans (1840) étaient déjà construites. On vit se construire successivement celles d" Rouen au Havre (1842), d'Orléans à Bordeaux, du Centre (1844), du Nord, de Strasbourg, de Lyon, de Dieppe (1845), de l'Ouest (1845), de Lyon à Slar- Beille, etc. Auj. presque toutes les parties de la France sont reliées à la capitale par des chemins de fer et, après l'exécution des grandes lignes, les compagnies peuvent s'occuper de l'achèvement des lignes daires qui constituentee qu'on appelle le second n h troisième réseau. Les règles à suivre pour l'établissement de ces lignes secondaires ont été tracées par la loi du 12 Juillet 1865. En 1869 l'ensemble des eno mins de fer français comprenait 22,134 kilomètres, dont 16,240 en exploitation; 18 départements étaient dotés de chemins de fer d'intérêt local. — On peut estimer auj. à environ 80,000 kilomètres le réseau des chemins de fer de l'Europe entière et à 3,600 kilomètres l'extension annuelle de ce réseau.

La loi du 15 juillet 1845, complétée par celle du 15 avril 1850, a réglé la police des chemins de fer.

On a publié une foule d'ouvrages sur les chemins de fer; il suffira de citer : le Traité élémentaire des chemins de fer, par A. Perdonnet (1856 et 1860); le Mi miel de la construction des chemins de fer, par With '1857) ; l'Entretien et l'exploitation des chemins de fer, par M. Goschler ; l'Exploitation des chemins de fer, par M. Jacqmin (1868) ; les livres de M. Brame {sur les Signaux) et de M. Couche (sur le Matériel roulant), etc. ;1' Encyclopédie des chemins de fer (en forme de Dictionnaire), par M. Tourneux (1841) ; le Livre des chemins de fer, par M. Legoyt <\ 845, ; la Législation des chemins de fer, par M. Nogent St-Laurent (1841); la Législation et la Jurisprudence des chemins de fer, par MM. Rebel et Juge (1847,. En outre, les chemins de fer ont leur Annuaire officiel (publié par Chaix), leurs Journaux, leurs Indicateurs et leurs Atlas. Vog. tkamway.

chemin de halage, chemin ménagé sur les bords des rivières ou des canaux pour le passage des hommes ou des chevaux qui fiaient ou tirent les bateaux. Vog. Halage.

chemin couvert, chemin régnant sur le bord extérieur des fossés d'une place, entre la crête du glacis et le bord de la contrescarpe, et garni d'une banquette et d'un parapet pour recevoir les soldats et les mettre à couvert du feu des assiégeants. On y ménage, de distance en distance, des espaces appelés places d'armes, pouvant recevoir un corps de troupes plus ou moins considérable. L'invention du chemin couvert date du xvie siècle.

chemin de ronde, espace ménagé entre le rempart et la muraille d'une place, et qui sert de passage aux officiers qui font la ronde. On donne aussi, dans des villes qui ne sont pas places de guerre, le nom de chemin de ronde à un chemin qui suit le mur d'enceinte.

chemin de saint-jacques, nom vulgaire de la Voie lactée. Vog. Voie lactée.

CHEMINÉE du gr. -/.âfxivo;, four). On distingue dans une cheminée : le foger, le conduit et le tuyau extérieur. Le foger ou âtre est ordinairement en briques, garni au fond d'une plaque en fonte, et recouvert, dans les cuisines, les laboratoires et les ateliers, d'une hotte en plâtre, et dans nos appartements d'un manteau en marbre ou en pierre, plus ou moins orné ; il est souvent fermé d'un tablier en tôle ou rideau, espèce de registre qu'on baisse ou qu'on lève à volonté pour augmenter ou diminuer le tirage ; des règlements sévères prescrivent d'isoler l'àtre de tout corps combustible. Le conduit se construit en plâtre, en briques ou en poterie, quelquefois en fonte. Le tugau extérieur ou corps de cheminée, qui domine le toit, est couvert d'une mitre ou surmonté d'un tuyau en tôle, de forme cylindrique ou conique, surmonté lui-même d'un chapiteau ou d'une espèce de girouette afin de placer toujours sous le vent l'ouverture par laquelle s'échappe la fumée. On remédie à la fumée, soit en rétrécissant l'ouverture et le conduit de la cheminée, soit a l'aide de ventouses, qui amènent l'air du dehors sur le devant du foyer Chauffage). — Les^ cheminées des usines et <lr> machines à vapeur sont de forme variable suivant la nature de l'industrie; elles sont toutes surmontées d'un corps en briques en forme d'obélisque, qui s'élève souvent à une très-grande hauteur. Dans l'intérieur de ce tuyau sont encastrées des barres de fer sur lesquelles se tient l'ouvrier pour construire la cheminée et qui servent ensuite pour les réparations.

Pour la législation, Voir le C.Nap., art. 4754, le C. pén., art. 458 et 471, et les ordonn. de police des 24 nov. 1843 et 11 déc. 1S52.

Les anciens ignoraient l'usage des cheminées, telles du moins que nous les construisons. < I encore fort peu dans le Midi, où l'on se chauffa à l'aide de brasiers [braserot), on réchauds pleins de braise ardente. Les premières cheminées furent construitesen Angleterre -.elles datent du ni* siècle; dans

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