CHÊNE
CHÉNICE.
plusieurs contrées du Nord, où le froid est intense, elles ont été remplacées par les poêles (Voij. ce mot). Dans nos contrées, au contraire, elles sont d'un usage près général : aussi les inventeurs modernes se sont-ils évertués à les perfectionner de mille manières. Les appareils le plus généralement employés lus à Rumford, Lhomond, Bronzac, Dalesme, Millet, Péclet, etc. : on connaît surtout la C. à la enne, cheminée de tôle, mobile et portative, qui Eut L'office d'un poêle.
CHEMINEMENT, ensemble des travaux exécutés en avant d'une placeassiégée pour s'en rendre maître.
CHEMISE (du b.-lat. camisia). Les premières chemines qu'un porta furent en serge. Au xvc siècle, la femme de Châties VII avait seule deux chemises de toile. Pendant longtemps on n'a porté que des chemises de toile de lin blanche ou écrue, et ce sont encore les plus belles. Auj. on en fait aussi en toile de coton calicot, madapolam, etc.), soit unies, soit imprimées -.ces dernières sont dites chemises de couleur. — La confection des chemises a pris un grand développement de nos jours; elle est l'objet de l'industrie du Chemisier.
La chemise qui servait au sacre des rois de France était en soie, ouverte et garnie de cordons aux endroits où le prince devait recevoir l'onction.
On appelait chemise ardente une chemise frottée de soufre que l'on faisait revêtir à ceux qui étaient condamnés à être brûlés vifs; les meurtriers portaient une C. rouge en allant au supplice; les criminels condamnés à faire amende honorable la prononçaient nus, en chemise. — On donnait le nom de C. de nifid/eshiune cotte de mailles, très-mince qu'on portait sous le. pourpoint comme arme défensive.
Les Artificiers appellent chemise soufrée, C. à feu, une composition incendiaire qui entre dans l'arme- • les brûlots : c'est une toile imprégnée d'huile et pénétrée de matières inflammables, qu'on attache extérieurement à la coque d'un bâtiment ennemi, pour y mettre le feu.
CHEM.MTZIA, genre de Mollusques gastéropodes, de l'ordre des Pectinibranches, famille des Pyramidellidées : coquille spirale, allongée, présentant une bouche entière, un labre plus ou moins droit et une columelle encroûtée et sans plis. Les Chemnitzia sont des coquilles marines qui vivent auj. dans toutes les mers. Il en existe de fossiles depuis l'étage conchylien. Beaucoup d'entre elles avaient été classées à tort parmi les Mêlantes. Voy. ce mot.
CHÊMOSIS (du gr. yyjfjiaxji;), bourrelet inflammatoire formé par la conjonctive autour de la cornée transparente, dans certaines ophthalmies, avec infiltration du tissu cellulaire sous-conjonctival. La cornée paraît alors enfoncée au milieu des parties environnantes, qui font relief. Le traitement varie selon la nature de l'ophthalmie.
CHENAL (du lat. canalis), courant d'eau en forme de canal ; bordé des deux côtés de terres coupées en talus, quelquefois revêtu de murs, par lequel les navires peuvent passer, et qui sert a les faire entrer dans un port. — On donne ce nom à la partie la plus profonde et la plus navigable du lit d'une rivière, partie qui est généralement indiquée par des signes extérieurs. — C'est aussi un petit canal pratiqué le long d'un toit pour l'écoulement des eaux de pluie. Dans ce sens chéneau est plus usité.
CHÊNE (du b.-lat. casnus, pour quercinus), Quercus, genre type de la famille des Cupulifères ou Quercinées : fleurs monoïques, les mâles en chaton, les femelles sessiles sur des axes communs situés à l'aisselle des feuilles ; périgone calicinal à 6 ou 8 divisions inégales, contenant, dans les mâles, de 6 à 10 étamines, dans les femelles, un ovaire infère à 3 ou 4 loges ; feuilles irrégulières, dentées, découpées et Binuées, molles et pubescentes au printemps glabres et coriaces en automne. Le fruit, ou gland, est une amande monosperme ovale, coriace, enfermée dans une cupule ligneuse. — Les chênes atteignent
45 ou SO™ ; leur accroissement est très-lent ; la durée de leur vie est communément de 120 à 150 ans, mais elle dépasse quelquefois 5 siècles. On les trouve dans tout 1 hémisphère septentrional, et ils semblent étrangers a l'hémisphère austral. Les espèces de ce genre dominent dans nos forêts. On les reproduit par semis ou par plants, les uns arrachés dans les chênaies, les autres élevés en pépinières.
Le bois de chêne est un des plus durs et, pour cela, un des plus employés dans la menuiserie, l'ébénisterie, le charronnage et la sculpture ; c'est aussi un des meilleurs bois de chauffage. Son écorce, réduite en poudre grossière, constitue le tan (Voy.ce mot), employé au tannage des cuirs, et qui sert ensuite à la préparation des mottes à brûler; c'est aussi un excellent succédané du quinquina. Plusieurs espèces portent des fruits doux, qui. en Grèce, en Asie-Mineure, en Espagne et en Afrique, se mangent comme nos châtaignes. Les glands de la plupart des nôtres ont une saveur acre, qui ne les rend propres qu'à la nourriture des porcs et autres animaux domestiques. On parvient cependant à les dépouiller de cette âcreté en les laissant macérer dans une solution alcaline, telle que celle de sous-carbonate de soude.
Parmi les espèces utiles, on distingue : le Chêne pédoncule (Q. pedunculata), appelé aussi C commun ou à grappes, le plus gigantesque de nos chênes : il atteint 5ùm ; le C. rouvre (Q. robur), dit aussi C. à glands sessiles, l'un des plus beaux de nos arbres forestiers ; le C. tauzin (Q. tauza) ou C. angoumois, de 20 à 25° ; le C. cerris (Q. cerris), dont les glands restent deux ans sur l'arbre, ainsi que ceux du précédent ; le C. yeuse (Q. ilex), à feuilles persistantes, improprement appelé quelquefois Chêne vert ; le C. vert proprement dit (Q. virens), chêne à feuilles persistantes, et dont on compte plus de cent variétés ; le C. liège (Q. suber), arbre du midi de l'Europe, dont l'écorce produit le liège ; le C. quercitron (Q. tinctoria), grand et bel arbre de l'Amérique du Nord, dont l'écorce s'emploie à teindre en jaune citron les cuirs, les laines, la soie et le bois ; le C. à kermès (Q. coccifera), chêne nain de nos provinces méridionales, que l'on a considéré comme une variété de l'Yeuse, etsur lequel vit l'insecte appelé Kermès, dont on faisait un grand commerce avant l'introduction de la cochenille du Mexique ; le C à la galle [Q. infectoria), qui donne la noix de galle, produite sur ses feuilles par la piqûre d'un cynips ; le C. velani (Q. œgilops), dont les larges cupules, appelées avélanèdes, sont employées en Orient comme la noix de galle ; le C. bellote ou castillan (Q. ballota), variété du Chêne vert, à fruits doux appelés bellotas, que les Espagnols mangent crus, bouillis ou grillés. On a encore le C. blanc (Q. alba), le C. rouge (Q. rubra), le C. à gros fruits (Q. macrocarpa), le C. écarlate (Q. coccinea), le C. des montagnes {Q. montana), etc., toutes espèces d'Amérique, à feuilles caduques, et dont la culture est aussi facile que celle de notre chêne commun.
Rien de plus varié, comme on le voit par l'énumération qui précède, que les usages du chêne : aussi cet arbre a-t-il été partout, à cause des services qu'il rend à l'homme, l'objet d'une grande vénération. Les Grecs l'avaient dédiéà Jupiter ; ils avaientspécialement consacré à ce Dieu la forêt de chênes de Dodone. Les Romains faisaient d'une couronne de chêne la récompense des vertus civiques. Chez les Gaulois, les druides allaient chaque année, le sixième jour de la lune de décembre, à la recherche du gui du chêne, et ils le détachaient avec une serpe d'or.
CHÈNEV1S, graine du Chanvre. Voy. Chanvre. '
CHÈNEVOTTE, partie ligneuse du chanvre, après que le rouissage et le teillage en ont séparé la filasse. On emploie les chènevottes, dans les campagnes, à chauffer le four ou à faire des allumettes.
CnÉNICE (du gr. xoïvi£), mesure de capacité pour les choses sèches en usage chez les Grecs; elle valait 2 xestes ou 4 cotyles (1 lit., 08 env.).