CHOLÉRA
CHOLIAMBE.
traire, à la période algide succède la période de réaction. Cette 2* période s'annonce par une amélioration sensible, un rétablissement progressif de toutes les fonctions organiques ; et la guérison s'achève, à moinsqu'une trop forte réaction, sous forme typhoïde ou comateuse, n'enlève le malade en 8 ou 10 jours.
Le traitement du choléra grave a été jusqu'ici plutôt empirique que rationnel. Dans la 1^ période, on réchauffe le malade par des applications externes de corps chauds sur le ventre et môme sur la tète; on ranime la circulation du sang et la respiration au moyen de sinapismes et de frictions sèches ou alcooliques et ammoniacales : les stimulants (punch, vin chaud) sont souvent utiles ; on calme les douleurs abdominales par l'application de ventouses à l'épigastre, ou à l'aide de cataplasmes chauds laudanisés ; on modère les selles par des lavements amidonnés et opiacés, et les vomissements au moyen de la glace pilée ou de l'eau de Seltz ; on apaise les crampes par des frictions faites avec de l'huile d'amandes douces et du laudanum, avec le camphre, le chloroforme, etc. Dès que la réaction s'établit, il faut la maintenir dans de justes bornes, empêcher les congestions sanguines vers les grands centres organiques; enfin, surveiller attentivement le régime.
Les opinions les plus diverses ont été émises sur la nature du choléra, sur le siège organique de cette maladie et sur sa cause première. Pendant fort longtemps il a été considéré comme une sorte d'empoisonnement résultant d'une modification survenue dans les qualités de la bile. Depuis Galien, tous les médecins humoristes ont successivement reproduit cette opinion. Willis, le premier, place le choléra sous ladépendance d'une altération du fluide nerveux ; Cullen le range parmi les névroses; Pinel, Broussais, Boisseau, Roche, etc., le classent parmi les phlegmasies de la membrane muqueuse digestive. M. Rochoux attribue les symptômes du choléra à une altération primitive du sang produite par un agent délétère qui paraît agir spécialement sur les nerfs de la circulation et de la respiration et sur la muqueuse digestive : autrement dit, c'est une névrose des organes placés sous l'influence du nerf grand sympathique. Le principe du choléra épidémique paraît évidemment résider dans l'air et avoir l'atmosphère pour véhicule: toutefois l'analyse de l'air recueillidans vingt endroits de Paris, pendant que le fléau sévissait avec le plus de rigueur, n'a rien démontré d'extraordinaire dans la composition de l'atmosphère. — On s'accorde assez généralement auj. à repousser l'idée de la contagion du choléra dans le sens rigoureux du mot ; cependant, plusieurs faits tendent à faire croire qu'il peut prendre dans certains cas un caractère contagieux : les matières évacuées seraient alors le principal agent de propagation. On a proposé de le combattre en désinfectant ces matières avec le protosulfate de fer. — On reconnaît généralement comme causes prédisposantes la misère et les privations qu'elle entraîne, l'insalubrité des habitations, surtout l'humidité, les alternatives de chaud et de froid, l'intempérance et les excès de tout genre.
choléra sporadique. Il est moins grave que le précédent ; c'est aussi celui dont l'existence paraît être la plusancienne ; il frappe brusquement, en toute saison, mais surtoutpendant les chaleurs de l'été, sans causes prédisposantes bien déterminées : les excès de table, une mauvaise digestion ou l'usage d'aliments de mauvaise qualité suffisent pour le provoquer. Il débute par des crampes douloureuses dans l'abdomen, viennentensuite des vomissements répétés d'aliments à demi digérés et de matière verte, puis d'une substance plus foncée, verdàtre, brune ou noirâtre ; des déjections alvines fréquentes et de même nature; une douleur vive, déchirante et brûlante dans tout le canal intestinal, avec refroidissement et contractions spasmodiques des membres, et des défaillances; il atteint souvent en quelques heures son maximum d'intensité : rarement il se prolonge au delà de 48
heures. — Pendant les premières heures, pour calmer la soif ardente du malade et adoucir les contractions de l'estomac, on emploie une boisson légère, mucilagineuse ou acidulée par quart de verre; d'autres médecins défendent toute boisson, et y substituent quelques tranches d'orange, ainsi qu'un peu d'eau de laitue et de sirop diacode; on recommande aussi les cataplasmes sur le ventre et les lavements narcotiques. Si les progrès du mal augmentent, on a recours au laudanum liquide ou à l'extrait gommeux d'opium et aux rubéfiants: un large vésicatoire sur l'épigastre a souvent réussi. On combat les vomissements au moyen de la glace, du camphre, de l'éther, etc.
Le choléra paraît avoir été connu dès la plus haute antiquité ; son nom est grec ; il est mentionné par Galien et par Celse. Il a été désigné à diverses époques sous une foule de noms divers. Depuis longtemps répandu en Europe sous la forme sporadique, il s'y est montré à plusieurs reprises sous la forme épidémique. La terrible peste noire qui emporta près de la moitié de la population de l'Europe au xiv' siècle, le trousse-galant, l'épidémie observée par Sydenham en 1669 et 1676, semblent avoir eu beaucoup d'analogie avec le choléra de nos jours. Ce dernier, parti en 1817 des bords du Gange, où ce mal est permanent, ravagea d'abord les îles de la mer des Indes, puis l'Arabie et l'Egypte, pénétra en Russie, et envahit vers 1830 l'occident de l'Europe et même l'Amérique : la France et l'Angleterre en ont été infestées en 1832, 49, 54, 65 et 66.
choléra des enfants, maladie qui présente des symptômes analogues h ceux du choléra sporadique. Elle nait le plus souvent sous l'influence des grandes chaleurs et attaque les enfants surtout à l'époque du sevrage, au moment où les organes digestifs ne sont pas encore habitués à une alimentation substantielle. Son début est souvent brusque : des vomissements et des selles très-répétés amènent bientôt une grande faiblesse, période algide, qui ne dure guère que 24 ou 48 heures et peut se terminer d'une manière funeste. Si l'on parvient à arrêter les évacuations, on entre dans la période typhique qui dure de 6 à 8 jours et présente plus de chances de guérison. — Le traitement exii;e dès le début une diète sévère ; l'enfant ne doit boire que de l'eau d'orge ou de riz, dans laquelle on ajoute du blanc d'œuf. Pour ramener la chaleur, on emploie un bain sinapisé de 10 à- 15 minutes : ce moyen héroïque peut être répété plusieurs fois dans les 24 heures. Concurremment on administre l'ipécacuanha à très-petites doses, et le sirop d'éther ; on n'a recours aux lavements opiacés qu'avec les plus grandes précautions. Quand la diarrhée persiste, il faut avoir recours à l'alimentation exclusive par des boulettes de pulpe de viande crue roulées dans du sucre : les enfants prennent cette nourriture sans répugnance.
CHOLÉRINE, Vog. Choléra léc.er.
CHOLESTÉRINE (du gr. -/oli], bile, et <7Teps6c, solide), matière grasse, solide, blanche et cristalline, qui compose souvent les concrétions biliaires : elle a pour formule Ci6HwO + H-0. La cholestérine fond à 137° et se sublime en partie vers 350°. Par l'action des acides elle donne de véritables éthers à la manière des alcools proprements dits; traitée par l'acide azotique, elle se convertit en un acide dit cholestérique, qui est solide, jaune orangé, fusible à 58#, peu soluble dans l'eau, mais soluble dans l'alcool bouillant.
— La cholestérine se rencontre non-seulement dans le foie, mais dans le sang, dans le cerveau et les nerfs, dans le jaune d'œuf, dans l'huile de foie de morue, et jusque dans le règne végétal où on l'a trouvée dans le gluten du thé, dans le mais et dans l'huile d'olive.
— Découverte en 177") par Conradi dans les calculs biliaires, la cholestérine fut étudiée et définie par M. Chevreul qui lui donna ce nom.
CHOLIAMBE (du gr. xw).i'a(j.êo;, ïambe boiteux), ou Se «on, vers iambiquedont le dernier pied est un
en on SE.
CHOROÏDE.
spondée au lieu d'être un ïambe, ce qui le fait cioclier. Hipponax en est l'inventeur. Théocrite et Babrius, chez les Grecs ; Catulle et Martial, chez les Latins, en ont fréquemment fait usa En voici un exemple Babrius, fah. II) :
'Avrjp | yewp | yô; àp. | TieXù | va Ta | çpsOwv.
CHOî.lXE. Voy. NÉ V RI NE.
CIIOM>RIZHE (du gr. yôvopo;, Cartilage), produit de l'action de l'eau bouillante sur la matière des cartilages ou cartilagéine : on la confond à tort avec la g-êiatine. Desséchée, c'est une masse dure, cornée, se gélathmaïrt avec l'eau où elle est olubie, insoluble dans l'alcool et l'éther. Traitée par l'acide sulfurique étendu, elle donne de la leucine sans glycocolle. Les sels de plomb, de cuivre, de fer, de mercure, ainsi r;u ■ les acides, la précipitent de ses solutions, ce qni la distingue de la gélatine. — Découverte et étudiée par M. Huiler.
GHOWDROTTBWÏ GIEW6 (du gr. vôvèpo; et mépu;, nageoire;, nom donné par Artédi a une grande division des Poissons, comprend tous ceux dont le squelette est cartilagineux, c.-à-d. les Sturio/.iens (Esturgeon), les Sélaciens ou Plngiostomes (Raie, le), et les Cyclost ornes ouSuceurs (Lamproie).
CHOPE (de l'ail. Schoppen), gobelet en forme de cône tronqué renversé, dont on se sert pour boire la bière, et dont l'usage a été introduit de Belgique en France. Sa contenance est env. celle de la chopine.
CHOPIXE (dé l'ail. Schoppen), ancienne mesure de liquides en France, contenait la moitié d'une pinte, un peu moins de 5 décilitres.
CIIOQUARD, Pyrrliocorax, genre d'Oiseaux, de l'ordre des Passereaux conirostres, renferme plusieurs espèces, entre autres le C/ioucas des Alpes et le Choquard sicrin : bec médiocre, plus ou moins arqué', échancré à sa pointe; pieds forts, robustes; tarses plus longs que le doigt de milieu, ailes grandes et pointue-, queue légèrement arrondie. Ces oiseaux ont le plumage noir avec des reflets d'un pourpre changeant au vert. Les choquards ont les mœurs des corbeaux; l'été, ils habitent les plus liantes cimes des \lpes et des Pyrénées ; l'hiver, ils descendent dans les vallées.
CHOQUE, outil dont les chapeliers se servent pour donner au feutre la forme de chapeau.
CHORAL (chant), nom donné jadis à une espèce de chant d'église (Voy. Chant), et qui désigne surtout auj. les cantiques en langue vulgaire des églises protestantes. Voir : Choron, BeoUétfde chants choraux(182i); de Tacher, Trésor 'des chants de l'église évangêiique [1842); de Winterféfd, le chaut de l'église évangêiique (1843); Koch, Histoire des chants d'église (1847), etc.
CHORÉE (tlu gr. yope(a, danse), dite aussi Danse de Saint -('•>'!/ OU de Sairtt-Wit, maladie caractérisée par des mouvements involontaires et désordonnés d'un certain nombre de muscles, principalement des muscles des membres. Ce, te maladie attaque de préférence les enfants, les femmes, ceux qui ont un temuenl nerveux ou qui habitent un climat froid et
le. Elle peut être héréditaire. Ses causes les plus fréquentes sont :1a peur, la jalousie, la colère, et i' .utes les émotions \i\es, l'onanisme, une eroissanre trop rapide, les vers intestinaux, la menstruation difficile, une surexcitation cérébrale. M. Sée a démontré que très-souvent la chorée dérivait d'une âîatbèse rhumatismale.
La maladie peut n'occuper qu'un seul côté du corps (kémichorée) ; elle peut être bornée a la face, au cou, a l'un des membres, ou à un très-petit nombredo muscles, tels que ceux des yeux, de la bouche, d'un doigt. Lorsqu'elle est générale, l'agitati n du malade est continuelle ; mais cette agitation œsse toujours peu
dant le sommeil. Il a peine à saisir les corps ; sa mar die est capricieuse, saccadée et irrégulière. Les cho réiques n'accusent pas de fatigue daes les membres,
malgré' les mouvements continuels qu'ils se donnent :
mais il 3 a souvent faiblesse évidente d'un côté but
tout, c'est ce qu'on a appelé paralysie choréïqne,e\\e existe du côté où les mouvements sont le plus désordonnés. La sensibilité morale est singulièrement exaltée : ils s'irritent ou pleurent sans motifs plusieurs donnent des marques d'affaiblissement del'intelligence. La chorée dure ordinairement de 6 semaines à 3 mois ; mais si elle passe à l'état chronique, elle peut durer des années. Il n'est pas rare de la voir récidiver. — Quant au traitement, on a vanté les purgatifs, les toniques, les antispasmodiques. On a également recours aux bains froids, par. immersion ou par surprise, aux bains sulfureux, à l'électricûé et aux exercices gymnastiques.
chorée (du gr. yopeïo:), nom donné quelquefois, en Prosodie, au pied dit aussi trochée. Voy.ce mot.
CHOHECE (du gr. /op-rrrâ:.). On nommait ainsi, chez les Athéniens, le citoyen qui était chargé, dans les fêtes où l'on donnait des jeux scéniques, de fournir le chœur : il devait l'instruire, le diriger, le costumer, et même le nourrir a ses frais. Les fonctions de chorége entraînaient à des frais considérables, mais elles ouvraient à celui qui les acceptait ! des premières magistratures. — On appelle Monuments choragiquesd.es monuments tels que trépieds, colonnes, petits édifices, etc., érigés par des ehoréges en mémoire des prix qu'ils avaient remportés au théâtre. La lanterne de Démosthrne, à St-Cloud, est la copie d'un monument choragique, d'Athènes.
CHORÉGRAPHIE (du gr. z.opsta danse, et Ypa^>, écrire), art de composer les ballets et d'écrire la danse à l'aide de différents signes, comme on écrit la musique à l'aide de figures ou de caractères désignés par la dénomination des notes. Tabourot, chanoine de Langres, est le premier qui ait écrit sur la chorégraphie: il publia en 1588, sous le pseudonyme de Thoinot Arbeau (anagramme de son nom), une Orchésographie, où il essayait de tracer, à l'aide des notes de la musique, les divers pas des danses. En 1701 , Feuillet, maître de danse à Paris, fit paraître la Chorégraphie ou l'Art d'écrire la ilanse par caractères, figures et signes démonstratifs ; sa méthode, perfectionnée par Dupré et N'overre, est encore en usage aujourd'hui.^ Voy. Ballet et Danse.
CHORÉVÈQUE (du gr. jçtôpq, pays, et d'évéque), clerc qui exerçait la plupart des fonctions épiscopales dans les lieux où il était envoyé par les évêques. On fait remonter l'origine de cette dignité au temps des apôtres. L'usage s'en perdit vers le i.xe siècle. — Dans plusieurs cathédrales d'Allemagne, le nom de chorévrque est encore donné au premier chantre ; mais dans ce cas, chorévêque signifie évèque ou inspecteur du chœur.
CHORIAMRE, mètre de la poésie grecque et latine, qui se composait d'un otoWieou trochée ('") et d'un iambe ("'); d'où son nom. On appelait vers choriambiques ceux où dominait le choriambe :
Pâstôr | quûm tràhèrét | per fréta nâ | vïbùs.
CHOIUON du gr. yôpiov, enveloppe", nom donné, en Anatomie, à l'enveloppe extérieure de l'œuf des mammifères (Voy. Aumos;. — On donne au nom à la partie la plus épaisse delà poau.
CHORISTE, celui qui chante dans les chœurs. Voy. Choeur.
CIIORI/OVl'ES (du gr. -/(opO, séparer', critiques grecs qui firent des poèmes d Homère Itebjel de leur» recherches, et en retranchèrent plusieurs passages qui leur semblaient interpoles. Voy. DlASCBvaSTES.
CHOilOGRAPHIE du gr. /i.k.o- -a..~ . p irtie de la science géographique qui a pour objet la description générale «l'une contrée, d'un pays On l'o| à la topographie, qui en est la description exacte et détaillée, i <■;/. Teroamâi bol
OHOROiDE du gr. xoposid^;), membrane trèsmince qui tapisse la partie postérieure de l'œil, offra en arrière une ouverture pour le passage du nerf op« tique, et se termine en avant ver- la grande circonférenoe de l'iris, OÙ (die se continue avec le cercle