COLLECTIF
leurs. Les mômes causes s'appliquent aux C. de Poitou, etc., qui, en outre, paraîtraient surtout occasionnées par les cidres lithargiés, les bières falsifiées, les vins nouveaux, et peut-ôtre aussi par quelque disposition particulière de l'air. — Ces diverses coliques présentent de grandes analogies avec les coliquesde plomb ; leur traitement est le môme.
Quant aux Coliques nerveuses, nous renvoyons aux mots Gastralgie, pour lacolique d'estomac; Entérite, pour les coliques inflammatoire, bilieuse, venteuse, stercorale ; Iléus, pour la colique de miserere, etc.
COLIS (de l'ital. coili, charges), terme de Commerce et de Messagerie, s'emploie pour désigner les marchandises en expédition, de quelque façon qu'elles soient expédiées et de quelque nature qu'elles soient.
COLIS ÉE, amphithéâtre de Rome. Voy. le Dict. dSHtst. et de Géogr.
COLITE, inflammation de l'intestin côlon. Voy. Diarrhée, Dyssenterie et E.ntérite.
COLLAGE (de colle). Outre l'action de coller le papier de tenture dans les appartements, ce mot exprime : 1° la dernière opération que l'on faisait subir autrefois au papier, après la fabrication, pour l'empêcher de boire, et qui consistait à l'imprégner de collo de peau : auj. le collage se fait au moment même de la fabrication du papier, au moyen de fécule qu'on môle à froid avec la pâte et qui, par la chaleur, se transforme en une sorte d'empois ; — 2° l'opération que l'on fait subir aux vins et aux liqueurs pour leur conserver ou leur rendre leur limpidité : cette clarification se fait soit avec des blancs d'oeufs, soit avec de la gélatine ou de la colle de poisson, délayés et battus dans de l'eau ; la colle de poissjii est préférable pour le collage des vins blancs.
COLLAPSUS (c.-à-d. chute, écroulement), mot latin employé par Cullen pour désigner l'état de relâchement de tout le système musculaire, produit par la suspension de l'incitation cérébrale. On le remarque dans un grand nombre de maladies, toutes les fois , qu'il y a prostration des forces ou lésion cérébrale.
COLLATÉRAUX (du préf. co, avec, et de latéral), nom donné, en Jurisprudence, aux parents qui descendent d'un auteur commun, par opposition aux parents en ligne directe qui descendent les uns des autres. Ainsi, les frères et les sœurs, les cousins et les cousines, sont collatéraux entre eux; les oncles et les tantes le sont aussi à l'égard de leurs neveux et nièces. On nomme ligne collatérale la ligne que forment les collatéraux ; succession collatérale, celle à laquelle un collatéral est appelé : au-delà du douzième degré les collatéraux ne succèdent pas. Voy. Succession.
En Cosmographie, on appelle points collatéraux ceux qui sont au milieu de deiLï points cardinaux : le nord-est, le nord-ouest, le sud-est et le sud-ouest.
Collatéraux ou Bas-Côtés. Voy. Église et Nef.
Tons collatéraux ou plagaux. Voy. Plain-chant.
COLLATEUR (du lat. collator), nom qu'on donnait autrefois à c^lui qui avait le droit de conférer un bénéfice. On distinguait les C. généraux, c.-à-d. le pape, les évoques et les souverains, qui pouvaient conférer toutes sortes de bénéfices; et les C. particuliers, qui ne pouvaient conférer que les bénéfices dont ils étaient fondateurs, ou dont la disposition leur appartenait par concession ou autrement.
COLLATION (du lat. collatio). On appelle collation l'action de comparer la copie écrite ou imprimée d'un manuscrit avec le texte original, pour s'assurer de leur parfaite ressemblance ; collation de pièces, la comparaison de copies d'actes avec leurs originaux pour s'assurer de la conformité exacte et littérale des unes avec les autres. La collation de pièces est j udiciaire ou extrajudiciaire ; elle se fait par le notaire dépositaire de l'acte, ou par un juge commis par le tribunal. — Oh collationne un livre en examinant les folios un à un pour s'assurer qu'il est complet et que les feuilles se suivent régulièrement; on collationne une épreuve d'imprimerie, en vérifiant
si toutes les corrections indiquées ont été exécutées.
collation, léger repas que l'on fait dans l'aprèsdîner ou le soir. Dans l'origine, ce nom ne s'appliquait qu'au repas que font les catholiques le soir d'un jour de jeûne : il était ainsi nommé parce que, dans les mona ères, on faisait pendant ce repas une lecture de l'Ecriture sainte ou des Pères, sur laquelle les religieux conféraient quelque temps avant de se séparer.
COLLE (du gr. xô).).a). La colle ordinaire a pour base l'amidon ou la gélatine. Les colleurs ou afficheurs, les cartonniers, les relieurs, les tisserands se servent de la colle de pâte ou d'amidon, qui se fait avec de la farine délayée dans de l'eau et épaissie par la cuisson ; les menuisiers, les ébénistes, les emballeurs emploient la coite de gélatine ou colle-forte : celle-ci se fabrique en faisant bouillir dans une chaudière les rognures de peau* des tanneurs, les nerfs et les pieds de bœufs, et en général des débris de matières animales. Les colles-fortes les plus employées sont celles de Flandre, de Paris et de Givet.
La colle de poisson (ichthyocolle) est de la gélatine presque pure ; elle est faite avec la membrane interne de la vessie natatoire de diverses espèces de poissons, et notamment du grand esturgeon ; son goût est fade. Pour s'en servir, il suffit de la faire tremper pendant quelque temps dans l'eau chaude pour qu'elle se dissolve presque entièrement. La colle de poisson s'emploie pour donner du lustre et de la consistance aux étoffes de soie, aux rubans, aux gazes ; pour préparer les fleurs artificielles, pour encoller le taffetas dit d'Angleterre, pour contrefaire les perles fines, pour recoller la porcelaine et le verre; pour faire prendre les gelées, les crèmes, les bavaroises, etc.; pour clarifier la bière, le vin et autres liqueurs ( Voy. Collage). On fait des lanternes avec des toiles métalliques trempées dans une solution de cette colle.
La colle à bouche, presque transparente et de couleur jaune rougeâtre, se prépare avec de la colle de Flandre à laquelle on ajoute du sucre, et qu'on aromatise avec quelques gouttes d'essence de citron. On s'en sert pour coller des parties dont l'étendue n'est pas considérable, et on l'humecte avec la salive.
COLLECTE (du lat. collecia, choses recueillies). Ce mot était autrefois synonyme de perceptio?i d'impôt en général ; toutefois il se disait plus particulièrement de l'impôt sur le sel, de la taille et de tous les autres impôts de communauté. On appelait collecteurs les officiers chargés du recouvrement de ces impôts. On appelait aussi collecteurs des amendes ou sergents collecteurs, les officiers chargés de faire payer les amendes prononcées par jugement. — Aujourd'hui, le mot collecte signifie une quête faite pour une œuvre de bienfaisance ou pour un objet d'intérêt, commun.
En Liturgie, la Collecte est la première oraison de la messe, celle qui précède l'épître, et qui se dit au moment où tous les fidèles sont réunis {col/ecti). Elle résume en quelques mots le mystère que l'on célèbre ou le sens moral de l'évangile du jour; elle est toujours précédée du mot oremus (prions). Chaque fête a sa collecte. Les premières collectes écrites remontent à St Basile, à St Hilaire, à St Gélase, à St Grégoire, à St Ambroise, etc.
COLLECTEUR. Voy. Collecte.
COLLECTIF (du lat. collectivus), se dit, en Grammaire, des noms qui, bien qu'au singulier, expriment une réunion, un assemblage de personnes ou d'objets de même espèce, tels que : armée, forêt, nombre, foule, peuple, etc. Les collectifs sont généraux, quand ils représentent une collection entière {la foule des hommes), et partitifs, lorsqu'ils représentent une collection partielle (une foule d'hommes, la plupart des hommes). Dans beaucoup de langues, le verbe qui suit un nom collectif peut être mis au pluriel, comme en latin : turba mit ou ruunt (la foule se précipite), et en français : un grand nombre d'oi-