COMPOSÉES
emploi pour ainsi dire exclusif dans la construction des navires.
COMPENSATION (du lat. compensatio). En Droit, c'est l'extinction de deux obligations qui se soldent mutuellement jusqu'à concurrence de la plus faible d'entre elles, à raison de ce que les personnes entre qui elles existent sont respectivement créancières et débitrices l'une de l'autre. Elle n'a lieu qu'entre dettes fongibles, liquides et exigibles ; elle n'a pas lieu à l'égard de choses dont le propriétaire a été injustement dépouillé, en cas de dépôt, ni pour des aliments déclarés insaisissables (C. Nap., art. 1289- 1300). — Voy. Dépens.
compensation (Bourse). Voy. Liquidation.
compensations (système dbs), système de Philosophie, prétendant qu'il existe un équilibre parfait dans toutes les parties de l'univers par voie de compensations exactes. L'auteur de ce système, Azais, ne l'avait appliqué d'abord qu'aux destinées humaines ; il l'étendit ensuite au monde entier.
COMPÈRE LORIOT. Voy. Orgelet.
COMPÉTENCE (du lat. competentio). C'est le droit pour une certaine autorité (un maire, un préfet, un ministre) de faire un acte, et plus spécialement le droit pour un tribunal de connaître d'une affaire. A ce point de vue il y a autant de compétences que de juridictions distinctes : il y a une C. administrative (celle du conseil d'État et des conseils de préfecture), une C. criminelle, une C. civile, une C. commerciale.— On distingue aussi, pour chacune de ces juridictions, plusieurs espèces de compétence : 1° la I . ratione materiœ et la C. ratione personœ:\z première est le droit qu'a un tribunal de connaître d'une affaire à raison de sa nature ; la seconde est le droit qu'a un tribunal de connaître d'une affaire à raison du domicile des parties ou de la situation de l'objet litigieux. Ainsi le conseil de préfecture est compétent ratione materiœ pour connaître des affaires administratives, la cour d'assises pour le jugement des crimes, le juge de paix pour les actions possessoires ; parmi les tribunaux est compétent ratione personœ, au moins en principe, le tribunal du domicile du défendeur (actor sequitur forum rei). Le défendeur traduit devant le juge incompétent peut y proposer l'exception dite d'incompétence, et le tribunal doit même se déclarer d'office incompétent, si c'est une incompétence ratione materiœ; 2° la C. de principe et la C. de souveraineté : la première est le droit qu'a une juridiction de statuer à charge d'appel, la seconde est le droit de statuer en dernier ressort : ainsi les tribunaux de lre instance jugent en dernier ressort les affaires qui ne dépassent pas 1,500 francs, et à charge d'appel, toutes les autres (C. de proc, art. 2, 3, 59, C0, 168-170; C. de comm., art. 632-639, etc.). — Voir -.Carré, Lois sur la compétence (Rennes, 1839); Orillard, Traité de la compétence des tribunaux de ommerce (Paris, 1855) ; Serrigny, Traité de la compétence en mutière administrative (Paris, 1842).
COMPLAINTE (de complaindre), chanson populaire sur un sujet tragique ou pieux, dont la versification négligée rappelle celle de nos premiers trouvères. Quelques-unes de ces complaintes ont acquis une sorte de célébrité : telles sont la Complainte du Juif-Errant, celles de Geneviève de Brabant, de La Palisse, la C. sur la Passion, etc. Auj., on n'en fait plus guère que sur les grands procès criminels, tels que ceux de Fualdès, de Papavoine, de Fieschi, de Dumolard, de Troppmann, etc.
En Droit, on nomme Complainte une action possessoire dans laquelle il s'agit de se faire maintenir en possession d'un immeuble, lorsqu'on y est troublé. Voy. Possessoire (action).
COMPLAISANCE (lilLLET DE). Voit. SIGNATURE DE CRÉDIT.
COMPLANT bail a). Voy. Bail.
COMPLÉMENT (du lat. complementum). En Arithmétique, on appelle complément d'un nombre ce qu'il 'aut y ajouter pour obtenir l'unité décimale immé-
diatement supérieure. Ainsi le complément du nombre 536 est 464, parce que 1000 — 536 = 464. Pour obtenir le complément d'un nombre, il suffit de retrancher tous ses chiffresde 9 à l'exception du dernier à droite qu'on retranche de 10. — Les compléments servent dans la théorie des logarithmes pour ramener les soustractions à des additions; on a en effet : log a — log b = log a -f- 10 — log b — 10 = log a -+- comp*. log b — 10; en sorte qu'au lieu de retrancher un logarithme il revient au môme d'ajouter son complément par rapport à 10, pourvu que du résultat on retranche 10. — En Géométrie le complément d'un angle est ce qu'il faut y ajouter pour obtenir l'angle droit. Les deux angles aigus d'un triangle rectangle sont, toujours complémentaires.
En Grammaire, on appelle compléments les* mots qui servent à compléter le sens d'une préposition, d'un verbe, etc., et en général à déterminer la signification des mots auxquels on les joint. Voy. Régime.
COMPLEXE (nombre). Voy. Nombre complexe.
COMPLEXION. V. Constitution et Tempérament.
COMPLEXUS, nom donné par les Anatomistes à de-ux muscles à fibres entrecroisées : le Grand comp/exus, qui renverse la tête en arrière ; et le Petit complexus, qui la porte un peu en arrière et de côté.
COMPLICE, complicité (du lat. complexr Les complices d'un crime ou d'un délit sont punis de la même peine que les auteurs mêmes de ce crime ou de ce délit, sauf les cas où la loi en aurait disposé autrement (C. pén.,art. 59y. Le Code détermine en outre les caractères de la complicité (art. 60,61, 62).
COMPLIES (pour accomplies, s.-ent. heures) î&' et dernière partie de l'office canonial dans l'Église latine, se dit le soir après Vêpres, et se compose du Confiteor, d'une leçon, de quatre psaumes, d'une antienne, d'une hymne, d'un capitule, d'un répons bref, du cantique de Siméon (Nuncdimittis), et d'une oraison. — Chez les Grecs, les Vêpres terminent l'office du jour, et il ne se dit point de compiles.
COMPLOT (orig.inc.),résolution concertée pour un attentat politique. Voy. Attentat et Conspiration.
COMPONCTION (du lat. compunctio). Voy. At-
TRITION.
COMPONÉ (du lat. componere, disposer), se dit, en termes de Blason, des bordures, bandes, sautoirs, etc., qui sont composés de pièces carrées d'émaux alternés. — On nomme compon chacune des parties égales, carrées et alternatives, qui forment le blason componé.
COMPONTU3I (du lat. componere, composer), instrument de musique inventé en 1822 par Winckel, mécanicien hollandais, et composé d'un orgue à cylindre, dont le mécanisme est resté secret. Un thème étant pointé sur le cylindre, l'instrument, livré à luimême, en reproduit les notes avec toutes les variations possibles.
COMPOSANTES (forces). Voy. Forces.
COMPOSÉ. En Chimie, on nomme composés les corps qui renferment au moins deux sortes de matières, mais qui peuvent en contenir 3, 4, 5, etc. ; de iâ leurs dénominations de corps binaires, ternaires, quaternaires, etc. — En Botanique, on nomme fleur composée, celle qui est formée par la réunion de plusieurs petites fleurs portées sur un réceptacle commun, comme la reine-marguerite, le dahlia, le chardon, la camomille : ces fleurs forment la grande famille des Composées {Voy. ci-après) ; feuille composée, celle qui est formée de la réunion de petites feuilles articulées sur un pétiole commun.
Pour ces expressions : Sombre composé, Raison composée, Pendule composé, Couleurs compsées, Voy. Nombre, Raison, etc.
COMPOSÉES, famille de plantes Dicotylédones gamopétales périgynes : fleurs réunies en capitules dans un calice ou un involucre commun, et formant une ou plusieurs rangées imbriquées autour du réceptacle. Parmi ces fleurs, les unes régulières, appelées fleurons, ont le limbe partagé en 5 dents; les