‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des artsChapitre 44 sur 1672 · ALCOOL · texte numérisé non relu

ALCOOL

bcs l'introduisirent en Espagne. On les fabrique aussi avec succès en France : M. Fourmy, qui en a le premier fabriqué, a nommé ses produits hydrocérames.

ALCAKSEVE. Voy. Cacodyli:.

ALCÉD1DÉS (d'alcedo, martin-pêcheur), famille d'Oiseaux, de l'ordre des Passereaux, formée aux dépens des Syndactyles de Guvier, comprend les genres Alcedo ig.-type), Dacelo, Céryle, Céyx, Alcyon, etc.

ALCÉE (du gr. à/via), Alcea, espèce du genre Àithœa (Guimauve), famille des Malvacées. l/Alcée des t'ardins (Alcea rosea), vulg. Rose trémière ou Passerose, fait l'ornement des parterres. Sa tige est élevée, droite, velue, couverte de belles fleurs dont la nuance varie du blanc au rouge, au jaune et au cramoisi. Elle est originaire de Syrie, d'où elle fut apportée à l'époque des croisades. — Une autre espèce, Y Alcea sinensis, venue de Chine, à fleurs blanches et pourpres panachées, est très-recherchée des amateurs.

ALCHÉMILLE ou alchimille, Alchimilla, genre de la famille des Rosacées-Dryadées, comprend des herbes vivaces à feuilles palmées ou digitées et à fleurs verdâtres, en corymbes ouen grappes terminales. L'A . vulgaire (A. vulgaris), ou Pied-de-lion, est commune dans les prés et les bois montagneux : elle possède des propriétés astringentes. Les alchimistes employaient dans l'opération du grand œuvre la rosée recueillie sur ses feuilles : de là son nom. VA. des Alpes (A. argeutea) est remarquable par le duvet soyeux et argenté de la lame inférieure de ses feuilles. L'A. des champs (A. arve)isis) ou Perce-Pierre, formait pour Linné un genre à part qu'il appelait Aphanes.

ALCHIMIE (de l'article arabe al et du mot chimie), science occulte qui étudiait, comme auj. la chimie, les combinaisons des corps, et cherchait à surprendre les secrets de la nature, mais dans le but chimérique d'opérer la transmutation des métaux, de faire de l'or et de composer une panacée ou remède universel, propre à guérir tous les maux et à prolonger indéfiniment la vie. L'agent tout-puissant au moyen duquel l'alchimiste devait opérer ces merveilles était appelé la pierre philosophale, et l'opération elle-même était le grand œuvre. Le mercure, l'or, l'antimoine, sont les métaux dont les alchimistes se servaient le plus. L'alchimie s'associait le plus souvent à l'astrologie et à la magie. Les Égyptiens l'appelaient Art sacré, parce que cet art n'était connu que de leurs prêtres, et Science ou Philosophie hermétique, parce qu'ils en attribuaient l'invention à Hermès Trismégiste.Le nom d'alchimie est dû aux Arabes, et ne paraît pas remonter au delà du ixe siècle. Quant à la science elle-même, ses adeptes la faisaient remonter à l'origine du monde : pratiquée, selon eux, même avant le déluge, par Tubalcaîn, elle fut conservée par Cham, fils de Noë, à qui elle emprunta son nom et qui l'enseigna aux Égyptiens. Ce qui paraît vrai, c'est que ceux-ci eurent de bonne heure des connaissances étendues en chimie, et que c'est à eux que les Grecs et les Arabes les empruntèrent. L'Alchimie régnaau moyen âge; mais discréditée à mesure que lesméthodes rationnelles fesaient des progrès, elle céda la place, dès le xvme siècle, àla Chimie, qui hérita de son nom, en conservant ce qu'elle pouvait contenir d'utile. — Après l'antique Hermès, à qui l'on attribue les livres dits hermétiques, fabriqués en Egypte vers le 111e ouïe ivc siècle de notre ère, on nomme parmi les plus célèbres alchimistes le Grec Zosime (ve s.), auteur d'un liwe sur l'Art de faire de l'or; les Arabes Rhazès, Geber (ixe s.), Al-Farabi, Avicenne, Averroës (xir5 s.), et depuis, le moine anglais Roger Racon, le célèbre Albert le Grand, Arnaud de Villeneuve, Raymond Lulle, Nicolas Flamel (xive s.), Georges Agricola, Basile Valentin /xve s.), les Rose-croix, Paracelse, qui oblint une immense renommée en appliquant l'alchimie à la médecine (1527 ). Au xvnie siècle même, do grands charlatans, le comte de St-Germain, Cagliostro, J.-J. Casanova, le DrPrice, firent de nombreuses dupes en prétendant posséder les secrets de l'alchimie. — Voir : Lenglet Dufresnoy, Histoire de la phi-

losophie hermétique (1742); Schmieder, Histoire de / .1 A hùniei Halle, 1832; ; Figuier, l'Alchimie et U Mchimistes (Paris, 1856); Hœfer, Histoire de la chimie;

Dumas, Leçons sur la philosophie chimique, etc.

ALCOOL (de l'arabe al qochl, corps très-subtil), dit aussi Hydrate d'oxyde d'éthyle, Esprit-de-vin ; liquide incolore, très-volatil et très-combustible, composé de carbone, d'hydrogène et d'oxygène dans les rapports de C*H60, et se produisant dans la fermentation des liquides sucrés. Dans l'état de pureté chimique, on le désigne plus particulièrement sous le nom d'Alcool absolu ou anhydre; mais c'est toujours à l'état de mélange avec une proportion d'eau plus ou moins grande qu'on le trouve dans le commerce : on lui donne alors les noms de trois-six, eau-de-vie, suivant sa concentration ( Voy. ci-après). L'alcool absolu a une densité de 0,79 et bouta 78°. Sa saveur est acre etbrûlante ; son odeur faible, mais enivrante. Il absorbe rapidement l'humidité de l'air; mêlé avec l'eau, il dégage de la chaleur; avec la neige, il donne un froid qui peut aller jusqu'à — 37°. Il enlève l'eau même aux parties vivantes, qu'il racornit, ce qui le rend très-propre à la conservation des préparations i miques ; c'est encore par la même raison qu'il i mine la mort quand on l'injecte dans les veines. 11 dissout fort bien les résines, les essences, les matières grasses ; il se combine avec les acides en perdant de l'eauetproduitee que les chimistes appellent deséthers ( Voy. ce mot). L'air l'altère rapidement, surtout s'il est étendu d'eau et en présence des matières albuminoides qui se trouvent dans les liquides fermentes. Il se transforme ainsi en aldéhyde [C-IDO], puisen acide acétique [C2H40-] ens'oxydant. — On obtient l'alcool absolu en distillant l'alcool du commerce avec des substances très-avides d'eau, telles que la chaux vive ou lecarbonate de potasse. L'alcoolducommerees'obiint en soumettant à la distillation les liquides sucrés qui ont éprouvé la fermentation spiritueuse. Cette opération se pratique en grand sur les vins : le sucre ou glucose que contenait le moût, s'y est dédoublé parla fermentation en alcool et en acide carbonique qui se dégage : les vins contiennent de 6 à 20 p. 100 d'alcool. On tire aussi de l'alcool du cidre, des mélasses, de la betterave, de la pomme de terre, des grains, du bois même, etc. — L'alcool est, après l'eau, le dissolvant le plus général. Les chimistes l'emploient très-fréquemment dans leurs travaux d'analyse ; les pharmaciens le font servir à la préparation des teintures et des alcoolats. On l'utilise dans les arts à la fabrication des vernis siccatifs ; les parfumeurs en consomment aussi beaucoup pour composer une foule de liqueurs aromatiques, qu'ils désignent sous les noms d'esprits d'odeur, d'extraits d'odeur, d'eaux de senteur, d'eaux spiritueuses. Les confiseurs, les liquoristes l'emploient pour la conservation des fruits et la fabrication des liqueurs qui ne sont que des liquides alcooliques sucrés additionnés d'essences. Étendu d'eau et pris en petite quantité, l'alcool excite momentanément les forces, mais à plus haute dose il les détruit, et produit l'ivresse. Voy. Alcoolisme.

Pour déterminer exactement le degré de force de l'alcool, on se sert d'instruments appelés alcoolomètres ( Voy. ce mot). Le commerce a adopté des noms particuliers pour distinguer les différents degrés de spirituosité de l'alcool. Les premiers produits de la distillation, marquant depuis 16° jusqu'à 20° de l'aréomètre de Cartier, portent le nom d'eau-de-vie. On appelle preuve de Hollande ou eau-de-vie ord celle qui marque 19°, et eau-de-vie forte celle qui a de 21 à 22°. Au delà de ce degré, les produits alcooliques prennent le nom d'esprits, et le plus ou moins d'eau qu'ils contiennent s'exprime par des frai Ces fractions font connaître la quantité d'eau qu'il faut ajouter à chaque partie d'esprit pour le ramener à l'état d'eau-de-vie ordinaire ou à 19°. Ainsi on nomme esprit trois-cinq, de l'alcool à 29° 1/2, parce qu'en prenant 3 volumes de ce liquide, et y ajoutant 2 volumes d'eau, on obtient 5 volumes d'eau-de-vie à

ALCOOLOMÈTKE.

ALEMBROTH.

19°; on appelle esprit trois-six de l'alcool à 33°, dont 3 volumes mêlés à 3 volumes d'eau produisent G volumes d'eau-de-vie à 19°, etc. — Voici les titres et les noms vulgaires des alcools du commerce :

A.Cartier. A. Gay-Lussac. Densité.

Eau-de-vie faible.... 16° 37°,9 0,957

Id 18° 4G°,5 0,943

Eau-de-vie ordinaire. 19° 50°,1 0,936

Id 20° 53°,4 0,930

Eau-de-vie forte 21° 56°,5 0,924

Id 22° 59°, 2 0,918

Esprit trois-cinq 29°, 5 78°,0 0,8G9

Esprit trois-six 33° 85°,1 0,851

Esprit trois-sept 35° 88°,5 0,840

Esprit rectifié 3t>° 90",2 0,835

Esprit trois-huit 37°,5 92°,5 0,826

Alcool à 40° 40° 95°,9 0,814

Alcool absolu 44V 0 100°,0 0,794

C'est probablement aux Arabes qu'on doit l'art d'extraite l'alcool du vin et des autres liqueurs fermentées. Arnaud de Villeneuve, savant du xme siècle, ne lit que. propager l'usage de l'alcool en médecine. Ce que Raymond Lulle appelait quinta essentia n'était autre chose que de l'esprit-de-vin rectifié au moyen de la chaleur du fumier. Au xvc siècle, l'esprit-de-vin n'était encore qu'un médicament et ne se trouvait que dans l'officine des pharmaciens ; mais, avant la fin du \vie siècle, il servait déjà comme boisson dans presque tous les pays de l'Europe.

Alcools di-, triatomiques. V. Glycols et Glycérine.

ALCOOLAT, alcool qui a été chargé, au moyen de la distillation, des parties aromatiques de certains végétaux : ce nom a remplacé celui d'esprit. L'A. vulnéraire, l'eau de Cologne, l'esprit de menthe, le baume de Fioraventi, sont des alcoolats.

ALCOOLISME, nom donné à l'ensemble des phénomènes pathologiques résultant du l'abus des spiritueux 'vins, eau-de-vie et liqueurs). Ils se présentent à l'état aigu ( Yoy. Ivresse) et à l'état chronique. Si dans le premier cas la terminaison par la mort est exceptionnt'lli', elle est très-commune et même à peu près inévitable dans le second, toutes les fois que l'ivrogne persévère dans ses funestes habitudes. Le mal commence par un trouble des fonctions digestives : L'appétit se perd, une pituite, puis des vomissements ont lieu le matin; le foie est altéré, tous les vi abdominaux sont frappés d'une inflammation spéciale; quelquefois survient la phthisie pulmonaire granuleuse qui emporte rapidement le malade ; s'il résiste à ces premiers symptômes, il est bientôt en proie à des troubles nerveux tels que sensibilité exagérée, insomnie, obtusion de l'intelligence, tremblement des mains surtout, délire, enfin imbécillité et démence. Une des conséquences de l'alcoolisme est l'affaiblissement de la virilité et la procréation d'enfants idiotsou épileptiques. L'abus des liqueurs spiritueuses amène ces résultats bien plus rapidement que le vin. — Voir: MagnuslIuss,.l/coo/('j7«ec/i/-o«î'7«e(Stockholm,1852); Carpcnter, Abus des liqueurs alcooliques (Londres, 1850); Lancereaux, Dtcûotumaire encyclopédique des 'es (1865).

ALCOOLOMÈTRE, espèce d'aréomètre servant à indiquer lu quantité d'alcool contenue dans lesespritade-vni du commerce; il a été construit par Gay- "i. il marque 0° dans l'eau et 100° dans l'alcool absolu; il indique immédiatement la quantité d'alcool réel dans un esprit : ainsi l'esprit

2ui marque 60° contient GO p. 100 d'BlCOOl pur. omme les variations de température augmentent ou diminuent le volume des liquides, et par suite

leur densité, les indications de L'alcoolomètre ne Bont exactes qu'autant qu'elles sont prises à la températare à laquelle l'instrument a été gradué, c. 15° ; du reste Gay-Lussac a dressé des tables de correction. .MM. Lerebourset Secretan ont construit un

thermomètre alcoolométrique. En Angleterre l'alcoolomètre officiel est ['hydromètre de Sykes: son zéro ou esprit de preuve correspond à 57° centésimaux.

Pour reconnaître lu proportion d'alcool contenue dans les vins, on en distille une portion ; on a volume de l'alcool faible obtenu, et l'on détermine le degré à l'aide de l'alcoolomètre. Descroizilles a imaginé pour ces essais un petit alambic, perfectionné depuis par Gay-Lussac et par Dunal de Montpellier.

ALCYON. Les Grecs donnaient ce nom (&xuô>v] a un oiseau qui, à ce qu'ils croyaient, faisait son nid sur la mer même. On a supposé que cet oiseau pouvait être le Martin-pêcheur, le Pétrel des tempêtes ou l'Hirondelle salangane {Voy. Alcyo.ne au Dict. d'Hist. et de Géogr.) — L'Alcyon, était chez les anciens le symbole delà paix et de la tranquillité : ou appelait j on/s alcyoniens les 15 jours de l'année pendant lesquels cet oiseau était supposé couver ses œufs à la faveur du calme de la mer (c'était le jour du solstice d'hiver, les 7 qui le précèdent et les 7 qui le suivent).

Linné etTemminck ont fait du Martin-pêcheur le type de la famille des Alcyons qui a été confondue depuis en partie avec celle des Syndactyles. Voy. ce motet Martin-pêcheur.

alcyon, genre de Polypes coralliaires, charnus et couronnés à leur extrémités de tentacules ou fil a D nombre variable. Ils sont tantôt en formes d'arbustes, tantôt semblables à des champignons, d'autres fois ils forment sur la surface des corps une croûte assez épaisse. Ils habitent les mers profondes et ont de belles couleurs que la lumière leur fait perdre.

ALCYONE, étoile. Voy. Pléiades.

ALCYorvELLE, genre de Mollusques bryozoaires, voisin des Cristatelles et des Plumatelles, et qu'. n rencontre dans les eaux stagnantes des environs de Paris. On les a appelés aussi Alcyons fluviatiles et rangés quelquefois parmi les Polypes.

ALDEBARAN fmotarabe),étoilede première grandeur, placée dans l'Œil du Taureau.

ALDÉHYDE (par contraction des mots alcool déshydrogéné), liquide incolore, extrêmement volatil, composé de carbone, d'hydrogène et d'oxygène les rapports de C*H'0, et résultant de l'action de l'oxygène sur l'alcool. Use forme dans un grand nombre de circonstances, lorsque l'alcool est mis en contact avec des corps oxygénants ; il se produit, entre autres, dans la préparation du vinaigre, quand : de l'air à l'alcool est ménagé. Il est très-oxydable et se transforme aisément en acide acétique. Il a été découvert par M. Liebig en 1835.

Le nom a' Aldéhydes & été depuis donnéàtoutcune classe décomposés organiques, naturels ou artiii dérivant d'alcools par perte d'hydrogène et pouvant en s'oxydant reproduire un acide. L'essence d'amandes amères, l'aldéhyde cuminique de l'essence d - umin, l'aldéhyde cinnamique de l'essence de cannelle, l'acroléine, etc., sont des aldéhydes.

ALE (prononcez cle), espèce de bière anglaise, blonde, transparente et sans amertume, parce qu'on la fabrique avec très-peu de houblon. On l'appelle aussi Pale aie (bière pâle). L'aie légèreest rafraîchissante ; l'aie de garde est une bois-son nourrissante et tonique, mais elle enivre vite, parce qu'elle contient une assez grande quantité d'alcool. Voy. Bière.

ALÉATOIRE (du lat. aléa, chance). Un contrat est dit aléatoire quand l'avantage qui en résulte d d'un événement incertain. Le jeu, le pari, la i tution de rente viagère, sont des contrats aléa (C. Nap., art. 1104,1965-1984).

ALECTORS (du gr. à/.EXTtop, coq), famille de l'ordre des Gallinacés, créée pour des oiseaux d'Amérique intermédiaires entre les dindons et les faisans | ils ont la queue large et arrondie et manquent d'éperons aux Jambes. Genres principaux t Guan ou | lope, Hocco, Parraqua et /'<

ALEMBROTH en chaldcen le chef-dtatuvre de l'art). Les alchimistes Dominaient Alembroth i de sagesse le produit do la sublimation ou do la dis-

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