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DICTAME

l'alun, l'eau pure et surtout les métaux opaques sont des substances athermanes.

DIATHÉSE (du gr. SiâÔeeni;), disposition générale en vertu de laquelle on est disposé à contracter une espt ^e déterminée de maladie, qui se reproduit dans diverses parties du corps sous des formes semblables ou variées. On distingue les diathèses cancéreuse, tuberculeuse, purulente, syphilitique, etc. — Voir Baumes, Traité des diathèses (Lyon, 1853).

DIATOME (dugr. Si aTO[ATJ, coupe), Diatoma, genre d'Algues vertes, type de la tribu des Diatomées, composé de segments ou de lames formant d'abord un petit filament simple et très-comprimé, et qui, ensuite, en se disjoignant dans leur longueur, présentent la figure d'un zigzag. Les Diatomées forment sur les plantes aquatiques des fontaines ou de la mer un duvet roussâtre, de couleur ferrugineuse, qui devient verdâtre par la dessiccation. Elles se multiplient par déduplication. — Les Diatomées, dites aussi Fragillaires, font partie du groupe des Arthrodiées. Voy. ce mot.

DIATONIQUE (du gr. 8tà, et tôvo;, ton). On appelle ainsi, en Musique, le mouvement ou la gamme qui procède par tons et demi-tons alternatifs, par opposition au mouvement ou à la gamme chromatique qui ne procède que par demi-tons.

DIATRIBE (du gr. Staxpiêri, étude, examen). Ce nom, qui, dans son acception primitive , se donnait aux entretiens philosophiques, à l'examen sérieux d'un ouvrage d'esprit, a été plus tard spécialement appliqué à toute critique amère et violente. Voy. Libelle et Pamphlet.

DIAULE (du gr. 8tavi).o;), mesure de longueur, valant 2 stades (370 mètres). C'est l'espace que parcouraient ordinairement les coureurs à, pied dans les jeux publics de la Grèce. — Voy. Flûte.

D1AZOÏQUES, nom donné, en Chimie, à une série de composés formés en général dans la série aromatique par la substitution de 2 atomes d'azote à l'hydrogène. Us sont tous explosifs.

DICÉE, Diceum, genre d'Oiseaux, de l'ordre des Passereaux ténuirostres : bec court,dentelé à la pointe, élargi à sa base et un peu arqué ; narines petites et arrondies ; ailes obtuses. Les espèces connues sont toutes des archipels de l'Asie et de l'Océanie. Leur taille est petite, et leur plumage rouge, noir ou jaune. DICÉRATE(dupréf.tf?',deux,et du gr.xs'pa:, corne), Diceras, genre de Mollusques acéphales fossiles, de l'ordre des Pleuroconques, famille desChamacidées : coquille irrégulière, toujours fixée par sa petite valve, et dont les crochets se recourbent en spirale. LesDicérates diffèrent des Chames principalement par la forte dimension de la dent cardinale balobée dont leur charnière est munie à chaque valve. Elles appartiennent toutes à l'étage corallien.

DICHOBUNE (du gr. Sîx<x, séparément, et Pouvo;, colline ; à cause des tubercules distincts de leurs molaires), genre de Mammifères fossiles, de l'ordre des Bisulques (Porcins) et voisins des Anoplothériums, renferme plusieurs espèces, toutes de petite taille : le D. lièvre, dont les formes et la dimension rappellent celles d'un lièvre; le D. rongeur, gros comme un cochon d'Inde, et le D. oblique, remarquable par l'obliquité des branches de sa mâchoire inférieure.

DICIIONDRA, genre de la famille des Convolvulacées, typede la tribu des Dichondrées, ne renferme que des herbes d'Amérique peu importantes.

DICHORIZANDRE (dugr. ôixopia, double chœur, et àvYJp, àvSpô;, étamine), Dichorizandra, genre de la famille des Commélinées, originaire du Brésil. Ce sont des plantes herbacées, à feuilles lancéolées, et à fleurs en grappes terminales. On cultive en s^rre chaude la D. a fleurs en thyrse : tige de 1" partant d'un tubercule charnu, cylindrique et d'un vert foncé; au sommet, panicule chargée de ramifications cylindriques, courtes, et portant à leurs extrémités de 3 à 5 fleurs d'un bleu lilas à l'extérieur, blanches *1 intérieur, et vertes à l'extrémité de chaque pétale.

DICHOTOME (du gr. 5ix6tou.o;, coupé en deux), se dit, en Botanique, des parties qui se divisent et se subdivisent en deux, comme la tige du gui, de l'œillet, les pédoncules du fusain, etc.

En Astronomie, ce mot désigne l'état de la lune lorsque la moitié de cet astre est seule visible.

En Logique, on appelle division dichotomique, classification dichotomique, celles qui procèdent en divisant et subdivisant toujours de deux en deux. — La Flore française de Lamarck offre un modèle de méthode dichotomique appliquée à la Botanique.

DICHROA(du gr. 8txpoo;,de deux couleurs), genre de la famille des Rosacées, créé pour un arbrisseau de la Cochinchine, dont les feuilles et les racines sont employées par les naturels comme fébrifuges. Les fleurs de cette plante sont blanches en dehors, bleues en dedans : d'où son nom.

DICHROÏSME (du gr. 8îxpooç)i propriété optique de certains minéraux, qui consiste en ce qu'on leur voit deux couleurs différentes suivant qu'on les regarde dans un sens ou dans un autre, ou encore par réflexion et par réfraction : la cordiérite, p. ex., ou fahlunite, est dans un sens d'un beau bleu de saphir, et dans un autre sens, d'un blanc-jaunâtre tirant sur le brun : ce qui lui a fait donner le nom de dichroïte. — On donne aussi ce nom à la propriété qu'ont certaines substances transparentes de présenter deux couleurs différentes suivant leur épaisseur : le verre bleu de cobalt est rouge par transparence quand son épaisseur est assez grande. Ces phénomènes ont été étudiés surtout par M. Brewster.

DICLÏNE (du gr. 8î;, deux, et xXîvy], lit), nom donné aux plantes dont les organes sexuels, mâles et femelles, ne sont pas réunis dans la même fleur, mais qui ont des fleurs mâles et des fleurs femelles. Ces fleurs, dites unisexuées, sont appelées monoïques lorsqu'elles habitent sur le même pied, et dioïques lorsque les organes mâles existent sur un pied, et les organes femelles sur un autre ( Voy. Monocline). — Dans la Méthode de Jussieu, les plantes diclines formaient la 15* et dernière classe des Dicotylédones et renfermaient les Euphorbiacées, les Cucurbitacées, les Urticées, les Amentacées et les Conifères.

DICOTYLÉDONES (du gr.5ï;,deux, et xotu^Swv), nom donné, en Botanique, aux plantes dont l'embryon est muni de deux cotylédons (Foy.ce mot). Les Dicotylédones forment un des trois embranchements du Règne végétal, celui qui contient le plus grand nombre d'espèces. D'après la classification généralement adoptée auj., celle de M. Brongniart (1843), il se subdivise en deux sous-embranchements : les gymnospermes, dont la graine est nue (Conifères, Cycadées, etcO, et les angiospermes, dont la graine est entourée d'un péricarpe : ce dernier se subdivise à son tour en gamopétales, en plantes à corolle d'une seule pièce, et dialypétales, ou plantes à corolle composée de plusieurs pièces distinctes, ou nulle : dans ces deux séries l'insertion des étamines donne lieu à de nouvelles subdivisions en hypogynes ou périgynes, comme on peut le voir indiqué à l'article consacré a chaque famille.

DICRANE (du gr. Sîxpavo;, à deux têtes), Dicranum, genre de Mousses acrocarpes, type delà tribu des Dicranées. On le trouve, sous forme de gazon, sur la terre et sur les rochers.

DICRANURE (du gr. ôïxpavo; et oùpa, queue), Dicranura, genre d'Insectes, de l'ordre des Lépidoptères nocturnes, tribu des Bombycides, dont les chenilles vivent sur le saule et le peuplier. DICROCÉROS, Cerf fossile. Voy. Cert.

DICROTE (du préf. di, deux, et dugr. xpôto;, battement), nom donné au pouls qui, à certaines pulsations, semble battre deux fois comme le marteau qui frappe l'enclume, rebondit et achève son coup. On nomme aussi ce pouls rebondissant.

DICTAME ou dictamne (du gr. 8i'xt«[ivov), Dictamnus. Les anciens donnaient le nom de Dictame à une plante de Crète, appartenant au genre Origan

DICTIONNAIRE. — oI4

DIÈSiE.

«ta la famille des Labiées, dont les sommités fleuries passaient pour avoir des propriétés merveilleuses, surtout contre la morsure des animaux venimeux. On la trouve dans le midi de la hrance.

Les modernes nomment Dictamne,un genre de la famille des Diosmées, renfermant des plantes vivaces,àodeur pénétrante. L'espèce la plus remarquable est le Dietamnus albue. Voy. Fraxineli.e.

DICTATEUR (dulat. dictator), magistrat suprême à Rome ( Voy. le Dict. d'Hist. et de Géogr.). — Ce nom a été donné, dans les temps modernes, au chef de certaines républiques, notamment au Paraguay, de 1814 à 18^0.

DICTIONNAIRE (de diction), recueil de mots ou de noms rangés par ordre alphabétique, avec l"ur signification. Le dictionnaire ne doit pas être confondu avec le vocabulaire, simple nomenclature de mots, sans explication raisonnée ; avec le lexique, recueil de mots rares, de formes difficiles, ou propres à un seul auteur ; avec le glossaire, recueil et commentaire do mots barbares ou vieillis et de locutions abandonnées.

Dictionnaire de mots. Les plus anciens ouvrages de ce genre sont le traité de Varron, De différent ia Oerborum, espèce de dictionnaire de synonymes; celui de Verrius flaccus, Designificatione verboivn ; fOnomasttcon de Pollux, composé vers l'an 180 de J.-C; le Dictionnaire grec d'Hésychius, vers 000. Au moyen âge, on ne cite guère que VElementarium rudiment um de Papias 1053 , des gloses et des lexiques, qui n'ont d'importance que pour l'étude de la langue. En 1502 parut le Dictionnaire polyglotte d'Ambroise Calepin. Vinrent ensuite le Thésaurus tinguœ latinœ de Rob. Estienne (1531), leLexicon totius latinitatis de J. Facciolato ( 1720), refondu par Forcellini (1771), et refait depuis par Scheller et par Freund ; et les Dictionnaires classiques de Boudot, Noël, de Wailly, Daveluy etQuicherat, Theil, Lebaigue, etc. — En grec, nous citerons, entre autres, le grand Thésaurus Imquœgrcecœ de Henri Estienne (1572), réédité par MM. Didot (1840-48), et les lexiques abrégés de Schrevelius, Hederich, Schneider F.Passow.W. Pape ; de Planche,Vendel-Heyl, Alexandre, Chassang, etc. — In des plus anciens dictionnaires français est celui de J. Nicot(1572), après lequel il faut citer le Lexique de R.Cotgrave (Londres, 1632) et les Origines ou Etymologies françaises de P. de Cazenouve (IG52). En 1C94 parut le premier Dictionnaire de l'Académie, dont la dernière édition a paru an 1835. On remarque aussi en ce genre les travaux de Kicholet, Furetière, Panckoukc, Boiste,Gattel, Laveaux, N. Landais, Bescherelle, et surtout le grand Dictionnaire de lu langue française de Littré (1862 et suiv.). — A l'étranger, on cite surtout : en Allemagne, les />/c7jOH/iaz>,e.îd'Adelung(1786) et des frères Grimm 1852); en Angleterre, le Dictionnaire de la langue anglaise de Johnson (1775), les Dictionnaires a i, y lais- français deBoyer, Chambaud, Spiers, etc. ; en Italie, le Dictionnaire des académiciens delta Crusca (1612), les Dictionnaires classiques d'Alberti, d'Alberi, de l'.onna, otc.; en Espagne, le grand Dictionnaire de (Académie de Madrid), etc.

Dictionnaires d<- umn.s propres. Ces dictionnaires, dont le nombre s'est beaucoup accru depuis un siècle, n'étaient pas non plus inconnus aux anciens : témoin le I). biographique de Suidas et le D. géographique dxtiennede Byzance. — Auxvi* siècle, Cli. Estienne donna un Du -tm/iarium aùtoHco-geographico-poeti-

cuni (1500, ; mais c'est surtout à partir duXVII* siècle qu'on vit apparaître les plus importants ouvrages de ce genre : nous citerons seulement : le D. historique et géographique deMorér'i (1073, dernière édit., 1750), IeD. historique et critique de Bayle (1697), le I). çéo-

Sjra/diiqur de La Martini. Te 1726), le Yosgivn, le /». listoriqur de Cliaudun et Delandine (1766 et 1810), ceux de Barrai, deLadvocat, de Mesnard et Desenne ; la Biographie universelle des frères Michaud *1811- 1 852) ; la Nouvelle Biographie de MM. Didot (1852 et

ann. suiv.); notre D. universel d'Histoire et de Géographie, qui résume les précédents et le D. des contemporains de M. Vapereau.

Dictionnaires de choses. Us sont pour la plupart connus sous le nom d'Encyclopédies, quand ils embrassent les différentes branches des connaissances humaines ( Voy. Encyclopédie). — Pour les dictionnaires spéciaux de chaque science ou de chaque art, on les trouvera au titre de la matière dont ils traitent.

DICTYOTE dugr. BiXTUfonôc, réticulé), Dictyota, genre d'Algues marines, section des Fucoîdées, caractérisé par ses feuilles réticulées, vertes, sans nervures, et ses capsules en petites masses éparses.

DIDACTIQUE (du gr. Siicucnxoc), se dit de tout ouvrage, soit en prose, soit en vers, qui a pour objet d'instruire, d'enseigner les principes d'une science, les règles et les préceptes d'un art. — En Prose, les écrits d'Aristote sur la Logique, sur la Poétique et sur la Rhétorique, les livres de Cicéron sur l'Art de Forateur, les Institutions oratoires de Quintilien, le Traité des études de Rollin, sont des ouvrages didactiques. — En Poésie, la dénomination de didactique s'applique particulièrement à un genre dont le but principal est d'instruire. Le Poème de la Nature de Lucrèce, les Géologiques de Virgile, l' Art poétique de Boileau, plusieurs poèmes de Delille appartiennent à ce genre de poésie : on y fait entrer Yépilre et la satire (Voy. ces mots). Souvent le genre didactique a été appliqué à de trop petits sujets : ce défaut et l'abus du style descriptif ont surtout contribué à le déconsidérer.

D1DACTYLE (du préf. di, deux, et du gr. 8dtxTu).o<;, doigt), se dit, en Zoologie, de tous les animaux, Mammifères ou Oiseaux, qui n'ont que deux doigts i etiaque pied (Unau, Autruche, etc.).

DIDASCALIE (du gr. StSaoxa) ta), nom donné par les Grecs aux représentations théâtrales, et par extension, a l'œuvre même du poète et à l'art du théâtre en général, etc., parce que le poète se chargeait lui-môme du soin de faire apprendre (StôaT/: pièce aux artiates que le chorége mettait à sa disposition. — Dans le théâtre latin, on appelle didasta- Itc, une petite notice placée en tète d'une pièce et indiquant son origine, l'époque de la représentation, les acteurs, etc.

DIDELl'IlES. Voy. Marsitiaux.

D1DISQUE (du préf. di, deux, et de disque^, Pidiscus, genre de la famille des Ombellifères, tribu des llydrocotylées, renferme des plantes herbacées de l'Australie, à feuilles lobées, à lobes incisés; à fleurs en ombelles, bleues ou blanches.

DimtACllME. Voy. Drachme.

DIDUS, nom latin scientifiq. du genre Drontf.

DIDYMi: (du gr. ôiSuu.oç, double), se dit, en Botanique, des organes compost s de deux parties arrondies et réunies par un point à leur sommet.

miiv.ME ou didymium, métal qui accompagne presque toujours le rérium et le lanthane. 11 se trouve principalement dans la cérite, la crynlitho, l'orthite, l'yttrecérite. etc. 11 décompose l'eau en présence des acides. Il a été découvert en 1841 par M. Mosander.

DIDYNAMIE (du préf. di et du gr. Ô0vap.t classe du système de Linné, est caractérisée par \ étamines, dont deux sont plus grandes que les autres.

DIÈDllE (angle), du préf. di et du gr. Ifipot, plan. Voy. Ancle.

du m M. (du gr. Stai'petxu;). On nomme ainsi, en Grammaire, la division d'une diphthongue an deux syllabes, comme au/aï pour auiœ : on l'oppose ksyucrr.si'. Voy. ce mot.

diérèse, opération chirurgicale qui consiste dans la séparation tles parties reunies contre nature, ou de celles dont la division ou la dilatation sont ne. res pour la santé. La diérèse a lieu par incision, par ponction, par divulsion, par cautérisation, etc.

DIÈSE (du gr. ôu<v.;\ si-ne musical qui s'écrit ainsi #, ot qui, placé a la gauche d'une note (dièse accidentel), indique qu'ells doit ètrs ùUvée d'un de-

DIEU

DIEU

mi-ton. Les dièses placés à la clef marquent les modifications que doit subir l'ordre des demi-tons dans la gamme et déterminent ainsi le ton dans lequel tout le morceau est écrit. Ainsi, dans la gamme de sol, pour qu'il y ait cinq tons et deux demi-tons, comme dans la gamme en ut majeur, il faut mettre un dièse. Les dièses se placent de quinte en quinte en montant. — Le double dièse élève d'un demi-ton la note déjà diésée.

Dans la musique ancienne, le mot diésis désignait l'intervalle que nous appelons comma ( Voy. ce mot). On distinguait le diésis enharmonique mineur, qui haussait la note d'un quart de ton ; le chromatique, qui relevait d'un demi-ton mineur, et l'enharmonique majeur, qui relevait de trois quarts de ton.

DIÈTE (du gr. SîaiToc). Dans son acception générale, la diète est l'emploi raisonné et méthodique de toutes les choses essentielles à la vie, soit en santé, soit en maladie ; elle comprend tout ce qui a rapport à l'air, aux aliments, à l'exercice et au repos, au sommeil et à la veille, etc. : entendu dans ce sens, le mot diète est synonyme de régime; mais, pris dans une acception plus restreinte, il ne s'applique qu'à la nourriture des malades et peut alors signifier Y abstinence, c.-à-d. la privation plus ou moins rigoureuse des substances alimentaires. Tl désigne aussi l'usage exclusif de certains aliments : on dit, par exemple, D. lactée, D. animale, D. végétale, etc.

La nature elle-même indique la diète ou l'abstinence dans les maladies aiguës, qui s'accompagnent toujours de la perte de l'appétit. Dans beaucoup de cas, la diète seule peut amener la résolution de la maladie. — La diète doit être fort sévère au début des maladies fébriles, et pendant leur développemer.1 . On peut commencer à permettre des aliments aux malades quand la fièvre a cessé et que la faim reparaît: on débute par des bouillons, auxquels plus tard on incorpore des fécules ; puis, on arrive aux panades, au régime lacté, aux poissons, puis aux viandes blanches et autres plus nutritives : ces aliments doivent être préparés simplement et sans épices. On permet en même temps une petite quantité de vin vieux, coupé avec de l'eau ordinaire, et un peu d'eau minérale gazeuse. — Dans les maladies chroniques, on a recours à la diète lactée, aux viandes rôties, aux légumes, etc., selon la nature de la maladie et selon l'organe malade.

diète, assemblée politique. Voy. ce mot au Dict. d'Hist. et de Géogr.

DIÉTÉRIDE (du gr. 8tETT)pîç, année double), nom que les Athéniens donnaient à un cycle formé par la réunion de deux années lunaires. Voy. Cycle.

DIÉTÉTIQUE (de diète), partie de la Médecine qui donne les règles à suivre sur la diète. Voy. Diète

etHYCIENE.

DIÉ riXE (dim. de diète), nom donné aux assemblées provinciales de la noblesse polonaise qui nommaient les nonces à la diète générale de la nation.

DIEU (du lat.Deus), l'Être suprême et parfait,créateuret conservateur de l'univers. La science de Dieu s'appelle Théologie naturelle ou Théodicée. Elle démontre l'existence de Dieu, et traite de ses attributs et de ses rapports avec l'univers.

A. Existence de Dieu. Dieu étant la cause première de tous les êtres, son idée ne peut nous être donnée que par la raison ; elle ne sam-ait être l'objet du raisonnement qui d'une vérité générale déduit une vérité particulière, comme en Géométrie, ou qui de faits particuliers induit une vérité générale nommée loi, comme en Physique ; par suite, la démonstration de son existence consiste uniquement à analyser l'idée que la raison nous donne de Dieu, et à examiner quelles considérations nous y conduisent légitimement ; elle n'engendre pas la croyance en Dieu, mais elle l'édaircit et la confirme, en faisant voir que celleci est le terme auquel aboutit nécessairement la pensée humaine, et non une création arbitraire de l'imagination convaincue de fausseté par la science. Les

preuves de l'existence de Dieu ne sont donc que les divers points de vue sous lesquels la raison conçoit l'Être suprême et qu'il faut réunir pour avoir de lui une idée aussi complète que possible. Elles se partagent en preuves physiques, métaphysiques et morales ; les premières se tirent de l'étude de la nature, les secondes de la raison, et les dernières de la conscience morale et de l'histoire comparée des religions. Voir : J. Simon, Religion naturelle ; Ch. de Rémusat, Philosophie religieuse; A. de Margerie, Théodicée.

I. Preuves physiques. — Ordre physique, Causes finales {Argument téléologique). Cet argument, le plus ancien et le plus populaire de tous, peut se for muler ainsi : 1° Il existe dans ce monde un ordre admirable, manifesté par les lois qui président aux mouvements des astres, aux phénomènes physiques, aux combinaisons et aux décompositions des corps, à l'organisation et à la vie des végétaux et des animaux. Dans chacun de ceux-ci, la correspondance des moyens et des fins et la coordination des parties au tout forment un système et impliquent un dessein ; de même les parties de l'univers, malgré leur multiplicité et leur diversité, constituent une unité pleine d'harmonie. 2° Cet ordre n'a point sa raison d'être dans les propriétés intrinsèques des molécules de la matière dont se compose l'univers ; dénuées d'intelligence et de liberté, elles ne pouvaient se grouper et s'accorder d'elles-mêmes pour des fins déterminées, qui supposent un plan préexistant, conçu et voulu par une cause intelligente et libre. 3* L'ordre du monde a donc pour cause première une puissance intelligente et libre, et, puisqu'il forme un seul sys- Mme, cette cause est unique {Voy. Monothéisme^ — Cet argument est susceptible de développements inépuisables, parce qu'il résume les lois de toute» les sciences; son fond est immuable, parce qu'il repose sur un principe de la raison, l'idée de cause intentionnelle ou cause finale ; mais le tableau qu'il présente de l'univers change avec les progrès de la science, comme on peut le voir en comparant le traité de Cicéron (De la nature des Dieux), celui de Fénelon {De r existence de Dieu, lre partie) et le Cosmos d'Al. de Humboldt. On doit donc n'appliquer ce mode de raisonnement qu'à des lois scientifiques parfaitement constatées, pour ne pas le compromettre par de vaines hypothèses et prêter à Dieu nos propres vues. En outre, il nous conduit à la conception d'une intelligence ordonnatrice du monde, mais non à celle d'un Dieu tout-puissant, créateur de la matière {Voy. Dualisme). Il faut donc le compléter par les autres preuves. — Consulter, outre les auteurs déjà nommés, Xénophon, Entretiens de Socrate; Platon, Lois, Tintée ; Aristote, Métaphysique (1. 12e) ; en France, Bossuet (Connaissance de Dieu), Voltaire ( Dictionnaire philosophique), 3. -3. Rousseau (Emile), etc.; en Angleterre, les écrits de R. Boyle,Ray, W. Paley, Th. Chalmers,W.Buckland, Buchanan, Thompson, etc. ; en Allemagne, ceux de Leibnitz, Sturm, Reimar, Kant {Critique au jugement), etc.

Contingence du monde et de la matière, Nécessité d'une Cause première (Argum. cosmologique). Dieu, qui a formé le monde, a aussi créé la matière (Voy. Causalité). L'argument par lequel on établit ce dernier point consiste à dire : « L'existence et les qualités de la matière inorganique sont contingentes : car en considérant une de ses parties, p. ex. un grain de sable, on voit qu'il existe actuellement, mais on conçoit qu'il pouvait ne pas exister; comme toutes les parties de la matière se ressemblent à cet égard, la même conception s'applique à chacune d'elles ; donc leur totalité n'est pas nécessaire, n'a pas sa raison d'être en elle-même, par conséquent doit son existence à une cause première et créatrice. Il en est de même des êtres organiques. » Leibnitz formule ainsi cette preuve ( Théodicée, I, 7) : « Dieu est la première raison des choses : car celles qui sont bornées, comme tout ce que nous voyons et expérimentons, sont contingentes et n'ont rien en.

DIEU

DIEU

elles qui rende leur existence nécessaire... Il faut donc chercher la raison de l'existence du monde, qui est l'assemblage entier des choses contingentes, et il faut la chercher dans la substance qui porte la raison de son existence avec elle, et laquelle par conséquent est nécessaire et éternelle. » La contingence de la matière inorganique et des êtres organisés a pour conséquence la création, conception étrangère aux philosophes grecs qui attribuaient à la matière une existence sans commencement. Cette erreur a été corrigée par les Pères de l'Eglise, St Grégoire de Nysse, St Augustin, etc., qui ont enseigné que Dieu seul est éternel, que la matière et le monde ont commencé d'être par la volonté de Dieu. Leur démonstration a été développée sous forme philosophique par Fénelon (Eocistence de Dieu, 2e p., ch. 2 et 5), par Clarke (Èxist. de Dieu), etc. Loin de l'infirmer, les progrès de la science lui ont fourni de nouveaux arguments. Les découvertes de la géologie nous montrent que les animaux et les végétaux n'ont pas toujours existé sur notre globe; leur apparition, quelque hypothèse qu'on adopte à cet égard, ne peut s'expliquer que par un acte immédiat de la toute -puissance de Dieu, ou bien par l'intermédiaire des causes secondes créées et préparées par lui pour cet effet déterminé (Voy. Cosmogonie, Création). D'un autre côté, on démontre par la théorie mathématique de l'infini, que l'hypothèse d'un nombre réel absolument infini, p. ex. de corps célestes ou de révolutions actuellement accomplies par la terre dans son orbite, est inadmissible, parce qu'elle implique contradiction ; donc le monde n'est infini ni en durée, ni en étendue ; par conséquent, il a commencé ( Voy. Infini). — Consulter : Cauchy, Sept leçons de physique générale (1868) ; H. Martin, les Sciences et la Philosophie (Essais III et V).

II. Preuve métaphysique ou ontologique. Idée de F Être parfait. — Les preuves physiques nous font voir que l'existence du monde, même réduit à l'ordre actuel, implique un auteur; mais elles présupposent l'idée de l'Être parfait sur laquelle s'appuie la preuve métaphysique ou ontologique (appelée aussi à priori, en ce sens qu'elle est naturelle à l'esprit humain et indépendante de toute expérience extérieure). Après avoir constaté que nous avons l'idée de l'Être parfait, elle montre d'abord que cette idée ne peut nous venir que de Dieu même, ensuite que nous ne saurions concevoir Dieu sans admettre immédiatement son existence. — 1* Notre esprit conçoit l'idée de l'Être parfait, dont l'intelligence et la puissance dépassent tout ce que nous connaissons. Si nous examinons comment cette idée se trouve en nous, nous sommes contraints d'avouer que nous ne saurions la tirer de nous-mêmes, parce que nous sommes sujets à beaucoup de défauts. Il faut donc admettre ou que netre raison est le jouet d'une illusion, et alors il n'y a plus de science possible, ou que cette idée nous vient de l'Être parfait même, par conséquent, que Dieu existe, qu'il nous a rendus capables de le concevoir et que son intelligence se communique ainsi à nous en un certain degré (Descartes, Disc, de la méthode, Ue p. ; Méditation 3', et Principes, l"p., §17-18). — 2° a Lorsque ma pensée fait une revue des diverses notions qu'elle a en elle et qu'elle y trouve l'idée d'un Être parfait, elle juge facilement qu'elle aperçoit en cette idée que Dieu, qui est cet Être parfait, existe : car quoiqu'elle ait des idées distinctes de plusieurs autres choses, elle n'y remarque rien qui l'assure de l'existence de leur objer, au lieu qu'elle aperçoit en celle-ci, non pas seulement une existence possible, comme dans les autres, mais une existence absolument nécessaire et éternelle. » (Descartes, Principes, V p., § 14 ; Disc, de lu Méthode ,(f y.; Méditation 3'). Bossuet a développé le même principe dans ses £7t'^«/ioni(l" sem.,lreis'/cr.): « Pourquoi l'imparfait serait-il etle parfait ne serait-il pas? C'est-à-dire, pourquoi ce qui tient plus du néant «erait-il, et ce qui n'en tient rien du tout ne serait-il

pas?... Dis, mon âme, comment entends-tu le néants sinon par l'être?.. .Comment l'imperfection, si ce n'est parla perfection dont elle déchoit? » St Anselme avait déjà formulé un argument analogue, mais avec cette différence que de l'idée de l'Être parfait il déduisait sonexistence. Leibnitz en a fait un syllogisme. Kant a montré le défaut de l'argument de St Anselme et de Leibnitz : « L'existence, dit-il, ne peut être regardée comme un attribut, dont l'idée, en s'ajoutant à celle que nousavonsde la chose dontils'agit, la développe, la complète, ladétermine.Si je conçois un être comme l'Être parfait, j'ai beau tourmenter l'idée de cet être pour en faire sortir son existence, la question de savoir s'il existe ou non reste toujours la même. » Cette réfutation n'atteint pas la preuve de Descartes et de Bossuet, laquelle ne part pas d'une abstraction, mais d'un fait incontestable, notre propre existence, et, s'élevant à la croyance en l'existence de l'Être absolument parfait, montre que notre esprit la conçoit en même temps que la première, comme la condition même et la raison d'être de sa propre réalité, et non comme un pur idéal auquel il attribuerait arbitrairement l'existence. C'est pourquoi notre raison a une foi irrésistible à l'Être parfait ; partout où quelque degré de réalité se présente à nous, nous transportons par la pensée cette réalité dans l'absolu, et Dieu contient ainsi sous la raison de l'infini toutes les perfections incomplètes que possèdent l'âme et la nature. — Consulter : P. Janet, la Crise philosophique (ch. 2et 5) ; Caro, l'Idée de Dieu; Ravaisson, la Philosophie au xixe siècle (§ vu, x-xiv, xvi-xvii, xxxvi).

III. Preuves morales. — Ordre moral. La raison qui conçoit Dieu comme être parfait le conçoit aussi comme législateur et comme juge. Nous avons l'idée d'une loi morale qui par elle-même est absolue. Elle ne nous vient pas de la matière, non plus que l'intelligence et la liberté. Donc, comme nos facultés, elle implique l'existence d'un être qui en soit la cause suprême. En outre, cette loi est inséparable du principe demériteet de démérite qui, étant également absolu, exige que la vertu soit récompensée et le vice puni ; or l'accord du bien moral et du bonheur n'existe pas sur la terre ; il faut donc qu'il soit réalisé dans une autre vie, et il ne peut l'être que par une cause souveraine, celle-là même qui a établi la loi. Donc les idées fondamentales do l'ordre moral nous conduisent à concevoir l'existence de Dieu comme législateur et comme juge (Voy. Bien, Loi morale, Mérite, Immortalité). Cette preuve a été mise en lumière par Kant (Cnrï^Me de la raison pratique), qui a tort de rejeter les autres : car toutes sont également des vérités données par la raison, dont l'autorité est indivisible. Un autre motif de les réunir, c'est qu'on n'a une idée complète de Dieu que par leur ensemble : le principe des causes finales nous fait concevoir Dieu comme ordonnateur du monde ; le principe de causalité, comme créateur; l'idée de parfait, comme être suprême; le principe de mérite et de démérite, comme législateur et rémunérateur.

Consentement universel. Chez tous les peuples, anciens ou modernes, civilisés ou barbares, on trouve la croyance en l'existence d'un premier être, comme le témoignent les religions, les langues et les monuments. Elle a été épu"rée, sans être ébranlée, par les progrès des sciences et de la philosophie. Sans doute il y a des athées ; il y a dis hommes qui, uniquement absorbés par le soin des choses terrestres ou par la satisfaction de leurs passions, n'élèvent jamais leurs pensées plus haut; il y en a aussi qui ne veulent rien voir au delà des sciences positives, ou qui sont conduits à la négation de l'existence de Dieu par certaines spéculations métaphysiques; mais la raison finit toujours par faire justice d fausses hypothèses, et, comme le dit Bacon, «si parfois le demi-savoir éloigne les hommes de la religion, la vraie science les y ramène toujours. » L'universalité et la constance de la croyance en l'existence de Dieu prouve donc que c'est un fait propre à la nature humaine. Voy. Religion.

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