‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des artsChapitre 498 sur 1672 · DOCTEUR · texte numérisé non relu

DOCTEUR

d'armée composé d'au moins deux brigades (Voij. ce mot). Chaque division active est commandée par un général de division (Voy. Général). En outre, sous le rapport militaire, la France, avant 1874, était divisée en un certain nombre de divisions territoriales, commandées aussi par un général de division, et qui se composaient d'autant de subdivisions qu'elles renfermaient de départements. F. Armée (au Supplt)»

DIVORCE (du lat. divortium), dissolution du mariage opérée d'un consentement mutuel, pour les causes et dans les formes déterminées par la loi. Il diffère de la répudiation qui se fait par la volonté et pour l'avantage du mari seulement, et de la séparation qui ne rompt point le mariage {Voy. ces deux mots). — Chez les anciens, la loi de Moïse et celle de Solon permettaient le divorce, mais avec des formalités qui en restreignaient beaucoup l'usage. Inconnu peut-être aux premiers Romains, il devint très-fréquent à la fin delà République et au commencement de l'Empire surtout, où l'abus en fut scandaleux. — Ches les Chrétiens, St Augustin fit prévaloir dans l'Église l'indissolubilité du mariage: aujourd'hui le divorce est expressément défendu chez les catholiques par la toi religieuse; les Protestants, au contraire, admettent le divorce. Il existe aussi chez les Musulmans concurremment avec la répudiation. La loi du 20 sept. 1792 avait permis le divorce en France, et le Code Napoléon (art. 229-231) l'avait maintenu ; mais il a été aboli par la loi du 8 mai 1816, et depuis on a tenté vainement de le faire rétablir. — Voir : A. Nougarède, Histoire des lois sur le mariage et le divorce (1803 et 1816);Tissot, Le mariage, la séparation et le divorce (1868), etc.

DIX (du lat. decem). Ce nombre, qui rappelle le nombre des doigts, forme la base du système décimal, adopté presque universellement. Les Arabes le chiffrent par 10 ; les Romains le représentaient par X. — Voy. DÉCADE.

DIXIEME (la), se dit, en Musique,d*e tout intervalle compris entre dix notes. C'est l'octave de la tierce.

DIZAINE. Voy. Dl\ et Décade.

DIZEMER ou dizain ier (de dix). Ce nom, qui chez les Romains était synonyme de décurion, officier commandant 10 hommes, désigna sous les rois francs les possesseurs des villes, bourgs et villages, chargés d'y maintenir la justice. Dès le xe siècle, les dizeniers ne sont plus que des officiers civils attachés à l'exercice de la police. A Paris, ils remplissaient les fonctions d'officiers municipaux; chacun des seize quartiers de cette ville était administré par autant de dizeniers.

DJÉRID (de l'arabe djirid, palmier), branche de palmier sèche, dépouillée de ses feuilles. On s'en sert pour un exercice fort en usage dans la Turquie et l'Egypte, et nommé aussi djérid. Ce jeu, qui se fait toujours à cheval, consiste à jeter en l'air le djérid et à le rattraper tout en galopant. Les Arabes dans leurs fantasias {Voy. ce mot) se servent de leur carabine en guise de djérid.

DO, syllabe qu'on substitue généralement, dans -la solmisation, à celle d'ut. Cette substitution était déjà en usage en Italie au xvue siècle.

DOBULA (leuciscos), poisson du genre Able, plus connu sous lenomvulg.de Meunier. Voy. Able.

DOCiiiMIAQUE (vers), sorte de vers grec ou latin, particulièrement employé dans les chœurs tragiques, a pour pied fondamental le dochmius {Soy^ioc,), pied de 5 syllabes composé d'un ïambe et d'un crétique ou d'un bacchius et d'un ïambe, c.-à-d. d'une brève, de deux longues, d'une brève et d'une longue (y- -y-) : ce pied admet toutes sortes de substitutions, ce qui en rend la reconnaissance assez difficile.

DOCIMASIE (du gr. Soxitxacria), art de faire des estais, de déterminer la nature et les proportions des métaux utiles contenus dans les mélanges naturels et artificiels, afin d'évaluer les produits qu'on peut espérer tirer de leur exploitation en grand. La docimasie^ qui n'est qu'une branche de l'analyse chimique, s opère, tantôt par la voie sèche, c.-à-d. par le

feu et à l'aide quelquefois de fondants et de moyen* désoxydants, tantôt par la voie humide, c.-à-d. en dissolvant les métaux et en les précipitant ensuite au moyen de certains réactifs. Le Traité de docimasie de Rivot est un des plus estimés. Voy. Essai.

docimasie pulmonaire, nom donné, en Médecine légale, à certaines expériences auxquelles on soumet les poumons, le cœur ou quelque autre organe d'un enfant nouveau-né, afin de s'assurer s'il a respiré, c.-à-d. s'il a vécu après sa naissance, ou s'il était mort avant l'accouchement, question importante à résoudre toutes les fois qu'il y a imputation à' infanticide { Voy. ce mot). Un des moyens les plus simples est basé sur la différence de la pesanteur spécifique entre un fragment de poumon qui a été pénétré par l'air et celui qui ne l'a jamais été ; ce dernier jeté dans l'eau se précipite toujours au fond, tandis qu'un fragment de poumon qui a respiré surnage toujours.

DOCK. Ce mot qui, primitivement en hollandais, puis en anglais, signifiait bassin à flot et à niveau fixe, désigne aujourd'hui un ensemble de bassinsbordés de magasins, dans lesquels les marchandises sont entreposées à mesure qu'elles débarquent, et qui servent de magasins généraux ( Voy. ce mot). L'Angleterre possède en ce genre des établissements magnifiques : on admire surtout les docks de Londres (London-dock, 1805 ; West-India-dock, East-India-dock, St-Katherine's-dock, 1828, Commercial docks) ; pui» ceux de Liverpool (créés en 1708), de Bristol, Hull, Leith, etc. Après eux, on cite ceux de Rotterdam, de Trieste, etc. En France, on ne peut encore signaler que ceux de Marseille, du Havre, de St-Ouen (à Paris), de Rouen, etc. Voy. Entrepôt. Voyez aussi Radoub.

DOCTEUR (du lat. doctor), celui qui est promu au doctorat, c.-à-d. au plus haut degré dans une Faculté (Uoy.DEGr.É). Avant 1789, il n'y avait que troissortes de docteurs : en théologie, en droit et en médecine. On a ajouté depuis les docteurs ès-leitres, et les docteurs ès-sciences {mathématiques, physiques ou naturelles). — Dans l'usage, le mot docteur désigne spécialement un médecin.

Les docteurs portaient autrefois la robe noire et un bonnet carré. Voy. Bonnet.

Le grade de D. en théologie date du xue siècle : pour l'obtenir, il fallait être prêtre : les D. en Sor- 6o««ejouissaient d'une grande considération. On appelait D. ubiquiste, tout docteur en théologie qui n'appartenait pas aux maisons de Sorbonne, de ÏVavarre ou des Cholets ; D. gérant, celui qui remplissait activement une chaire. — Auj., pour obtenir ce doctorat, il faut être licencié en théologie, subir un examen sur toutes les matières de l'enseignement théologique, et soutenir une thèse générale comprenant la théologie dogmatique, l'histoire et la discipline ecclésiastiques, l'Écriture sainte et le droit ecclésiastique.

Le grade de D. en droit date aussi du xir5 siècle. Il y avait autrefois des D. en droit civil, en droit ca- 7ion et in utroque jure. Auj., ces distinctions ne sont plus en usage. Pour obtenir le titre de D. en droit, il faut être licencié, suivre pendant une année des cours spéciaux, subir deux examens sur le droit romain, le droit des gens, le droit civil français, le droit féodal et coutumier et l'histoire du droit, enfin soutenir une thèse composée de deux dissertations, l'une s*r le droit français, l'autre sur le droit romain.

Pour le grade de D. en médecine, il faut avoir pris 16 inscriptions et avoir suivi les cours pendant 4 ans dans une Faculté ou pendant 3 ans et demi dans une école préparatoire et 1 an dans une faculté ; avoir fait un stage de 2 ans dans un hôpital et avoir subi 3 examens de fin d'année et 5 examens de fin d'études ; enfin présenter une thèse. On distingue des B. en médecine proprement dits et des D. en chirurgie.

Pour obtenir le grade de D. ès-lettres ou celui de D. ès-sciences, il faut d'abord posséder celui de licencié; il faut en outre soutenir deux thèses : l'une en français, l'autre en latin, pour la Faculté des lettres; toutes deux en français, pour la Faculté des sciences.

DODÉCATHÉON.

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