DRAME
sant des flammes, ayant la tète d'un lion, la queue d'un serpent, souvent ailé et tout couvert d'écaillés. Tels étaient les dragons qui gardaient la Toison d'or et le jardin des Hespérides ; telle était encore la Chimère. Le dragon fut dans tout l'Orient l'objet d'un culte ; le christianisme l'a consacré dans ses légendes, où il sert à figurer la défaite du mal par le bien, des ténèbres par la lumière : c'est ainsi qu'on représente l'archange St Michel terrassant le dragon infernal, ennemi du genre humain ; la Vierge, mère du Rédempteur, écrasant du pied la tète du dragon (c.-à-d. du serpent) par qui le mal est venu sur la terre. Le moyen âge a souvent reproduit l'image du dragon dans ses monuments. La chevalerie le sculptait dans son blason.
Aujourd'hui, le Dragon est pour les zoologistes un reptile inoffensif, de l'ordre des Sauriens, famille des Agames, et voisin des Iguanes. On en connaît plusieurs espèces, originaires de l'Inde. Ces animaux ont la taille de nos lézards verts, et ils se nourrissent d'insectes. Ils vivent sur les arbres, et la peau de leurs flancs peut s'étendre de manière à former une sorte de parachute : d'où le nom de Dragons volants qu'on leur donne souvent.
Dragon de mer, nom vulg. de la Vive. Voy. ce mot.
dragon, Anguis, constellation de l'hémisphère boréal, dont les étoiles sont disséminées entre la petite Ourse, Céphée, le Cygne et Hercule. La Tète et la Queue du dragon sont les deux points opposés où l'écliptique est coupée par l'orbite de la lune.
dragon, cavalier. Voy. Dragons.
DRAGO>'AE, ornement en forme de cordon, qui se met à la poignée d'un sabre ou d'une épée, tire son nom des dragons, qui le portèrent les premiers : c'était primitivement un lacet attaché à l'arme et qu'on passait au poignet afin de pouvoir à volonté avoir la main libre en laissant pendre le sabre sans le remettre au fourreau.
DRAGOIN'INEAU, ou Ver de Médine ou de Guinée, Filaria medinensis, genre d'Helminthes nématoïdes, de la famille des Pilaires, au corps très-allongé et nu. — C'est un parasite sous-cutané de l'ho/nme : il peut s'introduire dans les diverses parties du corps, mais c'est autour de la cheville du pied qu'on le trouve ordinairement. Sa présence détermine des tumeurs considérables et très-douloureuses : on est obligé de les ouvrir et d'en extraire le ver avec précaution en l'enroulant autour d'une baguette sur laquelle on exerce de légers efforts. On ne connait que la femelle de ce ver : elle est vivipare et son corps contient un très-grand nombre de petits; il est probable que ce n'est qu'après la fécondation qu'elle s'introduit sous la peau de l'homme. Une fois là, le ver acquiert une longueur considérable et donne naissance à un nombre immense de petits qui ne peuvent se développer que s'ils retournent au lieu d'où leur mère était sortie.
DRAGONMER, Dracœua, genre de la famille des Liliacées, tribu des Asparagées, renferme des plantes arborescentes, à stipe simple ou ramifié, quelquefois d'une grosseur énorme; à fleurs blanches, jaunâtre» ou violacées, formant une grappe de près de lœ de longueur. Le D. pourpre (D. terminais , originaire de la Chine ; le D. odoruni (D. fragr w)\ le, //. du Brésil} enfin le D. commun ou gigantesque (D. draco), sont des espèces cultivées dans nus serres : le dernier fournit le sang-dragon du commerce, employé en médecine l'oimno astringent. Le D. û dantes {D. réflexe) nous vient de l'Inde : i'i découle de son stipe un suc gommeui qui est inflammable lorsqu'Q est sec; ce quia valu à la plante le îiiiin de Bois-chandelle,
DRAGONS t'de dragon), milice française, faisant partie de la cavalerie de ligne, est composée de soldats coiffés d'un casque en cuivre, à crinière flottante, et armés d'une latte OU sabre droit et d'une
carabine avec laquelle ils manœuvrent quelquefois à
pied comme l'infanterie. Les dragons furent insti-
tués en 1550, sous le règne de Henri II, par le maréchal de Brissac. Ils ne se composaient d'abord que de quelques compagnies d'arquebusiers accoutumés a combattre à pied comme à cheval, et destinés à harceler l'ennemi et à escorter les bagages. Leur mobilité, leur force et leur audace leur valurent bientôt 1" surnom de dragons. Ils formaient un corps spécial qui subit de nombreuses modifications, mais qui jouit toujours d'une haute réputation de valeur. En 1789, on comptait en France 18 régiments de dragons ; sous la République et l'Lmpire, il y en eut de i>4 a 31; depuis, leur nombre, réduit longtemps à 8, 10 et 12 régiments, a été reporté à 20. — La couleur de leur uniforme n'est plus lever/; c'est le bleu.
DRAGEE (de l'angl. drag), instrument qui sert a tirer des rivières ou des ports les sables, les graviers, la glaise, ainsi que la vase et les immondices. La drague est une sorte de pelle recourbée, formée d'un auget quadrangulaire en forte tôle, dont la face antérieure est enlevée, et la face postérieure armée d'une douille qui reçoit un manche en bois fort long; la direction de ce manche forme avec le fond de la drague un angle assez aigu, de manière que l'ouvrier, placé dans un bateau et la tirant à lui, puisse ia faire entrer dans le sol et la ramener chargée ( Voy. Dragage). — On donne aussi ce nom à un grand filet armé d'un appareil en fer propre à racler le fond de la mer, et dont on se sert dans la pèche aux huîtres et dans celle des moules ou des poissons plats.
Drague à claie, instrument d'Agriculture propre à approfondir les labours sans ramener à la surface la terre du fond.
DRAGUEUR (bateau). Voy. Dragage.
DRAILLE, cordage qui passe au-dessus des capelages des mâts, et qui est tendu dans la direction des étais. C'est sur des drailles ou sur des étais qui en tiennent lieu qu'on hisse les focs et les voiles d'étai.
DRAINAGE (de l'angl. to drain, épuiser, tarir), dessèchement d'un sol humide au moyen de rigoles ou conduits souterrains. Ces rigoles sont tantôt simplement des fossés étroits, remplis de pierres ou de fascines et recouverts de terre ou de gazon ; tantôt un véritable canal d'écoulement, formé avec des tuiles courbes ou des tuyaux en terre cuite, juxtaposés de manière à permettre à l'eau de s'introduire par les joints et d'y prendre son cours jusqu'à la décharge qui lui est ménagée. — Le drainage rend de grands services à l'agriculture : aussi a-t-il été rendu beaucoup de lois et de décrets pour en réglementer la pratique. 11 existe à Lézardeau i Finistère) une E oie pratique de drainage. MM. Hervé-Mangon, Barrai, Leclerc, Vitard, etc., ont écrit sur le Drainage.
Drainage chirurgical, tubes en caoutchouc destinés à faciliter l'écoulement Ju pus dans les abcès qui ne se vident pas par les u.oyens ordinaires. C'est à M. Chassaignac qu'est due l'idée de ce procédé,
DRAINE, espèce de Grive. Voy. Guise.
DRA1S1ENNE (du baron de Draw, son inventeur), petite voiture mécanique à trois roues, qu'un seul homme, placé à califourchon sur une espèce de siège, fait marcher et tourner à volonté. Voy. Vélocipède.
DRAMATIQUE (art, genre). Foy. Thkatrb.Genre.
DRAMATURGE (du gr. SpatAaïoufyo;), auteur de drames. Voy. Drame.
DRAME (du gr. ôpâu.<x). Dans son acception la plus large, le mol drame s'applique à tout poème composé pour lé théâtre, et représentant une action tragique ou comique ; dans l'acception moderne et restreinte,!] signifie une action théâtrale d'un genre mute, intermédiaire entre la tragédie et la rem. die, sérieuse par le fond, souvent familière ou comique par la forme. Le drame admet ton ires de
personnages et tous les tons, exprime toutes les sortes de sentim-nts; il peut être traité en vers comme en prose. Le drame moderne, annoncé au IVU* siècle par la tragi-comédie ou comédie héroïque, ne date réellement que du wine siècle, où il fut appelée (Fabord tragédie domestique ou bourgeoise, comédie