ECONOMIE
écoles primaires, écoles destinées à donner aux enfants l'instruction élémentaire: on les appelle ainsi par opposition aux écoles secondaire*. Les enfants y apprennent la lecture, l'écriture, les éléments de la langue française, du calcul, et dans quelques-unes les éléments de la géographie et de l'histoire, l'arpentage, le chant, la gymnastique, etc. Ces écoles se divisent en E. publiques ou / ommunales, entretenues par les communes, lesdépartements ou l'État, et en É. privées. Les écoles publiques sont dirigées, les unes par des instituteurs laïques, les autres par des instituteurs ecclésiastiques ou appartenant à diverses congrégations, surtout à celle des Frères des écolns chrétiennes (Voi/. le Dict. d'Hist. et de Géoyr.). On y emploie pour l'enseignement tantôt le mode individuel, tantôt le mode simultané, tantôt le mode mutuel (Voy. Enseignement). — Les écoles sont soumises, sous le rapport religieux, à l'inspection do l'évêque ou de ses délégués, des pasteurs ou des rabbins, etc. ; pour la surveillance administrative, aux recteurs, aux préfets, sous-préfets et maires. Les instituteurs reçoivent de la commune un logement et un traitement, en partie fixe, en partie éventuel — Outre ces écoles purement élémentaires, il y a des écoles primaires, dites supérieures, où l'on enseigne les éléments de la géométrie, le dessin linéaire et l'arpentage, des notions des sciences physiques et d'histoire naturelle, le chant, les éléments de l'histoire et de la géographie de la France. — Auj. à la plupart des écoles primaires sont annexés des cours d'adultes (écoles dominicales, cours du soir, etc.), où les ouvriers des villes et des campagnes sont admis gratuitement et qui rendent les plus grands services au pays. — Voir les rapports de MM. Ph. Pompée el Ch. Barbier (Jury de l' Expositionuniv.de 18o7,t.XllI.. Voy. Instruction.
écoles r.ÉciMF.NTAiREs, écoles créées en 1818 dans les régiments : on y enseigne aux jeunes soldats e) aux enfants de troupe la lecture, l'écriture, le calcul.
écoles régionales (d'Agriculture). Voy. ci-dessus Écoles d'agriculture et l'art. Agriculture.
écoles secondaires, écoles dans lesquelles on enseigne la langue française et les langues anciennes, la géographie, l'histoire et les éléments des sciences; ce sont les lycées, les collèges, les institutions et les pensions. Voi/. ces mots.
Pour les diverses écoles spéciales qui ne sont pas indiquées ci-dessus, belles que l'E. des Beaux-Arts, lcsÉ. de Droit, les É. préparatoires de Médecine, les E. normales, l'É. polytechnique, les É. d'application, les E . d'arts et métiers, VÈ. des /tantes études, \'E. des langues orientales virantes, l'É. des jeunes de langues, l'E. des mines, l'Ê. des ponts et chaussées, l'È. forestière, l'É. navale, etc., Voy. le nom qui «•n détermine la spécialité.
ECONOME (du gr. oïxovô(io?). Autrefois on appelait ainsi relui qui avait soin de l'administration Ses revenus d'un bénéfice ecclésiastique ou d'un évêché pendant la vacance : ces fonctions étaient ordinairement remplies par les archidiacres. Voy. ce mot.
On nomme auj. Econome la personne qui est char-
• de l'administration financière d'une maison, d'un établissement public ou même privé, d'un lycée, d'un Béminaire, d'un hospice. Les économes versent un cautionnement et sont soumis à toutes les règles de comptabilité.
êconomb (h at), espèce de Campagnol. Voy. ce mot
ÉCONOMIE (du gr. otzovo(j.ta, direction de la maison). L'Economie domestique est l'art d'administrer
•s affaires privées, de gouverner une maison, une propriété. Elle montreque la vraie Bource des riches-
"s est dans le travail et l'épargne ; elle règle les consommations privées et proscrit les dépenses d'un luxe stérile. — Dr la résulte la vertu nommée économie,
■ file ni éloignée de l'avarice et delà prodigalité.
■ 'parla raison, elle se refuse le superflu pour s- ménager le nécessaire; elle compare ses besoins futurs avec ce qu'exigent d'elle sa famille, ses amis
et l'humanité : « Un homme économe, dit Adam Smith, établit en quelque sorte un fonds pour l'entretien perpétuel d'un certain nombre de salariés industrieux...Le prodigue, au contraire, distribue à la fainéantise, qui ne les rétablit pas, des fonds que la frugalité de ses pères avait consacrés à l'entretien de l'industrie, et entre les mains desquels ils renaissaient sans cesse. » — L'Économie domestique est traitée dans les mêmes ouvrages que l'Économie politique. Consulter Belèze, Dictionnaire de la vie pratique.
L'Economie politique ou sociale est la science qui détermine comment la richesse est et doit ètrp produite, répartie et consommée dans l'intérêt de la société entière. En voici les principes fondamentaux :
— I. Production. La richesse est l'ensemble des objets qui donnent satisfaction à nos besoins et tout ce qui peut nous procurer ces objets ; elle se mesure principalement par sa valeur en échange, valeur variabie selon les temps et les lieux et dont la monnaie i talon le plus usité. La production de la richesse consiste à donner de l'utilité aux choses ou à augmenter celle qu'elles ont déjà; le résultat est un produit dont le prix courant est réglé par la loi de l'offre et de la demande combinée avec celle des frais de production. Les moyens directs de production sont : la terre (le sol exploité, les cours d'eau, les forêts, les mines), le capital, c.-à-d. l'ensembl • des pn destinés à la reproduction (marchandises, machin* s et inventions, bâtiments, bestiaux, numéraire, etc. , le travail manuel ou intellectuel du savant rt de l'artiste, de l'entrepreneur (cultivateur, manufacturier, commerçant), des ouvriers; les moyens indirects 3001 : la circulation des matières premièreset des produits, l'échange, la monnaie, le perfectionnement des iravailleurs par l'inst ruction, la protection accordée par les lois au travail et à la propriété. Les frais sont là payement de chacun de ces services ( Voy. Richesse, Valeur, Monnaie, Production, Terke, Capitaj vail, etc.). — II. Circulation. Elle consiste dans [e déplacement des produits par les transports et dans leur mobilisation par la monnaie et le crédit, qui forme les capitaux fixes et engagés en capitaux ci culants et dégagés afin de les rendre disponibles pour le travail actuel. Le commerce échange les produits par les achats et les ventes ; il rechercha des débouchés, c.-à-d. des moyens d'effectuer l'échange de ses produits, ou, ce qui revient au même, des consommateurs à qui ses produits puissent convenir. Ces questionsde la circulation, de l'échai débo -
■ lus ont donné naissance à divers systèmes célèl>r"s : S. mercantile, s. colonial, S. réglementaire (prohibitions, protection douanière, organisation du travail , S. du libre-échange (Voy. Hanoi i, CrI DIT, Bc&àNGl . Dérolchés, Crise, etc.). — III. Distribution. Les r. venus provenant de la terre, du capital et du travail, se divisent en quatre parts: rie revenu du posai du sol, revenu appelé rente, s'il exploite lui-i le sol, et fermage, s'il le loue : 2" le talaire du travail manuel OU intellectuel du savant et de l'ai des ouvriers et de l'entrepreneur; a ' le profit du capital (l'intérêt courant, la prime d'assurance pour les risques et l'amortissement du capital qui avec le temps); 6° les impôts prélevés par 1 État sur les trois parts précédentes pour les besoins sociaux. Il en résulte qu'on nomme produit brut l'ensemble
de toutes les choses utiles procurées par la production, >'t produit nef, ce qui reste quand l'entrepreneur a remboursé ce qu'il a avancé, dépensé ou consommé , Voy. Rbntb, Ferm ici . Sai urb, Pboi i i , Impôt» etc. .
— IV.ConsommaHon.Va produit est consommé quand on jouit do son utilité, soit par la satisfaction d'un besoin, SOit par une production de richesse égale ou
supérieure à la valeur consommée il y a corrélation entre la consommation et la production. La première n'ayant do limites que les moyens île satisfaire les
besoins naturels de l' homme, ceux-ci emploient d'autant plus de produits que le prix en est moins élevé
ÉCONOMIE. — oC7 -
et que les revenus sont plus considérables. Voy. Consommation. , ,
C'est chez les Grecsqu'on trouve formulées les premières théories d'Économie politique. Platon [Re- . liv. II;, tout en faisant une large part à l'utopie, .xpliquefort bien les avantagesdela division du travail. Xénophon [Économique, Des moyens if augmenter les revenus de PAttiqué), donne des détails instructifs sur l'administration financière d'Athènes. Anstote [Politique) expose une doctrine des richesses qu'il nomme chrématisfique, établit entre les biens naturels et les biens artificiels la distinction sur laquelle les modernes ont fondé la définition de la valeur en usage et delà valeur en échange, indique avec précision les causes de la lutte, entre la richesse et la pauvreté, etc. Les défauts communs à ces systèmes sont la consécration de l'esclavage et le mépris du travail industriel. On les retrouve dans l'administration financière des Romains, guerriers et pillards, ne connaissant d'autre art que l'agriculture et le pâturage, et appauvris peu à peu par l'exportation du numéraire qu'ils avaient enlevé aux peuples vaincus. Le triomphe du christianisme et l'invasion des barbares introduisirent de nouveaux éléments dans l'organisation sociale, comme l'établissement des monastères et des hôpitaux, le régime féodal et le servage. Lorsque les croisades eurent amené le progrès de la navigation, de l'industrie et du commerce, l'Économie politique joua un nouveau rôle. Dans la théorie, les commentateurs de la Morale et de la Politique d'Aristote discutèrent le prêt à intérêt, le rôle de la monnaie, les lois de l'échange, comme Jean Buridan [Quœstiones super Xlibros Ethicorum [Paris, 1513] ; Q. in VIII libres Politicoruni [Oxford, 1640]), Nicolas Oresme (Traictié de la première invention des monnaies, publié par M. Wolowski,1864), Gerson [De contractions). Dans la pratique, on inventa la lettre de change, les monts de piété, les banques ; mais on organisa le monopole commercial et les prohibitiondouanières. Le règne de Charles-Quint fut très-funeste à l'Économie politique, parce qu'il substitua l'esprit de conquête à l'esprit de commerce, désorganisa les finances publiques, établit les restrictions qui constituèrent le système mercantile et le système colonial, institua la traite des nègres, et essaya d'étendre sur toute l'Europe son despotisme. D'un autre côté, la sécularisation des biens ecclésiastiques fut favorable au développement du travail dans les pays protestants, mais compliqua la question du paupérisme. Une ère nouvelle commença avec les réformes de Sully et de Colbert, qui favorisèrent l'un l'agriculture, l'autre l'industrie, en mêlant à des vues trèssages des erreurs regrettables. A partir de cette époque les diverses questions qui forment le domaine de l'Économie politique furent traitées par une foule de publicistes. Vauban, Boisguillebert, Law, Dutot, .Melon, forment une première époque, dans laquelle tin s'attacha surtout aux questions commerciales et financières, aux moyens d'augmenter dans un pays la somme du numéraire. Quesnay et ses disciples, C.ournay, Mercier de la Rivière, Turgot, Condillac, liaynal, Condorcet, le marquis de Mirabeau, Dupont d • Nemours, forment une seconde époque, dans laquelle la prééminence fut donnée à la terre; l'agriculture fut considérée par eux comme la source de toute richesse : on les connaît sous le nom d'éco«omistes ou physiocrates. Adam Smith, conciliant ces systèmes exclusifs, établit, dans ses célèbres Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nafeo»î(l776), que le travail, quelles que soient ses applications, agriculture, commerce ou industrie, est la véritable source de toute richesse ; toutefois il eut le tort de n'envisager comme productif que le travail manuel. Malthus, en combattant les utopies de Godwia, formula son célèbre système sur la population, Byatème qui a donné lieu aux écrits de MM. Éverett, Duchàtel, de Villeneuve-Bargemont. J.-B. Say, par son Traité d'économie politique (1803), donna à cette