‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des artsChapitre 542 sur 1672 · E M PI DE · texte numérisé non relu

E M PI DE

EMPAILLEMENT (du préfixée/?, et de paille), art de préserver de la destruction divers animaux, en ménageant leurs formes. On y parvient en enlevant les parties internes, qu'on remplace par de la paille, du foin ou du coton, et en imprégnant la peau de substances, telles que le savon arsenical de Bécœur, qui la garantissent de la putréfaction et des attaques des insectes; quant au montage, qui doit rendre à l'animal sa forme première, il exige du goût, une grande habitude pratique et des connaissances en zoologie. Cet ait se nomme aussi Taxidermie, et on donne à celui qui l'exerce le nom de Naturaliste préparateur.

On appelle encore empaillement l'action de garnir de paille certains arbres fruitiers ou certaines plantes délicates, pour les garantir de la gelée.

EMPALEMENT. Voy. Pal.

EMPAN ou pan (de l'allem. Spanne), mesure de longueur usitée autrefois en France : c'est l'espace compris entre l'extrémité du pouce et celle du petit doigt dans leur plus grand écart. L'empan de lou/ouse valait 8 pouces (0m,225), et était le 8e de la canne.

EMPANNON (p. empennon, partie barbelée d'une flèche), se dit, en termes de Construction, d'un chevron de croupe, qui tient aux arêtiers par le haut et aux plates-formes par le bas. •

EMPANSEMENT. Voy. Météorisation.

EMPATEMENT (d'empafer.dupréf. en et Aepatte). C'est, dans la Construction, une saillie ou plus grande épaisseur de bâtisse qu'on laisse sur les deux faces d'un mur dans ses fondations pour en augmenter la solidité. — Il se dit aussi des pièces de bois qui servent de base et de support à une grue.

EMPAUMURE (du préf. en, et de paume), terme de Vénerie, désigne le haut du bois des Ruminants du genre Cerf, qui s'élargit comme une main et où les andouillers divergent comme des doigts {Voy. Cehf). — Empaumer la voie, se dit des chiens qui, rencontrant la piste, la suivent vivement et annoncent cette découverte par leurs aboiements.

EMPECHEMENT (d'empêcher). Ce nom se donne, en Droit, aux obstacles que met la loi civile ou canonique à l'exécution de certains mariages. Us sont prohibitifs ou dirimants. Les E. prohibitifs font obstacle à la célébration du mariage; mais, une fois le mariage célébré, ils ne le font pas annuler ; les E. dirimants en entraînent la nullité.

En Droit canonique, les E. prohibitifs sont : l'omission de la publication des bans, la célébration du mariage dans le temps prohibé par l'Église (depuis l'Avent jusqu'à l'Epiphanie, etdu mercredi des Cendres au dimanche de l'octave de Pâques), les fiançailles contractées en face de l'Église avec une personne encore vivante, le vœu de chasteté ou d'entrée en religion : ces divers empêchements peuvent être levés par des dispenses. — Les principaux E. dirimants sont : l'erreur quant à la personne et quant à l'état, laprofession religieuse ,l' engagement dans les ordres, la parenté naturelle ou civile, l'affinité naturelle eu spirituelle, le meurtre et l'adultère, le rapt, la différence de religion, la violence, un mariage précédent encore subsistant, la folie, l'impuissance, la clandestinité, etc.

En Droit civil, les E. prohibitifs, sont : le défaut d'actes respectueux (C. Nap., art. 151), l'existence d'une opposition au mariage (art. 172), les dix mois de veuvage non encore expirés, en ce qui concerne la femme (art. 228). —Les E. dirimants, sont : l'absence complète de consentement de la part d'un des conjoints (art. 146), le dol ou la violence dans la personne d'un des époux (art. 180), l'identité de sexe entre les époux, le défaut d'âge (art. 184-185), l'absence de consentement de la part des personnes dans la dépendance desquelles les époux se trouvent placés (art. 182), la parenté ou l'alliance à un degré prohibé (art. 184), le défaut de publications préalables, si ce vice est jugé assez grave par les tribunaux pour faire prononcer la nullité du mariage (art. 193), le défautde publicité ^om-l* célébration (art. 191), l'exis-

tence d'un premier mariage non encore dissous (art. 184). Voy. la plupart des mots en italique.

EMPEREUR (du lat. imperator). Sous le régime impérial, Y Empereur esile chef de l'État. Ilcommande les armées de terre et de mer; fait les traités de paix, d'alliance et de commerce ; nomme à tous les emplois publics; il partage avec le Sénat et le Corps législatif l'initiative des lois et il fait les décrets et règlements nécessaires pour leur exécution ; la justice se rend en son nom, et il a le droit de grâce et d'amnistie. Il a pour agents immédiats des ministres responsables, et il est lui-même responsable devant le peuple français, auquel il a toujours le droit de faire appel (Constitution du 14 janv. 1852; Sénatus-cônsultes de 1852, 18G9 et 1870;.

empereur, est, en Zoologie, le nom vulgaire du Roitelet; de deux poissons, un Espadon et l'Holacanthe couronné; du Boa constrictor; d'un papillon du genre Argynne, dit aussi Tabac d'Espagne; do. plusieurs coquilles du genre Trochus, etc.

EMPESAGE. Voy. Empois.

EMPETRUM (du gr. su.7rsTpo;, qui croît sur les rochers), ou camarine, genre-type de la famille des Empétracées. Ce sont de petits arbrisseaux rameux, à feuilles alternes, d'un vert sombre, luisant, roulées au bord, convexes en dessus; à. fleurs petites, d'un rouge de sang foncé, et à baies noires ou rouges. UE. nigrum, qui a le port d'une bruyère, croit sur les montagnes de l'Europe: on mange ses fruits dont le goût est un peu acidulé. UE. rubrum croît dans l'Amérique du Sud. UE. album, des côtes du Portugal, a quelque ressemblance avec un balai : d'où le nom de Coréma que lui donnent quelques botanistes. — La famille des Empétracées, voisine de celle des Sapotacées, est formée de plantes Dicotylédones gamopétales hypogynes, semblables à nos bruyères, à feuilles alternes ou verticillées, et à fleurs petites, formées d'un calice et d'une corolle bifide ou tripartite.

EMPHASE. Voy. Hyperbole et Style.

EMPHYSÈME (du gr. èu.9Û<rr,u.:x), tuméfaction molle, crépitante, sans changement de couleur à la peau, sans douleur, qui est produite par l'infiltration et l'accumulation dans le tissu cellulaire de l'air échappé du poumon ou de gaz formés accidentellement dans l'intérieur même des tissus. L'emphysème du poumon est le plus fréquent : c'est un des accidents ordinaires des plaies pénétrantes du thorax ou des fractures des côtes [E. traumatique) ; il peut aussi avoir lieu à la suite des grands efforts de la voix ou des quintes de toux. Une variété de cet emphysème est l'E. vésiculaire, altération du poumon décrite par Laënnec et consistant dans une dilatation des vésicules pulmonaires avec déformation et quelquefois rupture de ces vésicules. Cette lésion se voit surtout dans les catarrhes chroniques et dans l'asthme, avec lequel elle a été souvent confondue. — Les gaz qui se développent dans les voies digestives produisent quelquefois des crevasses de ces organes, et passent dans le tissu lamineux des parties voisines. Certaines ecchymoses, de fortes contusions, la piqûre des animaux venimeux, etc., peuvent aussi donner lieu à un emphysème par la production spontanée de gaz dans le tissu cellulaire.

EMPHYTÉOSE (du gr. èu.çOxEUfft;, plantation) r bail à longues années, fait sous la condition que le preneur, qui prend alors le nom d'emp/u/téote ou d'emphyteutaire, améliorera le fonds donné, soit en le défrichant, soit en y élevant des constructions, améliorations dont le bailleur doit profiter à l'expiration du bail. La durée de l'emphytéose ne peut pas dépasser 99 ans. Voir Pépin Lehalleur, Histoire de l'emphytéose (1844). — Voy. aussi Locatairie.

EMPIDE (du gr. su.7t'.ç, moucheron), Empis, genre d'Insectes, de l'ordre des Diptères, famille des tanystomes : ce sont de petits moucherons à palpes relevées, à tête globuleuse, à longue trompe, à ailes grandes, qui volent en tourbillons le soir pendant la belle saison. L'E. opaque (£". opaca), qui se montre

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