ENTABLEMENT
Martin devint le drapeau des Francs et du roi. Elle fut ensuite remplacée par l'oriflamme (Voy. ce mot). Au moyen âge les enseignes se multiplièrent : on vit s'élever les péririons, les gonfatons, les bannières, les guidons, les cornettes [Voy. ces mots). Au xvc siècle, on donna le nom particulier d'enseigne à un drapeau du second ordre, marchant après la bannière nationale. Aujourd'hui, ce n'est plus qu'un terme générique, qui comprend le drapeau de l'infanterie et l'étendard de la cavalerie.
Au moyen âge, on appelait enseigne une petite troupe qui marchait sous une même enseigne ou drapeau, et qui était assimilée, selon les circonstances, à une compagnie, à un bataillon. Le nombre des soldats variait de 200 à 500. On nommait aussi enseigne ou porte-enseigne, celui qui portait l'enseigne «dans un bataillon, une compagnie.
Dans la Marine française, on donne le nom d'enseigne de vaisseau à un officier immédiatement supérieur à l'aspirant de lre classe et dont le rang répond à celui de lieutenant dans le service déterre; on le qualifie de lieutenant quand il est embarqué.
enseigne, tableau figuratif mis îi l'extérieur d'une maison pour indiquer le commerce ou la profession du propriétaire. L'enseigne constitue une véritable propriété, qu'il n'est permis ni d'usurper, ni d'imiter de manière à établir une confusion nuisible au véritable propriétaire. C'est un accessoire du fonds de commerce et qui se transmet avec lui.
ENSEIGNEMENT (d'enseigner ; du b.-lat. insignare). Considéré sous le rapport de son objet et de ses degrés divers, l'enseignement est primaire, secondaire ou supérieur, selon qu'il se borne aux notions indispensables à tout homme (lecture, écriture, calcul), ou qu'il y joint les éléments des lettres et dos sciences, ou qu'enfin il expose avec tous leurs développements les plus hautes théories littéraires ou scientifiques. — Considéré sous le rapport de sa destination, renseignement est général ou spécial, selon qu'il prépare à toutes les carrières h la fois, ou qu'il prépare exclusivement soit aux carrières libérales, soit au commerce ou à l'industrie ; dans ce dernier cas, on le nomme aussi professionnel, spécial ou technique. — Considéré par rapport à ceux qui le dispensent, l'enseignement est privé ou public, selon qu'il est donné par les particuliers ou par l'État ; il est libre si chacun peut s'y livrer sans obstacle, monopolisé ou officiel, quand il dépend exclusivement du gouvernement. — On trouvera aux articles instrlction publique et l\i\ ersité tout ce qui se rapporte à l'organisation, à la législation et à l'historique de l'enseignement.
Méthodes d'enseignement. Considéré sous le rapport du mode employé pour le distribuer, l'enseignement est individuel, simultané, mutuel ou mixte, selon que le maître donne sa leçon à chaque élève séparément, à plusieurs à la fois, ou qu'il se sert des élèves les plus avancés pour instruire les autres, ou qu'enfin il combine ces diverses méthodes.
Dans l'enseignement mutuelles enfa.n\,ssontran<zi's par classes, selon leurs divers degrés d'instruction. Chaque classe est présidée par un enfant plus instruit que les autres, nommé moniteur. Ceux-ci à leur tour sontdirigés par un moniteur général. Les moniteurs reçoivent directement la leçon du maître ; puis ils la transmettent aux élèves moins avancés. Cette méthode, qui ne s'applique sjuère qu'à l'instruction primaire, a l'avantage d'entretenir dans les élèves l'activité et l'émulation, de proportionner L'enseignement au degré d'instruction de chacun, et d'Offrir une grande économie, en permettant à un seul maître de diriger une école fort nombreuse. — LE. mutin/ paraît avoir été connu des anciens ; il est pratiqué de temps immémorial dans l'Inde. En France, il avait été essayé à plusieurs reprises, notamment par Mme de Maintenon à Saint-Cyr ; par Herbault à lu Pitié (1741) ; par le chevalier Paulet, dans une école fondée en 1772 ; mais cette méthode n'attira l'atten-
tien publique qu'après que Bell et Lancaster l'eurent appliquée en grand dans les écoles de l'Angleterre, Rapportée en France en 1815, propagée par Larocbefoucauld-Liancourt, Lasteyrie, de Gérando, pratiquée par l'abbé Gaultier et ses disciples, elle obtint bientôt la faveur du public et reçut d'abord les encouragements de l'État ; malheureusement l'esprit de parti s'en empara pour opposer les écoles mutuelles, dirigées par des laïques, aux écoles des Frères, où l'on suivait le mode simultané -. des lors l'enseignement mutuel devint suspect au gouvernement de la Restauration. Il reprit faveur après 1830. Aujourd'hui, les bons esprits s'accordent à reconnaître que la méthode mutuelle et la méthode simultanée ont chacune leurs avantages propres, et, loin de les opposer l'une à l'autre, ils tendent à les concilier en les fondant, ensemble, ou bien ils choisissent l'une ou l'autre, selon les besoins des localités et le nombre des élèves à instruire.
Considéré sous le rapport de la marche à suivre dans la transmission des connaissances, l'enseignement est synthétique ou analytique, selon qu'il procède du général au particulier, des principes aux conséquences, des règles aux applications, ou qu'il s'élève des cas particuliers aux régies générales, des conséquences aux principes. La méthode synthétique est généralement adoptée pour l'enseignement des mathématiques ; la méthode analytique s'emploie de préférence pour la philosophie et les sciences expérimentales (physique, chimie, etc.). Dans l'enseignement de la grammaire et des lettres, tel que l'ont conçu Quintilien, Rollin, etc., on mélange les deux procédés ; on explique les règles à l'élève et on l'oblige à en chercher les applications, afin de l'amener peuà peu à penser et à trouver parlui-mêmejusqu'au moment où on l'abandonne à ses propres forces. L'abus de la méthode synthétique est la routine : c'est recueil où est tombée la Scolastique. L'abus de la méthode analytique est le manque de principes et de suite dans les idées : c'est le défaut de la réforme imaginée par Jacotot qui voulait que, pour l'étude des langues, l'élève apprît par cœur un livre, Télémaque ou l'Enéide, et fit lui-même sa grammaire. Evidemment l'enseignement ne saurait être soumis à un système uniforme et inflexible : il doit varier selon les circonstances, la nature des élèves, le degr.' d'instruction qu'on veut leur donner, etc. Voy. Édlcatiox, Instruction, Pédagogie.
ENSEMENCEMENT. Il se pratique à la votre, ou jet libre, avec le semoir, ou même avec le plantoir, instrument qui sert à faire des trous dans lesquels on dépose la semence. L'époque où il doit se faire varie selon les grains à semer. Voy. Semailles.
ENSEVELISSEMENT (du préf. en et du lat. ?ep& lire), s'emploie comme synoyme de sépulture (Voy. ce mot), mais signifie proprement l'action d'envelopper un corps mort dans le drap appelé linceul.
ENSIFORME (du lat. ensis, épée, et de forme), se dit, en Botanique, des parties qui ont la forme d'une épée. Les feuilles ensiformes (glaïeul) sont un peu épaisses au milieu, tranchantes sur les bords, et vont en se rétrécissant de la base au sommet, qui est ai:ru.
ENSILAGE, mise et garde du blé en silo. I 07. Silo.
ENSOl'rLES'du lat. msubulum . On appelle ainsi des cylindres qui font partie du métier de tisserand : l'un, sur le derrière, porte la chaîne prête à mettre en œuvre; l'autre, sur le devant, sert à enrouler 1'étùtie à mesure qu'on la fabrique.
ENTABLEMENT (du préf. eu, et de table), saillie en pierre qui est au haut des murs d'un bâtiment ; elle en forme le couronnement, et sert en même temps à soutenir la charpente de la couverture. — Ce mot désigne encore cette partie des édifices qui est au-dessus des pilastres ou des colonnes, et qui comprend l'architrave, la frise et la corniche. L'entablement est quelquefois surmonté d'un unique ou d'une balustrade. — On appelle E.de couronnement, celui qui couronne un mur ou entoure un plafond ;
ENTÉ110CÉLE.
ENTOMOLITHES.
E. recoupé, celui qui fait avant-corps sur une colonne ou sur un pilastre.
ENTE (du gr. £(jlsutov, implanté), espèce de greffe qui consiste à insérer un scion dans un autre arbre. Voy. Greffe.
ENTÉLECHIE (en grec èVre)éysta, de êvreXéç, achevé, et sxeiv» av°ii'), terme créé par Aristote qui définit l'âme, Ventéléclne d'un corps naturel, organisé, quia la vie en puissance. Dans cette définition, entéléchie signifie acte qui porte en lui-même sa fin, en ce sens que l'àme est la forme substantielle, la réalité dernière du corps, réalité qui renferme en soi le principe de son action et qui tend d'elle-même à sa fin. Leibnitz a pris ce terme pour synonyme de monade ( Voy. ce mot). — Consulter Ravaisson, Essai sur la Métaphysique d' Aristote. Voy. Forme.
ENTELLE (nom arbitraire), Entellus, espèce de Singe du genre Scmnopithèque. Cette espèce est blanche ; elle a la barbe jaune, et la face noire ainsi que les pieds et les mains. Sa taille dépasse lm et sa queue n'a pas moins de 0,n,70. L'Entelle est trèscommun au Bengale, etsi vénéré des Hindous, qu'ils se trouvent fort honorés quand il va piller leurs jardins et même leurs tables déjà servies.
ENTENDEMENT. Voy. INTELLIGENCE.
ENTERA LGIE (du gr. èvrepov, intestin, et à).yo;, douleur), névralgie intestinale. Voy. Névralgie.
ENTERINEMENT {d'entériner, rendre entier), sorte de ratification à laquelle sont soumis certains actes, devant l'autorité judiciaire, pour devenir entiers et avoir leur plein effet Dans l'ancienne Procédure, l'entérinement était très-fréquent; il s'appliquait aux lettres de grâce, de rescision, de requête civile, d'émancipation, de bénéfice d'inventaire, etc. Auj., il a lieu surtout à l'occasion des grâces accordées aux condamnés; on l'emploie aussi pour les requêtes civiles et les rapports d'experts.
ENTÉRITE (du gr. ëvtepov, intestin, etdeladésin. ite), inflammation de la membrane muqueuse du canal intestinal. L'entérite est aiguë on chronique.
Les principales causes de VE. aiguë sont l'action directe des substances acres ou vénéneuses introduites dans les voies alimentaires, l'abus des purgatifs drastiques ou des liqueurs alcooliques, l'abus dos glaces ; la présence do corps étrangers, surtout de vers, dans les intestins, etc. Cette affection se propage souvent à l'estomac, et alors elle constitue la gastro-entérite, quand elle occupe le gros intestin c'est la dysenterie ou entéro-colite. — A l'état aigu, l'entérite présente les symptômes suivants: abdomen tendu, coliques plus ou moins fortes, avec diarrhée; soif ardente, quelquefois nausées, vomissements, borborygmes; urines peu abondantes, rouges et sédimenteuses; inappétence, sécheresse de la peau; langue rouge à la pointe et au pourtour, sèche et jaunâtre au centre. Sa durée est très-variable; sa terminaison peut avoir lieu par résolution, ou par le passage à l'état chronique.
ÙE. chronique est bornée à une portion peu étendue du conduit intestinal; ses symptômes sont la fréquence des évacuations alv'mes et la liquidité des matières excrétées ; le ventre est peu douloureux: l'appétit peut persister : cependant l'embonpoint et les forces diminuent. Sa durée est illimitée et sa terminaison incertaine.
Quand l'entérite est peu intense, il suffit ordinairement, pour la dissiper, d'une diète sévère, de boissons froides, gommeuses ou mucilagineuseSj de cataplasmes et de lavements émollicnts; niais quand elle est plus vive, il faut y joindre les bains et demibains émollicnts, et le sous-nitrate de bismuth, avec les lavements laudanîaés. Enfin, lorsque la maladie s'amende et que le besoin d'aliments se fait sentir, i>n permet ceux dont la digestion est le plus facile, comme -la gélatine, les œufs, les crèmes d.' ri/.. Los vêtements de laine, l'exercice modéré, l'habitation à la campagne, sont fort utiles dans la convalescence. ENTEROCÈLE, hernie abdominale. r07.H1 UNIE.
ENTERO-MESENTERIQUE (fièvre). Voy. Fik\m TYPHOÏDE.
ENTÉROTOMB (du gr. êvtepov,et Toarj, section), espèce do ciseaux à bords mous et dentelés inventés parDupuytren pour diviser par compression des parties de l'intestin dans les hernies étranglées et les anus contre nature.
ENTERREMENT (du préf. en et de terre). Dana son acception propre, ce mot désigne l'action démettre en terre un corps mort( Voy. Inhumation) ; mais, le plus souvent, il s'emploie comme synonyme d'06sèques ou funérailles. ( Voy. Funérailles). — Enterré vif. Ce supplice barbare était surtout usité en Orient. A Rome, les Vestales qui manquaient à leur vœu de chasteté étaient enterrées vives. En Occident, on cite peu d'exemples de ce genre de supplice.
ENTHOUSIASME (dugr. èv0ouffiaff[xô;). Les Grecs désignaient proprement par ce mot l'état de l'âme des pythonisses et des sibylles, agitées, sur le trépied sacré, d'une fureur divine, ainsi que l'exaltation des poètes et des artistes, que l'on supposait inspirée aussi par une divinité. Les Néoplatoniciens virent dans l'enthousiasme, si voisin de l'extase, un état dans lequel l'homme s'approchait de la Divinité. — Aujourd'hui ce mot s'applique à touttransportqui s'empare de l'âme, quand la sensibilité et l'imagination sont vivement excitées par une conception instinctive et spontanée du bien, du beau ou du vrai.
On adonné le nom d'Enthousiastes à des hérétiques qui croyaient avoir des inspirations del'Esprit-Saint. On le donne encore aujourd'hui aux Anabaptistes, aux Quakers, aux Méthodistes, aux Mormons et a quelques autres sectes d'hérétiques , parce qu'ils soutiennent que l'Écriture doit être expliquée par les lumières de l'inspiration divine. Voy. Illuminés.
ENTIIYMÈME (du gr. ÈvO\J[iYi,u.a), argument contenant seulement deux propositions, dont la première prend le nom d'antécédent, la deuxième de conséquent. Exemple : « Tout mammifère est vivipare ; donc la baleine est vivipare. » L'enthymème diffère du syllogisme sous deux rapports : d'abord, il sous-entend une prémisse que l'intelligence suppose, conçoit, d'oùsonnom(en grec concept ion); ensuite, tandis'que le syllogisme se compose de jugements dont la vérité est toujours évidente, l'enthymème se fonde quelquefois sur la vraisemblance et la probabilité, raison pour laquelle Aristote l'appelle le syllogisme de l'orateur ; aussi est-il souvent employé en vers et en prose; exemple (Racine, Britannicus, iv, 3):
Vertueux jusqu'ici, -vous pouvez toujours l'être.
ENTIER (du lat. integer). En Arithmétique, on opposenombre entière. nombre fractionnaire { (''/'/.Nomrue). — En Botanique, on nomme feuille entière une feuille qui n'a aucune irrégularité dans ses contours.
E.NT1ME (du gr. êv:i[io;, estimé), EntintUS, \ d'Insectes, de l'ordre des Coléoptères tétramères, famille des Rhynchophores et voisins des Charançons. On en trouve en France, en Angleterre, en Amérique, etc. Ils sont ornés des plus belles couleurs, depuis le vert doré jusqu'au fauve pâle.
ENTITÉ (du lat. barb. entitas, d'ens,entis, ce qui est), terme de la Philosophie scolastique, est nyme d'essence ou de forme; c'est l'ensemble des caractères propres à chaque cenre, a chaqu
ex., l'humanité, l'animalité. Souvent on a pris < tités pour des substances réelles, et l'on a confondu avec les essences do simples qualité! abstraites, comme lo son, la couleur. Voy. Ri w.isur. ENTOILAGE (du préf. M et de toi!.- , ,|,
plus ou moins grosse, au bas «le laquelle on en monte une plus fine. En général, on étend OS nom a ton 1 ce qui sort de soutien ou de monture I quelque partie d'un travail plus lin et plus délicat — Ent une carte, c'est la coller sur toile pour empêcher qu'elle ne se déchire,
ENTOMOLITHES (du gr. évtouov, insecte, et )£0or, pierre;, nom donné par Linné à un genre de