ENVERGURE
c'est le morceau approprié à une scène de danse ou de pantomime. — Entrée se dit aussi, dans la musique instrumentale d'ensemble, du sujet que chaque instrument attaquait le premier.
Dans l'Art culinaire, les entrées sont des mets qui se servent, avec le bœuf ou les relevés de potage, au commencement du repas, et qui font partie du premier service. Toutes les productions animales peuvent être employées comme entrées. On distingue les grosses entrées, les entrées de broches, tes entrées de braise, etc.
Droits d'entrée. Les boissons de toute espèce, à l'exception de la bière, sont soumises, à l'entrée des villes dont la population dépasse 4,000 âmes, à un droit local qui ne doit pas être confondu avec le droit d'octroi, lequel est perçu au profit de la commune. — Voy. aussi Octroi et Douanes.
ENTRELACS, ornements d'Architecture diversement entrelacés, composés de fleurons liés et croisés les uns avec les autres, qui se taillent sur les moulures et dans les frises. — Les entrelacs d'appui sont des ornements à jour, qui remplacent les balustres, pour remplir les appuis évidés des balcons ou rampes d'escalier. — Les peintres nomment entrelacs des ornements de feuillage ou de vigne qui se croisent dans un tableau.
ENTREMETS, préparations diverses, telles que soufflés, plats sucrés, gelées, glaces, etc., que l'on sert avec le rôti et avant le dessert.
ENTREPAS, allure défectueuse du Cheval, qui consiste en une espèce d'amble rompu, moitié pas et moitié^ amble : c'est le train ordinaire des chevaux qui vont sur les épaules.
ENTRE-PONT, intervalle compris entre deux ponts, d'un bâtiment: on nomme spécialement ainsi l'espace compris entre le faux-pont et le premier pont. C'est dans l'entre-pont que se trouve la première batterie d'un vaisseau de ligne, et <pie couclient généralement les officiers, les élèves, les chirurgiens, Les maîtres et une partie de l'équipage.
ENTREPÔT (d'entreposer), magasin public établi dans un port de mer ou une ville frontière, et dans lequel les commerçants ont la faculté de déposer les marchandises pour les réexporter sans payer de droits, ou pour les écouler à l'intérieur en n'acquittant les droits du fisc qu'au moment de la consommation. On distingue : VÈ.réel, dépôt des marchandises dans un magasin placé sous la surveillance immédiate de la Douane, etVE. fictif, ou dépôt dans les magasins du commerçant, et sous sa responsabilité, des objets par lui importés à charge par lui de garantir le payement des droits donl ils sont passibles après leur vente. Quelques villes de l'intérieur ont obtenu l'entrepôt réel pour des marchandises admissibles au transit, et d'autres, en plus gvand nombre, pour les marchandises appartenant à leur commerce local; i □ nomme ces derniers, E. spéciaux : tel est à Paris, !'/•;. des vins, et, dans les départements, les E.pour les tabacs. La durée de l'entrepôt réel est de 3 ans; la durée de l'entrepôt fictif est d'une année* Voy. Dock
et M iCASINS Gl M i: MA.
ENTREPRENEUR, se dit, en général, de toute personne qui se charge de faire une chose à l'entre- . e.-à-d. moyennant un prix convenu et à fort, plus spécialement, dans l'industrie du bâtiment et dans la plupart lies travaux publics, de striel qui, sous la direction d'un architecte on t un ingénieur, se charge d'exécuter les travaux, de ir les matériaux, de diriger et de payer les ouvriers. — La loi range l'entrepreneur dans la catéles commerçants {Voy, ce mol -, tout devis trrcté avec un entrepreneur, sii né par lui et le pro priétaire, est aux risques et périls du premier (C. Nap., art. 1787-99).
En Economie politique, on prend la nom i'entretreneur dans une acception plus étendue: on appelle îiosi tout agent qui crée des produits en utilisant les recherches des Bavants "t les travaux des ouvriers.
Pour apprécier les besoins et trouver les moyens d» les satisfaire utilement, il doit posséder, outre les connaissances techniques, le jugement qui constitue le talent des affaires, sans lequel il se ruine en fabriquant des produits dont le prix de revient est tm;> élevé ou le débit trop hasardeux. Voy. DÉBODCHl <.
ENTRE-SABORDS, bordages extérieurs qui couvrent les membres d'un bâtiment de guerre1, entre les Bâbords d'une même batterie.
ENTRE-SOL, se dit en général, en Architecture, de tout logement pris sur la hauteur d'un étage. Dans un sens plus restreint, on nomme ainsi un appartement pratiqué entre le rez-de-chaussée et le premier étage. Sa hauteur est ordinairement du tiers de l'étage dans lequel il est compris.
ENTRETOISE, pièce de bois ou de fer, en forme de traverse, terminée à chaque bout par un tenon et assemblée entre deux autres pièces pour les unir ou les fortifier.
EXTROQUE (du gr. èv, dans, et xpô/o;, roue), nom donné, en Géologie, aux fragments cylindriques ou discoïdes de la tige des Crinoides. Certaines roches calcaires, dites calcaires à entroques, sont pétries de ces fragments, dont la cassure spathique leur donne un aspect caractéristique.
ENTR'OUVERTURE. Voy. Écart.
ÉNUCLÉATION (du lat. enucleatio), se dit, en Chirurgie, d'un mode d'extirpation qui consiste à faire une incision sur une tumeur et à la faire sortir à travers la plaie, à peu près comme un noyau qu'on chasse en pressant un fruit.
F.NUMÉHATIOX des parties. En Rhétorique, c'est un lieu commun qui consiste à parcourir les différentes parties d'un tout ou les subdivisions d'une idée. Ex. : « Soit qu'il élève les trônes, soit qu'il les abaisse, soit qu'il communique sa puissance aux princes, soit qu'il la retire à lui-même et ne leur laisse que leur propre faiblesse, il (Dieu; leur apprend leurs devoirs d'une manière souveraine et digne de lui.» (Bossuet, Oraison funèbre d'Henriette de Fra»
Énvmération imparfaite. En Logique, c'est un sophisme qui, décomposant une question dans ses parties, en omet une a dessein. Ex. : « Toutes les idées proviennent des sens ou aucune n'en provient; » il faudrait ajouter : « ou certaines idé ^ proviennent des sens et certaines autres n'en proviennent pas. d — Ce faux raisonnement est quelquefois l'erreur d'un esprit peu éclairé, qui de quelques exemples insuffisants tire une conclusion générale. C'est le plus souvent l'arme de la passion qui attribue à on corps entier les fautes de quelques-uns de ses membres, OU qui proclame que la volonté de quelques faetieux est la volonté de la nation.
ENVELOPPE. En Zoologie, on appelle ainsi des membranes destinées à recouvrir et à protéger certains organes : ainsi, l'on dit les enveloppes du cerveau, pour dire les méninges; les en\e!oppes du fétu-, etc.— En Botanique, on nomme E. florales, l'ii- Bemble des organes qui environnent les étamines et les pistils, comme la corolle, le calice, la glume,l'involucre, etc.; /-.'. séminales, celles qui entourent la graine; E. herbacée, la seconde couche de l'< celle qui se trouve immédiatement au-dessous de l'epiderme. Voy. Ecorce.
Courbes enveloppes, terme de Géomi l une courbe se déplace dans son plan en Bat des conditions déterminées, ou même tuant
progressivement, le lieu des intersectiot courbe dans chacune de ses positions, avi c la position infiniment voisine, s'appelle so tiques, qui jouent un rôle important dans la th< des miroirs sphériques, offrent un exemple de cour bes enveloppes des plus simples. La développée d'une
courbe 0*681 autre chose que l'en\eloppe de ses normales.
ENVERGURE [du préf. n, et de vergue), développement d'une voile dois la partie qui tOUChl
vergue. On dit qu' m bâtiment a beaucoup on peu
Ê0L1PYLE.
ÉPANCUEMENT.
d'envergure, selon que ssb voiles présentent plus ou moins de largeur ou de surface h leur partie supérieure. — En Ornithologie, on nomme ainsi l'extension des ailes déployées d'un oiseau. Le Condor est l'oiseau dont les ailes ont le plus d'envergure.
ENVIE (du lat. ùividia), tristesse criminelle qu'on éprouve du bien de son prochain. En Théologie, c'est un des sept péchés capitaux.
Dans l'usage vulgaire, ce mot désigne tantôt les dépravations de l'appétit qu'on observe surtout chez les femmes enceintes, tantôt de petites portions de peau (reduviœ) qui se détachent autour des ongles, et causent une assez vive douleur quand on les arrache ; tantôt des taches (nœvi materni) que les enfants apportent en naissant, et auxquelleson attribue de la ressemblance avec certains objets que la mère aurait désirés pendant sa grossesse : ces taches résultent quelquefois d'un excès local de pi g ment {Voy. ce mot), ou d'une altération particulière du derme ( l'oy. Couenne), et sont alors d'une teinte brune ou noirâtre ; ailleurs, elles sont dues à la présence anomale, dans une portion de la peau, d'artérioles et surtout de veinules capillaires : ces dernières sont rouges, rosées, violacées, ou bleuâtres. — Voy. aussi Appétit.
ENVOI {d'envoyer). En Littérature, on nomme ainsi des vers qui accompagnent une pièce de poésie, et servent à l'adresser ou à en faire hommage à quelqu'un, et plus particulièrement la dernière strophede l'ancienne ballade et du chant royal. Voy. ces mots.
En Droit, Y Envoi en possession est une autorisation accordée par un jugement, en vertu de laquelle les héritiers présomptifs des absents déclarés, ou les héritiers irréguliers d'une personne décédée (enfants naturels, conjoints, État, ou encore les légataires), sont mis en possession de biens qui leur sont dévolus (C. Nap., art. 120, 724, 1006,1008).
ENVOULTEMENT ou envoûtement (d'envoulter, du b.-lat. invultuare), sortilège ou maléfice qui consistait à piquer, déchirer, brûler une image de cire représentant la personne contre laquelle on voulait employer ce maléfice. On croyait que les personnes envoultées souffraient précisément dans la partie piquée ; un coup porté dans le cœur de l'image les faisait périr à l'instant. L'envoultement était connu des anciens, témoin Horace (Sat. i, 8, 29); il fut souvent employé au moyen âge et jusqu'au xvie siècle. Voy. Enchantement, Magie.
ENVOYE, Reptile, Voy. Orvet.
ENVOYÉ EXTRAORDINAIRE. VoiJ. AGENT DIPLOMATI- QUE^ et Ambassadeur.
ÉOCÈNE (formation). En Géologie, ce mot désigne l'ensemble des terrains tertiaires du bassin de Paris, depuis les sables de Rilly et l'argile plastique jusqu'aux marnes vertes qui couronnent le g\pse de Pantin et de Montmartre. A. d'Orbigny a partagé la formation éocène en deux ét&ges.,YÉ.suessouien et YÉ. parisien ( Voy. ces mots). — Par le mot éocène, et par ceux de miocène et de pliocène {Voy. ces mots), le géologue Lyell a voulu exprimer que les mollusques fossilesde ces trois formations ont peu, assez, ou beaucoup d'analogie avec les espèces auj. vivantes; nous n'essayerons pas d'en justifier l'étymologie.
ÉOLICORDE. Voy. Harpe.
ÉOLLDE (du gr. aîô).o:, diapré), Eolis, genre de Mollusques gastéropodes,de l'ordre desNudib;anches. Ce sont des animaux limaciformes, sans coquille à l'état parfait, à tête distincte, munie de deux ou trois paires de tentacules. Les Éolides brillent par leurs riches couleurs; elles rampent sur les algues dans toutes les mers.
ÉOLIEN. Voy. Dialecte, Mode, Harpe.
ÉOLIPVLE {d'Éole, dieu du vent, et du gr. ic'Ar\, porte), instrument de Physique dont on attribue l'invention à Héron d'Alexandrie, et qui paraît être le premier exemple de l'emploi de la vapeur comme force motrice. Il est formé d'une boule métallique creuse, pouvant tourner autour d'un diamètre horizontal, et munie de deux tuyaux recourbés en sens
opposé, qui partent des extrémités d'un autre diamètre perpendiculaire au premier. Si l'on expose cette boule remplie d'eau à une clialeur suffisante pour réduire l'eau en vapeur, celle-ci, en s'échappant par les tuyaux, imprime à l'appareil un mouvement de rotation en sens contraire de l'écoulement. La pression de la vapeur produit ainsi dans l'éolipyle le même effet que la pression de l'eau dans le tourniquet hydraulique {Voy. ce mot). En substituant l'alcool à l'eau et en l'enflammant à sa sortie du bec, on produit un jet de feu continu. — Dans YE. à recul la boule n'a qu'un tuyau et est posée sur un petit chariot. On y met de l'eau, on ferme l'orifice avec un bouchon, et on chauffe. L'eau se vaporise et la pression de la vapeur lance le bouchon au loin; en même tempsle chariot recule en sens contraire.
ÉOLODICON ou éoline (d'Éole et du gr. ùyA,, chant), instrument à touchesetà ventinventé en 1816 par le Bavarois Eschenbach et fabriqué par Voigt, facteur d'instruments à Schweinfurt. C'est une espèce d'orgue expressif dans lequel les tuyaux sont remplacés par des plaques de métal fixées d'un seul côtér et mises en vibration par un soufflet.
ÉONS (du gr. aîtôv), êtres intermédiaires entre l'homme et la Divinité, imaginés par les Gnostiques. Voy. le Die t. cFHist. et deGéogr.
ÉOZOON(du gr. rjw;, aurore et Çwov, animal), fossile de la classe des Foraminifères, découvert récemment par MM. Dawson et Carpenter, dans des roches serpentineuses de la formation laurentienne du Canada, c.-a-d. dans des strates bien inférieures aux schistes siluriens de la Bohême qui, selon les géologues, contenaient la faune primordiale. L'Éozoon serait, ainsi le représentant le plus ancien de l'organisme animal à la surface de la terre. Depuis, on l'a retrouvé en Bavière, en Bohême et dans les Pyrénées, dans des terrains que l'on rapportait jusqu'ici à la période azoïque.
ÉPACRIDE, Epacris, genre type de la famille des Épacridées, renferme des arbustes d'un port agréable, à rameaux grêles, à feuilles ovales d'un vert luisant, à fleurs blanches ou rouges, disposées en long épi. Presque toutes les espèces sont de l'Australie. On en cultive quelques-unes en serre tempérée. — La famille des Épacridées a été détachée de celle des Éricacées, avec laquelle beaucoup de botanistes la confondent encore.
ÉPACTE (du gr. É7taxTo;), nombre qui indique combien il faut ajouter de jours à l'année lunaire de 12 lunaisons pour former l'année solaire : ce nombre donne Yàge de la lune au 1er janvier de chaque année civile. Comme la différence entre les deux années est de 11 jours, l'épacte augmente chaque année de 11 jours jusqu'à ce qu'elle dépasse 29, nombre des jours d'une lunaison; quand elle a atteint ce nombre, on suppose l'intercalation d'un nouveau mois lunaire.
ÉPAGNEUL, Canis hispanicus, espèce de Chien domestique, appartenant au groupe des Chiens de chasse et originaire d'Espagne [Voy. Chien). L'Epagneul a de longs poils soyeux et des oreilles longues, larges et pendantes ; ses principales variétés sont : le grand Èpagneul, qu'on emploie à la chasse ; le petit Èpagneul, blanc, plus ou moins taché de brun ; le Pyrame, à pelage moins long avec des taches rousses sur le front; le Chien de Calabre, un peu plus grand ; le Gredin, petit, noir ; le Babichon, très-petit, jaune fauve ; le Chien-lion, aussi trèspetit, à pelage court au train de derrière, etc. Tous ces chiens, à l'exception du grand Èpagneul, s'élèvent surtout comme chiens d'appartement.
ÉP AGOMLNES (du gr. ÈTCay6u.£voi), se dit, en Chronologie, de 5 jours que les anciens Egyptiens ajoutaient aux 360 jours de leur année vague.
ÉPANCHEMENT, se dit, en Médecine, de l'effusion et de l'accumulation d'un fluide dans une partie qui n'est pas destinée à le recevoir, comme le cerveau, les poumons, les plèvres, la cavité abdominale,