ÉPARGNE
EPAULETTE.
etc. : tels sont l'extravasation du sang (Voy. Apoplexie , tout amas de pus, de sérosité, etc. (voy. En i'ïéme, Ascite, Hvdrothorax, Hïdropisie, etc.;. Si le liquide est amassé dans les lames du tissu cellulaire, l'épanchement prend le nom d'infiltration.
ÉPANOUISSEMENT. Voy. Antiiése et Horloge (de. Flore).
ÉPARGNE (de l'allem. sparen,ou du lat. parcere). L'Économie politique enseigne que les capitaux se forment par l'épargne des profits, quelle qu'en soit la forme, pour faire des avances à la production (Voy. Économie). L'acquisition d'un talent lucratif est une autre espèce d'épargne : car il représente un capital dont la valeur est dans les profits qu'il peut procurer. — Les entrepreneurs d'industrie ont des facilités de toute espèce pour faire valoir les capitaux qu'ils constituent par l'épargne. Il n'en est pas de même des propriétaires et des capitalistes qui reçoivent leur fermage ou l'intérêt de leurs capitaux : pour ne pas laisser ces sommes improductives, certaines sociétés, comme le Crédit foncier, la Caisse des dépôts, etc., les prennent en compte courant. Quant aux petits producteurs, aux ouvriers de tout genre dont les économies se font par des sommes très -minimes, on a institué en leur faveur la Caisse d'épargne. Voy. ci-après.
épargne (caisse d'), institution philanthropique destinée à recevoir les plus petites sommes que les personnes laborieuses veulent y placer. Les fonctions îles directeurs, censeurs et administrateurs, sont gratuites. 11 est délivré gratuitement atout déposant un livret, destiné à l'inscription de toutes les sommesqui seront successivement versées ou retirées pour son compte. Ceux qui viennent faire un premier versement doivent se présenter en personne ; les versements subséquents peuvent être faits par un tiers. Aucun versement ne peut être moindre de 1 fr., ni excéder 300 fr. à la fois. On ne reçoit plus de versement lorsque le compte d'un individu s'élève à 1,000 fr. ; mais il est admis des exceptions en faveur des remplaçants, des marins et des sociétés de secours mutuels. Toutes les sommes reçues sont versées à la Caisse des dépôts et consignations, qui en sert l'intérêt à U p. 100 par an. Toute somme de 1 fr. et au-dessus produit intérêt ; les intérêts sont réglés à la fin de décembre, et on les ajoute au capital pour produire de nouveaux intérêt*. On peut retirer à volonté les fonds dépo-és à la Caisse d'épargne : la demande de remboursement doit être faite par le titulaire en personne ou par le porteur d'un écrit signé du titulaire. Lorsque, par suite du règlement annuel des intérêts, un compte excède 1,000 fr. , si le déposant, dans le délai de trois mois, n'a pasréduit son crédit audessous de cette somme, l'administration achète pour son compte une rente de 10 fr. sur l'État. Tout déposant peut faire transférer son crédit d'une caisse à une autre. — Un projet de loi sur les caisses d'épargne a été déposé en 1872 [Officiel du 2a nov.).
La première Caisse d'épargne parait avoir été fondée à Hambourg en 1778 ; Berne suivit cet exemple dès 1787. La première caisse anglaise fut établie à Rutwell en 1810 : Edimbourg eut la sienne en 1813, et Londres en lsiti. En France, une société, à la tète de laquelle étaient Benjamin DelessertetLarochefoucauld-Liancourt, fondu à Paris, en 1 si s, une Caisse d'épargne, qui bientôt compta de nombreuses succursales dans les départements. Encouragée par le Gouvernement (Lois du 5 juin 1833, du 31 mais 1837, du 22 juin 18451, la Caisse d'épargne était arrivée.en 18,'i8,à un haut point de prospérité ; mais ello eut alors fort à souffrir de la crise publique : les déposants redemandèrent en foule les sommes versées, et le gouvernement provisoire se vit forcé d'interdire les remboursements. C'est pour prévenir le retour d'un pareil embarras, que la loi du 30 juin is:>i a abaissé à 1,000 fr. le maximum des sommes déposées, qui précédemment pouvait s'élever à 3,000 fr. On compte aujourd'hui en France, plus de 500 Caisses
d'épargne. — On doit à M. Agathon Prévost un Manuel des déposants à la Caisse d'épargne, 1852.
Poire d'épargne, variété de Poire précoce et fondante, dite aussi Beau-présent et Beurré de Pa
épargne, se dit, chez les Doreurs, d'un mélange de blanc d'Espagne, de sucre et de gomme, dont on couvre les parties qui doivent être brunies.
Les Graveurs appellent taille en épargne, un procédé qui consiste à enlever le fond, en ménageant ou lais-ant en relief les parties qui doivent paraître. Les gra\ ures sur bois sont taillées en épargne.
ÉPARTS. Ce sont, en termes de Charronnage, des traverses de bois qui lient ensemble les brancards ou limons d'une charrette, et qui supportent les planches qui en forment le fond.
ÉPARV1N ou épervin (d'épervier, parce que le cheval tient haut le pied malade comme fait l'épervier). On nomme ainsi : dans le Cheval, tantôt une exostose qui survient à la partie interne du jarret (E. calleux), tantôt un mouvement convulsif dans la flexion du jarret, sans déformation extérieure de l'articulation (É. sec) : dans ce dernier cas le cheval harpe, c.-à-d. lève le pied brusquement et plus haut qu'il ne faut. L'éparvin est presque toujours incurable. Le bœuf est sujet à l'éparvin calleux.
Ét'AULARD, nomvulg. du Phocœna orca, espèce de Cétacé cétodonte du genre Marsouin, dont quelques zoologistes font un genre à part. Voy. Mai.soi in.
ÉPAULE (du lat. spathula), partie la plus élevée du membre supérieur chez l'homme, et de la jambe de devant chez les quadrupèdes. La partie la plus saillante de l'épaule est le moignon; la cavité qui se trouve au-dessous, le creux de l'aisselle. Le moignon de l'épaule est formé par la réunion de 3 os : l'omoplate, la tête de l'humérus et la clavicule; de forts ligaments et des muscles unissent ces os entre eux, ainsi qu'aux os de la poitrine et du bras. L'épaule a 6 muscles propres : le sus et le sous-épineux, le petit et le grand rond, le sous-scapulaire et le deltoïde, auxquels se joint l'action de deux releveurs, l'angulaire et le rhomboïde, et de deux aba«sseurs, le petit pectoral et le grand dentelé. Ses veines se rendent à la veine axillaire; ses artères viennent de l'axillaire et de la sous-clavière ; ses nerfs viennent du plexus brachial. — L'épaule est sujette à des luxations et à des fractures qui peuvent devenir graves. Il est quelquefois nécessaire d'avoir recours à la désarticulation du membre.
ÉPAL'LEMEIST, mur en terre qu'on élève pour épauler, c.-à-d. pour couvrir et protégor des pièces de canon ou des soldats placés sous le feu de l'ennemi. On construit aussi des épaulements en fascines, ou en sacs à laine.
ÉPAULETTE, large galon garni de franges que les militaires portent sur chaque épaule, et dont la forme, la grandeur et la signification ont souvent varié. Destinée d'abord à retenir le baudrier et à garantir l'épaule, l'épaulette est devenue un signe distinctif. Dans l'Armée française, les épaulettes simples soldats sont en drap ou en laine, de couleur différente, selon les corps auxquels ils appartiennent. Les épaulettes des officiers sent en or ou en argent, selon les corps : elles sent a franges simples pour ; les grades inférieurs capitaines, lieutenant*, adjudants) ; à graines il'e/iinards pour tous le* gradesupérieurs. On appelle contre-épauletto une épaulette sans franges; la contre-épauletts concourt avec l'épaulette à marquer les grades : le sous lieutenant et le major portent l'épaulette à droite et la contreépaulette a gauche : le lieutenant et lea chefs d'escadron ou de bataillon portent l'épaulette h gauche, I la contre-épaulette à droite; le capitaine, I" lieute- \ nant-colonel et ions les grades supérieurs portent deux épaulettes; celles des officier- généraux ont en outre des étoiles d'or ou d'argent (a pour les généraux de brigade, 3 pour les généraux de divi
C'est le maréchal de Belle-Iale qui établit on France, en 1759, l'usage des épaulettes. Elles ont été adop-
ÉPEIRE.
KPERONNIER.
tées depuis par beaucoup de nations étrangères.
ÉPAVES (du lat. ex, et de pavidus, effrayé ; parce que ce mot se disait d'abord des animaux effrayés et égarés). En Droit, on donne le nom d'épaves aux chogarées dont on ne connaît point le propriétaire. On nomme É. maritimes, ou simplement épaves, les objets naufragés que la mer rejette sur ses bords; É. d'eau, les effets trouvés au milieu des fleuves ou rivières navigables, ou sur leurs rives ; É. foncières et immobilières, les héritages abandonnés et dont le propriétaire est inconnu, etc. — Au moyen âge, les épaves appartenaient au seigneur haut-justicier, si elles n'étaient pas réclamées dans les délais fixés par les coutumes. Aujourd'hui, d'après une circulaire du ministre des Finances, de 1825, les objets perdus doivent être remis à l'autorité administrative ou judiciaire, et, après 3 ans passés sans réclamation du propriétaire, ils sont attribués à l'inventeur. Les épaves maritimes trouvées sur le rivage appartiennent à l'État si elles ne sont pas réclamées dans l'an et jour ; si elles ont été trouvées en pleine mer, un tiers en espèces ou en deniers est dû a ceux qui les ont sauvées. Voy. Aubaine, Bris (Droit de), Chose trouvée.
ÉPEAUTRE, Triticumspelta, espècedu genre Froment, appelée aussi Blé rouge, est caractérisée par sa couleur rouge brique et par ses fleurs tronquées obliquement et pourvues de k barbes ; la tige s'élève peu; les épis sont aplatis, peu allongés, remplis de grains petits et légers qui au battage ne se détachent pas des balles. Ces grains donnent une farine très-blanche et très-liante, et un excellent gruau. On cultive l'épeautre dans les pays montagneux, où il féconde les mauvais sols. — Pour les variétés, Voy. Froment.
ÉrÉE (du lat. spatha), arme offensive et défensive, dont la forme et la matière ont souvent varié. L'épée des Gaulois était longue et large et souvent en cuivre. L'épée romaine était en fer, à lame courte, épaisse au milieu, à pointe acérée, et à double tranchant. Les Perses, les Germains et les Gaulois portaient l'épée en tout temps ; les Grecs et les Romains ne la ceignaient qu'en temps de guerre. L'épée des Francs était courte, lourde, sans pointe et à deux tranchants. On sait que les paladins et plus tard les chevaliers donnaient un nom à leurs épées : la. joyeuse de Charlemagne et la durandal de Roland sont les plus célèbres. Au temps des croisades, l'épée des chrétiens était droite, à poignée en forme de croix ; celle des Orientaux était recourbée en forme de faux ou de cimeterre. Sous Louis IX, l'épée ordinaire était courte , mais on se servait aussi d'une épée, dite É. à deux mains, dont la lame était très-longue et trèsforte (Voy. Espadon). Au xv' siècle, l'épée, qui jusque-là n'avait été qu'une arme de guerre, se porta aussi en temps de paix, et fit partie du costume civil ; toutefois, le droit de porter l'épée n'appartenait qu'au militaire et au gentilhomme; ce qui faisait distinguer la noblesse d'épée et celle de robe. L'épée fait auj. partie du costume des officiers civils aussi bien que des militaires. Elle est presque plate et pointue, et se porte au côté gauche, suspendue à un ceinturon ou à un baudrier. Elle est munie d'une poignée et d'une garde plus ou moins richement ornées et quelquefois garnies d'une tresse ou d'un nœud de rubans. — Dans l'ancienne monarchie française, l'épée était le symbole de la puissance souveraine. Dans les cérémonies, le connétable portait l'épée nue devant le roi; telle est encore l'épée d'État que l'on porte devant le souverain en Angleterre. Voy. Glaive. — Voy. aussi Carrelet, Estramaçon, etc.
Dans les Arts, on nomme épée une grande alêne droite dont se servent les cordiers et les bourreliers pourpercer. — On donne aussi ce nom aux deux montants d'un avant-train de charrue, le long desquels glisse et s'arrête la traverse supérieure de la charrue.
épée de mer, nom vulg. de l'Espadon et de la Scie.
EPE1CHE, épeichette, noms vulgaires du Picus major et du Picus minor. Voy. Pic.
EPEIRE, Epeira, genre d'Arachnides pulmonai-
res, de la Famille dcsTi'ndeuses,a pour type l'A', diadème, araignée très-commune aux environs de Paris, surtout dans les jardins. Elle est roussâtre, veloutée, à abdomen ovale marqué d'une triple croix blanche, et longue d'env. 0m,0l2 ; elle fait une toile large et verticale, se cache dans une feuille qu'elle roule avec sesfils et y file son cocon.
Él'ELLÀTIO.W Voy. Lecture (méthodes de).
ÉPENTHESE (du gr. èttévOstiç), se dit, en Grammaire, de l'insertion d'une lettre, d'une syllabe dans le corps d'un mot : iziôl'.; pour -ô'/.i; (ville) ; relligio pour religio; pataraphe pour paraphe.
ÉPERLAN (derallem.S;;*'e/7//f#), Osmerus, genre de Poissons malacoptérygiens abdominaux, de l'ordre des Squamodermes, famille des Salmonidés. L'Éperlan ne dépasse guère 0m,12 ou 15. Son dos et ses nageoires sont colorés d'un beau gris, ses côtes et ses parties inférieures sont argentées ; ces deux nuances sont relevées par des reflets verts, bleus et rouges; ses écailles et ses téguments sont transparents. On le pêche dans la mer et à l'embouchure des grands fleuves ; on estime surtout l'éperlan de Rouen. Sa chair exhale une odeur de violette ; elle est blanche, tendre et d'un goût délicat.
éperlan de seine, Cyprinus bipunctatus, poisson du genre Able, dont la grosseur est inférieure à celle du Meunier et d'autres espèces voisines. Son corps est brillant, argenté, avec deux points noirs sur chaque écaille de sa ligne latérale. Ce poisson habite nos eaux douces. Sa chair est peu estimée.
ÉPERO>" (de l'anc. ht-allem.. yporo), pièce de métal qui s'adapte aux talons, et au milieu dé laquelle joue une espèce d'étoile nommée molette, dont les pointes servent à piquer et à faire avancer le cheval. Avant le xive siècle, l'éperon ne consistait qu'en une sorte de dard sortant du talon de la chaussure, et comparable, pour la forme et la disposition, à un ergot de coq. L'usage de l'éperon était connu des anciens. Au moyen âge, pour créer un chevalier, on lui attachait des éperons d'or, d'où le proverbe : gagner ses éperons; le simple écuyer ne portait que des éperons d'argent.
En Architecture, on donne ce nom à des contreforts en maçonnerie, destinés à résister à la poussée des terres ou à un poids considérable {Voy. Contreforts). — Dans les Fortifications, c'est un angle saillant qui se fait ou au milieu des courtines, ou audevant des portes, pour les défendre. — En Hydrographie, on nomme ainsi les ouvrages en pointe qui servent à rompre le cours de l'eau devant les piles des ponts. — Dans la Marine, on donne ce nom à la charpente saillante, en avant de l'étrave, qui termine la proue (Voy. Guibre). Les anciens armaient leurs vaisseaux de guerre d'un éperon (rostrum), pointe de fer ou d'airain très-solide, destinée à pénétrer dans le flanc des vaisseaux ennemis. Nos vaisseaux cuirassés sont quelquefois munis de cet engin.
En Zoologie, l'éperon est une saillie osseuse et cornée, quelquefois double, presque toujours allongée et pointue, qu'on remarque sur la partie postétérieure du tarse des Gallinacés (Voy. Ergot), et au fouet de l'aile de certains oiseaux Échassiers ou Palmipèdes, surtout chez les mâles.
En Botanique, c'est un prolongement qu'on aperçoit à la base de la réunion des pétales de certaines fleurs. Tantôt c'est une sorte de corne tubuleuse, comme dans la balsamine, la capucine, le pied-d'alouette, etc. ; tantôt c'est une forte bosselure creusée dans les enveloppes florales.
En Anatomie, on nomme éperon une petite saillie formée, dans l'intérieur des artères, par leur membrane interne, au niveau de chaque bifurcation.
ÉPERO'NERIE. Voy. Sellerie.
É.VEROXXIER, Polyplectron, genre d'Oiseaux, de l'ordre des Gallinacés, famille desPhasianidés. Ce sont des oiseaux granivores de la taille du faisan, de mœurs douces, et susceptibles de vivre en domesticité. Ils ont les plumes des ailes et la queue ocellées ; les