AMBON
mille des Amaryllidées, renferme des plantes bulbeuses, pour la plupart originaires du l'Amérique tropicale et remarquables par la grand' ur, la forme et l'éclat de leurs fleurs, qui exhalent une odeur trèssuave. Les feuilles sortent de terre, embrassant une tige plus ou moins allongée, qui se termine par une ou plusieurs fleurs rouges, jaunes ou roses. On distingue surtout : VA. très-belle ou magnifique, vulg. Lis ou Croix de St-Jacques, apportée du Mexique en 1593 : sa fleur unique, <Ju plus beau rouge pourpré, se compose de 3 pétales inférieurs et de 3 autres pétales qui se redressent en l'air en s'écartant comme les bras d'une croix; VA. de Guerneiry, qui porte plusieurs fleurs à la fois, d'un rouge vif : elle estorinaire de l'île de France et du Japon, et s'est naturalisée à Guernesey au xvn° s.; VA. belladone, originaire dis Antilles, remarquable par ses grandes fleurs roses mêlées de blanc ; VA. orientale ou de Joséphine, dite aussi Candélabre on Girandole; VA. agréable, oiï inaire du Cap, etc. — Pour \'A.jaune,VWg. Narcisse, Voy. Sternrergia.
AMAUROSE du gr. ipaûpcoatc, obscurcissement), dite aussi Goutte sereine, Cataracte noire, diminution ou perte complète de la vue, produite par la paralysie du nerf optique ou de la rétine, sans altération appréciable dans l'organisation de l'œil ; elle peut être bornée à un seul oeil, ou les affecter tous les deux à la fois. Elle a pour causes principales : l'exposition de l'œil à une vive lumière, des lectures assidues, la vieillesse, les contusions du globe de l'œil ou du front, les lésions organiques du cerveau, les études microscopiques, les chagrins prolongés, la suppression de la sueur, d'un émonctoire, d'un exanthème cutané, d'une hémorrhagie périodique ; les saignées trop fréquentes, l'albuminurie, diverses intoxications, p. ex. celle par le plomb. Au reste, depuis la (I ouverte de l'ophthalmoscope, on a reconnu que cette affection est plutôt un symptôme, consistant dans l'ini ''lisibilité de la rétine a l'action de la lumière et ■ à plusieurs états pathologiques de nature trèsdifférente. — L'invasion a lieu graduellement (amblyopie), ou subitement. L'Amaurose est ord. continue, quelquefois périodique : sa durée est généralement longue. On l'a vue survenir à la suite de l'accouut, et ne durer alors que quelques jours. Le pronostic est grave, quand la maladieoccupelesdeux yeux, qu'elle est ancienne, que la pupille est déformée, dilatée, et qu'on voit une teinte grisâtre au fond de l'œil. Le traitement varie comme les causes : il est généra] ou local. Voir Follin: Leçons sur Vexploration de l'œil, 1803.
AMAZONES, nom commun donné par Buffonàtous les l''"T(> quels d'Amérique à plumage vert, dont le fouet de l'aile est coloré de rouge et de jaune, parce qu'on ive surtout sur les bords du fleuve des Amazones. 11 en distinguait cinq espèces. Voy. Perboqi m.
AMAZONITE, ou Pierre des Amazones, variété le Feldspath orthose, opaque, susceptible de recevoir un beau poli, et qu'on trouve sur les bords du fleuve des Amazones. Les anciens la connaissaient et la tiraient de l'Orient ou des monts Ourals. Voy. Javb.
LMBASSADEUB du b.-lat. ambactus , serviteur, ministre , agent diplomatique de premier ordre, enp tr un prince ou un Etat souverain auprès d'un autre prince ou État, pour le représenter, ou pour donner communication des volontés du gouvernement qui l'en* i >s ambai ladeurssont ord
ou extraordinaires. Les ambassadeurs anima,, Bident auprès des gouvernements étrangers, el ont pour mission d'aplanir les difficultés qui pourraient survenir entre l'Etat qu'ils représentenl et celui près lequel ils sont accrédités. Les ambassadeurs extraoront ceux qu'on envoi'' dans un cas particulier, comme un couronnement, un maria- . Les ambassadeurs Jouissent de certaines prérogatives •• ils ont accès toutes les fois qu'ils le désirent auprès du chef de l'État; leur personne et leur domicile sont inviolables; au refois ils avaient droit d'asile
(Voy. Asile et Exterritorialité). Les ambassadeurs remplissent en général pour leurs compatriotes les fonctions d'officiers de l'état civil. — Le personnel d'une ambassade se compose, outre Vam ba s" tadeur, d'un certain nombre de secrétaires d'ambassade ayant caractère officiel et d'attachés payés et non payés.
L'usage des ambassadeurs résidents ne remonte pas au delà du xi 1 1° siècle. Quoique chaque E tretienne des représentant- auprès des autres I fort peu de ces représentants ont le titre et le rang d'ambassadeurs. En 1848, la France avait remplacé ses ambassadeurs par des ministres plénipotentaires: en 1852, les anciennes ambassades furent rétablies: ce sont celles de Rome, Londres, Vienne, Berlin, St-Pétersbourg, Madrid, Berne et Constantinople. Partout ailleurs,la France n'a que des lé<, rées par des envoyés extraordinaires et minish nipofentiaires, des ministres résidents, ou môme des consuls généraux ayant le titre de chargés d'affaires. Voy. Diplomatie.
AMBASSE, Ambassis, genre de Poissons acanthoptérygiens, de l'ordre des Squamodermes, famill"des Percoîdes,et voisin des Apogons. L'A. deComm commun dans la mer des Indes, n'a guère que 0m,20 de longueur; son dos est d'un vert brunâtre, quelquefois pointillé de noir; une bande argentée s'éten les deux côtés du corps. Sa chair est estimée; on le conserve dans la saumure comme les anchois.
AMBE (du lat. ambo), combinaison de deux numéros pris et sortis ensemble à la loterie. L'A. simple produisait 270 fois la mise, et VA. déterminé, c.-à-d. sortant dans l'ordre indiqué par le j : ,100. — Ambe se dit aussi au loto de deux numéros sortis sur la même ligne horizontale.
AHBEZAS ou Bezet. Voy. Trictrac
AMBIDEXTRE (du lat. ambidexter), qui se sert indifféremment, et avec la même adresse, de la main droite et de la main gauche. Tous les mammifères munis de mains sont ambidextres ; ce n'est sansdoul ■ que par l'effet de l'habitude et de l'éducation que l'homme fait exception et se sert exclusivement de la main droite.
AMBIGUÏTÉ (du lat. ambiguitas). En Droit.ce qui est ambigu s'interprète par ce qui est d'usage dans le pays où le contrat a été passé. Dans Jacon-
vention s'interprète contre celui qui a stipulé et en faveur de celui qui a contracté l'obli l . Xap.,
art. 1159 et 1162). Voy. Interprétation.
AMBLE (du lat. ambulare), sorte d'allure entre le pas et le trot, par laquelle l'animal, pour avancer, fait mouvoir simultanément ses deux membres do même côté. L'ours et la girafe sont les de a animaux qui marchent naturellement l'amble : aussi l'allure du poulain, mais le plus souvent cette allure est chez le cheval l'effet de l'art. On y façonne également l'âne et le mulet. Cette allure, très-douce pour In cavalier, était fort en honneur au moyen âge; on dressait à marcher l'amble les haquenées destinées aux abbés et aux châtelaines.
AHBLYGONITE du gr. ipCXuytdvio;, à angles mousses), substance vil reuse,t ran -parente, de la classe
desPhosphates[ I.i, Sa, Ph + Al» Ph -h'Li,Xa,Al)FI] el qui cristallise en prismes rhomboïdaux verdî on la trouve en petits cristaux disséminés dans les granits, à Chusdorf Saxe et à Are AMBLYOPIE du gr. iuJAucoirtec, vue émoi
r degré de l'amaurose : dans cet état, le malade ne peut distinguer que les objets volumineux, bien éclairés, et d'une couleur tranchée. Pi .. Amw-
aussi Ht mi RALOPIB.
AMBLYPTERE du gr. ip&Xûc obtus, et Trrs'pov, nageoire), Arnblypterus, poisson fossile du terrain bouiller OU carbonifère, appartient a l'ordre des Giv - rhombifères.
AMBON du gr. â(x6(ov), tribune élevée dans le sanctuaire des premières églises chrétiennes, et a laquelle
00 montait soit pour prêcher, SOÎt pour lire ou chan-
AMBROSINIËES. — 49 -
ter certaines parties de l'office; on y lisait le graduel, l'évangile et iïpître. Avec le temps, l'ambon disparut et fut remplace par le jubé. Voy. ce mot.
AMBRE (de l'arabe anbar), nom de deux substances, VA. jaune et l'A. gris, qui n'ont de commun que d'être toutes deux aromatiques.
AMBRE jaune, dit aussi Succin ou Carabe, espèce une ou de colophane fossile, jaune, diaphane, dune odeur agréable, sut generis, homogène et susceptible de recevoir un beau poli. Lorsqu'on le soumet à la distillation, il donne de l'Acide Sticciniq ue. Il appartient particulièrement aux terrains tertiarin s: il accompagne le lignite, autour de Soissons et à St- Paulet(Gard).Il existe en assez grande quantité dans les dunes sablonneuses qui bordent la mer Baltique, entre Kcenigsberg et Mémel. Le mouvement des eaux en dépose beaucoup sur la côte. Il parait provenir d'une espèce de conifères fossiles ; il était primitivement fluide, comme le prouvent les insectes et les fragments de plantes qu'il contient quelquefois. — L'ambre jaune entre dans la composition du vernis gras et sert à fabriquer de petits objets d'ornement, tels que colliers, chapelets, etc. Il devient électrique parle frottement, et c'est de son nom grec (ij).exTpev) qu'est dérivé le mot d'électricité. Il est antispasmodique et excitant.
Ambre gris, substance grasse, aromatique, qui donne v:n parfum analogue au musc. Elle provient de certains cachalots, notamment du P/iyseter macrocephalus, et paraît être une concrétion formée dans les intestins ou dans l'estomac de ce cétacé. On la trouve ord. en petits morceaux, quelquefois aussi en masses d'un volume assez considérable, flottant à la surface de la mer, aux environs de Madagascar, de la côte de Coromandel, des îles Moluqueset du Japon. Elle est plus légère que l'eau et d'un gris cendré ; eile se ramollit par la chaleur et fond comme la cire. Elle se compose en grande partie d'un corps gras particulier, appelée ambrétne, vanté jadis comme aphrodisiaque et antispasmodique : c'est une substance d'un blanc éclatant, insoluble dans l'eau, soluble dans l'alcool et l'éther, cristallisant en aiguilles fusibles à 35°, et qui présente de l'analogie avec la cholestérine. L'ambre gris n'est guère employé que dans la parfumerie.
On nomme Ambre blanc une variété de l'Ambre jaune, moins colorée; — Ambre noir, le Jais.
AMBRETTK, Succinea, genre de Mollusques gastéropodes, de l'ordre des Pulmobranches, famille des Hélicidées : coquille ovale et conique, présentant une ouverture ample, entière, à bord tranchant, non réfléchi, qui s'unit à une columelle lisse amincie et tranchante. Les Ambrettes habitent les lieux humides du midi de la France ; on en trouve une espèce aux enviions de Paris.
Aml'Rette, espèce odorante du genre Ketmie (Voy. Ketmie). — Sorte de Poire qui a un goût d'ambre.
AMBROISIE, Ambrosia, genre de la famille des Composées, tribu desSénécionidées, s.-tribu desMélampodiées, renferme des herbes et des arbustes à feuilles alternes ou opposées et souvent découpées, qui répandent, quand on les froisse, une odeur aromatique à laquelle ces plantes doivent leur nom. On en connaît 5 ou 6 espèces, toutes propres a l'Amérique, àl'exception d'une seule qui croît sur le bord de la mer dans le midi de l'Europe; c'est VA. maritime, herbe haute de O^^O, à racine fibreuse, à feuilles soyeuses, blanchâtres ; odeur aromatique, saveur un peu amère. Elle est stomachique et résolutive.
Ambroisie ansérine,ou Fausse Ambroisie. Foj/.Ansérine.
AMBROISIES (Chant et Rit). Voy. Chant d'Église et Liturgie.
AMBROSINIÉES (de B. Ambrosini), tribu de la famille des Aroidées, renferme les 2 genres Ambrosinie etCryptocoryne. — Le premier est remarquable par sa spathe roulée, presque close, et terminée par une longue pointe : cette spathe partagée en 2 loges par le spadice qui est plan, contient d'un côté une
AME
seule fleur femelle sessile, de l'autre g étamines. Le type ,1, ./, petite plante rivace
qui croii
AMBILAACF. {d'cnthnlcul , espèce d'hôpital militaire attaché à un corps d'an ! pour les malades et les blessés, et qui peul se transporter en tout lieu. Une ambulance peut être établie dans un bâtiment particulier au voisinage du champ de bataille, ou sous une tente, ou même en pleine campagne, derrière les rangs de l'armée. Le service se compose de chirurgiens qui pansent ou opèrent les blessés etd'infirmiersorganisésen compagnies d'ambulance, qui relèvent les blessés et U 9 soignent. On distingue : les A. volantes, placées près du lieu du combat et qui donnent les premi aux blessés quelquefois même sous le feu de l'ennemi, et les A. de réserve, qui restent sur les derrières et forment des hôpitaux temporaires. — Les armées romaines paraissent avoir eu des ambulances ; mais depuis 00 n'en rencontre pour ainsi dire aucune trace avant le règne de Henri IV en 1597 ; encore ce service n'at-il été vraiment constitué que pendant les guerres de la République et de l'Empire. C'est à Percy et à Larrey qu'il doit le plus : ce dernier créa les A. volantes en 1793, à l'armée du Rhin. Nos guerres en Afrique ont fait imaginer l'usage des cacoiets, des litières et des fourgons d'ambulance pour les blessés. A3IBYSTOME, espèce de Salamandre américaine. Voy. Salamandre et Axolotl.
AME (du lat. anima), principe du sentiment, de la pensée et de la volonté, substance spirituelle qui, unie au corps, constitue l'homme.
I. Spiritualité de l'âme. L'existence et la nature de l'âme ne se démontrent pas par le raisonnement, mais se constatent par l'observation interne. Dès que l'homme considère avec attention les faits par lesquels sa vie se manifeste, il en distingue deux classes très-différentes : les uns, comme la digestion, la circulation du sang, sont perçus directement par les sens, et leur étude constitue la Physiologie expérimentale; les autres ne sont connus ni directement ni indirectement par les sens, mais seulement par la conscience qui, par la réflexion, devient un procédé scientiSque, et leur étude constitue la Psychologie. L'homme peut accomplir certaines fonctions organiques sans les connaître, parce qu'il ne les découvre qu'à l'aide d'expériences très-délicates et d'instruments inventés par les sciences physiques; mai> il ne peut sentir, penser, vouloir, sans savoir immédiatement qu'il sent, qu'il pense, qu'il veut, sans s'attribuer ces phénomènes et affirmer son existence en disant de lui-même moi. Or le moi n'est autre chose que l'âme qui se connaît directement elle-même. A cette première notion se rattachent celles d'unité et d'identité : tout phénomène de conscience implique l'unité réelle d'un principe simple et indivisible dans lequel se produisent et subsistent simultanément des manières d'être multiples et opposées ; de plus, en comparant le passé au présent, ce principe est convaincu qu'il demeure toujours le même, tandis que ses opéra se succèdent et se renouvellent ; car il garde le souvenir de ses actes antérieurs et s'en juge responsable. En se connaissant ainsi comme être un et identique, l'âme se connaît comme substance. Elle affirme sans hésitation la réalité de son existence, parce qu'elle en trouve en elle-même la condition essentielle, l'activité qui la manifeste ; sans cesse elle agit en elle ou hors d'elle, sans cesse elle tend à agir, et le sentiment qu'elle a de son existence est inséparable du sentiment qu'elle a de son action. Eile s'aperçoit ainsi comme cause, non comme cause passagère de tel ou tel acte, mais comme cause persistante et inaltérable, ce qu'on nomme une force. L'âme est donc une force qui a conscience d'elle-même (tas sut conscia), dont l'activité intelligente et libre constitue l'existence spirituelle et la. personnalité.
Le système philosophique qui, en se fondant sur ces faits, enseigne l'immatérialité de l'âme, se nomme
AME
le Spiritualisme. Partant des données de la conscience la raison, il établit que l'âme, sujet de la pensée, intiment et de la volonté, n'est ni visible, ni tanune le corps; que pourtant elle existe substantiellement, d'u ne mai lière qu'on ne peut concevoir que par la réflexion; qu'elle est une et simple, tandisque le corps esl multiple el divisible; qu'elle reste ura identique malgré la variabilité de ses mai d'être, tandis que la substance du corps h i ntièremenl avec les annéespar un départ ethui
ment perpétuelsdes particules qui lecompo-eni. — Le systèm< opposée cette doctrine, c.-à-d le Matérialisme, laissanl de côté les croyances naïves des peuples primi tifs qui confondaient l'àme avec lesouffle vital(en lut. anima, spiritus ,se présenteauj. sous des formes scientifiqui s; mais il n'a d'autre base quel'hyp thèse suivante; « Rien n'existe que ce qui est coi mu s sens; les corps, è i ndus et mobiles, sont les êtres réels; parsuite, les phénomènes i sychologiques sont,aussi bien que les phénomènes physiologiques, des mouvements de la matière, et l'ai l'ensemble des fonctions du cerveau et de la moelle épinière. » Cette hypothèse, formulée à priori complètement contraire à la méthode expérimentale qu'invoquent ses partisans. En effet, l'expérience comprenant deux procédés, la perception externe et la conscience, c'est arbitrairement que les matérialistes admettent l'une et rejettent l'autre; c'est arbitrairement qu'ils prétendent constater par la loupe et le scalpel l'existence et la nature de l'âme, quoiqu'ils ne puissent connaître la pensée que par la conscience dont ils récusent le témoignage. De ce que le cerveau est l'organe de l'intelligence dans notre existence actuelle,- la seule chose qu'on en puisse conclure, c'est que son concours est la condition de la pensée d'après certaines lois jusqu'ici profondément inconnues ( Voy. Matérialisme). — Voir Platon, Phédon, Timée, Lois ( 1. x) ; Aristote, de l'Ame; Plotin, Ennéade îv (trad. de M. Bouillet); Descartes. M ditations; Leibnitz, Monadologie ; Maine de Biran, Œuvres inédites 1 859 ; Jouffroy, Nouveaux Mélanges (Distinction de la Psychologie et delà Physiologie ; P. Janef, le Matérialisme contemporain ;Saisset, l'Ame et la Fie; H. Martin, lesSaences et la Philosophe Essais n et iv); Vacherot, la Science et la Con^ (Revue des 2 Mondes, mai 18G9).
II. Union de l'âme et du corps. L'homme étant constitué par l'union de deux substances, de l'âme et du corps, il ne suffit pas d'étudier la nature de l'âme en elle-même ; il faut encore, pour comprendre sa condition actuelle, examiner par quels rapports elle est étroitement liée au corps. C'est là une question mixte dont la solution exige le concours de la Psychologie et de la Physiologie expérimentale. En dehors du Matérialisme, pour qui elle n'existe pas, elle a donné naissance à 3 hypothèses, l'Animisme, le lïtalismeet l'Qrganicisme spiritualiste (Foy. ces mots). Laissant ici de côté leurs assertions hypothétiques, nous indiquerons les faits acquis à la science.
Influence du physique sur le moral. L'âme a besoin du cops pour connaître les objets extérieurs à l'aide des sens et pour agir sur eux par sa force motrice. Pour atteindre ce double but, elle se sert du système nerveux cérébro-spinal auquel viennent aboutir les nerfs sensitifset d'où partent les nerfs moteurs. Il s'y trouve divers centres qui sont affectés chacun à une fonction spéciale et dont le plus important est le cerveau, organe principal des facultés intellectuelles el morales d i l'âme, quand elle s'applique aux ch ib a matérielles. Étant simple et sans étendue, l'àme n'a pu besoin d'intermédiaire pour se penser elle-même et pour penser Dieu; mais, pour entrer en rapport avec les objets extérieurs qui sont aussi complexes
que multiples, il lui faut un centre où se réunissent les impressions qui lui viennent de tous les cotés; ce centre esl le cerveau qui est l'organe de la sensation, de la perception externe, de l'imagination, du langage, et< I -. Ci ni bai el Ci ni i m . On com-
prend par là qu'une altération du sang ou une lésion du cerveau trouble ou suspende li ations
de l'intelligi nce, sans qu'on possède d'ailleurs desdontes à cet égard: car, si une légère pression du doi^rt sur un point des hémisphères cérébraux d'un homme trépané suffit pour suspendre instantanément toutes les manifestations de la p< l'ablation d'une portion considérable de ces mêmes hémisphères peut avoir lieu sans priver l'âme de quelqu'une de ses facultés intellectuelles. Le bon fonctionnement du cerveau dépend lui-même en partie de l'état des autres organes : tous les troubles occasionnés dans leurs fonctions et tous les besoins éprouvés par le corps influent sur les dispositions du cerveau et donnent lieu à des sensations peu souvent celles-ci se reflètent elles-mêmes dans l'imagination passive. De là résultent des phénoi dont la nature, étant mixte, ne peut être comprise que par l'union de la Psychologie et de la Pb gie : tels sont le, sommeil, le rêve, le délire, l'hallucination, la folie, l'idiotisme, etc. — Influence du m tralsur le physique. L'empire de l'âme sur le corps e dans le pouvoir qu'elle a d'y déterminer des mouvements par son action sur les nerfs, action qui peut être instinctive, volontaire ou habituelle, et qui donne lieu aux distinctions suivantes : 1 ' l'âme a conscience de déterminer les mouvements propres aux fonctions de relation et excités par les nerfs du me cérébro-spinal; 2U elle peut accélérer, ralentir ou suspendre les mouvements respiratoires, q la plupart du temps sans qu'elle en ait conscience et qui sont excités par les nerfs pneumogastriques ; 3U elle n'a point conscience d'exercer d'influence sur les mouvements qui servent aux fonctions de nutrition et de circulation et qui sont excités par les nerfs du système ganglionnaire, comme les battements du cœur, les contractions péristaltiques d - Cependant la pensée et le sentiment produisent sur le i erveau une action instinctive1 qui, en vertu de la coordination et de la subordination des di nerveux, s'étend jusqu'aux organes de la circulation et de la nutrition. Ainsi, une affection morale a son retentissement soudain dans le cœur, au moyen îles nerfs moteurs qui s'y rendent du cerveau, puis dans le cerveau lui-même, sous l'influence du sang que le cœur, dont le rhythme régulier a été troublé, lui envoie avec des alternatives de ralentissement et d'accélération, de rareté et d'abondance, modifications aussitôt accusées au dehors par la pâleur et la coloration du visage; si la passion atteint un certain degré de vivacité, elle ne se manifeste plus seulement par les attitudes du corps et l'expression changeante des traits, mais elle peut encore amener une syncope, et, arrivée à son paroxysme, causer un accès de folie. Enfin, comme le corps ne peut pas vivre un instant sans l'àme, il semble nécessaire d'admettre que l'âme, outre l'exercice intermittent et volontaire (kit de sa force motrice, imprime une excitation continue et inconsciente à toutes les fonctions de la vie organique, de telle sorte qu'il j ait p tuellement action de l'Ame sur le corps el réaction du corps sur l'âme. — Voir Cl. Bernard, Rapport sur la physiologie; Leuretet Cratiolet, Anatorme comparée dusystème nerveux; Alb. Lemoine, l'Ame P. Janet,/e Cerveau et laP jRavaisso . .; phieen France au ta.' siècle. — Voy. aussi A.miii.o poloois.
III. On a posé encore les questions suivantes sur les rapports de l'âme et du <
Quel est le siège de Vàme ? Chez les anciens, Pj thagore et Platon devinèrent que le si l'or-
gane de l'intell g nce, tandis qu'Aristote et beaucoup d'autres philosophes attribuèrent cette fonction au cœur, conformément aux croyances populaires tin essaya de justifier l'hypothèse de Platon par la Psychologie et la Physiologie i posant en principe que l'âme est présente dans les organes par les puise qu'elle y exerce, il donna le cen eau pour siège à la rai-
AME